La percée en solitaire pour Macron

Solitaire-game-12Emmanuel Macron a démissionné. Il s'est donc émancipé de François Hollande et de Manuel Valls qui le rudoyait à chaque occasion dans les derniers temps. Il a bien fait.

Autant j'estimais envisageable qu'il participe à une primaire organisée par le PS il y a quelque temps, autant c'est devenu plus qu'incertain maintenant. J'ai lu une déclaration de Cambadélis que j'estime totalement ridicule et déplacée.

Mon engagement auprès du Parti socialiste ne tient plus qu'à un fil. Et même si la situation se décantait autrement je ne me sens plus beaucoup d'atomes crochus avec ces gens qui dénigrent à tout bout de champ Macron. Ils excommunient plus vite ceux qui ont très longtemps soutenu le gouvernement que les frondeurs. C'est pitoyable.


Drame à Nice le 14 juillet

NiceIl est terrible de voir le nouveau drame qui vient de ravager la ville de Nice. Je manque de mots pour en parler et je ne veux pas en faire une affaire politicienne comme le font malheureusement trop d'hommes politiques qui aspirent pourtant aux plus hautes fonctions.

On ne sait pas si le tueur est un terroriste ou un psychopathe à cette heure.

Attendons le résultat de l'enquête et pour l'heure pensons à toutes les victimes et à leurs proches. Toute notre sympathie et notre compassion les accompagnent.


Une primaire citoyenne avec Macron ?

Je suis surpris par la décision du PS d'organiser une primaire citoyenne en 2017. On avait tellement l'impression que cette primaire ne se justifiait pas pour un président en exercice que cette primaire révèle au final le très grand état de faiblesse politique du président Hollande. Les débats houleux sur la déchéance de nationalité et la loi travail sont passés par là.

Alors que cela va mieux sur le plan des résultats économiques et même du chômage, engagement clé du président pour se représenter, on a l'impression qu'une décision de cette nature a été prise pour jouer une sorte de va tout. Un coup politique.

Quel peut être l'objectif ? Je n'ai aucune certitude mais l'objectif de Hollande est sans doute de remonter sa cote de popularité dans son camp descendue sous la ligne de flottaison. Il faut se relégitimer lit-on ici ou là. Notamment en se ramenant au niveau d'un candidat normal et proche des gens. Mais c'est aussi l'occasion d'embarrasser ses concurrents. 

Je me suis interrogé. D'accord une primaire mais au point de se confronter à Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche ?? Gérard Filoche devenu un lourdaud vulgaire et grossier personnage ... On a du mal à le voir confronté à Hollande sans que la confrontation ne sombre dans le ridicule. Et s'il n'est pas candidat, le bonhomme sera encore plus incontrôlable. A droite aussi d'ailleurs il est acté que des individus au verbe haut comme Jacques Myard ou Nadine Morano sont tout aussi spéciaux. Bref, l'abaissement de la fonction présidentielle est consacré. Les élites ne sont plus seulement contestées, elles sont démonétisées. Les temps ont changé. La déférence qu'inspiraient les grandes figures de la Vème république n'existe plus. On est arrivé au summum de la présidence normale. En résumé, il peut y avoir à la gauche de Hollande la sénatrice Lienemann, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, et à droite ...pourquoi pas Macron. 

C'est sans doute prématuré mais j'en viens à me demander : puisque François Hollande ne dit pas non à une primaire pour se confronter à des "petits candidats" ou même à un Arnaud Montebourg dont le socle idéologique est plus solide, pourquoi n'y aurait-il pas d'opportunité pour un Emmanuel Macron d'exprimer le fond de sa pensée économique, sociale et environnementale qui est elle aussi d'un autre calibre ?

Après tout, s'il existe des sensibilités différentes au sein du PS et ses alliés dans la BAP, pourquoi ne pas ouvrir la compétition avec le fondateur d'En Marche ? La déloyauté supposée ? Mais dans une primaire on ne trahit pas son camp, on amène ses idées dans le débat et on mesure leur audience populaire. Ce qui est une trahison c'est de faire concurrence au premier tour de l'élection réelle quand il y a un risque d'élimination de la gauche du second tour.

