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avril 2013

L'Allemagne de Merkel grave pomme de discorde au PS

Le PS est en train de traverser une grave période de désunion sur l'Europe. Le sujet : l'attitude à adopter vis à vis de l'Allemagne de Merkel.

Les propos de Claude Bartolone ont mis le feu aux poudres quand il a proposé une confrontation avec l'Allemagne sur sa politique économique et que le PS a embrayé en attaquant dans un document de travail "l'intransigeance égoïste" d'Angela Merkel. Comme si tous les malheurs de la France étaient contenus dans la rigueur germanique ! C'est consternant. Je croyais que nous avions dépassé le clivage du NON au TCE voulu par une frange du PS en 2005. La preuve est faite que non. Certains appellent cela le débat, je crois que c'est autre chose de plus grave : une fracture idéologique qui ne s'est jamais vraiment refermée sur notre conception de l'Europe.

Valls, Sapin, Guigou, Peillon ont eu raison de critiquer Bartolone en qualifiant de "nocifs, irresponsables, dangereux" ces propos. Il faudrait qu'il prenne conscience que nous devons d'abord régler nos problèmes intérieurs avant de chercher des responsables ailleurs. La preuve, c'est la crise au PS qu'il risque d'ouvrir. Je suis assez inquiet pour la suite des évènements. Hollande est certes doté de capacités de résistance au dessus du commun mais l'image des dernières semaines est absolument terrible.

Comment en sortir ? Je crois qu'il faut se résoudre à un remaniement qui fasse nettement le choix de la continuité avec la politique actuelle. Devront sortir du gouvernement toutes celles et tous ceux qui ne la soutiennent pas à 100%.  Pas la peine d'être grand clerc pour savoir de qui je parle. L'avantage c'est bien sûr la clarté et la cohérence. L'inconvénient c'est le cynisme de ceux qui ne se priveront pas de critiquer à l'extérieur les initiatives du gouvernement, donc de réduire son assise voire de miner la majorité. Mais de toute façon aujourd'hui ils ne se privent pas de critiquer de l'intérieur. Certains se croient encore dans des joutes internes au PS comme dans un congrès. Ce genre de nombrilisme, tout le monde le sait, les Français détestent. Les prochaines échéances électorales seront très compliquées pour nous. Ceux qui nous plombent aujourd'hui seront les premiers à dire "je vous l'avais bien dit".

Déjà largement dans le dur, je crois que le PS se prépare à traverser une zone de hautes turbulences. Mais malgré celà, Hollande et Ayrault doivent suivre leur cap sans fléchir.


L'amnistie sociale en débat

Le gouvernement vient de dire non à la proposition de loi communiste sur l'amnistie des syndicalistes. Pourquoi ? Je ne sais pas trop. Pourtant cette loi avait été votée au Sénat par une majorité de gauche. Pour ma part j'y étais favorable jusqu'à un certain point, à savoir que les casseurs ne soient pas exonérés de leurs responsabilités. Il y avait aussi une partie du texte qui était mal écrite laissant la porte ouverte à l'amnistie de détournements de fonds ou de gestion frauduleuse dans les comités d'entreprise par exemple. Impensable.

Qu'est ce qui a motivé le gouvernement ? Peut-être un sondage qui indique que 75% des Français sont hostiles à cette loi d'amnistie. Peut-être le poids de certains ministres à poigne du gouvernement qui tels Manuel Valls ne soutenaient pas cette proposition. Peut-être enfin la volonté de ne pas paraître céder aux oukases d'un Mélenchon vitupérant et outrancier et de sanctionner des communistes qui manifestent un soutien à géométrie très variable sur les projets du gouvernement.

Je crois que c'est du côté du symbole politique qu'il faut chercher. Après avoir donné des droits nouveaux et la liberté de se marier aux homosexuels avec le mariage pour tous, avec la loi sur la moralisation de la vie publique en gestation, il est apparu nécessaire de ne pas donner l'image d'un Etat qui prendrait des libertés avec les décisions de justice. Dans un pays soucieux d'ordre et de respect des règles, le mot même d'amnistie a mauvaise presse. Il n'y a pas eu d'amnistie présidentielle après l'élection de 2012, donc Hollande n'a pas amnistié le "petit peuple", pourquoi alors amnistier les syndicalistes ?

Les Français ne font pas de distinction entre amnistie sociale et amnistie fiscale ou judiciaire, pour eux c'est une amnistie donc un passe droit, une prime accordée à la délinquance. Cette affaire avait coûté énormément en 1993 quand les parlementaires avaient donné l'impression de s'auto amnistier. La gauche avait payé une mauvaise gestion de cette affaire. Je crains qu'on ne prenne le même chemin. Que la droite ait voulu amnistier les fraudeurs fiscaux ne compte guère car elle n'est pas aux affaires. Il faut que la gauche affirme ses choix d'emblée, sans trembler. Hollande aurait pu signifier son choix beaucoup plus tôt mais il a attendu comme à son habitude de voir où en était le rapport de forces. Le poids de l'opinion a sans doute compté beaucoup dans sa décision. Il me semble qu'il aurait dû annoncer qu'il traiterait de façon égale les PV des Français et les délits des syndicalistes. Mais je n'ai pas son habileté politique donc son analyse est sans doute la bonne. Encore faudrait-il qu'il l'exprime pour clôre le débat et que j'arrête de me perdre en conjectures.

