Politique

Liberté de penser contre langue de bois. Macron ? Non c'est Valls l'avenir immédiat.

4578832_6_3ab1_francois-hollande-manuel-valls-et-emmanuel_71872e80fb95fb5a86b6047364054407J'entends Anne Hidalgo ce matin se réclamer de la social démocratie et rejeter le social libéralisme. Elle estime que le centre de gravité du PS doit se situer dans la social démocratie. Son propos se situe dans une critique continue de la ligne dite sociale libérale portée ou incarnée par Emmanuel Macron. Elle manie à la perfection les codes politiques traditionnels. Je suis partagé sur son analyse.

Peut-être a t-elle raison de penser qu'il faut rester bien à gauche. D'ailleurs est ce que Macron va rester dans ce gouvernement ou sera-t-il exfiltré à un moment donné si le ras-le-bol exprimé par la maire de Lille s'étend dans le PS et au gouvernement ? Je ne crois pas. Macron est un atout pour le couple exécutif et un atout pour la gauche comme le pense une majorité (64%) de sympathisants du PS. Au delà, Macron est quelqu'un qui séduit fortement le centre et une partie de la droite. Sarkozy s'est même fendu d'un appel du pied bien dans son style de matamore agressif avec son vocabulaire de chef de bande. En gros c'était "rejoins nous si t'es un homme !" ... Soupir.

Macron a un parcours qui n'a rien d'un politicien professionnel. Je crois qu'il ne fait pas de la politique son objectif ultime. S'il ne devient pas député en 2017, je crois qu'il quittera tout ce bazar, et retrouvera sans problème un métier à sa mesure dans une banque ou une grande entreprise. C'est aussi cela qui plait aux Français. Cette liberté de ton qu'on prêtait à Ségolène Royal, briseuse de tabous et qui avait aussi affronté l'animosité des éléphants et des politiques traditionnels, dont DSK que je soutenais. Je regrette cette période avec le recul. Mais ce que je reprochais à Royal à l'époque, une forme d'autoritarisme et un soupçon de légéreté sur les dossiers, je ne le dirai jamais de Macron.

Aujourd'hui c'est la langue de bois politicienne que j'abhorre. C'est cette maîtrise permanente de la parole, que je déteste maintenant. Les nouveaux leaders d'opinion sont des penseurs libres malheureusement des déclinistes et des pessimistes comme Zemmour, Onfray, Finkelkraut, Sapir, ... qui laissent entendre une musique désenchantée sur le roman national. Et qui font quoiqu'ils disent le lit des droites dures. Il faut leur opposer une parole de gauche décomplexée. Sans aller comme eux jusqu'à emprunter les mots de cette droite et surtout ses antiennes anti fonctionnaires et anti solidarité. 

Il y a une limite à tout cela. Le débouché politique. On ne gagne aucune élection sur la seule popularité d'un homme. Barre, Rocard, Mendès France, Lang, Kouchner étaient populaires sans résultat électoral probant. Je sais que Macron n'a aucun réseau au sein du PS, qu'il ne saura pas s'y prendre pour le structurer. J'entends que des gens se proposent en souterrain de l'aider à prendre d'assaut la citadelle PS. Mais il y a Manuel Valls avant lui. C'est Valls qui doit prendre le parti et en faire un parti moderne et ancré dans le XXIème siècle. Valls s'est recentré grâce à Macron, dont il porte au fond de lui et avant lui les idées. Valls est un animal politique parfait pour la suite. C'est lui que je suivrai sans hésiter pour mener le combat politique majeur qui s'annonce. Langue de bois ou pas. Dans l'intérêt de la gauche réformiste et du pays.


Le chômage juge de paix

Il est impossible de reconnaître qu'on s'est trompé. C'est vrai pour un électeur ou un élu. Personne ne reconnaît s'être trompé ou avoir fait une erreur ... Le faire c'est se mettre en position de faiblesse évidente, c'est s'exposer comme quand on a menti à ne plus être crédible à l'avenir pour un élu ou à ne plus pouvoir ronchonner à loisir pour un électeur. 

