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avril 2014

Une majorité relative, ça suffit pour foncer !

Valls a obtenu une majorité relative lors du vote du pacte de stabilité et de responsabilité. La trajectoire présentée à Bruxelles pour redresser les comptes publics est donc approuvée par l'assemblée nationale. Le vote d'ailleurs n'était qu'indicatif ce qui permettait quelques audaces et a du augmenter le nombre d'abstentionnistes.

Je n'apprécie pas cependant cette répétition des votes frileux ou négatifs à l'assemblée. Les députés ont été élus sur un programme, celui de François Hollande et tous ces rappels aux promesses non tenues du discours du Bourget étaient jusqu'ici réservés au Front de Gauche voire à l'UMP. 

Faisons un rapide tour d'horizon de la gauche.

Les écologistes ont quitté le gouvernement et maintenant la majorité présidentielle. Difficile de comprendre leurs motivations si ce n'est une fatwa anti Valls. Un tropisme gauchiste et des intonations étranges dans le discours de Barbara Pompili hier que j'ai connue mieux disposée et que j'ai trouvé passablement ennuyée de devoir prononcer une condamnation en règle du pacte.

Les communistes sont égaux à eux mêmes, adeptes des impôts confiscatoires et de la taxation des riches. Prévisibles, manichéens. Rien de nouveau.

Les radicaux de gauche sont des cousins fidèles, ce n'est pas parce que j'en parle peu qu'ils ne comptent pas bien au contraire.

Le groupe socialiste est empli de personnalités qui auraient voulu être ministre ou secrétaire d'état et qui donc exercent leur pouvoir de nuisance. On voit des seconds couteaux frétillants devant les caméras, tout heureux de sortir de l'anonymat. Tout celà serait selon la presse piloté de loin par Martine Aubry qui n'aime ni Valls ni Hollande qui le lui rendent bien. Martine a été loyale à l'issue des primaires et s'exprime peu sur le plan national, pour ma part je lui fais crédit. Peut-être que Valls aurait du laisser quelques places à ses poulains mais ils n'ont guère brillé. Tous ces braves gens ont oublié que le conseil des ministres n'est pas le bureau national du PS. Mais je félicite les 75% de socialistes légitimistes et loyaux.

La gauche entre dans une de ces périodes où flotte comme une odeur de sang et de poudre. Celle de la guerre civile, meurtrière, explosive pour la gauche sur le plan électoral. Je flaire un suicide en perspective. Comme la réalité nous résiste, fuyons la réalité, réfugions nous vite dans l'opposition où nous pourrons à nouveau faire tourner les moulins à prière de la gauche protestataire où on se sent si bien. Ce remords du pouvoir atteint une partie croissante de la gauche. C'est grave.

Une minorité à gauche veut pouvoir taxer sans entraves, accuser les patrons et les riches, pétitionner et manifester contre les réactionnaires et les socio-traîtres. D'où ce vertige mortifère vers la mort électorale de toute la gauche. Désunie la gauche a toujours perdu.

Cette bande de cabochards, de 41 "frondeurs" m'exaspère profondément. A ce compte là, Valls et Hollande n'ont rien à perdre. Je lisais dans le Canard Enchaîné que Hollande allait jouer son va tout pour obtenir des résultats. Alors allons y, qu'on y aille franco. Des résultats vite !


Copé premier ministre ? Non pas ça !

Le pacte de responsabilité et de solidarité sera voté, j’en suis persuadé. Il n’y a pas d’autre solution sauf à plonger le pays dans une grave crise politique qui s’ajouterait à une crise économique sans précédent.

"Avant de prendre une décision demandons nous si elle est juste" c’est ce que disait François Hollande. Est-il juste de geler les retraites et le point d’indice des fonctionnaires, réduire les prestations sociales, tout en diminuant les charges sur les salaires afin de redonner de la compétitivité aux entreprises ? L’équation proposée n’a pas des allures de gauche. Les sympathisants de gauche ne disent pas autre chose. Mais être de gauche, ce n’est pas raser gratis. Est-ce renvoyer indéfiniment les problèmes à demain, alourdir la dette, augmenter les impôts ? Non ce n’est pas possible.

