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novembre 2014

La primaire à droite s'annonce tendue

Juppé sifflé à Bordeaux par le clan sarkozyste ! Voilà qui étonne ... ceux qui ignorent le fonctionnement d'une partie de la droite : sectaire et intolérante. Hostile au débat et habituée au fonctionnement en meute derrière le chef de bande, un certain Nicolas Sarkozy.

Le camp Juppé est prévenu : tout sera permis. Les sifflets, les invectives, les allusions perfides sur l'âge du capitaine, et pourquoi pas les boules puantes ...

Juppé est selon Sarkozy le candidat des journalistes et de la gauche. Il est vrai que le contraste est saisissant entre les deux hommes. Quand je parle avec des gens de gauche, il n'y a pas photo, Juppé est plébiscité même s'il est bien rangé dans le camp de la droite. Avec le recul son intransigeance de 1995 paraît pour de la solidité et de la fermeté. S'il est candidat on finira par réécrire l'histoire de cette période car si quelqu'un a reculé à cette époque, c'est Chirac.

C'est pourquoi la primaire à droite va être fort intéressante à suivre. Les sondages seront déterminants car ils influenceront le vote : le candidat qui paraîtra le mieux à même de battre le candidat de gauche sera préféré et à ce petit jeu, Juppé ne sera pas mal placé. La droite s'était intéressée à notre propre primaire en 2011. Il est certain que nous ferons de même à gauche car la politique nous passionne et l'affrontement Sarkozy - Juppé s'annonce tendu. Le premier fait une erreur s'il fait agresser le second dans les meetings. Juppé est de plus en plus sympathique chez les Français jusqu'à apparaître comme un favori. Trop tôt d'ailleurs. Mais cela est une autre histoire.

 


Primaire à gauche ?

Alors qu'il reste deux ans et demi avant la prochaine présidentielle, certains à gauche s'agitent pour plaider en faveur d'une primaire pour désigner le candidat de la gauche socialiste et de ses alliés. Il s'agirait de conjurer le risque d'un nouveau 21 avril, une élimination du second tour de la présidentielle. Mais il s'agit aussi pour certains d'acter l'échec de la politique suivie et de demander une inflexion du cap politique actuel qui ménerait la gauche selon eux au désastre électoral et économique. La cible est bien sûr François Hollande et la politique qu'il incarne.

Autant je comprends l'inquiétude liée à nos récents échecs électoraux autant je ne partage pas cette opinion sur l'urgence de décider l'organisation d'une primaire. D'une part je suis favorable à la politique menée en faveur des entreprises et de notre appareil productif et j'estime qu'elle produira des effets économiques d'ici 2016. Il n'est donc pas temps d'en changer. Ensuite j'estime que le pays a besoin que le gouvernement se concentre sur les problèmes du pays en agissant maintenant et non en se dispersant sur des enjeux politiques certes importants mais secondaires par rapport à la gestion des dossiers publics. Nous sommes au pouvoir, certains ont tendance à l'oublier.

Que des responsables politiques écartés volontairement ou non du pouvoir comme A. Montebourg, C. Duflot, B. Hamon, et d'autres se posent cette question on le comprend. L'enjeu pour eux est évident : contester la légitimité de François Hollande comme candidat naturel de la gauche de gouvernement afin de pousser une nouvelle politique plus à gauche selon leurs voeux.

La primaire qui doit désigner le champion à droite entre principalement Sarkozy et Juppé (on n'en voit guère d'autres) va intéresser les commentateurs politiques mais c'est un autre sujet. Dans l'opposition on se prépare à succéder, on ne gère pas.

Il y a un éventuel intérêt purement politique à la primaire. L'union. Mais à gauche je ne crois pas qu'une primaire puisse vraiment servir de catalyseur à une forme d'union de la gauche. Je suis persuadé que les Verts et le Front de Gauche voudront avoir leur candidat. Une primaire ne réunira que les socialistes et le PRG comme en 2011. Dés lors il n'y aura pas de rassemblement des forces de gauche en raison des ambitions personnelles de Mélenchon et de Duflot mais aussi et surtout parce que les programmes proposés sont sensiblement différents.

Il est trop tôt pour dire si la politique actuelle va réussir ou échouer d'ici 2017. Et même si les résultats arrivent enfin, il est trop tôt pour dire si F. Hollande en bénéficiera ou non dans l'opinion. Je prends néanmoins le pari que la popularité du président et du premier ministre va connaître une embellie.

En 2015 deux échéances électorales (départementales et régionales) vont décider du sort des primaires à gauche. Si elles sont à nouveau catastrophiques pour la gauche, les primaires s'imposeront. Le congrès du PS en juin pourrait en décider si une autre majorité se dégage. En cas de nouvel échec, les militants voudront du changement. L'organisation d'une primaire citoyenne sera alors quasiment assurée, mais les socialistes auront acté leur propre échec. Par contre si les résultats électoraux sont acceptables nous serons dans le flou. Bien malin qui pourra dire ce qui se produira.

En résumé il y a trop d'incertitudes. Si nous changeons de cap et actons devant les Français l'échec du gouvernement, en contestant la légitimité du chef de l'Etat, nous nous condamnerons nous même à une candidature de témoignage en 2017. En tant que responsables et parti de gouvernement la priorité doit rester à l'action et aux réformes au service du pays.