Politique

"Les Républicains" ou LR

L'UMP devient "Les Républicains". Est ce important ? Est ce un changement politique de nature à changer la donne en France ? 

On connaît les raisons du changement. L'UMP a des casseroles : le scandale Bygmalion, les élections truquées, les années Sarkozy que les Français rejettent massivement (72% ne veulent pas qu'il se représente), il faut renouveler. Il faut aussi échapper au fameux UMPS qui fait la joie du FN. Maintenant si le FN dit LRPS on peut entendre l'herpès, ce qui n'est pas beaucoup mieux en terme d'image ...

Quoiqu'il en soit, la droite a cette manie régulière en France de changer de nom : MRP, UNR, UDR, RPR, UMP, ...

Il est possible que "Les Républicains" nom contesté devant la justice devienne dans l'opinion et les médias l'acronyme LR, comme on dit PS pour le Parti socialiste. Ce serait aussi une façon pour les médias d'abréger ce nom qui leur pose problème aussi bien pour la grammaire que par le sens commun attaché au mot républicain.

Même si le PS se transformait en PSD pour parti social démocrate ( ce qu'il est aujourd'hui en majorité idéologiquement) on pourrait sans confusion qualifier ses membres de socio démocrates, alors qu'aujourd'hui on les appelle socialistes. Mais va-t-on qualifier les membres de LR de "républicains" ? Ce serait un abus tant le qualificatif désigne des gens des deux rives.

Sarkozy se réjouit du buzz pour ne pas dire de la publicité accordée à ce changement de nom. Peut-être a t-il raison mais au delà de l'étiquette, faut-il y voir un changement majeur pour la politique nationale ? Je ne le pense pas. Les changements précédents n'ont pas entraîné un mouvement des électeurs vers la nouvelle formation. Quand l'UMP s'est créée en 2002, elle devait rassembler la droite et le centre, occuper tout l'espace. Elle a fini par ne regrouper que les électeurs de l'ancien RPR et d'une ou deux formations satellites, rien de plus. L'UDI subsiste et que dire du FN qui a prospéré comme jamais.

Il est donc probable qu'il faille considérer l'opération changement de nom pour ce qu'elle est : un écran de fumée pour faire oublier les turpitudes de l'ancienne formation. La volonté de tirer un trait sur la période Copé et de lui attacher toutes les misères de cette période. De refondation idéologique il n'est pas question. L'étiquette a changé, rien d'autre. Gageons que LR va s'imposer comme désignation mais que cela s'arrêtera là en terme de rénovation.


Primaire à gauche ?

Alors qu'il reste deux ans et demi avant la prochaine présidentielle, certains à gauche s'agitent pour plaider en faveur d'une primaire pour désigner le candidat de la gauche socialiste et de ses alliés. Il s'agirait de conjurer le risque d'un nouveau 21 avril, une élimination du second tour de la présidentielle. Mais il s'agit aussi pour certains d'acter l'échec de la politique suivie et de demander une inflexion du cap politique actuel qui ménerait la gauche selon eux au désastre électoral et économique. La cible est bien sûr François Hollande et la politique qu'il incarne.

Autant je comprends l'inquiétude liée à nos récents échecs électoraux autant je ne partage pas cette opinion sur l'urgence de décider l'organisation d'une primaire. D'une part je suis favorable à la politique menée en faveur des entreprises et de notre appareil productif et j'estime qu'elle produira des effets économiques d'ici 2016. Il n'est donc pas temps d'en changer. Ensuite j'estime que le pays a besoin que le gouvernement se concentre sur les problèmes du pays en agissant maintenant et non en se dispersant sur des enjeux politiques certes importants mais secondaires par rapport à la gestion des dossiers publics. Nous sommes au pouvoir, certains ont tendance à l'oublier.