Oui, c'est vrai pour un électeur. Admettons qu'il vote pour un candidat qui le déçoit ou qui n'a pas les résultats escomptés. Ce sera exclusivement de la faute de l'élu. Jamais l'électeur ne se remet en cause. Il dira avoir été trahi. Il dira qu'il voulait autre chose et que les politiques sont bien tous des menteurs. Le discrédit des politiciens qui ont beaucoup biaisé est passé par là. Par l'absence de résultats, ou des politiques contraires à celles que les électeurs attendaient.

C'est aussi vrai pour un élu. Ainsi de Chirac en 1995 avec Juppé qui abandonne la thématique de la fracture sociale pour imposer la rigueur qui lui coûte la défaite de 1997 lors de la dissolution. Ainsi de Jospin en 2002 qui n'avait pas compris qu'une politique de gauche qui crée de l'emploi en masse se fracasserait sur une augmentation du chômage et une montée de l'insécurité à la veille du scrutin dans les derniers mois de son mandat. 

Le chômage est une variable clé pour comprendre les résultats des élections, notamment présidentielles. Il faudrait analyser chaque résultat de présidentielle pour voir si le chômage grimpait ou descendait avant le scrutin. La montée assure l'échec. La baisse ne garantit pas la victoire mais semble indispensable.

De toute façon les électeurs ont zappé à chaque fois ou presque depuis 1981, date de la première alternance sous la Vème république. Gauche 1981, Droite 1986, Gauche 1988, Droite 1993 et 1995, Gauche 1997, Droite 2002, Droite 2007, Gauche 2012 et on sait que la Droite est bien placée pour 2017 ... Avec en fait une seule continuité en 2007 de Chirac à Sarkozy car le chômage a baissé régulièrement entre 2005 et 2007. 

Il est presque trop tard pour Hollande, quand on sait qu'on est à vingt mois de la prochaine élection en mai 2017. Le chômage continue de monter et le sentiment largement entendu (surtout à droite bien sûr) est quoiqu'il arrive, qu'il aura échoué sur ce chantier majeur. Il s'est lui même mis dans une situation quasi impossible en liant son bilan à ce résultat. J'entends dire qu'il se présentera quand même ... Une absence de résultats sur le front du chômage sera fatale à Hollande. Nous en serons réduits à une candidature de témoignage en 2017 en cas d'échec c'est à peu près certain, comme en 1995. Je ne pense pas que Hollande renoncera, il dira que personne ne fera mieux que lui de toute façon et donc qu'il assumera ses responsabilités jusqu'au bout. Il est vrai que Valls ou un autre seraient en mauvaise posture dans ce contexte. 

Il reste à comprendre pourquoi il n'y a aucun résultat tangible après 3 ans et demi ... Beaucoup de causes sont possibles. On évoque en vrac : le mur de l'argent, la résistance des patrons qui ne jouent pas le jeu, une conjoncture internationale peu porteuse, une gestion trop serrée de la dépense publique avec une fiscalité excessive, une désindustrialisation de la France, les atermoiements et la lenteur des mesures en début de mandat, ... C'est sans doute un peu tout ça. Aucune raison ne se dégage clairement. Les lois Macron sont un progrès mais auront peu d'impact immédiat. Le pacte de responsabilité lui joue enfin à plein, mais la diffusion est lente.

C'est en fait la lenteur de nos procédures légales et réglementaires qu'il faut déplorer. Macron a bataillé longtemps pour faire passer sa loi et a fini avec le 49-3. Je pointe pour ma part du doigt la technostructure de Bercy. Celle qui a un pouvoir considérable par rapport aux politiques. Ces hauts fonctionnaires qui font traîner les dossiers ou qui les orientent à leur gré. Je crois beaucoup à cette thèse car nos ministres ne sont pas tous au top niveau et se font manipuler. Un type qui leur a cédé beaucoup je le crains car c'était un strauss kahnien convaincu, c'est Pierre Moscovici. Manque d'autorité et de force. Montebourg était un saltimbanque, ni sérieux, ni crédible. Un type fantasque incapable de jouer collectif et pourtant doté de beaucoup de charisme. Macron a plus de caractère et de compétence je le crois. Il a redressé l'image du ministère de l'économie et il a le sens du travail collectif ... Je crois que c'est lui l'avenir. Mais il n'est pas là depuis assez longtemps. La leçon à tirer serait d'avoir des poids lourds à ces postes clés et moins d'affidés politiques.

