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juin 2016

Une primaire citoyenne avec Macron ?

Je suis surpris par la décision du PS d'organiser une primaire citoyenne en 2017. On avait tellement l'impression que cette primaire ne se justifiait pas pour un président en exercice que cette primaire révèle au final le très grand état de faiblesse politique du président Hollande. Les débats houleux sur la déchéance de nationalité et la loi travail sont passés par là.

Alors que cela va mieux sur le plan des résultats économiques et même du chômage, engagement clé du président pour se représenter, on a l'impression qu'une décision de cette nature a été prise pour jouer une sorte de va tout. Un coup politique.

Quel peut être l'objectif ? Je n'ai aucune certitude mais l'objectif de Hollande est sans doute de remonter sa cote de popularité dans son camp descendue sous la ligne de flottaison. Il faut se relégitimer lit-on ici ou là. Notamment en se ramenant au niveau d'un candidat normal et proche des gens. Mais c'est aussi l'occasion d'embarrasser ses concurrents. 

Je me suis interrogé. D'accord une primaire mais au point de se confronter à Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche ?? Gérard Filoche devenu un lourdaud vulgaire et grossier personnage ... On a du mal à le voir confronté à Hollande sans que la confrontation ne sombre dans le ridicule. Et s'il n'est pas candidat, le bonhomme sera encore plus incontrôlable. A droite aussi d'ailleurs il est acté que des individus au verbe haut comme Jacques Myard ou Nadine Morano sont tout aussi spéciaux. Bref, l'abaissement de la fonction présidentielle est consacré. Les élites ne sont plus seulement contestées, elles sont démonétisées. Les temps ont changé. La déférence qu'inspiraient les grandes figures de la Vème république n'existe plus. On est arrivé au summum de la présidence normale. En résumé, il peut y avoir à la gauche de Hollande la sénatrice Lienemann, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, et à droite ...pourquoi pas Macron. 

C'est sans doute prématuré mais j'en viens à me demander : puisque François Hollande ne dit pas non à une primaire pour se confronter à des "petits candidats" ou même à un Arnaud Montebourg dont le socle idéologique est plus solide, pourquoi n'y aurait-il pas d'opportunité pour un Emmanuel Macron d'exprimer le fond de sa pensée économique, sociale et environnementale qui est elle aussi d'un autre calibre ?

Après tout, s'il existe des sensibilités différentes au sein du PS et ses alliés dans la BAP, pourquoi ne pas ouvrir la compétition avec le fondateur d'En Marche ? La déloyauté supposée ? Mais dans une primaire on ne trahit pas son camp, on amène ses idées dans le débat et on mesure leur audience populaire. Ce qui est une trahison c'est de faire concurrence au premier tour de l'élection réelle quand il y a un risque d'élimination de la gauche du second tour.

Le débat peut couvrir tout l'arc idéologique dans cette primaire. Hollande peut même y trouver un intérêt tactique en ayant à ses côtés une autre cible que lui même en tant qu'artisan de la politique menée depuis le début du quinquennat. S'il est le seul candidat favorable à la politique actuelle le tir de barrage des frondeurs et des contestataires se concentrera sur lui. Il sera bon que Macron fasse la pédagogie des réformes que Hollande seul aura du mal à faire. De toute façon, on ne peut reprocher en permanence à Macron de ne pas être élu et lui contester le droit de participer à une élection. Son statut de ministre n'est pas non plus un obstacle si on sait que Sylvia Pinel songe elle aussi à candidater pour le PRG.

Il va de soi que ceux qui disent que Macron n'a pas d'espace politique dans cette affaire vont un peu vite en besogne. Au contraire, en y réfléchissant, il peut s'agir d'une formidable opportunité. Et au second tour si Hollande est devant, c'est autant de réserves pour Hollande qu'il apportera. Plus j'y pense et plus il me semble qu'il y a une opportunité. Est ce que Macron va se déterminer à rejoindre la démarche de la Belle Alliance Populaire, c 'est la question. S'engager à soutenir Montebourg s'il est désigné, c'est une chose. Soutenir Filoche ... c'est impensable, mais on n'en est pas là ... D'aillleurs la question est posée à tous les candidats : s'engager à soutenir la démarche de la Belle Alliance Populaire pour participer.