Que des responsables politiques écartés volontairement ou non du pouvoir comme A. Montebourg, C. Duflot, B. Hamon, et d'autres se posent cette question on le comprend. L'enjeu pour eux est évident : contester la légitimité de François Hollande comme candidat naturel de la gauche de gouvernement afin de pousser une nouvelle politique plus à gauche selon leurs voeux.

La primaire qui doit désigner le champion à droite entre principalement Sarkozy et Juppé (on n'en voit guère d'autres) va intéresser les commentateurs politiques mais c'est un autre sujet. Dans l'opposition on se prépare à succéder, on ne gère pas.

Il y a un éventuel intérêt purement politique à la primaire. L'union. Mais à gauche je ne crois pas qu'une primaire puisse vraiment servir de catalyseur à une forme d'union de la gauche. Je suis persuadé que les Verts et le Front de Gauche voudront avoir leur candidat. Une primaire ne réunira que les socialistes et le PRG comme en 2011. Dés lors il n'y aura pas de rassemblement des forces de gauche en raison des ambitions personnelles de Mélenchon et de Duflot mais aussi et surtout parce que les programmes proposés sont sensiblement différents.

Il est trop tôt pour dire si la politique actuelle va réussir ou échouer d'ici 2017. Et même si les résultats arrivent enfin, il est trop tôt pour dire si F. Hollande en bénéficiera ou non dans l'opinion. Je prends néanmoins le pari que la popularité du président et du premier ministre va connaître une embellie.

En 2015 deux échéances électorales (départementales et régionales) vont décider du sort des primaires à gauche. Si elles sont à nouveau catastrophiques pour la gauche, les primaires s'imposeront. Le congrès du PS en juin pourrait en décider si une autre majorité se dégage. En cas de nouvel échec, les militants voudront du changement. L'organisation d'une primaire citoyenne sera alors quasiment assurée, mais les socialistes auront acté leur propre échec. Par contre si les résultats électoraux sont acceptables nous serons dans le flou. Bien malin qui pourra dire ce qui se produira.

En résumé il y a trop d'incertitudes. Si nous changeons de cap et actons devant les Français l'échec du gouvernement, en contestant la légitimité du chef de l'Etat, nous nous condamnerons nous même à une candidature de témoignage en 2017. En tant que responsables et parti de gouvernement la priorité doit rester à l'action et aux réformes au service du pays.


En France comme à Meulan, la droite a oublié ce que veut dire le mot "servir"

Pas un article dans la presse sans déballage des (mauvais) faits et gestes des dirigeants de l'UMP. Je compatis presque tant il n'est pas bon pour la démocratie qu'un grand parti de gouvernement soit à ce point déconnecté de la réalité des Français, tant il a oublié ce que veut dire "servir". La gauche au pouvoir a des difficultés mais au moins cherche-t-elle des solutions aux problèmes des Français.

Ce qui se passe au plan national se vérifie malheureusement au niveau local.

La maire (de droite) de Meulan s'était crue autorisée dans un édito qui a beaucoup choqué les élus de l'ancienne majorité à proclamer qu'"on est élu pour servir et non pour se servir" et donc qu'elle baissait les indemnités de 30%. Applaudissements des affidés dans la salle évidemment. La dame a simplement oublié de dire ce qu'elle allait faire par la suite : réduire le nombre d'élus indemnisés qui touchent aujourd'hui peu ou prou chacun les mêmes sommes que leurs prédécesseurs et casser ce qu'avait réalisé l'ancienne équipe municipale. C'était donc de la communication destinée à dissimuler un malaise au sein de sa propre majorité et surtout masquer des décisions qui elles ont vraiment choqué la population :