J’entends certains expliquer qu’il suffirait de traquer l’évasion fiscale, faire payer les riches, supprimer les niches fiscales, augmenter les salaires pour relancer la consommation. Certes. On a déjà essayé. Pendant deux ans, Hollande n’a pas fait autre chose. Les impôts ont augmenté de 30 milliards sur les ménages et les entreprises. La prime pour l’emploi, l’allocation de rentrée scolaire ont augmenté. Pas suffisamment selon les thuriféraires, mais pas vraiment nul non plus. En parallèle, le CICE, instrument de soutien aux entreprises qui a été créé en fin 2012 n’a été appliqué qu’en 2014 afin de ne pas peser sur les comptes publics en 2013. Une bonne gestion financière, incitative et prudente qui n’a cependant pas donné les résultats voulus. Le chômage a cru et la croissance est restée atone. En fait le seul point économique positif ce sont les taux d’intérêt de la dette française autour de 2%, historiquement bas. De quoi économiser 5 milliards d’euros d’une année sur l’autre au niveau du poste «intérêts de la dette» qui représente à lui seul plus de 50 milliards par an.

Alors ou en sommes-nous ? A un niveau exceptionnel de défiance des Français par rapport à Hollande.

A une campagne de haine et de détestation qui se manifeste par une espèce de traque du président là où il se déplace. Je suis convaincu qu’il y a une clique qui se mobilise à chaque fois pour huer Hollande. Et cette clique organisée, haineuse, radicalisée veut renverser le pouvoir. Il n’y a pas besoin de grand monde pour donner cette impression d’un rejet généralisé. Je ne suis pas naïf ou militant aveugle au point de croire à un complot, car les élections municipales ont démontré le désaveu, mais l’opposition sait faire jouer la grosse caisse.

Pour autant, les dernières rumeurs me font croire à un vote du pacte de responsabilité mercredi prochain. Ceux qui s’agitent à gauche du PS ne mobilisent pas grand monde. Une pétition lancée par quelques agitateurs n’a recueilli à cette heure qu’un gros millier de signatures, autant dire rien. Personne ne voit d’alternative sérieuse à la politique menée et chacun sait que si Hollande était amené à dissoudre l’assemblée, la potion amère que Copé appelé en premier ministre – mon Dieu est cela qu’on souhaite ?! Copé premier ministre !!! – nous ferait ingurgiter, serait bien plus saumâtre. Il parle de 130 milliards d’économies ! Même la moitié serait plus rude que le plan envisagé par Hollande et Valls.

Alors Copé premier ministre, non, s’il vous plait, pas çà !


Un plan d'économies à 35, 50, 80, 100 milliards ? Le plan Valls est le minimum indispensable pour éviter un scénario à la grecque ou à la japonaise.

Le sort du pacte de responsabilité n'est pas fixé mais il est clair que la gauche du PS rue dans les brancards. On n'entend qu'elle dans les médias et dans les tribunes. Des scénarios sont présentés au premier ministre pour amender le plan de 50 milliards d'économies. Un appel des cent - signé en fait par onze députés - a placé la barre à 35 milliards au lieu de 50 et le plan présenté par Karine Berger et d'autres membres de la commission des finances a sous différentes formes appelé à faire des gestes en faveur des petites retraites et des couches populaires.

