Bientôt un autre rythme, une autre vie.
La neige après la pluie ... et les con...tribuables râlent

Mon frère Michel est parti ... un immense chagrin.

Mon grand frère est parti il y a deux jours. Il avait 63 ans. Le chagrin est immense. J'avais beau savoir qu'il était gravement malade, que le répit n'existait pas vraiment, que la guérison était inenvisageable, j'espérais qu'il pourrait ... vivre longtemps. Comme je l'ai toujours connu, avec ses emportements et ses rires, son sens inouï de la famille et des enfants. Sa capacité à aider et protéger les siens. En réalité, un vrai chef de famille, un papa, un grand-père, un mari, un frère. Il a su tout faire admirablement.

Avec sa femme capable d'un dévouement inimaginable il a eu trois beaux enfants, magnifiques et d'une gentillesse à nulle autre pareil. Il est parti entouré de leur amour, de leur tendresse, de leurs mots apaisants comme des caresses. Une famille unie comme on en voit peu. Comme on en voudrait pour chacun. Il aura réussi sa vie même si elle aura été trop courte. Il a beaucoup donné et il a beaucoup reçu. Un grand coeur.

Dans mes souvenirs pourtant, mon grand frère m'en a fait voir quand j'étais petit. Il avait son caractère parfois excessif, ses convictions qui pouvaient tenir de l'obstination mais jamais il n'était méchant. De toute façon mon caractère un peu trop calme devait l'agacer plus qu'autre chose. Il voulait sans doute me bousculer pour que je réagisse car j'étais un peu trop différent de lui, si tempétueux par moments. Comme tous les caractères entiers, il parlait haut et fort, s'était forgé des idées fermes et définitives sur certains sujets, par exemple il détestait la religion et les curés. Je l'ai beaucoup regardé faire avec étonnement comme on regarde ses parents et ses aînés. Même si nous n'avions pas le même tempérament, nous nous ressemblions beaucoup physiquement, encore plus sur le tard. Parfois on m'a pris pour lui dans les réunions de famille en Moselle où moi même devenu parisien, j'assistais sans être reconnu comme le dernier de la fratrie. Et puis il a fait construire sa maison avec Marie-Grâce, il a eu des enfants fantastiques, Eric et Joël les garçons tous les deux de vrais artistes, et une fille, dont je suis le parrain, l’aînée, Maud, une fille géniale. 

Même si j'ai suivi mon chemin, il y a des choses que j'ai faites comme lui. Du foot par exemple. Il était plus fort que moi, plus sportif, plus doué pour ça. J'aurais sincèrement aimé avoir son talent de footballeur. On admirait Michel Platini tous les deux dont il partageait le prénom. 

Restant dans notre région natale, la Lorraine, encore vivace au temps de la sidérurgie, il a eu un parcours professionnel qui l'a fait progresser dans les échelons, grâce à ses talents naturels. N'aimant pas trop les études, il s'est fait lui même avec sa méthode, efficace, pragmatique, prouvant ses capacités à gérer des situations complexes, des équipes pas toujours faciles. Nous n'en parlions pas souvent mais je sais qu'il était attaché à son travail et y passait beaucoup de temps. Il m'a été rapporté que ses chefs l'appréciaient beaucoup et reconnaissaient ses qualités. Là encore il a réussi.

Mais tout cela n'est rien sans dire ce qu'il a fait pour moi au final : il m'a aidé bien sûr chaque fois qu'il l'a pu comme un frère mais plus essentiel il m'a sauvé la vie et c'est à la fois un drame immense et une source de gratitude. Il y a quelques années, il est tombé malade plus tôt que moi de ce cancer qui l'a emporté et m'a frappé aussi. Il m'a alerté de ne pas attendre avant de procéder à un traitement radical, que les médecins ne conseillaient pas forcément s'agissant d'une maladie à évolution lente. Grâce à lui, je n'ai pas attendu, j'ai demandé à être opéré. Nous avions physiquement les mêmes dispositions, la même anatomie, et sans doute les mêmes causes auraient elles produit les mêmes effets tragiques. Il a pris des mesures tardives pour lui qu'il m'a incité à prendre rapidement. Bref, il m'a sauvé d'un retard sans doute fatal.

Au delà de toutes les vicissitudes, mon frère était fondamentalement quelqu'un de bien. Un sacré bonhomme. Un cœur vivant. Il restera pour toujours dans ma mémoire. Au revoir Michel, je t'aime pour toujours.

 

 

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