  • Est-ce servir que de priver de ressources un club pour personnes âgées (le club Jean Sorbier) ?
  • Est-ce servir que de mettre fin à un évènement festif reconnu sur le spectacle vivant  (le festival Plein feu) ?
  • Est-ce servir que de renoncer à un projet de stade qui devait réhabiliter notre cadre de vie en entrée de ville (le stade des Aulnes) ?
  • Est-ce servir que de décevoir les personnes en attente d'une résidence pour étudiants et jeunes actifs alors que le projet était financé (dossier du stade, bis) ?
  • Est-ce servir que de fermer une structure destinée à aider l'éveil à la lecture pour les plus jeunes dans le quartier du Paradis (l'Arbre à lire)?
  • Est-ce servir que de ne pas recevoir les gens qui attendent depuis des mois de soumettre leurs doléances et leurs besoins, que ce soit pour le commerce, les écoles ou quantité de dossiers individuels ?
  • Est-ce servir que de laisser dans le plein centre ville des tags sur les facades sans autre réponse que "on s'en occupera dans un certain temps" comme dans la blague de Fernand Raynaud, alors qu'on a fait du cadre de sa vie sa priorité ?
  • Est-ce servir enfin que de répondre systématiquement aux questions de l'opposition : "on réfléchit" ?

Mais à force de vous voir réfléchir, Madame le Maire, les Meulanais vont penser que vous n'avez aucune idée, aucun projet, aucune équipe, rien anticipé. Servez vous donc de votre tête et de vos jambes, remuez vous, agissez donc ! Comme vous l'aviez promis - sans réfléchir - pendant la campagne municipale. Ou sont vos solutions, vos réponses ? Le silence est assourdissant !

Et malheureusement, ce n'est pas fini !

Pour cette droite qui a oublié le mot servir, le pire est à venir. Et si la gauche n'est pas à la hauteur, le pire à venir est pire qu'on imagine.


Une primaire à gauche en 2017 pour choisir celui qui affrontera Marine Le Pen au second tour

Le résultat choc des Européennes bouleverse complètement le paysage politique français. Le PS n'a obtenu que 13,98% soit le pire résultat que nous ayons jamais eu à cette élection. Le FN atteint 25% dans un contexte d'abstention forte mais un peu moins élevée que lors du dernier vote. Voilà que nous connaissons un deuxième tsunami politique après les municipales. Et ce tsunami rebat les cartes totalement dans l'optique de 2017.

De quoi ébranler mes convictions. Je continue à penser que nous n'avons pas d'autre chemin que celui d'une baisse de la dépense publique et du soutien aux entreprises via le pacte de responsabilité mais c'est insuffisant pour garantir une victoire de la gauche en 2017. Nous sommes aujourd'hui partis pour perdre par un vote sanction massif avec une candidature témoin comme en 1995.

Je trouvais suicidaire l'idée d'une primaire à gauche en 2017 estimant qu'elle minerait nos chances de l'emporter en affaiblissant notre candidat naturel, le président sortant. Mais voilà, ce n'est pas l'opinion générale, car l'état de faiblesse et d'impopularité de Hollande est à son comble, pire que je l'imaginais. Les sympathisants socialistes réclameraient à 81% une primaire à gauche suivant un sondage du Figaro. Dans ce cas, ce serait Valls qui serait désigné à 40% par les sondés, loin devant Hollande 15%, devancé lui même par Martine Aubry à 16%. Dans l'état où se trouvent le PS et l'UMP, il y a un match à trois en 2017 qui fera un mort entre le PS et l'UMP, le FN étant dans un mouvement ascendant pour le moment.  

L'idée sous-jacente est évidente : les électeurs de gauche veulent choisir le meilleur candidat pour 2017 comme ils l'ont fait en 2007 (par sondage interposé pour S. Royal) et en 2012. Et ce meilleur candidat pour 2017, selon ce sondage, ce n'est pas aujourd'hui F. Hollande.