Là où je rejoins les contestataires, c'est qu'on ne peut royalement ignorer le vote sanction des municipales. La politique économique et sociale des deux dernières années a été largement désavouée par les électeurs de droite comme de gauche. Mais il y a là un paradoxe : même rejetée, faut-il pour autant en changer ? Soyons réalistes. Si on écoute la droite, si on leur redonne les clés c'est la porte ouverte à un plan de 80 milliards à l'UDI, de 100 milliards évoqué au MEDEF et à l'UMP. Alors changer en pire ? Non. Le paradoxe c'est que si Hollande est amené à dissoudre l'assemblée nationale par rejet de son plan à 50 milliards, c'est le double d'économies de dépenses publiques qui sera appliqué par une droite revancharde et sans aucun complexe pour casser les services publics. Une gauche trop frileuse ou utopiste sera balayée par une droite qui tentera de faire oublier l'échec de la gestion des dix années Chirac Sarkozy.

Il y a des exemples étrangers. La droite grecque avait ruiné le pays, menti aux européens, puis après un court intermède de gauche incapable de faire passer des réformes douloureuses, cette droite malhonnête a été blanchie par deux ans d'opposition. Elle avait pu revenir aux manettes et appliquer un programme de licenciement de fonctionnaires, de baisse des prestations sociales, d'économies drastiques ... Pas de scénario à la grecque en France c'est tout ce qu'on demande ! Ceux qui parlent d'austérité en France, de purge néo libérale, ne savent pas de quoi ils parlent. 

Le juge de paix malheureusement ce sont les marchés financiers. Si les taux d'intérêts remontent, ce sont non pas 50 ou 100 milliards qui sont en jeu mais bien davantage. Si nous avions les taux d'intérêt de la Grèce, nous devrions payer à l'adversaire du Bourget, au "monde de la finance", 420 points de base supplémentaires, 4,2% d'intérêts supplémentaires par an, soit 150 milliards d'euros au lieu des 50 milliards acquittés aujourd'hui sur une dette approchant les 2000 milliards. Cent milliards de plus pour les banques, voilà l'alternative à cinquante milliards d'économies ! Ceux qui de façon utopique, exigent de pouvoir faire appel à la BCE pour nous financer, doivent savoir la contrepartie : la sortie pure et simple de l'euro sera exigée par nos partenaires européens, la chute des prix touchera tous les actifs, épargne ou immobilier. Tordre le bras aux autres européens parce que nous ne voulons pas faire d'efforts n'est pas acceptable, ni par eux, ni par ceux pour qui l'Europe est l'avenir. Un scénario catastrophe qui n'arrivera pas car les électeurs auront depuis longtemps renvoyé les utopistes à leurs chères études.

Le Japon est un autre exemple. Le pays est étranglé par une dette atteignant 200% du PIB (nous en sommes à 93,5%). C'est par une dévaluation de 25% du yen et une augmentation massive de la TVA que le Japon mène ses réformes. Mais ce pays lui non plus n'a pas appliqué de réformes structurelles sur son marché du travail et son modèle social. C'est ce qui explique le vacillement de son économie après de bons débuts pilotés par le nouveau premier ministre conservateur Shinzo Abe. Tous les dirigeants faiblissent avant de passer l'obstacle de la vraie réforme difficile. Augmenter les impôts, dévaluer sont autant de facilités.

Est ce qu'on veut celà ? Hollande a pris la mesure de l'enjeu pour la France. Il le fait payer cash à ses troupes électoralement décimées par un Waterloo municipal et sans doute régional puis sénatorial. Le but est de redresser le pays et la menace est de ne pas pouvoir se présenter en 2017 à l'élection présidentielle si l'échec est au bout. Je suis persuadé que Hollande est convaincu d'appliquer la bonne politique pour le pays. Il n'a pas forcément envisagé le scénario catastrophique pour le PS des municipales, pas plus que Schroeder n'avait envisagé l'échec du SPD pour les dix ou quinze années suivantes. Mais je pense qu'il veut entrer dans l'histoire comme le dirigeant historique de la gauche française qui aura remis la France sur les rails économiques.

