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août 2015

Retour

Le retour de vacances est toujours pour moi un moment étrange.

Je passe par des sentiments mêlés de joie, d'apaisement et de nostalgie naissante. Les souvenirs sont là tout frais, agréables, ensoleillés (ou pas !), les beaux paysages impressionnent encore la rétine. L'énergie positive est rechargée.

Les anecdotes et les péripéties du voyage reviennent en mémoire. Pour ma part, je prends le parti - optimiste incurable que je suis - de ne retenir que les meilleurs moments, les instants de plaisirs partagés, les bonnes tables, les objets insolites, les curiosités découvertes au gré des balades. Et tant d'autres choses, les odeurs, les mets fins et originaux, les vins et les cocktails, les cadeaux qu'on offre et qu'on reçoit ... Il y a aussi ces moment inattendus, ces trajets lents, ces étapes et ces itinéraires choisis avec soin pour visiter de nouveaux coins de France (ou d'ailleurs). Plus prosaïquement ces chambres qu'on découvre et qu'on quitte, ayant à peine le temps de s'habituer à des douches ou des salles de bain nouvelles et dont je peine souvent à comprendre le fonctionnement ... comme aussi à trouver les bons interrupteurs, les bonnes prises pour charger tous ces appareils qui ne me quittent guère, smartphone ou tablette. Ah oui et puis bien sûr toutes ces connexions internet qui marchent ou qui ne marchent pas, sur lesquelles je tempête, râle à voix basse, prêt à houspiller la terre entière si un addict comme moi est privé de sa drogue communicative ... Tant pis pour le pauvre partenaire qui n'en peut mais. Mais qui le plus souvent râle aussi, étant aussi addict que moi. Il y a aussi ces photos qu'on prend sur un rythme frénétique et de façon démesurée cherchant à tout prix capter la bonne image, le bon moment, l'instant présent. C'est d'autant plus facile que les smartphones offrent une capacité quasi sans limite et des réglages de qualité au photographe ou vidéaste amateur. 

C'est cela les vacances. Et aussi le retour sur terre, à la vraie vie. Avec des gens qui travaillent. On ne le remarque pas souvent mais c'est la seule période de l'année où les gens qui ont la chance de prendre des vacances deviennent des touristes et ont toute une série de personnes à leur service. Des personnes qui ne sont pas elles en vacances. C'est amusant et parfois surprenant d'observer les réactions des nouveaux maîtres ... des clients rois. Mais il n'y a que les personnes mal élevées et les butors pour abuser du statut de celui qui paie (et qui parfois paie trop cher il est vrai). Mais en vacances, le portefeuille semble plus large qu'en temps ordinaire, on se lâche un peu.

Et puis il y a surtout la vie qu'on a partagé avec qui vous accompagne. On ne connaît jamais mieux quelqu'un qu'en partageant des vacances. On est ensemble toute la journée, même si on se ménage quelques plages de liberté. On aime se retrouver et si la discussion peut languir au bout d'un moment, les silences ne sont pas pesants si on s'apprécie vraiment. On aime parler, sourire, rire, fumer, boire, manger, chanter, danser et bien d'autres choses qu'on ne raconte pas ... C'est bien la vraie vie qu'on partage. C'est l'occasion de voir si on a envie de repartir en vacances avec cette ou ces personnes. Quand c'est la famille, la question ne se pose pas vraiment. Mais quand la famille est loin ou éclatée, alors pour ces ami(e)s proches, c'est un test implacable et redoutable pour la qualité et la pérennité de la relation. Cette année j'ai vraiment envie de recommencer ... c'est un signe. Si l'envie est partagée, les vacances n'en seront que plus belles dans mon souvenir ... C'est bien le propre des vacances, de n'être qu'instants fugitifs, éphémères, vibrants et marquants. On emmagasine des images, des flashs, des coups de coeur qu'on évoquera longtemps plus tard avec émotion ou nostalgie. C'était bien ces vacances. J'ai bien aimé les paysages, les rencontres, la douceur de vivre. A peine aurais je aimé un peu plus de chaleur et de soleil, mais la chaleur humaine était présente, c'est l'essentiel. Vivement les prochaines. 