Bien sûr il est trop tôt pour tirer des conclusions à trois ans des élections. Mais il faut réagir, car tous les voyants sont au rouge. Il y aura de plus en plus de questions sur la personne du président. Si Valls est en tête, alors qu'il mène la même politique, c'est que le problème est devenu personnel. Les résultats s'ils arrivent un jour ne seront plus mis au crédit du président. C'est semble t-il à Valls qu'ils profiteront. Nous sommes dans une forme de scénario inédit sous la Vème république où il va y avoir une cohabitation et une compétition entre un président et un premier ministre du même parti, même si Valls se garde bien de montrer la moindre ambition. Ca ne pourra se faire sans heurts. Celà promet du sport au plus haut sommet de l'Etat. Heureusement, les deux protagonistes ont intérêt à ce que la politique suivie réussisse. C'est l'essentiel pour le pays.


Le socialisme municipal en question

François Hollande n'avait sans doute pas imaginé que sa politique associée à une impopularité record pouvaient faire exploser le socle municipal du Parti socialiste mais c'est bien le bilan qu'il faut tirer. Plus grave, alors que nous ne sommes pas sortis du traumatisme, nous devons mesurer toutes les conséquences de la déroute du mois de mars dernier. 

Tout le monde s'accorde à dire que les futures échéances s'avèrent compliquées pour nous : européennes, sénatoriales en 2014 puis régionales et cantonales sans doute repoussées en 2016 . La déception et la défiance de nos électeurs sont à un niveau rarement observé. Mais il ne s'agit là que de répliques prévisibles. Les chocs électoraux à venir découlent du séisme des 23 et 30 mars. Prévenus cette fois - alors que personne ne s'y attendait aux municipales - le choc sera amorti. C'est néanmoins très dur pour un parti, où beaucoup de militants sont des élus, de voir ses troupes décimées. Nos relais dans le monde associatif seront affaiblis.

Il est à prévoir une perte de substance du parti jusqu'à interroger la nature même du socialisme municipal. Quels modes d'actions nouveaux imaginer, quelle nouvelles formes de démocratie participative peut-on insufler quand on ne détient plus les manettes du pouvoir local ? Le défi est d'importance. Une bonne partie des moyens logistiques et financiers qui sous-tendaient la politique locale venait des ressources des collectivités territoriales. Quand je parle d'action politique locale, je ne parle évidemment pas d'action militante et partisane, mais du socialisme municipal en action, c'est à dire d'une politique sociale, associative, éducative et culturelle faite de passion, d'engagement, de solidarité, de partage, de dévouement au service des publics les plus divers. Il s'agissait pour ceux qui s'y investissaient de trouver un débouché concret pour mener des actions favorisant le vivre ensemble et le lien social.

C'est bien le danger du déclin du socialisme municipal. Par quoi et par qui les nouvelles municipalités vont elles remplacer ces bonnes volontés et ces énergies dédiées au bien commun ? Par rien le plus souvent. Au motif où l'Etat se désengage et réduit ses dotations, la droite municipale aura un prétexte tout trouvé pour justifier un recul des services publics qu'elle appelle de ses voeux. Au motif que les associations étaient selon elle trop souvent le ferment et le lieu de recrutement pour des forces de gauche, on observera sans doute un recul des subventions et des aides au monde associatif local. Peu importe pour les nouveaux édiles souvent inexpérimentés si on casse un outil qui marche avant de penser à inventer quelque chose de neuf. Il s'agit d'abord de démolir avant de peut-être reconstruire on ne sait quoi, on ne sait comment. L'absence d'idées claires et le manque d'engagement des nouvelles équipes de droite sont terrifiantes pour les militants progressistes que nous sommes. Ces gens là sont incapables de donner un cap et un sens à leur action en dehors du moins d'Etat. Convaincus d'avoir gagné sur leurs mérites alors qu'ils ont été élus par défaut, contre la politique nationale, ils se croient soutenus par l'opinion et légitimes pour faire à peu près n'importe quoi. C'est une grave erreur et les électeurs sauront le leur dire aux prochaines échéance, je n'en doute pas.