S'il réussit, il conserve des chances d'être réélu en 2017 mais rien n'est moins sûr. Il a une obsession de l'économie qui est digne de la période Jospin, riche en emplois et en croissance, mais qui a mal fini électoralement parlant. Il est aujourd'hui difficile d'imaginer que la gauche soit capable de faire ce que DSK voulait réussir : gagner et gagner la fois d'après en ayant convaincu sur son bilan. Car il y a un dernier paradoxe : la France socialiste peut mourir alors que la France sera guérie. Hollande n'a certes pas envie de partager le sort de Schroeder mais pour l'heure il croit toujours à sa chance. Bien qu'au fond du trou sur le plan de la popularité il a confiance en lui et reste du fait des institutions insubmersible jusqu'au terme de son mandat.


L'alternance à Achères passe par le PS

Loin de moi l'idée de me résoudre à l'alternance à droite à Achères. Bien au contraire il faut que la gauche se batte pour renverser la vapeur dans six ans car j'ai passé trop de temps dans cette ville pour être indifférent à son sort. Même si j'ai du respect pour Marc Honoré, le nouveau maire, représentant d'une droite humaniste et ouverte contrairement à ce que j'observe ailleurs, il y a de quoi craindre la suite pour le vivre ensemble à Achères. La lecture du journal municipal ce mois ci est un avant goût de ce à quoi qu'il faut s'attendre :

  • une démolition en règle du bilan de l'ancien maire et de sa majorité
  • l'accent mis sur des finances locales dégradées, notamment au niveau de la dette
  • le désaveu de la gestion de certaines associations liées à la municipalité sortante de façon à les "nettoyer" et recréer de nouveaux réseaux à terme
  • des investissements "visibles" de façon à gentrifier le centre ville et certains quartiers (au sens embourgeoiser)

Il faut aussi constater que l'ancien maire, Alain Outreman, a décidé de siéger au conseil municipal et de conduire l'opposition. La peur du vide peut-être mais aussi soyons justes, la légitime envie de défendre un bilan pas aussi mauvais que la nouvelle majorité ne le prétend.

L'inconvénient de cette démarche si elle se prolongeait six ans durant, c'est qu'elle ne saurait faire émerger un nouveau leadership capable d'organiser la reconquête. Même si je l'ai combattu et que son tempérament n'est pas toujours facile, beaucoup s'accordent à dire qu'Alain Outreman a été un maire bâtisseur à Achères, un homme de gauche convaincu. Il conserve aujourd'hui beaucoup d'énergie cependant en 2020 il ne représentera pas l'avenir pour la ville. Lui même le sait évidemment. Et ce même si Marc Honoré a le même âge que lui. Celui ci a d'ailleurs dit qu'il ne ferait qu'un mandat (s'il tient parole). Il y aura une fenêtre de tir pour reconquérir la ville et faire de ce mandat à droite une simple parenthèse.

Il faut préparer la relève c'est évident. Dans l'équipe actuelle d'opposition, sonnée, il est bien sûr trop tôt pour l'évoquer. Mais je crois qu'il faut analyser sereinement ce qui se passe lorsque des mairies basculent. Pour revenir aux manettes rapidement, la stratégie doit être le regroupement aux côtés du groupe d'opposition le plus influent et la définition d'un projet autour d'une candidature porteuse d'avenir. Celui ou celle qui sera capable de s'investir fortement dans la ville, animer un mouvement ancré au coeur de la ville et des associations, rester actif et présent, développer une force de proposition tout en étant identifié assez tôt comme une alternative à la majorité, sera le futur leader de l'opposition.

Même si sa place reste importante, il n'y a plus de prééminence naturelle du PCF à Achères, du moins de l'équipe actuelle. La sociologie de la ville a évolué, le vote a changé. Il faut passer par l'analyse lucide des causes de l'échec. Quand on passe d'un rapport de forces de 71 -29% en faveur de la gauche en 2008 à un 44-56% au premier tour en 2014, celà mérite débat. Vingt sept points de perdus ne peuvent relever uniquement de la politique nationale. L'ancienne majorité sera t-elle capable d'un examen des causes multiples de la défaite ?