Je suis perplexe sur nos chances de redresser la barre à temps. Je croise les doigts pour que la science politique de François Hollande nous sorte de ce mauvais pas. 


La question identitaire, un sujet à traiter en urgence.

L'afflux des réfugiés en Europe pose à nouveau la question identitaire.

Les sondages donnent des indications contradictoires sur l'opinion des Français face à cette vague de migrants. Mais comment s'étonner de chiffres élevés de refus d'accueillir quand le FN vogue si haut dans les sondages et que le parti LR de Sarkozy est fracturé sur la question, tenté par le repli. La gauche reste heureusement majoritairement favorable à la solidarité, généreuse et humaine et à tenir bon sur ses valeurs républicaines.

La peur du grand remplacement tenaille la droite. Les musulmans dont on montre à l'envie les défauts des plus radicaux et le mode de vie différent du nôtre notamment vis à vis des femmes sont pointés du doigt, quasiment obligés de s'excuser des crimes des pires d'entre eux, les salafistes et les fous de Daesch.

Est ce que la question identitaire mérite de devenir le débat central de la prochaine échéance présidentielle ? Si c'est le cas, c'est pain béni pour Marine Le Pen, on se battra sur son terrain. Mais a contrario à rester dans le déni, à ne pas parler d'une vraie question que se pose les Français et à rester sur les questions économiques et sociales, on ne résoudra rien et la plaie restera béante. 

Déminons le terrain en amont de la prochaine campagne. Clarifions nos positions, argumentons sur la chance que peut représenter l'accueil de migrants. Sur la nécessaire coopération pour que les pays se développent. Sur la fermeté indispensable contre les trafics clandestins. Pour ne pas être obligés d'improviser une ligne de défense, acculés dans un débat public. Traitons de la question entre nous avant que d'autres ne répondent à notre place et ne mobilisent les esprits avec leurs idées d'exclusion et de haine. S'il n'est pas trop tard.


Militer en 2015 pour l'ouverture au monde

Que signifie militer en 2015 ? A droite ou à gauche, il y a une vraie interrogation à ce sujet. En cause la présidentialisation des partis politiques transformés pour une large part en écuries pour la désignation du candidat des partis majeurs LR et PS. Mais la France est-elle la bonne échelle ? La nation française est-elle encore la bonne dimension pour répondre aux questions du temps présent. J'en doute. Mais pas les Français en majorité malheureusement.

En fait et c'est valable aussi bien pour les partis de gouvernement que pour le FN, c'est une évidence les partis ont besoin de militants pour avoir des élus. Sur les 65 000 votants du PS et 95 000 votants de LR dans leur congrès respectif combien sont élus ? Une majorité sans doute au PS qui compte 36 000 élus et une forte proportion à droite. De simple conseiller municipal à président de la république il y a toute une panoplie d'élus, bénévoles pour la plupart mais dont l'engagement se traduit par un mandat local ou national. Rien de scandaleux là dedans. Quand on dit qu'il y a trop d'élus on oublie de dire que la plupart d'entre eux n'ont ni indemnités ni avantages particuliers. Ce sont en quelque sorte de grands électeurs chargés de représenter les électeurs de leur circonscription ou commune et de gérer les services publics de proximité. C'est une tâche noble mais éloignée des enjeux majeurs de mon point de vue.

Les grands débats idéologiques ne font pas partie qu'on le veuille ou non du passé. Il n'y a certes aucune remise en cause du système capitaliste ou de l'économie de marché parmi les formations majeures. Il y a en revanche une contestation de la mondialisation et de l'échelon européen qui profite au FN. La question que nous devrions nous poser au PS est celle là : faut-il comme Montebourg plaider pour une démondialisation, une économie moins globale, plus protégée voire protectionniste ? Un retour en arrière en somme. Ou bien démontrer les avantages d'une économie ouverte, d'une société multiculturelle et diverse qui profite des échanges et d'une mutation en profondeur des métiers pour les personnes et des nouveaux biens et services dans un monde connecté en permanence. Voilà un vrai et beau débat militant où chacun pourrait s'exprimer pour dire le monde dans lequel nous voulons vivre.