Le balancier a été trop fort, trop loin dans le sens de la sanction d'un socialisme municipal qui n'a pas démérité loin de là. Il reviendra en sens inverse quand les dommages causés par les nouvelles majorités se feront sentir dans la population. Nous en avons les premiers éléments concrètement sous les yeux dans les villes conquises par la droite ou le FN. Le rôle de l'opposition municipale sera de ne rien laisser passer. Pour ma part, j'en ai l'habitude, je sais faire. C'est pourquoi je compte bien m'investir comme je l'ai déjà fait par le passé sans concession, d'autant plus fort que cette fois c'est une droite archaïque et sans imagination qu'il s'agit d'affronter. 

 


Copé premier ministre ? Non pas ça !

Le pacte de responsabilité et de solidarité sera voté, j’en suis persuadé. Il n’y a pas d’autre solution sauf à plonger le pays dans une grave crise politique qui s’ajouterait à une crise économique sans précédent.

"Avant de prendre une décision demandons nous si elle est juste" c’est ce que disait François Hollande. Est-il juste de geler les retraites et le point d’indice des fonctionnaires, réduire les prestations sociales, tout en diminuant les charges sur les salaires afin de redonner de la compétitivité aux entreprises ? L’équation proposée n’a pas des allures de gauche. Les sympathisants de gauche ne disent pas autre chose. Mais être de gauche, ce n’est pas raser gratis. Est-ce renvoyer indéfiniment les problèmes à demain, alourdir la dette, augmenter les impôts ? Non ce n’est pas possible.

J’entends certains expliquer qu’il suffirait de traquer l’évasion fiscale, faire payer les riches, supprimer les niches fiscales, augmenter les salaires pour relancer la consommation. Certes. On a déjà essayé. Pendant deux ans, Hollande n’a pas fait autre chose. Les impôts ont augmenté de 30 milliards sur les ménages et les entreprises. La prime pour l’emploi, l’allocation de rentrée scolaire ont augmenté. Pas suffisamment selon les thuriféraires, mais pas vraiment nul non plus. En parallèle, le CICE, instrument de soutien aux entreprises qui a été créé en fin 2012 n’a été appliqué qu’en 2014 afin de ne pas peser sur les comptes publics en 2013. Une bonne gestion financière, incitative et prudente qui n’a cependant pas donné les résultats voulus. Le chômage a cru et la croissance est restée atone. En fait le seul point économique positif ce sont les taux d’intérêt de la dette française autour de 2%, historiquement bas. De quoi économiser 5 milliards d’euros d’une année sur l’autre au niveau du poste «intérêts de la dette» qui représente à lui seul plus de 50 milliards par an.

Alors ou en sommes-nous ? A un niveau exceptionnel de défiance des Français par rapport à Hollande.

A une campagne de haine et de détestation qui se manifeste par une espèce de traque du président là où il se déplace. Je suis convaincu qu’il y a une clique qui se mobilise à chaque fois pour huer Hollande. Et cette clique organisée, haineuse, radicalisée veut renverser le pouvoir. Il n’y a pas besoin de grand monde pour donner cette impression d’un rejet généralisé. Je ne suis pas naïf ou militant aveugle au point de croire à un complot, car les élections municipales ont démontré le désaveu, mais l’opposition sait faire jouer la grosse caisse.

Pour autant, les dernières rumeurs me font croire à un vote du pacte de responsabilité mercredi prochain. Ceux qui s’agitent à gauche du PS ne mobilisent pas grand monde. Une pétition lancée par quelques agitateurs n’a recueilli à cette heure qu’un gros millier de signatures, autant dire rien. Personne ne voit d’alternative sérieuse à la politique menée et chacun sait que si Hollande était amené à dissoudre l’assemblée, la potion amère que Copé appelé en premier ministre – mon Dieu est cela qu’on souhaite ?! Copé premier ministre !!! – nous ferait ingurgiter, serait bien plus saumâtre. Il parle de 130 milliards d’économies ! Même la moitié serait plus rude que le plan envisagé par Hollande et Valls.