A toutes les élections nationales, le PS est devant les autres forces politiques, FDG ou écologistes inclus. On jugera de cet impact aux prochaines européennes. On regardera ensuite aux régionales et aux cantonales qui incarne le mieux la force politique N° 1 à gauche. De là viendra la légitimité. Mais il ne suffira pas de se proclamer N°1 il faudra surtout faire en sorte qu'un mouvement s'organise dans la ville avec toutes les forces de progrès pour la reconquête de la gauche.

A ce stade, j'estime qu'il y a une opportunité à saisir pour le PS d'occuper la place qu'il a au niveau national. Le leadership à gauche est en jeu, maintenant que les sortants ont perdu l'élection locale. Mais inutile de tirer des plans sur la comète et de dire que l'avenir est écrit. Je ne fais que spéculer en simple observateur détaché de tout mandat municipal. Six ans c'est long. Il sera toujours temps après avoir vu évoluer le contexte politique national et local de regarder quelle force est à même d'occuper la première place et de présenter le meilleur projet. Une seule chose est pour moi certaine : l'alternance ne se fera pas sans le Parti Socialiste à Achères.


La gauche n’a le monopole ni du cœur ni de la morale.

Aquilino Morelle vient de démissionner de son poste de conseiller à l’Elysée pour une question supposée de conflit d’intérêts : encore une affaire où se mêlent l’argent et la politique, ou tout du moins le rapport à l’argent et l’exercice du pouvoir.

Quand on est placé à côté du président de la république la charge symbolique est lourde. Même si les faits reprochés sont anciens (2007) que dire au moment où tant d’efforts sont demandés aux Français ? Il y a là de quoi nourrir les discours les plus populistes et anti-élites.

Il ne s'agit pas de donner une quelconque leçon de morale, bien au contraire, mais quand un homme de gauche faillit c'est toute la gauche qui souffre. La gauche et la droite ont les mêmes responsabilités sur ce terrain, au moins depuis l’affaire Cahuzac mais aussi depuis les affaires qui nous ont tant coûté en 1993. De fait la gauche paie plus cher en cas de manquement. Le prix aujourd'hui ? François Hollande vient de voir une deuxième fois entachée la république irréprochable qu’il avait promise aux Français. Certes autour d’un puissant de ce monde gravitent des hommes et des femmes de pouvoir. Il serait vain de ne chercher dans ces personnes que des saints ou des moines-soldats. Il y a obligatoirement des personnes intéressées et des ambitieux. Morelle était de ceux-là. Mais l’avoir mis à cette place sans vérifier son passé était donc une erreur.

Au moins peut-on se dire que la sortie a été rapide et nette. Une affaire traitée en moins de 24 heures, cela dénote un changement de rythme par rapport à l’ère Ayrault. Hollande a appris qu’il ne pouvait plus protéger quelqu’un, uniquement sur l’affirmation de sa bonne foi comme au temps de Cahuzac. C’est un apprentissage du pouvoir qui montre clairement que le quinquennat a évolué en mieux en 2014. Il faut dire que pour moi comme pour beaucoup de socialistes la séquence politique récente est un vrai choc. Je me suis trop enthousiasmé sur les capacités d’un couple exécutif godillant, dénué d’expérience au plus niveau. Les Français qui ont sanctionné l’exécutif dans les sondages et dans les urnes n’avaient pas mes lunettes roses.

Le couple Valls Hollande sera plus performant ou ne sera plus : Hollande a lié son sort aux chiffres du chômage en 2017. Il compte à nouveau sur un cycle plus favorable. Mais je ne suis pas persuadé qu'Hollande en tire profit, car l’économie peut rester atone très longtemps et son impopularité m'a l'air aussi cristallisée que celle de Sarkozy.  En foi de quoi, je serai dorénavant le plus grand supporter du gouvernement de Manuel Valls parce que les discours incantatoires et les surenchères d'une partie de la gauche déconnectée du réel me lassent plus que jamais. Manuel Valls en héritier de Michel Rocard aura plus que jamais mon soutien.


