Le 10 juin, j'ai assisté à une réunion publique sur les retraites à Achères co-organisée par le PS, le PCF, le PRG et des syndicats (CGT, FSU). Un compte-rendu factuel a été publié sur le blog des élus socialistes d'Achères. Ce n'était bien sûr pas l'endroit pour un commentaire personnalisé assorti d'une note d'ambiance que je m'autorise ici.
D'abord une constatation, l'affluence était d'un niveau intéressant, environ 120 personnes, sans être exceptionnel. Chaque organisation politique ou syndicale prise séparément n'aurait pas rassemblé autant de participants.
Ensuite le ton des interventions a dénoté un sens des responsabilités dont j'avoue qu'il m'a agréablement surpris. J'ai craint un peu je l'avoue - de la part de la salle - une surenchère verbale et une agressivité envers la présumée "tiédeur" des positions socialistes qui ne se sont pas produites. Pas de discours assassin à la Mélenchon ou de diatribes violentes contre les sociaux-traitres. Tant mieux.
Étonnamment, une question du public m'a paru centrale : comment arriver à financer les retraites dans le contexte de dette publique et de déficits ? C'est le signe que le message de la dégradation des comptes publics a touché les esprits et que nos concitoyens savent qu'ils ne peuvent pas tout espérer de l'Etat. Il est vrai que sur la richesse nationale (le PIB) pèsent déjà 44% de prélèvements obligatoires et 50% de dépenses publiques. La logique "comptable" entre dans les têtes de même que la logique démographique, c'est un succès du gouvernement, disons le.
"L'argent, il y en a", certes. Mais la gauche ne pourra se permettre la facilité si elle revient au pouvoir. Elle a quitté le pouvoir en 2002 en ayant quasiment remis les comptes sociaux à l'équilibre. Comme récompense, les électeurs ont éliminé Lionel Jospin du deuxième tour en 2002 sur fond de division de la gauche et faits divers en rafales.
En 2012, nous ne pourrons nous exonérer d'une réflexion et d'un bon programme sur la réforme fiscale nécessaire et le partage du temps de travail. Il est vrai que la social-démocratie c'est ennuyeux, on ne fait pas d'envolées lyriques sur la remise de l'humain au centre des problématiques ou sur la rupture avec le capitalisme. Mais nos concitoyens ne rêvent pas. Ils ont du mal concrètement aujourd'hui à finir le mois. Ils attendent des résultats tangibles, que la droite annonce mais ne produit pas et que la gauche de la gauche moque à coup de "il n'y a qu'à". A la gauche réformiste et progressiste de s'y atteler sérieusement, tout en évitant les solutions démagogiques. Plus facile à dire qu'à faire. Plus encore qu'en 2007, la crédibilité sera selon moi au cœur de la campagne de 2012.

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