Alors Copé premier ministre, non, s’il vous plait, pas çà !


Un plan d'économies à 35, 50, 80, 100 milliards ? Le plan Valls est le minimum indispensable pour éviter un scénario à la grecque ou à la japonaise.

Le sort du pacte de responsabilité n'est pas fixé mais il est clair que la gauche du PS rue dans les brancards. On n'entend qu'elle dans les médias et dans les tribunes. Des scénarios sont présentés au premier ministre pour amender le plan de 50 milliards d'économies. Un appel des cent - signé en fait par onze députés - a placé la barre à 35 milliards au lieu de 50 et le plan présenté par Karine Berger et d'autres membres de la commission des finances a sous différentes formes appelé à faire des gestes en faveur des petites retraites et des couches populaires.

Là où je rejoins les contestataires, c'est qu'on ne peut royalement ignorer le vote sanction des municipales. La politique économique et sociale des deux dernières années a été largement désavouée par les électeurs de droite comme de gauche. Mais il y a là un paradoxe : même rejetée, faut-il pour autant en changer ? Soyons réalistes. Si on écoute la droite, si on leur redonne les clés c'est la porte ouverte à un plan de 80 milliards à l'UDI, de 100 milliards évoqué au MEDEF et à l'UMP. Alors changer en pire ? Non. Le paradoxe c'est que si Hollande est amené à dissoudre l'assemblée nationale par rejet de son plan à 50 milliards, c'est le double d'économies de dépenses publiques qui sera appliqué par une droite revancharde et sans aucun complexe pour casser les services publics. Une gauche trop frileuse ou utopiste sera balayée par une droite qui tentera de faire oublier l'échec de la gestion des dix années Chirac Sarkozy.

Il y a des exemples étrangers. La droite grecque avait ruiné le pays, menti aux européens, puis après un court intermède de gauche incapable de faire passer des réformes douloureuses, cette droite malhonnête a été blanchie par deux ans d'opposition. Elle avait pu revenir aux manettes et appliquer un programme de licenciement de fonctionnaires, de baisse des prestations sociales, d'économies drastiques ... Pas de scénario à la grecque en France c'est tout ce qu'on demande ! Ceux qui parlent d'austérité en France, de purge néo libérale, ne savent pas de quoi ils parlent. 

Le juge de paix malheureusement ce sont les marchés financiers. Si les taux d'intérêts remontent, ce sont non pas 50 ou 100 milliards qui sont en jeu mais bien davantage. Si nous avions les taux d'intérêt de la Grèce, nous devrions payer à l'adversaire du Bourget, au "monde de la finance", 420 points de base supplémentaires, 4,2% d'intérêts supplémentaires par an, soit 150 milliards d'euros au lieu des 50 milliards acquittés aujourd'hui sur une dette approchant les 2000 milliards. Cent milliards de plus pour les banques, voilà l'alternative à cinquante milliards d'économies ! Ceux qui de façon utopique, exigent de pouvoir faire appel à la BCE pour nous financer, doivent savoir la contrepartie : la sortie pure et simple de l'euro sera exigée par nos partenaires européens, la chute des prix touchera tous les actifs, épargne ou immobilier. Tordre le bras aux autres européens parce que nous ne voulons pas faire d'efforts n'est pas acceptable, ni par eux, ni par ceux pour qui l'Europe est l'avenir. Un scénario catastrophe qui n'arrivera pas car les électeurs auront depuis longtemps renvoyé les utopistes à leurs chères études.

