Livres

Houellebecq copié sur Internet

Je ne suis pas un fan de Houellebecq c'est peu de le dire, mais je n'ai pu m'empêcher d'aller lire son livre (du moins quelques pages). Curiosité normale pour qui a obtenu le prix Goncourt 2010. Grâce à l'initiative audacieuse du blogueur Florent Gallaire "La carte et le territoire" est consultable sous licence libre sur son blog.

Je n'ai pas les compétences juridiques pour déterminer qui a raison dans le débat de propriété intellectuelle qui opposera sans doute Flammarion, l'auteur et le blogueur. Mais ce débat rappelle bien sûr la question du téléchargement illégal de musique ou de films que la loi Hadopi vient de sanctionner. A ceci près que Houellebecq a lui même fait du copier coller d'articles de Wikipedia pour pondre son oeuvre. Or Wikipedia est d'accès libre et quiconque reproduit tout ou partie de ses articles se soumettrait aux conditions de Licence Creative Commons ou CC-BY-SA qui rendrait l'oeuvre suivante et les suivantes encore toutes libres d'accès par une sorte de contamination virale.

Tout est affaire de curseur j'imagine. Un plagiat se mesure communément par le degré d'originalité ou de reproduction de l'oeuvre finale. Le téléchargement de musique est clairement illégal au sens où l'intégralité de l'oeuvre est reproduite. La reprise d'une mélodie ou de quelques notes est plus complexe à juger. J'imagine que pour des écrits c'est du même acabit.

La discussion juridique est en tout cas fort intéressante. Elle démontre un vide qu'il s'agira au législateur ou à la jurisprudence de combler pour s'adapter à notre environnement numérique. En tout cas Flammarion a tôt fait de réagir. L'oeuvre de Houellebecq va dans les jours à venir être intégralement proposé au téléchargement légal moyennant une réduction de 20% sur le prix papier. Tout cela c'est d'abord du commerce il ne faut pas l'oublier.

Ah oui au fait et mon avis sur l'oeuvre de Houellebecq me direz vous ? J'en ai trouvé la lecture facile et le style coule comme de l'eau. Néanmoins, les pages que j'ai lues ne m'ont pas paru appartenir à la grande littérature d'antan. La narration est agréable mais sans relief particulier. Je ne sais pas si je poursuivrai ma lecture. En tout cas, je n'ai pas envie de débourser plus de 20 euros pour le lire, c'est certain.

Et puis un auteur capable de dire  : «Je ne suis pas pour l'action politique, au fond.  (...) Je ne suis pas un citoyen et je n'ai pas envie de le devenir. On n'a pas de devoir par rapport à son pays, ça n'existe pas. Il faut le dire aux gens. (...) On est des individus, tous, pas des citoyens ou des sujets. (...) On n'a aucun devoir par rapport à son pays. (...) La France est un hôtel, pas plus.» (1) aura toujours du mal à trouver grâce à mes yeux. Houellebecq n'est pas aimable, pas militant, c'est son droit. Mais si cet individualiste forcené considère que la cité n'a pas prise sur lui, qu'il ne demande pas à la cité de lui rendre justice pour son oeuvre.

(1) http://bibliobs.nouvelobs.com/20101109/22344/houellebecq-lemmerdeur-emmerde


Michel Rocard, penseur-acteur de la social-démocratie

Je commence à lire le dernier livre de Michel Rocard qui s'intitule "Si ca vous amuse - Chronique de mes faits et méfaits". C'est toujours un plaisir de lire Rocard. J'aime son style direct et flamboyant, sa plume précise et sans fioritures, un concentré d'intelligence parfois difficile à décoder, à l'image de l'homme d'Etat qu'il fût.

Qu'il s'agisse de mémoires sur la méthode ou de l'histoire d'un homme d'action peu importe, j'aime le résultat pour ce que j'en ai découvert et lu. Rocard est toujours intéressant à lire ou à écouter, sachant exprimer sa connaissance du réel et son aspiration à l'idéal qu'évoque Jaurés. Il manoeuvre à la perfection entre la satisfaction de l'oeuvre accomplie et une dose d'humilité voire d'auto-dérision. En tout cas, il a le ton juste et humain qui convient.

Au delà de ces questions de style, je comprends que l'homme politique s'il ne fût pas le grand prédateur qu'était François Mitterrand, s'est voulu de bout en bout l'architecte exigeant de convictions gestionnaires et généreuses qui ont fait la pensée social démocrate des quarante ou cinquante dernières années. Avant même d'ailleurs qu'on la qualifie de social démocrate. De là à dire que lui et son maître - Pierre Mendès France - en ont été les ardents théoriciens et les premiers acteurs pour notre pays, il n'y a qu'un pas que je franchis sans hésiter. Je relaterai ici les meilleurs moments de ce livre quand je l'aurai achevé. Je vous engage à faire de même si vous l'avez lu.


"Une femme debout"

J'ai finalement acheté et commencé à lire le livre de Françoise Degois sur Ségolène Royal "Une femme debout". J'étais la semaine dernière dans ma librairie préférée "Le grand Cercle" au centre Art de Vivre d'Eragny et j'ai fini par attraper ce bouquin après avoir hésité avec celui d'Obama. Juste après, devant moi une femme la cinquantaine bourgeoise l'a pris sans hésiter de même qu'un autre de Gisèle Halimi. Ca m'a amusé.

J'y ai vu tout un symbole. Royal assimilée à la femme qui s'émancipe et qui prend sa revanche sur un monde trop masculin. 

Les premières feuilles me le confirment. Ce livre est avant tout celui d'une femme ambitieuse qui a décidé de ne plus faire de compromis, de ne plus vivre en retrait, sauf peut-être pour ses enfants. Quelle belle histoire à raconter en tout cas, succès de librairie quasi-assuré. Le livre se lit facilement. Loin de la prise de tête que constitue la lecture d'un bouquin de Jospin. Bref, j'en dirai plus quand je l'aurai achevé.


Un parti en quête de professionnalisme

En cette période de vacances, je lis.  Par exemple j'ai acheté à la FNAC de Cergy, le livre de Jean-Christophe Cambadélis, Parti Pris.

Ce livre raconte la vie interne du parti socialiste depuis 2002, les luttes de pouvoir, les manœuvres de François Hollande, l'ascension de Ségolène Royal, les conditions de la campagne présidentielle et l'issue fatale pour la gauche.

Je n'ai lu qu'une centaine de pages de ce livre pour l'instant donc je ne donnerai pas ici toutes mes impressions, mais je le trouve littéralement passionnant. Un acteur éminent de la classe politique (je sais qu'il n'aime pas cette expression) nous délivre sa part de vérité sur ce qui est souvent réservé à quelques initiés des soirées parisiennes.

Lire la suite "Un parti en quête de professionnalisme" »