A ce sujet, la question du référendum de 2005 sur le TCE a été une occasion de débat et j'ai regretté pour ma part le refus d'ouverture, la peur, la volonté du repli sur soi d'une majorité de Français. C'est une grande occasion démocratique de perdue aussi car il faut bien reconnaître que le traité constitutionnel a été adopté par la bande ensuite, suite à l'élection de Sarkozy en 2007. Mélenchon a essayé d'en faire un sujet majeur avec sa VIème république mais finalement l'opinion n'a pas suivi faute d'échéance précise : les dirigeants ont pris garde ne plus demander son avis au peuple sur la question. Le vote de protestation en faveur du FN (le seul vote anti-système) s'est développé. Il était facile d'expliquer que les tenants de la mondialisation et de l'UE, soi-disant républicains, ont fait obstruction à un vote démocratique. Le rejet du politique s'est aggravé.

Je crois que militer en 2015 a encore du sens. Sur les grands sujets de société, sur le cap économique, sur les crises sociales et écologiques, nous avons un message à faire passer dans l'opinion. Il est rageant que l'électeur se soit transformé en consommateur de politique publique qui se préoccupe davantage du prix des services publics (des impôts et taxes) que de leur finalité et de la qualité des services rendus. Il faut redonner de la hauteur de vue sur tous ces sujets. La difficulté pour l'échéance majeure, la présidentielle, réside dans le fait que si l'on fait de la mondialisation, de la place de la France dans le monde, l'enjeu majeur du débat national, cela mette au centre des débats le FN et ses thèses souverainistes et nationalistes. Faut-il en avoir peur ? Faut-il refuser ce débat ? Non, au contraire. Il faut affronter les mythes et les peurs. Il faut comme Valls et Macron dénoncer les mauvaises réponses à de bonnes questions comme le disait Fabius il y a 30 ans ... Trente ans déjà. Il est temps.  


"Les Républicains" ou LR

L'UMP devient "Les Républicains". Est ce important ? Est ce un changement politique de nature à changer la donne en France ? 

On connaît les raisons du changement. L'UMP a des casseroles : le scandale Bygmalion, les élections truquées, les années Sarkozy que les Français rejettent massivement (72% ne veulent pas qu'il se représente), il faut renouveler. Il faut aussi échapper au fameux UMPS qui fait la joie du FN. Maintenant si le FN dit LRPS on peut entendre l'herpès, ce qui n'est pas beaucoup mieux en terme d'image ...

Quoiqu'il en soit, la droite a cette manie régulière en France de changer de nom : MRP, UNR, UDR, RPR, UMP, ...

Il est possible que "Les Républicains" nom contesté devant la justice devienne dans l'opinion et les médias l'acronyme LR, comme on dit PS pour le Parti socialiste. Ce serait aussi une façon pour les médias d'abréger ce nom qui leur pose problème aussi bien pour la grammaire que par le sens commun attaché au mot républicain.

Même si le PS se transformait en PSD pour parti social démocrate ( ce qu'il est aujourd'hui en majorité idéologiquement) on pourrait sans confusion qualifier ses membres de socio démocrates, alors qu'aujourd'hui on les appelle socialistes. Mais va-t-on qualifier les membres de LR de "républicains" ? Ce serait un abus tant le qualificatif désigne des gens des deux rives.

Sarkozy se réjouit du buzz pour ne pas dire de la publicité accordée à ce changement de nom. Peut-être a t-il raison mais au delà de l'étiquette, faut-il y voir un changement majeur pour la politique nationale ? Je ne le pense pas. Les changements précédents n'ont pas entraîné un mouvement des électeurs vers la nouvelle formation. Quand l'UMP s'est créée en 2002, elle devait rassembler la droite et le centre, occuper tout l'espace. Elle a fini par ne regrouper que les électeurs de l'ancien RPR et d'une ou deux formations satellites, rien de plus. L'UDI subsiste et que dire du FN qui a prospéré comme jamais.

Il est donc probable qu'il faille considérer l'opération changement de nom pour ce qu'elle est : un écran de fumée pour faire oublier les turpitudes de l'ancienne formation. La volonté de tirer un trait sur la période Copé et de lui attacher toutes les misères de cette période. De refondation idéologique il n'est pas question. L'étiquette a changé, rien d'autre. Gageons que LR va s'imposer comme désignation mais que cela s'arrêtera là en terme de rénovation.