Le débat peut couvrir tout l'arc idéologique dans cette primaire. Hollande peut même y trouver un intérêt tactique en ayant à ses côtés une autre cible que lui même en tant qu'artisan de la politique menée depuis le début du quinquennat. S'il est le seul candidat favorable à la politique actuelle le tir de barrage des frondeurs et des contestataires se concentrera sur lui. Il sera bon que Macron fasse la pédagogie des réformes que Hollande seul aura du mal à faire. De toute façon, on ne peut reprocher en permanence à Macron de ne pas être élu et lui contester le droit de participer à une élection. Son statut de ministre n'est pas non plus un obstacle si on sait que Sylvia Pinel songe elle aussi à candidater pour le PRG.

Il va de soi que ceux qui disent que Macron n'a pas d'espace politique dans cette affaire vont un peu vite en besogne. Au contraire, en y réfléchissant, il peut s'agir d'une formidable opportunité. Et au second tour si Hollande est devant, c'est autant de réserves pour Hollande qu'il apportera. Plus j'y pense et plus il me semble qu'il y a une opportunité. Est ce que Macron va se déterminer à rejoindre la démarche de la Belle Alliance Populaire, c 'est la question. S'engager à soutenir Montebourg s'il est désigné, c'est une chose. Soutenir Filoche ... c'est impensable, mais on n'en est pas là ... D'aillleurs la question est posée à tous les candidats : s'engager à soutenir la démarche de la Belle Alliance Populaire pour participer.

Bref, les questions sont pour tout le monde, Macron risque de perdre beaucoup en popularité à droite en participant à la primaire de gauche mais il faut choisir, quelle est l'autre option ? Attendre 2022 ... C'est bien loin. Et s'il négocie une alliance électorale avec le PS, il sera marqué tout autant. Fin du "ni de droite, ni de gauche" ... Alors pourquoi attendre ? Il faudra bien donner un débouché politique à la démarche d'En Marche ! L'autre option, c'est la percée en solitaire ...


L'avenir est En Marche!

"Je ne voterai plus jamais PS" ... C'est ce qu'on entend du côté de la gauche radicale, de l'extrême gauche et de quelques frondeurs qui ont quitté le PS comme Pouria Amirshahi ...

Valls pour sa part théorise sur les "gauches irréconciliables", applaudi en cela par Mélenchon qui ne rêve que de voir le PS à terre. Convergence d'analyse si ce n'est d'intérêts. Avec le même résultat au bout : l'absence au second tour de 2017.

La gauche est en train de mourir.

Il va falloir inventer autre chose. C'est pourquoi je regarde désormais ailleurs.

Je-suis-en-marche

 


La crise sociale sur la loi travail constitue les prémices d'une rupture politique.

Réforme structurelle la loi travail ou réformette à la française sans portée réelle ? La discussion est d'importance au moment où les blocages perdurent.

Si l'on en juge par l'opposition croisée de la droite, de l'extrême droite, de la gauche radicale, des syndicats contestataires, du Medef, des frondeurs, tous considèrent qu'il s'agit d'une réforme d'ampleur qu'il ne faut pas laisser passer. Et pourtant Valls tient. Hollande aussi pourrait-on dire mais c'est la fermeté de Valls qui est frappante. "Pas de faiblesse" est son mot d'ordre. Il est vrai que reculer une nouvelle fois après l'affaire de la déchéance de nationalité serait désastreux.

En fait le premier ministre sait que cette réforme est majeure pour prouver la capacité de la gauche modérée à réformer le pays. La droite devrait l'applaudir et le soutenir car elle aura aussi en cas d'alternance à affronter le pays si elle en veut mettre en oeuvre son agenda social bien plus radical que la loi travail. Ils voudront passer en force, par ordonnances disent-ils. Cela n'empêchera pas la contestation mais ils auront la légitimité d'une élection nationale récente. Concernant la loi actuelle évidemment la droite ne fera aucun cadeau au gouvernement. Les frondeurs non plus. Et si une coalition des deux fronts de l'opposition se forme, une motion de censure n'est pas à exclure. On verra la chose en juillet.