Une primaire en 2017 et pourquoi pas hara kiri ?

Julien Dray apporte une réponse à la question que je me posais sur la prochaine présidentielle. Il propose une primaire à gauche en 2017, ce qui donnerait un moyen de remplacer un Hollande démonétisé par Valls ou un autre avec un vote du peuple de gauche. Il ne s’étonne pas de cette idée ébouriffante, citant l’exemple américain.

Je n’y crois pas du tout. Une primaire entre challengers est bien sûr envisageable comme ce sera le cas à droite mais pour le président sortant quel meilleur moyen de l’affaiblir (encore) que de le soumettre à telle compétition !

Un peu de politique fiction. Supposons même qu’aucun poids lourd ne se présente face à lui mais seulement d’obscurs seconds rôles comme Emmanuel Maurel, le leader de l’aile gauche du PS, ou Marie Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, que sais-je … Si le président sortant ne gagnait qu’avec 70% des suffrages comme Harlem Désir au dernier congrès du PS, quel désaveu ! La garantie d’une claque en 2017, déjà bien difficile à gagner quand on se rappelle le faible écart de la victoire dans des circonstances et une conjoncture autrement favorables.

C’est bien pourquoi il est aujourd’hui inenvisageable que François Hollande se soumette à une primaire. Un vrai suicide. Fausse bonne idée.


Stop au choeur des pleureuses sur la diminution de la dépense publique !

En France contrairement à ce que peut dire un Mélenchon, l'ultralibéralisme est loin de régner.

Il faut être lucide : nous sommes dans une société fortement "étatisée" dans le sens où 57% du PIB est consacré aux dépenses publiques, record de l'OCDE et des grands pays développés. Il faut arrêter de crier au loup ultra libéral quand Hollande veut réduire les dépenses publiques. C'est l'efficacité de la dépense publique qui est interrogée.

A quoi  a servi la dépense publique ? Pour avoir un peu voyagé dans ma vie, j'ai souvent constaté que nous avons des infrastructures sans équivalent dans le monde. Notre territoire est recouvert de routes de qualité, d'autoroutes bien entretenues, d'un réseau ferrovaire à haute vitesse de premier rang. Nous avons des équipements publics de bon niveau, que ce soit pour l'école, la santé, la culture, ... Le patrimoine public est plutôt bien conservé. La France est de ce fait un beau et grand pays.

C'est cet effort d'investissement qu'il serait dangereux de remettre en question. Quand on veut réduire les dépenses, on ne peut toucher aux salaires, aux frais de fonctionnement. La variable d'ajustement consiste à reporter des investissements non vitaux et rationaliser l'entretien des équipements.

Est ce de celà dont on parle quand on évoque les 50 milliards d'économies à trouver pour remettre de la compétitivité dans notre économie ? En effet il s'agit de déterminer des dépenses dont la nature n'est pas critique pour l'investissement productif. Typiquement la construction de nouveaux batiments publics, d'infrastructures très coûteuses comme cette autoroute de 22kms pour 3 milliards d'euros dans ma région (A104). Il y a aussi la maîtrise des dépenses de santé. Favoriser les médicaments générique par exemple. Il faut faire des choix. C'est logique, c'est sain, c'est celà le sérieux budgétaire. 

Ce chiffre de 50 milliards paraît insurmontable, mais si on relativise il représente 2% de PIB donc il s'agit de faire descendre à 55% le poids de la dépense publique dans notre pays. Pour une régression ultralibérale, on a connu pire.


Quid de 2017 pour la gauche ? Trop tôt pour le dire

La cote d'alerte est atteinte. Avec 18% de satisfaits est-il possible de diriger sereinement la France ? Sans doute non. Mais de toute façon la fonction n’est pas de tout repos.