Nuit blanche

Quand quelqu'un ment et trompe, est-il encore possible de lui accorder sa confiance ? La réponse est non. On peut vouloir pardonner et passer outre parce qu'il est difficile d'admettre la vérité mais il est clair que ce qui a causé la trahison et le mensonge est toujours là. Ca ne dépend pas de soi donc il est illusoire de croire qu'on peut empêcher quoique ce soit. Et sauf à vouloir contrôler chaque fait et geste de l'autre ce qu'il finira par ne plus pouvoir supporter, vous ne maîtrisez rien. La confiance aveugle ne marche pas. La confiance sélective est une simple béquille. Il y a la confiance qui demande des preuves sans cesse. Mais une fois qu'on a eu la preuve d'une trahison, la relation de confiance est cassée sans espoir.

Faut-il fermer les yeux ? Non. Vivre en sachant qu'on est trompé ... Difficile. Où commence la complaisance, où commence la lâcheté, où commence la stupidité et la naïveté ? Pour ne pas souffrir ou souffrir moins, le plus sage est de ne croire en rien venant de l'autre et de ne rien demander à l'autre si ce n'est de prendre des précautions pour éviter des MST le temps qu'on a envie de poursuivre une relation dont on sait qu'elle ne débouchera sur rien. 

Un homme qui trompe sa femme (ou l'inverse) continuera. Pour des raisons simples. Pas forcément par goût de trahir mais par goût de la relation sexuelle et affective avec un autre partenaire, différent, nouveau, d'odeur, de corps et de sensation. Est ce choquant ? Non c'est terriblement banal.

La difficulté c'est de se rendre compte qu'on vous a menti avec aplomb et parfois la main sur le coeur. Subir un tel mensonge, c'est avoir mal, et c'est humiliant. 

L'amour alors n'existe pas. Quand on se rend compte qu'on n'est pas respecté il est difficile de construire un projet, d'imaginer un avenir. Oublier et passer à autre chose, c'est le mieux.


Quand Rocard oublie le Front Populaire et Blum sur la loi bancaire de 1973 !

Je suis un fervent admirateur de Rocard mais je suis un peu déçu d'une interview qu'il a donnée en 2013 destinée à "dévoiler le pot aux roses" de la loi bancaire de 1973.

Il est un peu compliqué de résumer en quelques mots la thèse de Rocard mais en substance il stigmatise la soumission de l'Etat aux marchés financiers qu'aurait créée cette loi et l'impossibilité pour l'Etat de se financer à bas taux. Sauf que c'est totalement inexact et qu'on ne doit pas cette réglementation à Pompidou et aux Rothschild (banque dont Pompidou était issu), mais à ... Léon Blum !

Si on prend la peine de lire les textes et les débats de l'époque ainsi que les économistes qui ont analysé la loi de 1973, on se rend compte que c'est Léon Blum (!!) qui en 1936 a promulgué une loi qui empêche le financement du Trésor Public par la Banque de France. Et ce dans une optique de bonne gestion ! En 1936, le Front Populaire dirigé par un vrai homme d'Etat sait que la dette publique excessive est l'ennemie de la gauche au pouvoir (et même de tous les gouvernements), tant la dette prive le pouvoir d'indépendance financière et de marge de manoeuvre. Blum vient d'assister à la montée du nazisme en Allemagne en raison d'une hyperinflation créée par l'émission absolument sans contrôle d'argent gratuit qui a ruiné les épargnants et toute l'économie allemande. Hitler est arrivé au pouvoir sur ce champ de ruines. Blum en mesure les conséquences et ne veut en aucune manière voir ce désastre se propager en France.

La loi bancaire de 1973 n'a en réalité fait que reconduire cette disposition de bonne gestion en modernisant les statuts de la Banque de France. Rocard devrait le savoir ... La finance n'est pas le parasite de l'économie réelle que les extrêmes pourfendent.

Ainsi, quand Hollande dit en 2012 au Bourget que son ennemi c'est la finance, c'est aux fonds vautours et aux spéculateurs qu'il pense, pas aux institutions financières qui placent l'argent des épargnants sur la dette des pays, un peu à l'image des emprunts Pinay ou Barre ou du grand emprunt Juppé-Rocard ! Là encore il ne faut pas céder à certains raisonnements simplistes qui font de La Finance présentée comme un tout, un ennemi aussi caricatural que dans les tracts des extrêmes avec chapeaux haut de forme et gros cigares. Rocard semble oublier ce qu'il affirme depuis longtemps : le monde est complexe et les solutions ne peuvent se réduire à des "y a qu'à" ...