Bref, les questions sont pour tout le monde, Macron risque de perdre beaucoup en popularité à droite en participant à la primaire de gauche mais il faut choisir, quelle est l'autre option ? Attendre 2022 ... C'est bien loin. Et s'il négocie une alliance électorale avec le PS, il sera marqué tout autant. Fin du "ni de droite, ni de gauche" ... Alors pourquoi attendre ? Il faudra bien donner un débouché politique à la démarche d'En Marche ! L'autre option, c'est la percée en solitaire ...


L'avenir est En Marche!

"Je ne voterai plus jamais PS" ... C'est ce qu'on entend du côté de la gauche radicale, de l'extrême gauche et de quelques frondeurs qui ont quitté le PS comme Pouria Amirshahi ...

Valls pour sa part théorise sur les "gauches irréconciliables", applaudi en cela par Mélenchon qui ne rêve que de voir le PS à terre. Convergence d'analyse si ce n'est d'intérêts. Avec le même résultat au bout : l'absence au second tour de 2017.

La gauche est en train de mourir.

Il va falloir inventer autre chose. C'est pourquoi je regarde désormais ailleurs.

Je-suis-en-marche

 


La crise sociale sur la loi travail constitue les prémices d'une rupture politique.

Réforme structurelle la loi travail ou réformette à la française sans portée réelle ? La discussion est d'importance au moment où les blocages perdurent.

Si l'on en juge par l'opposition croisée de la droite, de l'extrême droite, de la gauche radicale, des syndicats contestataires, du Medef, des frondeurs, tous considèrent qu'il s'agit d'une réforme d'ampleur qu'il ne faut pas laisser passer. Et pourtant Valls tient. Hollande aussi pourrait-on dire mais c'est la fermeté de Valls qui est frappante. "Pas de faiblesse" est son mot d'ordre. Il est vrai que reculer une nouvelle fois après l'affaire de la déchéance de nationalité serait désastreux.

En fait le premier ministre sait que cette réforme est majeure pour prouver la capacité de la gauche modérée à réformer le pays. La droite devrait l'applaudir et le soutenir car elle aura aussi en cas d'alternance à affronter le pays si elle en veut mettre en oeuvre son agenda social bien plus radical que la loi travail. Ils voudront passer en force, par ordonnances disent-ils. Cela n'empêchera pas la contestation mais ils auront la légitimité d'une élection nationale récente. Concernant la loi actuelle évidemment la droite ne fera aucun cadeau au gouvernement. Les frondeurs non plus. Et si une coalition des deux fronts de l'opposition se forme, une motion de censure n'est pas à exclure. On verra la chose en juillet.

Pour l'heure, c'est Valls qui tient la boutique. Il sait que de cette bataille dépendra son image de réformateur et quoiqu'il arrive en 2017, du leadership à gauche au moment de la recomposition politique. Si la droite gagne en 2017, Hollande sera écarté du pouvoir, et le jeu normal voudrait que la direction du parti socialiste et du groupe parlementaire socialiste soient l'enjeu majeur. C'est aussi ce sur quoi comptent les aubrystes et la gauche du parti. Ce jeu ne m'intéresse guère. Revoir les mêmes manoeuvres et ces compromis déprimants pour les investitures me répugne franchement.

Pour tout dire je m'interroge sur la question de la survie du PS dans sa forme actuelle. Les débats internes m'ont démontré que les réformateurs au rang desquels les vallsistes ne partageaient plus grand chose avec certains camarades qui n'ont cessé de pourrir la vie de la majorité. Si ces gens là font le procès du quinquennat et prennent la tête du parti, je le quitterai, mais il y a déjà pas mal de choses que je ne supporte plus dans ce parti. J'espère que le mouvement d'Emmanuel Macron En Marche ! auquel j'ai adhéré se transformera alors en parti politique.

Rien n'est fait à ce stade, mais une forme de rupture est en marche ...