Primaire à gauche ?

Alors qu'il reste deux ans et demi avant la prochaine présidentielle, certains à gauche s'agitent pour plaider en faveur d'une primaire pour désigner le candidat de la gauche socialiste et de ses alliés. Il s'agirait de conjurer le risque d'un nouveau 21 avril, une élimination du second tour de la présidentielle. Mais il s'agit aussi pour certains d'acter l'échec de la politique suivie et de demander une inflexion du cap politique actuel qui ménerait la gauche selon eux au désastre électoral et économique. La cible est bien sûr François Hollande et la politique qu'il incarne.

Autant je comprends l'inquiétude liée à nos récents échecs électoraux autant je ne partage pas cette opinion sur l'urgence de décider l'organisation d'une primaire. D'une part je suis favorable à la politique menée en faveur des entreprises et de notre appareil productif et j'estime qu'elle produira des effets économiques d'ici 2016. Il n'est donc pas temps d'en changer. Ensuite j'estime que le pays a besoin que le gouvernement se concentre sur les problèmes du pays en agissant maintenant et non en se dispersant sur des enjeux politiques certes importants mais secondaires par rapport à la gestion des dossiers publics. Nous sommes au pouvoir, certains ont tendance à l'oublier.

Que des responsables politiques écartés volontairement ou non du pouvoir comme A. Montebourg, C. Duflot, B. Hamon, et d'autres se posent cette question on le comprend. L'enjeu pour eux est évident : contester la légitimité de François Hollande comme candidat naturel de la gauche de gouvernement afin de pousser une nouvelle politique plus à gauche selon leurs voeux.

La primaire qui doit désigner le champion à droite entre principalement Sarkozy et Juppé (on n'en voit guère d'autres) va intéresser les commentateurs politiques mais c'est un autre sujet. Dans l'opposition on se prépare à succéder, on ne gère pas.

Il y a un éventuel intérêt purement politique à la primaire. L'union. Mais à gauche je ne crois pas qu'une primaire puisse vraiment servir de catalyseur à une forme d'union de la gauche. Je suis persuadé que les Verts et le Front de Gauche voudront avoir leur candidat. Une primaire ne réunira que les socialistes et le PRG comme en 2011. Dés lors il n'y aura pas de rassemblement des forces de gauche en raison des ambitions personnelles de Mélenchon et de Duflot mais aussi et surtout parce que les programmes proposés sont sensiblement différents.

Il est trop tôt pour dire si la politique actuelle va réussir ou échouer d'ici 2017. Et même si les résultats arrivent enfin, il est trop tôt pour dire si F. Hollande en bénéficiera ou non dans l'opinion. Je prends néanmoins le pari que la popularité du président et du premier ministre va connaître une embellie.

En 2015 deux échéances électorales (départementales et régionales) vont décider du sort des primaires à gauche. Si elles sont à nouveau catastrophiques pour la gauche, les primaires s'imposeront. Le congrès du PS en juin pourrait en décider si une autre majorité se dégage. En cas de nouvel échec, les militants voudront du changement. L'organisation d'une primaire citoyenne sera alors quasiment assurée, mais les socialistes auront acté leur propre échec. Par contre si les résultats électoraux sont acceptables nous serons dans le flou. Bien malin qui pourra dire ce qui se produira.

En résumé il y a trop d'incertitudes. Si nous changeons de cap et actons devant les Français l'échec du gouvernement, en contestant la légitimité du chef de l'Etat, nous nous condamnerons nous même à une candidature de témoignage en 2017. En tant que responsables et parti de gouvernement la priorité doit rester à l'action et aux réformes au service du pays.


En France comme à Meulan, la droite a oublié ce que veut dire le mot "servir"

Pas un article dans la presse sans déballage des (mauvais) faits et gestes des dirigeants de l'UMP. Je compatis presque tant il n'est pas bon pour la démocratie qu'un grand parti de gouvernement soit à ce point déconnecté de la réalité des Français, tant il a oublié ce que veut dire "servir". La gauche au pouvoir a des difficultés mais au moins cherche-t-elle des solutions aux problèmes des Français.

Ce qui se passe au plan national se vérifie malheureusement au niveau local.