La question que je me pose benoîtement quand je vois la courbe de popularité de Manuel Valls, crédité aujourd’hui de 58% de bonnes opinions, c’est : quid de 2017 ?

En supposant que Valls échoue, on ne voit pas pourquoi la cote de Hollande remonterait et un scénario à la 2002 serait tout à fait envisageable. Mais si Valls réussit, qui en sera récompensé ? Celui qui l’aura nommé ou celui qui aura été aux manettes ? Même si Valls applique les orientations décidées par Hollande, c’est lui qui a donné un nouveau souffle à ces orientations par son style et ses propositions lors de son discours de politique générale.

Alors tous derrière Valls pour sauver la gauche en 2017 ? Trop tôt pour le dire, mais l’idée doit commencer à tarauder nombre de hiérarques socialistes, y compris Hollande lui-même.


Une cérémonie d'investiture pas toujours très élégante

Samedi matin avait lieu la cérémonie d'investiture du nouveau maire de Meulan en Yvelines. Cécile Zammit Popescu succédait ainsi à Guy Poirier devant un public nombreux composé des partisans de chaque camp.

Une absence a été constatée, celle du frontiste élu, sans un mot d'explication. Une marque d’irrespect républicain pour les autres élus et surtout pour les électeurs.

Pour sa part, le doyen d'âge (M. Couffin) a su très convenablement présider les débats.

Guy Poirier a prononcé des paroles fortes et empreintes d'émotion pour souligner qu'il avait été battu de son point de vue pour ce qu'il était, à savoir un élu de gauche et non pour ce qu'il avait fait, à savoir son bilan. Il a précisé que l’ancienne majorité laissait une situation saine et maitrisée ; il a évoqué les grands mérites du personnel communal, ses compétences, son dévouement. Il a aussi rendu hommage aux équipes municipales qu'il avait eu l'honneur de conduire. Très républicain, il a souhaité bonne chance à la nouvelle majorité en lui disant qu'elle avait désormais tous les instruments à disposition pour mener la politique qu'elle avait promise aux Meulanais. Une belle intervention.

Cirila Jond-Nécand l’ancienne première adjointe a ensuite pris la parole pour dire qu’elle prenait la présidence du groupe d’opposition en rendant un hommage appuyé à Guy Poirier et qu’elle mènerait une opposition ferme mais ouverte et constructive dans le sens de l’intérêt général. Elle a aussi annoncé que l’opposition serait vigilante sur le respect des promesses faites durant la campagne. 

Puis l’élection de Cécile Zammit Popescu a eu lieu sans surprise par 22 voix pour et 6 abstentions (et un vote non exprimé).

Le discours de Madame le maire a retracé sa vie familiale et professionnelle. Elle a salué « ses patrons » et dédié sa victoire à sa tante. Puis elle a remercié ses colistiers pour leur campagne. Elle a ensuite indiqué que dans un contexte de baisse des dotations du « gouvernement socialiste », la gestion serait très difficile. [Il faudrait rappeler au maire que l’UMP n’a cessé de stigmatiser les dépenses inconsidérées des collectivités, et qu’elle-même a multiplié les promesses non financées].

En fait ce qui a le plus surpris le public et moi-même c’est qu’elle n’ait eu aucun mot pour l’ancien maire. Quand on est républicain, qu’on assure la continuité du service public, on peut évoquer le travail de ses prédécesseurs surtout quand l'auteur de ce travail a été reconnu et reconduit autant de fois par les Meulanais. Il eût été logique quand on se veut maire de tous les Meulanais d'avoir un minimum de reconnaissance républicaine pour son opposant. Tout ce que Mme Zammit-Popescu a trouvé à dire, c’est que le bilan de l’ancienne majorité – et donc de Guy Poirier- avait été sanctionné et que l’enjeu local avait primé sur la politique nationale du « gouvernement socialiste ». Contre-vérité flagrante. Manque de lucidité ou pour le moins, manque d’élégance. L’irritation suscitée dans nos rangs par ces paroles laissera des traces. Cela ne fait que renforcer ma décision de poursuivre mon engagement ici. Face aux communistes à Achères, j’ai déjà été dans l’opposition six ans durant. Je n'ai jamais fui mes responsabilités pour ma part. Ce sera une expérience utile pour combattre cette droite dure et fermée.

