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février 2018

mars 2018

Faut-il une inflexion sociale à la politique du gouvernement ?

Le débat sur la cagnotte fiscale posé l'intervention du député LaREM Joël Giraud, rapporteur du budget, est la dernière marque des interrogations qui agitent une partie de la majorité présidentielle. Il y a un certain temps François Bayrou avait déjà dit à Emmanuel Macron que les Français ne pouvaient se contenter d'une gestion des finances publiques orientée vers la réduction des déficits et de la dette.

Ce que certains appellent de l'austérité et d'autres du sérieux budgétaire n'est pas qu'une question sémantique.

Tordons le coup à l'idée d'une cagnotte. Depuis plus de quarante ans aucun budget de l'Etat n'a été voté en équilibre. Depuis plus de quarante ans la France dépense plus que ce qu'elle gagne. Il n'y a pas de cagnotte. Il n'y a que des traites tirées sur le futur de nos enfants.

Les sommes sont astronomiques à un point tel que trop peu parmi les Français peu au fait de la science économique n'ont conscience du mur financier dans lequel la France tape. Plus de 2 000 milliards de dette, proche de 100% du PIB et 2,7% de déficit public chaque année, soit des dizaines de milliards qui partent directement dans la dette, un déficit extérieur qui ne s'améliore pas, un chômage élevé, une désindustrialisation massive. Et en même temps des distributions de dividendes qui montrent une répartition des richesses concentrée vers les plus hautes couches sociales. Les inégalités sont elles inévitables ? Non. Il y a un chemin. Celui de la croissance. La croissance française rejoint progressivement la moyenne européenne en raison du soutien aux entreprises initié sous Hollande et de la confiance retrouvée des patrons depuis l'élection du président Macron.

Le constat est là. Le mur de l'argent hostile aux solutions collectives recule. Les dirigeants des grandes entreprises commencent à réinvestir en France, les défaillances d'entreprises diminuent et les investissements directs des étrangers en France vont dans le bon sens. L'emploi repart. Est ce suffisant pour relâcher maintenant les efforts et redistribuer  au premier vent favorable de la conjoncture ? Non. Ces résultats sont fragiles, exposés à une remontée des taux d'intérêts, à la fin d'un cycle mondial de croissance exceptionnellement long. En période de vaches grasses, il faut constituer des réserves pour l'hiver. Pour absorber les chocs. 

Il y a une logique économique à l'oeuvre. Une logique libérale ? Oui en partie évidemment, celle qui dit qu'il faut créer la richesse avant de la répartir. Mais aussi sociale. Je sens que je vais en énerver quelques uns qui ne distinguent pas la fibre sociale dans la politique suivie. Et pourtant. Que les socialistes canal historique ne fassent pas la différence entre ce que fait Emmanuel Macron et ce que proposait François Fillon hier ou Laurent Wauquiez aujourd'hui est assez stupéfiant. Entre la casse à marche forcée du modèle social que ceux ci prônaient et la transformation progressive et planifiée du modèle social il y a un monde. Entre la xénophobie et l'euroscepticisme croissant des uns et le volontarisme européen assumé des autres, il y a un monde.

La voie médiane, la troisième voie que Michel Rocard et d'autres avant lui au rang desquels je place Mendes France et Jacques Delors est bien en marche. C'est cette voie que je soutiens et que je soutiendrai à l'avenir. Elle a un leader, un projet, une stratégie. Elle est appelée à devenir la force dominante dans les années à venir y compris dans sa traduction locale, la plus proche des citoyens. La force qui remet les femmes et les hommes au coeur de l'action. Elle s'appelle La République en Marche. LaREM. J'y suis aujourd'hui, j'en serai encore plus demain. Avec la détermination la plus forte.