La maire (de droite) de Meulan s'était crue autorisée dans un édito qui a beaucoup choqué les élus de l'ancienne majorité à proclamer qu'"on est élu pour servir et non pour se servir" et donc qu'elle baissait les indemnités de 30%. Applaudissements des affidés dans la salle évidemment. La dame a simplement oublié de dire ce qu'elle allait faire par la suite : réduire le nombre d'élus indemnisés qui touchent aujourd'hui peu ou prou chacun les mêmes sommes que leurs prédécesseurs et casser ce qu'avait réalisé l'ancienne équipe municipale. C'était donc de la communication destinée à dissimuler un malaise au sein de sa propre majorité et surtout masquer des décisions qui elles ont vraiment choqué la population :

  • Est-ce servir que de priver de ressources un club pour personnes âgées (le club Jean Sorbier) ?
  • Est-ce servir que de mettre fin à un évènement festif reconnu sur le spectacle vivant  (le festival Plein feu) ?
  • Est-ce servir que de renoncer à un projet de stade qui devait réhabiliter notre cadre de vie en entrée de ville (le stade des Aulnes) ?
  • Est-ce servir que de décevoir les personnes en attente d'une résidence pour étudiants et jeunes actifs alors que le projet était financé (dossier du stade, bis) ?
  • Est-ce servir que de fermer une structure destinée à aider l'éveil à la lecture pour les plus jeunes dans le quartier du Paradis (l'Arbre à lire)?
  • Est-ce servir que de ne pas recevoir les gens qui attendent depuis des mois de soumettre leurs doléances et leurs besoins, que ce soit pour le commerce, les écoles ou quantité de dossiers individuels ?
  • Est-ce servir que de laisser dans le plein centre ville des tags sur les facades sans autre réponse que "on s'en occupera dans un certain temps" comme dans la blague de Fernand Raynaud, alors qu'on a fait du cadre de sa vie sa priorité ?
  • Est-ce servir enfin que de répondre systématiquement aux questions de l'opposition : "on réfléchit" ?

Mais à force de vous voir réfléchir, Madame le Maire, les Meulanais vont penser que vous n'avez aucune idée, aucun projet, aucune équipe, rien anticipé. Servez vous donc de votre tête et de vos jambes, remuez vous, agissez donc ! Comme vous l'aviez promis - sans réfléchir - pendant la campagne municipale. Ou sont vos solutions, vos réponses ? Le silence est assourdissant !

Et malheureusement, ce n'est pas fini !

Pour cette droite qui a oublié le mot servir, le pire est à venir. Et si la gauche n'est pas à la hauteur, le pire à venir est pire qu'on imagine.


Une primaire à gauche en 2017 pour choisir celui qui affrontera Marine Le Pen au second tour

Le résultat choc des Européennes bouleverse complètement le paysage politique français. Le PS n'a obtenu que 13,98% soit le pire résultat que nous ayons jamais eu à cette élection. Le FN atteint 25% dans un contexte d'abstention forte mais un peu moins élevée que lors du dernier vote. Voilà que nous connaissons un deuxième tsunami politique après les municipales. Et ce tsunami rebat les cartes totalement dans l'optique de 2017.

De quoi ébranler mes convictions. Je continue à penser que nous n'avons pas d'autre chemin que celui d'une baisse de la dépense publique et du soutien aux entreprises via le pacte de responsabilité mais c'est insuffisant pour garantir une victoire de la gauche en 2017. Nous sommes aujourd'hui partis pour perdre par un vote sanction massif avec une candidature témoin comme en 1995.

Je trouvais suicidaire l'idée d'une primaire à gauche en 2017 estimant qu'elle minerait nos chances de l'emporter en affaiblissant notre candidat naturel, le président sortant. Mais voilà, ce n'est pas l'opinion générale, car l'état de faiblesse et d'impopularité de Hollande est à son comble, pire que je l'imaginais. Les sympathisants socialistes réclameraient à 81% une primaire à gauche suivant un sondage du Figaro. Dans ce cas, ce serait Valls qui serait désigné à 40% par les sondés, loin devant Hollande 15%, devancé lui même par Martine Aubry à 16%. Dans l'état où se trouvent le PS et l'UMP, il y a un match à trois en 2017 qui fera un mort entre le PS et l'UMP, le FN étant dans un mouvement ascendant pour le moment.  