Pour l'heure, c'est Valls qui tient la boutique. Il sait que de cette bataille dépendra son image de réformateur et quoiqu'il arrive en 2017, du leadership à gauche au moment de la recomposition politique. Si la droite gagne en 2017, Hollande sera écarté du pouvoir, et le jeu normal voudrait que la direction du parti socialiste et du groupe parlementaire socialiste soient l'enjeu majeur. C'est aussi ce sur quoi comptent les aubrystes et la gauche du parti. Ce jeu ne m'intéresse guère. Revoir les mêmes manoeuvres et ces compromis déprimants pour les investitures me répugne franchement.

Pour tout dire je m'interroge sur la question de la survie du PS dans sa forme actuelle. Les débats internes m'ont démontré que les réformateurs au rang desquels les vallsistes ne partageaient plus grand chose avec certains camarades qui n'ont cessé de pourrir la vie de la majorité. Si ces gens là font le procès du quinquennat et prennent la tête du parti, je le quitterai, mais il y a déjà pas mal de choses que je ne supporte plus dans ce parti. J'espère que le mouvement d'Emmanuel Macron En Marche ! auquel j'ai adhéré se transformera alors en parti politique.

Rien n'est fait à ce stade, mais une forme de rupture est en marche ...


Social-libéralisme

Un article de Slate m'a convaincu de dire mon accord avec le social libéralisme. De social démocrate je me droitise encore ... diront les détracteurs. Eh bien soit. Je préfère assumer une étiquette de libéral de gauche que de social démocrate de droite. Ou pire de socialiste de façade. Social-traître ... peu importe.

Les insultes et le mépris de certains "camarades" ne me font pas peur. Les Filoche, Hamon, Paul et Baumel n'appartiennent pas à ma gauche. Pas plus que les communistes et les Verts rouges. Je connais le monde de l'entreprise privée, le monde du risque et de la rémunération variable, le monde du travail et de la gestion. Ce n'est pas pour me laisser impressionner en économie par des gens qui n'ont pour horizon que les syndicats les plus conservateurs, la fonction publique (respectable au demeurant) et les appareils politiques les plus sclérosés. Quand j'entends des apparatchiks ou des activistes théoriser autour de l'exploitation des salariés et de la lutte des classes, ça me fait fuir désormais. Oui j'approuve les théories économiques de John Stuart Mill ou de John Maynard Keynes. Pas celles de Milton Friedman ou d'Adam Smith, ni de Karl Marx ou de Piketty. J'aime bien Schumpeter. Je ne suis pas convaincu par Ricardo.

Bref, je fais de l'économie de marché la règle et le secteur public marchand l'exception.

Social-libéral certes mais toujours au PS pour l'heure. Et tant pis si la mode est à Corbyn ou à Sanders. Ces gens là sont sympathiques mais n'ont aucune chance d'arriver au pouvoir dans de grands pays libéraux comme les Etats-Unis ou l'Angleterre.

La recomposition politique de 2017 va arriver plus vite qu'on ne croit. Je sais avec quel leader politique je me sens à l'aise. François Hollande est le présent. Manuel Valls et Emmanuel Macron sont l'avenir. Il sera toujours temps de changer de structure politique si l'existant ne change pas, si le PS ne se dépasse pas. C'est un choix que je ferai le moment venu.

 


Macron chat alors !