L’élection des six adjoints ensuite n’a revêtu qu’un caractère anecdotique et formel.


Un nouveau gouvernement condamné à réussir.

Je reprends enfin ma liberté de parole après près de trois mois de quasi silence sur internet pour cause de campagne électorale municipale, sauf sur Facebook où seuls mes "amis Facebook" ont pu lire les arguments de la liste Meulan Demain que je relayais jour après jour.

N'ayant pas été élu à Meulan en Yvelines où je me présentais, je suis d'autant plus libre de dire ce que je pense de la situation politique actuelle. La campagne de notre liste à Meulan conduite avec autorité et conviction par Guy Poirier n'a pas connu la réussite qu'elle méritait. Essentiellement en raison d'un vote sanction contre le gouvernement et sans doute de considérations locales qu'il s'agira d'analyser ultérieurement et sereinement une fois le calme revenu.

Le fait est qu'il ne suffisait pas d'avoir un bon bilan, une bonne équipe et un bon projet pour l'emporter cette année quand on était de gauche. Il fallait avoir un excellent bilan, une excellente équipe et un excellent projet, mener une campagne de terrain hors pair, ne pas subir de divisions dans son propre camp, avoir une communication sans failles, ne pas politiser la campagne sur des enjeux nationaux, ne pas être talonné par la droite au premier tour, ... . Bref il fallait faire le parfait parcours du combattant, lesté de semelles de plombs aimablement fournies par un gouvernement Ayrault usé jusqu'à la corde.

Nous avons trébuché sur l'obstacle un peu partout dans les Yvelines où un véritable tsunami électoral a emporté quasiment toutes les villes de gauche dépourvues de fortes majorités en 2008. Y compris mon ancienne ville d'Achères où le PCF gérait la ville depuis 1925 (avec un intermède d'un seul mandat sans étiquette en 1971). Je crois qu'il doit rester moins d'une dizaine de villes gérées par la gauche sur 262 communes yvelinoises. Une débâcle générale.

La déroute a entraîné le 31 mars le départ de Jean-Marc Ayrault et disons le tout net : même s'il n'est pas responsable de tout, il était logique qu'il serve de fusible au président. L'arrivée de Manuel Valls est à mon avis une bonne chose. S'il sait s'entourer de professionnels solides, de cabinets ministériels expérimentés (comme sa nouvelle directrice de cabinet), et s'il sait diriger une majorité choquée par l'explosion du socle municipal, nous aurons une chance de réussir ce que nous avons promis : le redressement du pays dans la justice. C'est ce volet de justice que F. Hollande a ajouté au pacte de responsabilité, sous le nom de pacte de solidarité. Il est maintenant urgent de voir apparaître des mesures concrètes et efficaces au service des Français. Car ma conviction profonde est celle ci : nos concitoyens ont d'abord sanctionné une forme d'impuissance des politiques et une absence de résultats notamment sur le chômage. L'échec à faire baisser le chômage en fin 2013 a été payé cash.

C'est peut-être la chance de Valls car le travail de fond a été initié même si les observateurs sont critiques sur les deux premières années Ayrault. Les fruits des efforts devraient enfin tomber. Injuste pour Ayrault ? Je ne sais pas. Mais je me rappelle toujours de cette phrase attribuée à Napoléon Bonaparte quand il s'agissait de promouvoir un officier. Il demandait paraît-il à son entourage : "Fort bien, mais a t-il de la chance ?"

Je crois que Valls a de la chance. Il est peut-être d'ailleurs la dernière chance de Hollande. Et les deux le savent : ils sont condamnés à réussir.