L'idée sous-jacente est évidente : les électeurs de gauche veulent choisir le meilleur candidat pour 2017 comme ils l'ont fait en 2007 (par sondage interposé pour S. Royal) et en 2012. Et ce meilleur candidat pour 2017, selon ce sondage, ce n'est pas aujourd'hui F. Hollande.

Bien sûr il est trop tôt pour tirer des conclusions à trois ans des élections. Mais il faut réagir, car tous les voyants sont au rouge. Il y aura de plus en plus de questions sur la personne du président. Si Valls est en tête, alors qu'il mène la même politique, c'est que le problème est devenu personnel. Les résultats s'ils arrivent un jour ne seront plus mis au crédit du président. C'est semble t-il à Valls qu'ils profiteront. Nous sommes dans une forme de scénario inédit sous la Vème république où il va y avoir une cohabitation et une compétition entre un président et un premier ministre du même parti, même si Valls se garde bien de montrer la moindre ambition. Ca ne pourra se faire sans heurts. Celà promet du sport au plus haut sommet de l'Etat. Heureusement, les deux protagonistes ont intérêt à ce que la politique suivie réussisse. C'est l'essentiel pour le pays.


Le socialisme municipal en question

François Hollande n'avait sans doute pas imaginé que sa politique associée à une impopularité record pouvaient faire exploser le socle municipal du Parti socialiste mais c'est bien le bilan qu'il faut tirer. Plus grave, alors que nous ne sommes pas sortis du traumatisme, nous devons mesurer toutes les conséquences de la déroute du mois de mars dernier. 

Tout le monde s'accorde à dire que les futures échéances s'avèrent compliquées pour nous : européennes, sénatoriales en 2014 puis régionales et cantonales sans doute repoussées en 2016 . La déception et la défiance de nos électeurs sont à un niveau rarement observé. Mais il ne s'agit là que de répliques prévisibles. Les chocs électoraux à venir découlent du séisme des 23 et 30 mars. Prévenus cette fois - alors que personne ne s'y attendait aux municipales - le choc sera amorti. C'est néanmoins très dur pour un parti, où beaucoup de militants sont des élus, de voir ses troupes décimées. Nos relais dans le monde associatif seront affaiblis.

Il est à prévoir une perte de substance du parti jusqu'à interroger la nature même du socialisme municipal. Quels modes d'actions nouveaux imaginer, quelle nouvelles formes de démocratie participative peut-on insufler quand on ne détient plus les manettes du pouvoir local ? Le défi est d'importance. Une bonne partie des moyens logistiques et financiers qui sous-tendaient la politique locale venait des ressources des collectivités territoriales. Quand je parle d'action politique locale, je ne parle évidemment pas d'action militante et partisane, mais du socialisme municipal en action, c'est à dire d'une politique sociale, associative, éducative et culturelle faite de passion, d'engagement, de solidarité, de partage, de dévouement au service des publics les plus divers. Il s'agissait pour ceux qui s'y investissaient de trouver un débouché concret pour mener des actions favorisant le vivre ensemble et le lien social.

C'est bien le danger du déclin du socialisme municipal. Par quoi et par qui les nouvelles municipalités vont elles remplacer ces bonnes volontés et ces énergies dédiées au bien commun ? Par rien le plus souvent. Au motif où l'Etat se désengage et réduit ses dotations, la droite municipale aura un prétexte tout trouvé pour justifier un recul des services publics qu'elle appelle de ses voeux. Au motif que les associations étaient selon elle trop souvent le ferment et le lieu de recrutement pour des forces de gauche, on observera sans doute un recul des subventions et des aides au monde associatif local. Peu importe pour les nouveaux édiles souvent inexpérimentés si on casse un outil qui marche avant de penser à inventer quelque chose de neuf. Il s'agit d'abord de démolir avant de peut-être reconstruire on ne sait quoi, on ne sait comment. L'absence d'idées claires et le manque d'engagement des nouvelles équipes de droite sont terrifiantes pour les militants progressistes que nous sommes. Ces gens là sont incapables de donner un cap et un sens à leur action en dehors du moins d'Etat. Convaincus d'avoir gagné sur leurs mérites alors qu'ils ont été élus par défaut, contre la politique nationale, ils se croient soutenus par l'opinion et légitimes pour faire à peu près n'importe quoi. C'est une grave erreur et les électeurs sauront le leur dire aux prochaines échéance, je n'en doute pas.