MACRONLe chat sourit et j'ai souri en lisant cet éditorial de Laurent Joffrin, quand celui-ci écrit au sujet de la popularité de Macron : "C’est aussi parce qu’en temps de crise, l’électorat de gauche fait sienne la maxime de Deng-Xiaoping : qu’importe que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape des souris". Il est clair aussi que Macron fait parler, fait tourner les rotatives et vendre du papier. Il n'y a personne qui ne soit devenu aussi connu en si peu de temps. Alors qu'il est devenu ministre sur un concours de circonstances il y a un an à l'occasion de la sortie de route d'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, il est aujourd'hui au centre de nombreux débats qu'il crée lui même au besoin. Et surtout il a été à la manoeuvre sur une loi qui porte son nom en ayant concentré nombre de critiques, au point qu'il a fallu le 49-3 pour la voter.

C'est peut-être cette agitation d'idées qui tourne à la crispation permanente pour les plus conservateurs, qui est devenue sa marque de fabrique. Il parle avec brio, conjuguant audace et talent, des problèmes qui travaillent la société française, quitte à ce que ses idées dépassent sa pensée on l'imagine, tant il réfléchit à voix haute. Dans tous les domaines techniques, il a l'envergure d'un futur premier ministre. Je le crois assez proche de Hollande pour le devenir avec un peu de maturité et de contrôle de sa parole s'il s'agit de gérer le pays. Mais ce n'est pas le sujet du moment. Valls restera je le souhaite premier ministre jusqu'au bout. Il est plus doué sur le plan politique et a un tempérament d'autorité que Macron n'a pas manifestement. Macron me rappelle Rocard par certains côtés. 

C'est bien l'héritier de la deuxième gauche sur le plan des idées. Peut-être qu'il se fera manger par les souris en cours de route, mais pour l'instant le chat est vivant et bien vivant.


Liberté de penser contre langue de bois. Macron ? Non c'est Valls l'avenir immédiat.

4578832_6_3ab1_francois-hollande-manuel-valls-et-emmanuel_71872e80fb95fb5a86b6047364054407J'entends Anne Hidalgo ce matin se réclamer de la social démocratie et rejeter le social libéralisme. Elle estime que le centre de gravité du PS doit se situer dans la social démocratie. Son propos se situe dans une critique continue de la ligne dite sociale libérale portée ou incarnée par Emmanuel Macron. Elle manie à la perfection les codes politiques traditionnels. Je suis partagé sur son analyse.

Peut-être a t-elle raison de penser qu'il faut rester bien à gauche. D'ailleurs est ce que Macron va rester dans ce gouvernement ou sera-t-il exfiltré à un moment donné si le ras-le-bol exprimé par la maire de Lille s'étend dans le PS et au gouvernement ? Je ne crois pas. Macron est un atout pour le couple exécutif et un atout pour la gauche comme le pense une majorité (64%) de sympathisants du PS. Au delà, Macron est quelqu'un qui séduit fortement le centre et une partie de la droite. Sarkozy s'est même fendu d'un appel du pied bien dans son style de matamore agressif avec son vocabulaire de chef de bande. En gros c'était "rejoins nous si t'es un homme !" ... Soupir.

Macron a un parcours qui n'a rien d'un politicien professionnel. Je crois qu'il ne fait pas de la politique son objectif ultime. S'il ne devient pas député en 2017, je crois qu'il quittera tout ce bazar, et retrouvera sans problème un métier à sa mesure dans une banque ou une grande entreprise. C'est aussi cela qui plait aux Français. Cette liberté de ton qu'on prêtait à Ségolène Royal, briseuse de tabous et qui avait aussi affronté l'animosité des éléphants et des politiques traditionnels, dont DSK que je soutenais. Je regrette cette période avec le recul. Mais ce que je reprochais à Royal à l'époque, une forme d'autoritarisme et un soupçon de légéreté sur les dossiers, je ne le dirai jamais de Macron.