Plus récemment encore, Tsipras en Grèce ne dit rien d'autre, qui veut absolument réduire une dette insoutenable. Mais il veut rester dans l'euro et bénéficier des moyens de la BCE ! La dictature des colonels est bien plus rude pour la démocratie que celle des marchés financiers avec qui il est toujours possible de négocier si on appartient à l'Union Européenne.

Il est paradoxal aujourd'hui de voir Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et d'autres contempteurs de la BCE expliquer qu'il n'y a qu'à rétablir "le crédit gratuit" par les banques centrales pour retrouver de quoi financer toutes les promesses délirantes dont ils sont coutumiers.

C'est le chemin de la ruine qu'ils proposent et je regrette vraiment que Rocard leur ait donné son blanc-seing en oubliant de relire son histoire des finances publiques et de la dette souveraine avec plus d'attention.

Il faut savoir que la critique de Rocard est de toute façon obsolète parce que la loi de 1973 a été abrogée pour être remplacée en 1992 par le traité de Maastricht et le TFUE que Michel Rocard a - contre toute logique - appelé à voter (!) alors que ces traités contenaient de façon encore plus explicite l'interdiction faite à la BCE de financer gratuitement ou à faible taux les Etats membres. Rocard semble parfois dépassé par la vitesse des mutations de ce monde. Il a encore des fulgurances magistrales mais je le regrette profondément pas sur ce dossier ô combien important. 

Ps : quelques liens instructifs sur la loi de 1973.


Envie de presque rien

La douceur de l'été est là ce matin. Je travaille lentement, sans trop d'efforts, les dossiers s'empilent, se dépilent, je prends un café et je fais une pause cigarette. Si je publiais ceci sur FB (Facebook pour les intimes) je serais sûr d'avoir quelques réactions immédiates de quelques uns de mon millier d'amis virtuels (ou pas). Là je prends le parti d'une plus grande intimité. D'autant que je n'ai envie de presque rien, comme dit la chanson de Reggiani. Laquelle déjà, je ne me rappelle plus ... Sans importance.

J'ai eu envie hier de partager sur FB quelques photos vintage après être tombé par hasard en surfant, sur ce sitehttp://vintagephoto.livejournal.com/ Un brin de nostalgie des années 1900-1950 et même 60 quand je suis né ... Là encore rien d'important, l'inspiration du moment. Du coup j'en ai fait un album pour les photos que j'ai préférées.

Autre fait insignifiant : ce week-end j'ai fait l'acquisition d'une table en eucalyptus et de quelques chaises pour ma terrasse ! Que j'ai monté hier soir et dont j'ai profité jusque tard dans la nuit, vers minuit je crois. J'aime beaucoup ma nouvelle terrasse à Meulan. 11011280_10153536523316692_3889820075680045427_o

J'ai déjà eu l'occasion d'organiser quelques soirées apéritifs, buffet dînatoire, très sympas avec quelques ami(e)s. Mais il manquait quelques accessoires de terrasse. J'y remédie progressivement.

La langueur paresseuse de cette journée de canicule qui s'annonce ne m'incite guère à l'effort ... Je vais reprendre doucement une activité normale, très doucement ... et rêver d'une cigale qui chante ... . loin d'ici.


Pour un vrai virage économique, il faut donner carte blanche à Emmanuel Macron

J'avais écrit par le passé toute ma déception et ma frustration après l'explosion en vol de la candidature de DSK en 2011. J'avais même renié mon mentor tant j'étais furieux qu'il n'ait pas su contrôler ses pulsions. Le temps a passé. Mes regrets sont toujours vifs quand je vois le bilan actuel sur le chômage mais c'est bien du passé maintenant. DSK est hors-jeu et il restera à sa place de commentateur, rien d'autre.