Le Japon est un autre exemple. Le pays est étranglé par une dette atteignant 200% du PIB (nous en sommes à 93,5%). C'est par une dévaluation de 25% du yen et une augmentation massive de la TVA que le Japon mène ses réformes. Mais ce pays lui non plus n'a pas appliqué de réformes structurelles sur son marché du travail et son modèle social. C'est ce qui explique le vacillement de son économie après de bons débuts pilotés par le nouveau premier ministre conservateur Shinzo Abe. Tous les dirigeants faiblissent avant de passer l'obstacle de la vraie réforme difficile. Augmenter les impôts, dévaluer sont autant de facilités.

Est ce qu'on veut celà ? Hollande a pris la mesure de l'enjeu pour la France. Il le fait payer cash à ses troupes électoralement décimées par un Waterloo municipal et sans doute régional puis sénatorial. Le but est de redresser le pays et la menace est de ne pas pouvoir se présenter en 2017 à l'élection présidentielle si l'échec est au bout. Je suis persuadé que Hollande est convaincu d'appliquer la bonne politique pour le pays. Il n'a pas forcément envisagé le scénario catastrophique pour le PS des municipales, pas plus que Schroeder n'avait envisagé l'échec du SPD pour les dix ou quinze années suivantes. Mais je pense qu'il veut entrer dans l'histoire comme le dirigeant historique de la gauche française qui aura remis la France sur les rails économiques.

S'il réussit, il conserve des chances d'être réélu en 2017 mais rien n'est moins sûr. Il a une obsession de l'économie qui est digne de la période Jospin, riche en emplois et en croissance, mais qui a mal fini électoralement parlant. Il est aujourd'hui difficile d'imaginer que la gauche soit capable de faire ce que DSK voulait réussir : gagner et gagner la fois d'après en ayant convaincu sur son bilan. Car il y a un dernier paradoxe : la France socialiste peut mourir alors que la France sera guérie. Hollande n'a certes pas envie de partager le sort de Schroeder mais pour l'heure il croit toujours à sa chance. Bien qu'au fond du trou sur le plan de la popularité il a confiance en lui et reste du fait des institutions insubmersible jusqu'au terme de son mandat.


Une primaire en 2017 et pourquoi pas hara kiri ?

Julien Dray apporte une réponse à la question que je me posais sur la prochaine présidentielle. Il propose une primaire à gauche en 2017, ce qui donnerait un moyen de remplacer un Hollande démonétisé par Valls ou un autre avec un vote du peuple de gauche. Il ne s’étonne pas de cette idée ébouriffante, citant l’exemple américain.

Je n’y crois pas du tout. Une primaire entre challengers est bien sûr envisageable comme ce sera le cas à droite mais pour le président sortant quel meilleur moyen de l’affaiblir (encore) que de le soumettre à telle compétition !

Un peu de politique fiction. Supposons même qu’aucun poids lourd ne se présente face à lui mais seulement d’obscurs seconds rôles comme Emmanuel Maurel, le leader de l’aile gauche du PS, ou Marie Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, que sais-je … Si le président sortant ne gagnait qu’avec 70% des suffrages comme Harlem Désir au dernier congrès du PS, quel désaveu ! La garantie d’une claque en 2017, déjà bien difficile à gagner quand on se rappelle le faible écart de la victoire dans des circonstances et une conjoncture autrement favorables.

C’est bien pourquoi il est aujourd’hui inenvisageable que François Hollande se soumette à une primaire. Un vrai suicide. Fausse bonne idée.


Quid de 2017 pour la gauche ? Trop tôt pour le dire

La cote d'alerte est atteinte. Avec 18% de satisfaits est-il possible de diriger sereinement la France ? Sans doute non. Mais de toute façon la fonction n’est pas de tout repos.

La question que je me pose benoîtement quand je vois la courbe de popularité de Manuel Valls, crédité aujourd’hui de 58% de bonnes opinions, c’est : quid de 2017 ?

En supposant que Valls échoue, on ne voit pas pourquoi la cote de Hollande remonterait et un scénario à la 2002 serait tout à fait envisageable. Mais si Valls réussit, qui en sera récompensé ? Celui qui l’aura nommé ou celui qui aura été aux manettes ? Même si Valls applique les orientations décidées par Hollande, c’est lui qui a donné un nouveau souffle à ces orientations par son style et ses propositions lors de son discours de politique générale.

