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juin 2015

Militer en 2015 pour l'ouverture au monde

Que signifie militer en 2015 ? A droite ou à gauche, il y a une vraie interrogation à ce sujet. En cause la présidentialisation des partis politiques transformés pour une large part en écuries pour la désignation du candidat des partis majeurs LR et PS. Mais la France est-elle la bonne échelle ? La nation française est-elle encore la bonne dimension pour répondre aux questions du temps présent. J'en doute. Mais pas les Français en majorité malheureusement.

En fait et c'est valable aussi bien pour les partis de gouvernement que pour le FN, c'est une évidence les partis ont besoin de militants pour avoir des élus. Sur les 65 000 votants du PS et 95 000 votants de LR dans leur congrès respectif combien sont élus ? Une majorité sans doute au PS qui compte 36 000 élus et une forte proportion à droite. De simple conseiller municipal à président de la république il y a toute une panoplie d'élus, bénévoles pour la plupart mais dont l'engagement se traduit par un mandat local ou national. Rien de scandaleux là dedans. Quand on dit qu'il y a trop d'élus on oublie de dire que la plupart d'entre eux n'ont ni indemnités ni avantages particuliers. Ce sont en quelque sorte de grands électeurs chargés de représenter les électeurs de leur circonscription ou commune et de gérer les services publics de proximité. C'est une tâche noble mais éloignée des enjeux majeurs de mon point de vue.

Les grands débats idéologiques ne font pas partie qu'on le veuille ou non du passé. Il n'y a certes aucune remise en cause du système capitaliste ou de l'économie de marché parmi les formations majeures. Il y a en revanche une contestation de la mondialisation et de l'échelon européen qui profite au FN. La question que nous devrions nous poser au PS est celle là : faut-il comme Montebourg plaider pour une démondialisation, une économie moins globale, plus protégée voire protectionniste ? Un retour en arrière en somme. Ou bien démontrer les avantages d'une économie ouverte, d'une société multiculturelle et diverse qui profite des échanges et d'une mutation en profondeur des métiers pour les personnes et des nouveaux biens et services dans un monde connecté en permanence. Voilà un vrai et beau débat militant où chacun pourrait s'exprimer pour dire le monde dans lequel nous voulons vivre.

A ce sujet, la question du référendum de 2005 sur le TCE a été une occasion de débat et j'ai regretté pour ma part le refus d'ouverture, la peur, la volonté du repli sur soi d'une majorité de Français. C'est une grande occasion démocratique de perdue aussi car il faut bien reconnaître que le traité constitutionnel a été adopté par la bande ensuite, suite à l'élection de Sarkozy en 2007. Mélenchon a essayé d'en faire un sujet majeur avec sa VIème république mais finalement l'opinion n'a pas suivi faute d'échéance précise : les dirigeants ont pris garde ne plus demander son avis au peuple sur la question. Le vote de protestation en faveur du FN (le seul vote anti-système) s'est développé. Il était facile d'expliquer que les tenants de la mondialisation et de l'UE, soi-disant républicains, ont fait obstruction à un vote démocratique. Le rejet du politique s'est aggravé.

Je crois que militer en 2015 a encore du sens. Sur les grands sujets de société, sur le cap économique, sur les crises sociales et écologiques, nous avons un message à faire passer dans l'opinion. Il est rageant que l'électeur se soit transformé en consommateur de politique publique qui se préoccupe davantage du prix des services publics (des impôts et taxes) que de leur finalité et de la qualité des services rendus. Il faut redonner de la hauteur de vue sur tous ces sujets. La difficulté pour l'échéance majeure, la présidentielle, réside dans le fait que si l'on fait de la mondialisation, de la place de la France dans le monde, l'enjeu majeur du débat national, cela mette au centre des débats le FN et ses thèses souverainistes et nationalistes. Faut-il en avoir peur ? Faut-il refuser ce débat ? Non, au contraire. Il faut affronter les mythes et les peurs. Il faut comme Valls et Macron dénoncer les mauvaises réponses à de bonnes questions comme le disait Fabius il y a 30 ans ... Trente ans déjà. Il est temps.  


"Les Républicains" ou LR

L'UMP devient "Les Républicains". Est ce important ? Est ce un changement politique de nature à changer la donne en France ? 

On connaît les raisons du changement. L'UMP a des casseroles : le scandale Bygmalion, les élections truquées, les années Sarkozy que les Français rejettent massivement (72% ne veulent pas qu'il se représente), il faut renouveler. Il faut aussi échapper au fameux UMPS qui fait la joie du FN. Maintenant si le FN dit LRPS on peut entendre l'herpès, ce qui n'est pas beaucoup mieux en terme d'image ...

Quoiqu'il en soit, la droite a cette manie régulière en France de changer de nom : MRP, UNR, UDR, RPR, UMP, ...

Il est possible que "Les Républicains" nom contesté devant la justice devienne dans l'opinion et les médias l'acronyme LR, comme on dit PS pour le Parti socialiste. Ce serait aussi une façon pour les médias d'abréger ce nom qui leur pose problème aussi bien pour la grammaire que par le sens commun attaché au mot républicain.

Même si le PS se transformait en PSD pour parti social démocrate ( ce qu'il est aujourd'hui en majorité idéologiquement) on pourrait sans confusion qualifier ses membres de socio démocrates, alors qu'aujourd'hui on les appelle socialistes. Mais va-t-on qualifier les membres de LR de "républicains" ? Ce serait un abus tant le qualificatif désigne des gens des deux rives.

Sarkozy se réjouit du buzz pour ne pas dire de la publicité accordée à ce changement de nom. Peut-être a t-il raison mais au delà de l'étiquette, faut-il y voir un changement majeur pour la politique nationale ? Je ne le pense pas. Les changements précédents n'ont pas entraîné un mouvement des électeurs vers la nouvelle formation. Quand l'UMP s'est créée en 2002, elle devait rassembler la droite et le centre, occuper tout l'espace. Elle a fini par ne regrouper que les électeurs de l'ancien RPR et d'une ou deux formations satellites, rien de plus. L'UDI subsiste et que dire du FN qui a prospéré comme jamais.

Il est donc probable qu'il faille considérer l'opération changement de nom pour ce qu'elle est : un écran de fumée pour faire oublier les turpitudes de l'ancienne formation. La volonté de tirer un trait sur la période Copé et de lui attacher toutes les misères de cette période. De refondation idéologique il n'est pas question. L'étiquette a changé, rien d'autre. Gageons que LR va s'imposer comme désignation mais que cela s'arrêtera là en terme de rénovation.