Il faut partir des réalités d'aujourd'hui. Hollande a été élu, Sarkozy battu et la gauche gère le pays avec difficulté sur le plan économique, malheureusement sans résultat probant à ce jour. La dette continue d'augmenter, le nombre de chômeurs aussi, les déficits restent importants. L'évolution de la doctrine social-démocrate d'une majorité du PS français a pourtant été très sensible sous l'impulsion du trio Hollande - Valls - Macron, mais se heurte à de nombreuses résistances. Le gouvernement est "pro-business" pour parler franglais, "pro-entreprises", et même trop pour certains qui au PS appellent à en faire davantage pour les autres acteurs que sont les ménages et les collectivités.

Au centre des débats, le retour sur investissement fait en faveur des entreprises est trop faible. Les employeurs ont réclamé à cors et à cri des abaissements de charges, une simplification massive des procédures et la levée de verrous réglementaires et légaux pour commencer à investir et embaucher. Le pacte de responsabilité et la loi Macron ont été votés. Mais sans aucun résultat sur la fameuse courbe du chômage à ce jour. 

Hollande a pourtant parié sur l'inversion de cette fameuse courbe en 2016 pour justifier sa candidature en 2017. Il avait été imprudent de parier sur cette inversion en fin 2013. Trois ans de plus seront nécessaires ce qui interroge sur la politique suivie ne le cachons pas. Une politique qui met autant de temps à produire des effets alors que les autres pays sont déjà dans la baisse du chômage ou même au plein emploi (comme en Allemagne) peut laisser dubitatif. 

J'ai eu une conversation intéressante hier sur le marché de ma ville où je faisais campagne pour Claude Bartolone pour les régionales. Une dame à l'accent anglais nous a interpellé sur les migrants de Calais qui voulaient absolument rejoindre l'Angleterre. Je lui disais qu'ils voulaient aller là bas parce que le travail au noir était facile et qu'on ne demandait pas de papiers aux étrangers. Elle m'a rétorqué que c'est aussi parce que ces gens acceptaient de travailler beaucoup pour peu d'argent. La question d'échanger de la précarité contre du travail est vieille comme le monde. Mais il est vrai que le chômage est faible en Angleterre et en Allemagne.

Faut-il accepter des baisses de salaire ou des horaires étendus contre la promesse d'un travail ou de conserver son travail ? Les libéraux, la droite classique, n'hésitent pas et disent oui. Mieux vaut un travail à bas coût qu'un chômage fortement indemnisé. Ils préconisent en conséquence de revoir à la baisse les indemnités de chômage, de réduire les périodes d'indemnisation, de sanctionner les chômeurs qui ne recherchent pas activement un emploi, d'augmenter la durée du travail. La politique de gauche traditionnelle suggère elle au contraire de renforcer les droits des salariés, d'augmenter les salaires de façon à booster la consommation, source de croissance et d'emploi, et de relancer l'investissement public pour donner des débouchés aux entreprises. L'extrême droite elle surfe sur l'idée que tous les maux viennent des étrangers. Si on les retirait du circuit économique, on serait moins nombreux à partager le gâteau et tout irait mieux. Tout cela est connu et convenu. Les discours sont les mêmes depuis trente ans ou plus.

Le chemin suivi par le gouvernement de Valls est plus nuancé. Il fait un effort considérable envers les entreprises mais ne veut pas empiéter sur les droits des salariés. Les maladroites tentatives du futur ex ministre Rebsamen de revenir sur les seuils sociaux ont été mal perçues et sont pour tout dire la marque d'un manque d'analyse des causes profondes du mal français, la soumission à un lobby patronal sans réflexion sérieuse. Je crois que Macron devrait reprendre le ministère de l'économie et du travail sous sa coupe avec un ministre délégué pour vraiment prendre à bras le corps la question de l'emploi comme il sait le faire, avec cohérence, profondeur et vision d'ensemble.

Il n'y a pas de baguette magique pour revenir au plein emploi. Sinon ce serait déjà fait. Mais je ne crois pas qu'on doive renoncer à nos acquis sociaux sous prétexte que les pays à bas coûts nous concurrencent. Ce serait sortir par le bas de la crise. Pour autant, j'aimerais - mais je rêve politiquement - qu'on donne les clés et carte blanche à Emmanuel Macron pour définir un plan de lutte contre le chômage avec obligation de résultat sous dix huit mois. Soit fin 2016. La date que s'est fixé Hollande pour décider de se représenter ou non.