J'aurai pu choisir un titre plus poétique en évoquant "la terre est une orange" mais c'était déjà trouvé. J'ai donc retenu une réalité plus terre à terre qui m'a été inspirée ce matin en distribuant des tracts sur la réforme des retraites au marché. J'y ai croisé des gens qui me parlaient soit d'un autre monde soit des temps anciens ... D'où ces quelques réflexions et citations.
Il n'y a que les utopistes et les conservateurs pour croire que l'on peut vivre dans un monde idéalisé qui tienne soit d'un futur fantasmé soit d'un passé aux valeurs immuables. Si on réfléchit bien, c'est la peur qui fait agir les uns et les autres, avec le refus du présent et la crainte du futur. Les progressistes eux savent qu'il faut avancer en ayant du courage. Le moteur qui donne le plus de sens à l'action c'est l'espoir qui éclaire et non la peur qui aveugle.
Qui ne connait ces célèbres définitions du courage par Jaurès :
«Le courage, c'est de comprendre sa propre vie... Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille... Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel.»
«Le courage, c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.»
«Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire.»
Or le monde bouge sous nos pieds en permanence qu'on le veuille ou non, tel un tapis roulant. En premier lieu il y a une réalité physique. Nous sommes sur un énorme engin volant qui file à 30 kilomètres par seconde autour du soleil. En second lieu les hommes exploitent et transforment l'environnement pour vivre et se reproduire. Au risque d'engendrer des catastrophes comme actuellement au large du Nouveau Mexique. Au final le monde fabriqué par les hommes est en quête perpétuelle de sens.
"Justement ou veut-il en venir ?" doivent se dire les lecteurs qui ont eu le courage de lire jusque là ...
Au point suivant : j'ai choisi le camp du progrès parce que c'est le seul qui veut agir et changer le monde en tenant compte de ce qu'il est et non en fonction de ce qu'il fût ou de ce qu'il pourrait être.
Ceux qui confondent dogmes et valeurs - les radicaux, les utopistes qui marchent à côté du tapis - ne servent pas nos causes. Ceux qui veulent préserver ou revenir à un ordre ancien - les conservateurs qui marchent à l'envers du tapis - encore moins. Or j'entends beaucoup de gens ne plus savoir ce qu'est la droite ou la gauche dans ce pays. Beaucoup ont perdu l'espoir et ne font plus qu'avoir peur. Agir les pieds ancrés dans la réalité d'aujourd'hui, en sachant très bien que la réalité est fluctuante - que le tapis bouge - voilà ce qu'est être vraiment un progressiste selon moi. Donner de l'espoir voilà notre rôle.
Tout celà parce que sur le marché d'Achères ce matin je me suis parfois demandé si le monde réel existait vraiment pour tout le monde. La vérité doit pouvoir se trouver entre le retour à la retraite après 37,5 ans de cotisations pour tous et repousser l'âge légal de la retraite à 65 ans tout de suite.

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