Aujourd'hui c'est la langue de bois politicienne que j'abhorre. C'est cette maîtrise permanente de la parole, que je déteste maintenant. Les nouveaux leaders d'opinion sont des penseurs libres malheureusement des déclinistes et des pessimistes comme Zemmour, Onfray, Finkelkraut, Sapir, ... qui laissent entendre une musique désenchantée sur le roman national. Et qui font quoiqu'ils disent le lit des droites dures. Il faut leur opposer une parole de gauche décomplexée. Sans aller comme eux jusqu'à emprunter les mots de cette droite et surtout ses antiennes anti fonctionnaires et anti solidarité. 

Il y a une limite à tout cela. Le débouché politique. On ne gagne aucune élection sur la seule popularité d'un homme. Barre, Rocard, Mendès France, Lang, Kouchner étaient populaires sans résultat électoral probant. Je sais que Macron n'a aucun réseau au sein du PS, qu'il ne saura pas s'y prendre pour le structurer. J'entends que des gens se proposent en souterrain de l'aider à prendre d'assaut la citadelle PS. Mais il y a Manuel Valls avant lui. C'est Valls qui doit prendre le parti et en faire un parti moderne et ancré dans le XXIème siècle. Valls s'est recentré grâce à Macron, dont il porte au fond de lui et avant lui les idées. Valls est un animal politique parfait pour la suite. C'est lui que je suivrai sans hésiter pour mener le combat politique majeur qui s'annonce. Langue de bois ou pas. Dans l'intérêt de la gauche réformiste et du pays.


Le chômage juge de paix

Il est impossible de reconnaître qu'on s'est trompé. C'est vrai pour un électeur ou un élu. Personne ne reconnaît s'être trompé ou avoir fait une erreur ... Le faire c'est se mettre en position de faiblesse évidente, c'est s'exposer comme quand on a menti à ne plus être crédible à l'avenir pour un élu ou à ne plus pouvoir ronchonner à loisir pour un électeur. 

Oui, c'est vrai pour un électeur. Admettons qu'il vote pour un candidat qui le déçoit ou qui n'a pas les résultats escomptés. Ce sera exclusivement de la faute de l'élu. Jamais l'électeur ne se remet en cause. Il dira avoir été trahi. Il dira qu'il voulait autre chose et que les politiques sont bien tous des menteurs. Le discrédit des politiciens qui ont beaucoup biaisé est passé par là. Par l'absence de résultats, ou des politiques contraires à celles que les électeurs attendaient.

C'est aussi vrai pour un élu. Ainsi de Chirac en 1995 avec Juppé qui abandonne la thématique de la fracture sociale pour imposer la rigueur qui lui coûte la défaite de 1997 lors de la dissolution. Ainsi de Jospin en 2002 qui n'avait pas compris qu'une politique de gauche qui crée de l'emploi en masse se fracasserait sur une augmentation du chômage et une montée de l'insécurité à la veille du scrutin dans les derniers mois de son mandat. 

Le chômage est une variable clé pour comprendre les résultats des élections, notamment présidentielles. Il faudrait analyser chaque résultat de présidentielle pour voir si le chômage grimpait ou descendait avant le scrutin. La montée assure l'échec. La baisse ne garantit pas la victoire mais semble indispensable.

De toute façon les électeurs ont zappé à chaque fois ou presque depuis 1981, date de la première alternance sous la Vème république. Gauche 1981, Droite 1986, Gauche 1988, Droite 1993 et 1995, Gauche 1997, Droite 2002, Droite 2007, Gauche 2012 et on sait que la Droite est bien placée pour 2017 ... Avec en fait une seule continuité en 2007 de Chirac à Sarkozy car le chômage a baissé régulièrement entre 2005 et 2007. 

Il est presque trop tard pour Hollande, quand on sait qu'on est à vingt mois de la prochaine élection en mai 2017. Le chômage continue de monter et le sentiment largement entendu (surtout à droite bien sûr) est quoiqu'il arrive, qu'il aura échoué sur ce chantier majeur. Il s'est lui même mis dans une situation quasi impossible en liant son bilan à ce résultat. J'entends dire qu'il se présentera quand même ... Une absence de résultats sur le front du chômage sera fatale à Hollande. Nous en serons réduits à une candidature de témoignage en 2017 en cas d'échec c'est à peu près certain, comme en 1995. Je ne pense pas que Hollande renoncera, il dira que personne ne fera mieux que lui de toute façon et donc qu'il assumera ses responsabilités jusqu'au bout. Il est vrai que Valls ou un autre seraient en mauvaise posture dans ce contexte. 

