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juin 2014

Les frondeurs m'agacent

Ceux qu'on appelle les frondeurs au PS m'agacent profondément. Je n'aime pas ce bal des egos si visible lorsque les caméras se tournent vers ces messieurs, ces sourires, cette espèce de contentement d'être sous les projecteurs.

J'ai horreur de ces comportements et plus important je n'en comprends pas l'utilité pour la majorité. Si ces brillants esprits sont persuadés d'avoir raison, se disant des hommes libres et convaincus, je ne comprends pas qu'ils n'utilisent pas leurs talents pour fonder un parti, formuler leurs propres propositions et gagner les prochaines échéances. Sinon à quoi bon rester au Parti socialiste ? A un moment donné on tire les conséquences de ses actes et de ses désaccords avec la majorité, non ?

Cela s'est vérifié pour Larrouturou, Mélenchon ou Chevènement il y a des années déjà qui ont exactement entrepris la démarche en question de création de nouvelles forces politiques. Cela vaut pour eux. Mais ils ne sont pas fous, ils savent bien que hors du PS ils ne pèsent pas grand chose. Que pèsent Nouvelle Donne, le MRC, le parti de Gauche ? 

S'ils sont attachés à l'unité du parti (ce qui reste à prouver), alors le mieux pour tous est qu'ils rentrent dans la majorité et s'expriment uniquement dans les réunions internes où le débat est largement possible. Malgré toutes leurs contorsions sémantiques pour dire le contraire j'estime que se servir de l'opinion publique contre le parti est un manque de loyauté manifeste. Les frondeurs sont aujourd'hui des diviseurs.


Nominations, on se calme !

Le pouvoir du président de la république passe par son pouvoir de nomination. François Hollande nomme des gens tous les jours, c'est ainsi. Pourquoi est ce que des nominations posent question ou non c'est le sujet du jour.

Ainsi celle de Laurence Boone ancienne responsable chez Bank of America pour remplacer Emmanuel Macron en tant que conseiller à l'économie, et celle de Jacques Toubon pour remplacer feu Dominique Baudis au poste de défenseur des Droits agitent le Landernau politique. L'homme de la rue s'en moque mais pour certains c'est l'affaire du jour, le scandale.

C'est franchement dérisoire. J'ignorais jusqu'au nom de la première même si elle avait publiquement critiqué la politique du gouvernement semble t-il et je croyais le second, ancien chiraquien, retiré de la politique depuis dix ans au moins. Qu'ils soient nommés ou non, franchement quelle importance ? Aucune. Le cap de la politique économique tracée ne changera pas et le défenseur des Droits ne fait pas la loi. Ceci dit si j'avais eu à nommer quelqu'un de droite à ce poste, j'aurais plutôt choisi Etienne Pinte, l'ancien député-maire de Versailles par exemple.

Alors où est le problème ? Est ce qu'on se pose la question de la compétence des personnes nommées ? Non elles sont jugées suivant leur appartenance ou non au camp du président. Le clivage gauche droite est bien le seul qui structure le champ politique. Deux postes plus ou moins importants qui échappent à son camp largement malmené lors des récentes élections et voilà que la gauche (une partie de la gauche) s'émeut. Je n'ai pas pour ma part de réticences particulières face à ces nominations mais je vois qu'elles créent du trouble comme c'est souvent le cas quand le président prend une décision aujourd'hui. Ce ne serait pas le cas si le sort des urnes avait été différent, si nous avions des résultats, si chacun ne surréagissait pas à tout.

Un seul mot d'ordre sur tous ces micro-sujets : on se calme !


Conseiller municipal à Meulan-en-Yvelines

C'était plus ou moins dans l'air, même si je n'en ai guère fait état mais je vais retrouver un siège de conseiller municipal d'opposition prochainement à Meulan-en-Yvelines. Comme certains le savent, je m'étais présenté sur la liste de Guy Poirier en mars dernier. Des anciens élus (dont Guy) ont décidé de ne pas rempiler et je vais donc finalement remplacer Françoise Veldeman qui a passé la main lors du dernier conseil municipal de Meulan.

C'est un plaisir de succéder à Françoise qui a tant fait pour cette ville au cours des mandats qu'elle a exercé et où elle s'est notamment occupée des affaires scolaires avec beaucoup de dévouement et de passion.