Le balancier a été trop fort, trop loin dans le sens de la sanction d'un socialisme municipal qui n'a pas démérité loin de là. Il reviendra en sens inverse quand les dommages causés par les nouvelles majorités se feront sentir dans la population. Nous en avons les premiers éléments concrètement sous les yeux dans les villes conquises par la droite ou le FN. Le rôle de l'opposition municipale sera de ne rien laisser passer. Pour ma part, j'en ai l'habitude, je sais faire. C'est pourquoi je compte bien m'investir comme je l'ai déjà fait par le passé sans concession, d'autant plus fort que cette fois c'est une droite archaïque et sans imagination qu'il s'agit d'affronter. 

 


Copé premier ministre ? Non pas ça !

Le pacte de responsabilité et de solidarité sera voté, j’en suis persuadé. Il n’y a pas d’autre solution sauf à plonger le pays dans une grave crise politique qui s’ajouterait à une crise économique sans précédent.

"Avant de prendre une décision demandons nous si elle est juste" c’est ce que disait François Hollande. Est-il juste de geler les retraites et le point d’indice des fonctionnaires, réduire les prestations sociales, tout en diminuant les charges sur les salaires afin de redonner de la compétitivité aux entreprises ? L’équation proposée n’a pas des allures de gauche. Les sympathisants de gauche ne disent pas autre chose. Mais être de gauche, ce n’est pas raser gratis. Est-ce renvoyer indéfiniment les problèmes à demain, alourdir la dette, augmenter les impôts ? Non ce n’est pas possible.

J’entends certains expliquer qu’il suffirait de traquer l’évasion fiscale, faire payer les riches, supprimer les niches fiscales, augmenter les salaires pour relancer la consommation. Certes. On a déjà essayé. Pendant deux ans, Hollande n’a pas fait autre chose. Les impôts ont augmenté de 30 milliards sur les ménages et les entreprises. La prime pour l’emploi, l’allocation de rentrée scolaire ont augmenté. Pas suffisamment selon les thuriféraires, mais pas vraiment nul non plus. En parallèle, le CICE, instrument de soutien aux entreprises qui a été créé en fin 2012 n’a été appliqué qu’en 2014 afin de ne pas peser sur les comptes publics en 2013. Une bonne gestion financière, incitative et prudente qui n’a cependant pas donné les résultats voulus. Le chômage a cru et la croissance est restée atone. En fait le seul point économique positif ce sont les taux d’intérêt de la dette française autour de 2%, historiquement bas. De quoi économiser 5 milliards d’euros d’une année sur l’autre au niveau du poste «intérêts de la dette» qui représente à lui seul plus de 50 milliards par an.

Alors ou en sommes-nous ? A un niveau exceptionnel de défiance des Français par rapport à Hollande.

A une campagne de haine et de détestation qui se manifeste par une espèce de traque du président là où il se déplace. Je suis convaincu qu’il y a une clique qui se mobilise à chaque fois pour huer Hollande. Et cette clique organisée, haineuse, radicalisée veut renverser le pouvoir. Il n’y a pas besoin de grand monde pour donner cette impression d’un rejet généralisé. Je ne suis pas naïf ou militant aveugle au point de croire à un complot, car les élections municipales ont démontré le désaveu, mais l’opposition sait faire jouer la grosse caisse.

Pour autant, les dernières rumeurs me font croire à un vote du pacte de responsabilité mercredi prochain. Ceux qui s’agitent à gauche du PS ne mobilisent pas grand monde. Une pétition lancée par quelques agitateurs n’a recueilli à cette heure qu’un gros millier de signatures, autant dire rien. Personne ne voit d’alternative sérieuse à la politique menée et chacun sait que si Hollande était amené à dissoudre l’assemblée, la potion amère que Copé appelé en premier ministre – mon Dieu est cela qu’on souhaite ?! Copé premier ministre !!! – nous ferait ingurgiter, serait bien plus saumâtre. Il parle de 130 milliards d’économies ! Même la moitié serait plus rude que le plan envisagé par Hollande et Valls.

Alors Copé premier ministre, non, s’il vous plait, pas çà !