Il reste à comprendre pourquoi il n'y a aucun résultat tangible après 3 ans et demi ... Beaucoup de causes sont possibles. On évoque en vrac : le mur de l'argent, la résistance des patrons qui ne jouent pas le jeu, une conjoncture internationale peu porteuse, une gestion trop serrée de la dépense publique avec une fiscalité excessive, une désindustrialisation de la France, les atermoiements et la lenteur des mesures en début de mandat, ... C'est sans doute un peu tout ça. Aucune raison ne se dégage clairement. Les lois Macron sont un progrès mais auront peu d'impact immédiat. Le pacte de responsabilité lui joue enfin à plein, mais la diffusion est lente.

C'est en fait la lenteur de nos procédures légales et réglementaires qu'il faut déplorer. Macron a bataillé longtemps pour faire passer sa loi et a fini avec le 49-3. Je pointe pour ma part du doigt la technostructure de Bercy. Celle qui a un pouvoir considérable par rapport aux politiques. Ces hauts fonctionnaires qui font traîner les dossiers ou qui les orientent à leur gré. Je crois beaucoup à cette thèse car nos ministres ne sont pas tous au top niveau et se font manipuler. Un type qui leur a cédé beaucoup je le crains car c'était un strauss kahnien convaincu, c'est Pierre Moscovici. Manque d'autorité et de force. Montebourg était un saltimbanque, ni sérieux, ni crédible. Un type fantasque incapable de jouer collectif et pourtant doté de beaucoup de charisme. Macron a plus de caractère et de compétence je le crois. Il a redressé l'image du ministère de l'économie et il a le sens du travail collectif ... Je crois que c'est lui l'avenir. Mais il n'est pas là depuis assez longtemps. La leçon à tirer serait d'avoir des poids lourds à ces postes clés et moins d'affidés politiques.

Je suis perplexe sur nos chances de redresser la barre à temps. Je croise les doigts pour que la science politique de François Hollande nous sorte de ce mauvais pas. 


Small break

Je fais un petit break sur les réseaux sociaux. C'est trop abrasif. On s'y brûle les chairs à force de se frotter à des gens qui ne méritent pas qu'on s'y intéresse ou qui vous font sur-réagir à coup de provocations ou de réactions épidermiques et de formules lapidaires. Lapidaire a une autre signification mais je trouve que l'idée de lapider l'adversaire ou le contradicteur correspond bien à la mentalité de certains de mes interlocuteurs sur ces réseaux.

Je me suis souvent demandé comment faisaient certains pour garder leur calme en toute circonstance face à des individus vindicatifs, péremptoires et parfois grossiers que ce soit dans des discussions privées ou publiques. Il faut une bonne dose de maîtrise de soi, une capacité de résistance hors du commun. Ne jamais prendre les gens de haut, ne jamais péter un cable, ne jamais répondre du tac au tac, rester dans le cercle de la raison, c'est un métier. Les politiques professionnels savent le faire. Je n'en suis pas un donc je réagis autrement, avec sincérité et conviction, donc parfois trop vivement.

Je fais aussi ce petit break pour d'autres raisons plus personnelles, plus intimes, dont je ne parlerai pas. L'abrasivité des relations n'est pas réservée aux inconnus du net, mais aussi à des gens que je connais de près ou de loin et qui envahissent mon cerveau et mon coeur, mon esprit et mon âme. Il est temps de réfléchir un peu à stabiliser tout ça.

Voilà pourquoi je cause ici ce matin. Je veux un peu de paix (je l'ai déjà dit non ?). Je suis de nature calme et sereine, optimiste même. Ca demandera juste un peu de temps.