Alors tous derrière Valls pour sauver la gauche en 2017 ? Trop tôt pour le dire, mais l’idée doit commencer à tarauder nombre de hiérarques socialistes, y compris Hollande lui-même.


Un nouveau gouvernement condamné à réussir.

Je reprends enfin ma liberté de parole après près de trois mois de quasi silence sur internet pour cause de campagne électorale municipale, sauf sur Facebook où seuls mes "amis Facebook" ont pu lire les arguments de la liste Meulan Demain que je relayais jour après jour.

N'ayant pas été élu à Meulan en Yvelines où je me présentais, je suis d'autant plus libre de dire ce que je pense de la situation politique actuelle. La campagne de notre liste à Meulan conduite avec autorité et conviction par Guy Poirier n'a pas connu la réussite qu'elle méritait. Essentiellement en raison d'un vote sanction contre le gouvernement et sans doute de considérations locales qu'il s'agira d'analyser ultérieurement et sereinement une fois le calme revenu.

Le fait est qu'il ne suffisait pas d'avoir un bon bilan, une bonne équipe et un bon projet pour l'emporter cette année quand on était de gauche. Il fallait avoir un excellent bilan, une excellente équipe et un excellent projet, mener une campagne de terrain hors pair, ne pas subir de divisions dans son propre camp, avoir une communication sans failles, ne pas politiser la campagne sur des enjeux nationaux, ne pas être talonné par la droite au premier tour, ... . Bref il fallait faire le parfait parcours du combattant, lesté de semelles de plombs aimablement fournies par un gouvernement Ayrault usé jusqu'à la corde.

Nous avons trébuché sur l'obstacle un peu partout dans les Yvelines où un véritable tsunami électoral a emporté quasiment toutes les villes de gauche dépourvues de fortes majorités en 2008. Y compris mon ancienne ville d'Achères où le PCF gérait la ville depuis 1925 (avec un intermède d'un seul mandat sans étiquette en 1971). Je crois qu'il doit rester moins d'une dizaine de villes gérées par la gauche sur 262 communes yvelinoises. Une débâcle générale.

La déroute a entraîné le 31 mars le départ de Jean-Marc Ayrault et disons le tout net : même s'il n'est pas responsable de tout, il était logique qu'il serve de fusible au président. L'arrivée de Manuel Valls est à mon avis une bonne chose. S'il sait s'entourer de professionnels solides, de cabinets ministériels expérimentés (comme sa nouvelle directrice de cabinet), et s'il sait diriger une majorité choquée par l'explosion du socle municipal, nous aurons une chance de réussir ce que nous avons promis : le redressement du pays dans la justice. C'est ce volet de justice que F. Hollande a ajouté au pacte de responsabilité, sous le nom de pacte de solidarité. Il est maintenant urgent de voir apparaître des mesures concrètes et efficaces au service des Français. Car ma conviction profonde est celle ci : nos concitoyens ont d'abord sanctionné une forme d'impuissance des politiques et une absence de résultats notamment sur le chômage. L'échec à faire baisser le chômage en fin 2013 a été payé cash.

C'est peut-être la chance de Valls car le travail de fond a été initié même si les observateurs sont critiques sur les deux premières années Ayrault. Les fruits des efforts devraient enfin tomber. Injuste pour Ayrault ? Je ne sais pas. Mais je me rappelle toujours de cette phrase attribuée à Napoléon Bonaparte quand il s'agissait de promouvoir un officier. Il demandait paraît-il à son entourage : "Fort bien, mais a t-il de la chance ?"

Je crois que Valls a de la chance. Il est peut-être d'ailleurs la dernière chance de Hollande. Et les deux le savent : ils sont condamnés à réussir.