La tâche sera différente en ce qui me concerne car le travail d'opposition n'est pas de même nature. Je connais bien la mission pour l'avoir assurée avec vigueur six ans durant à Achères. Certains s'en souviennent encore.

Cette fois ce sera l'occasion de battre et de combattre sans retenue la droite meulanaise que j'ai eu le loisir d'observer ces derniers mois. Inutile de dire dans le détail ce que j'en pense pour le moment, mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'y a pas de quoi être impressionné. Aucun état de grâce en tout cas. Les Meulanais sont déjà déçus et désagréablement surpris par les premières décisions de cette nouvelle majorité qui n'en revient pas d'avoir gagné et ne s'y était visiblement pas préparé. J'y reviendrai.


Réhabiliter la nation

La victoire du FN est un catalyseur pour les militants progressistes et humanistes. Elle amène à s'interroger sur ses causes et nos erreurs. La crise est une explication courante mais l'économie n'explique pas tout. Sinon en 2002 Jospin n'aurait pas du perdre tant son bilan était bon avec deux millions d'emplois créés. Douze ans après il faut croire que toutes les leçons de l'échec de Jospin n'ont pas été tirées. Il s'agit plutôt selon moi d'une perte de repères, d'un sentiment d'abandon et d'éloignement d'une partie de la population. Une question d'identité. Comment l'idée de nation a t-elle pu être oubliée à ce point par les partis de gouvernement comme l'UMP et le PS au profit du seul FN ?

Le vote ouvrier est allé au FN, comme le vote des jeunes, le vote des précaires et des déclassés. Pas seulement pour un combat contre les élites ou la mondialisation. J'ai le sentiment diffus que le slogan "on est chez nous", le chant de la Marseillaise, le drapeau tricolore sont autant de symboles qui résonnent fortement chez des gens qui ont ancré en eux l'appartenance à la nation française.

D'où l'idée de réhabiliter la nation dans le discours politique des progressistes. Ségolène Royal est une de celles qui en avaient eu l'intuition en 2007, ce qui lui avait valu des critiques sévères des plus à gauche que moi tu meurs du PS et d'ailleurs. On lui avait trouvé des intonations "national-socialistes", et dénigré évidemment sans les écouter ses propositions. Certaines étaient sans doute décalées ou désuètes mais finalement de quoi s'agit-il d'autre que de réhabiliter le vivre ensemble autour de valeurs communes. Valeurs communes et non valeurs universelles voilà ce qui différencie les nationalistes des mondialistes. Les nationaux se retrouvent sur un socle identitaire plus ou moins large. Les universalistes abandonnent toute idée même d'identité nationale.

Comme souvent la vérité du monde réel se situe entre les deux. Entre le rêve d'un monde de tous les humains rassemblés et la nostalgie des tribus gauloises d'antan, la France vit au croisement des cultures et des communautés qui font sa richesse et sa diversité.

On avait critiqué le débat sur l'identité nationale impulsé par Sarkozy car il donnait lieu à des dérives inacceptables et à l'expression même de l'intolérance. Le débat n'était pas forcément inutile mais le débat n'aurait pas du porter sur la question de l'identité mais sur les moyens du vivre ensemble. Car c'est bien de cela dont il s'agit au final. Il ne s'agit pas de préserver à tout prix les modes de vie du passé mais bien de savoir comment faire pour forger une nouvelle nation française et plus tard européenne dont la composition actuelle est tout autant qu'aux États Unis riche de différences et de complémentarités.

Il faut construire de nouvelles représentations du monde d'aujourd'hui. Identifier de nouvelles forces communes et des valeurs qui font la volonté de s'unir et de tracer un chemin collectif. Donner un sens concret à ces mots sans que cela n'aboutisse à bâtir de nouvelles frontières étriquées, sans repli sur soi, sans enfermement dans la haine de l'autre et de l'étranger, tel est l'enjeu.

Le chemin n'est pas si large entre les extrêmes : à droite le nationalisme brutal qui mène à la guerre entre les peuples afin de conserver ou conquérir des ressources vitales et à gauche l'universalisme bienheureux qui mène à l'utopie d'un monde où la richesse serait partagée sans violences.

À gauche, nous avons longtemps sous-estimé, voire carrément ignoré le réflexe de survie de populations livrées à la précarité et à l'insécurité. Nous payons dans les urnes le prix du mépris et de la méprise. Il est temps de réagir et de penser à réinventer la nation.