 


Nouvelle phase du quinquennat ?

Stéphane Le Foll et Claude Bartolone viennent de déclarer chacun que le quinquennat devait entrer dans une nouvelle phase, "offensive" pour Le Foll et "sociale" pour Bartolone. Suivant les déclarations des trois ministres qui appelaient à une inflexion de la politique économique du gouvernement, à savoir Cécile Duflot, Benoit Hamon et Arnaud Montebourg, ca commence à faire beaucoup. 

Les résultats sont mauvais, le chômage continue de monter (record dépassé), la colère populaire enfle au vu des résultats électoraux lors des partielles (municipales du Vesinet, législatives Oise). On peut comprendre que certains s'inquiètent pour les prochaines échéances car la gauche ne peut donner l'impression de rester l'arme au pied en période de crise aussi dure. C'est sans doute pourquoi le PS vient de sonner la charge contre un ennemi prévisible : Angela Merkel. La populaire chancelière allemande en phase de ré-élection est désignée comme la coupable des politiques d'austérité en Europe et donc des maux de notre pays en matière de croissance et de compétitivité.

Il faut faire la part des choses. Si Angela Merkel et son rigoureux ministre des finances Wolfgang Schauble sont bien responsables de l'absence de relance de la consommation dans leur pays, de freins sur la réforme bancaire et d'une forme d'arrogance dans les leçons de gestion qu'ils donnent au reste de l'Europe, ils ne peuvent être accusés de tout ce qui nous concerne directement. Les problèmes de compétitivité de notre industrie sont connus. Les prix de nos produits et services sont plus chers que la concurrence allemande, la qualité et le positionnement ne sont pas toujours adaptés aux besoins des clients, le système social est plus généreux chez nous qu'outre Rhin.

On dit que les Allemands ont fait le choix de la précarité pour les salariés et nous Français avons fait le choix du chômage de masse. Doit-on décider de laisser les salaires nominaux assez élevés de façon à protéger les salariés qui ont un emploi ou accepter de modérer les salaires en ouvrant la trappe vers le bas de façon à permettre aux moins qualifiés de trouver un emploi ? Celà revient à supprimer le SMIC ou à l'abaisser ! Voilà une question absolument taboue en France, d'autant qu'en Allemagne son introduction est en débat (à 8,5€ de l'heure). Il est hors de question de casser le filet de protection d'autant que les salaires au SMIC sont largement exonérés de charges sociales. Les conséquences sur les autres minima sociaux ou même sur ceux des conventions collectives seraient terribles. C'est donc exclus.

Le débat revient comme toujours à savoir s'il faut augmenter le pouvoir d'achat des salariés pour relancer la consommation ou augmenter les investissements pour relancer la production donc l'emploi. Ou les deux en même temps.

Il n'y a pas de certitude sur ce qui fonctionnerait. Certains pensent qu'un pays qui relancerait tout seul, accroitrait le déficit de sa balance commerciale par les importations. Ce serait une façon de peser sur la valeur de l'euro en cas d'action d'un grand pays comme la France. L'Allemagne n'a pas envie de voir l'euro s'effondrer, ou se dévaluer. Mais de toute façon comment fait-on ? On payerait avec quel argent les augmentations de salaire ? En empruntant ? On est déjà sous une montagne de dettes. En réduisant les dividendes des actionnaires ? Ceux ci vont fermer les usines à vitesse grand V et placer leur capital dans des placements sans risque. C'est ce que je ferai à leur place. Pour l'empêcher, il faudrait donc interdire les licenciements. C'est sans doute le rêve du grand soir d'une certaine gauche combattant le capital. Et si ca ne suffit pas, les nationalisations suivraient. Certains rêvent de cette solution ultime mais on serait dans l'archaïsme le plus total, dans un univers étatiste à la mode soviétique dont on a vu le grand succès économique.

Il faut donc relancer l'investissement productif et non l'investissement financier dans les placements. C'est ce que propose Le Foll dans son interview aux Echos. C'est donc lui que je soutiens et non les apôtres de la dépense publique et de la hausse des salaires financée à crédit. On doit aider les entreprises en les encourageant à investir. C'est ce qui était prévu quand Hollande avait prévu de moins taxer les bénéfices réinvestis que les bénéfices distribués. Mesure disparue dans un contexte de disette des finances publiques. Mais l'esprit était là ! Soutien aux entreprises qui investissent et embauchent ! Il y a un exercice de pédagogie à réussir car dans l'opinion, la relance par la consommation a toujours bonne presse. Les salaires n'ont pas baissé mais le pouvoir d'achat a commencé à reculer en 2012. Il va être dur d'expliquer que la baisse des revenus globaux c'est la crise qui frappe à retardement la population. D'ici à ce que l'on crédite Sarkozy d'avoir maintenu (facticement) le pouvoir d'achat des Français tant qu'il a pu et on retournerait dans l'opinion l'argument d'une gestion calamiteuse de la droite dans les dix dernières années. C'est à la gauche qu'on présente l'addition des années Sarkozy, voilà la vérité. 


La transparence va s'imposer progressivement en France

J'étais assez partagé sur cette opération transparence que François Hollande a décidé de lancer à la suite de l'affaire Cahuzac. Je ne voyais pas l'intérêt de livrer en pâture à l'opinion des éléments de la vie privée des personnes ayant choisi la vie publique. La réaction des internautes sur les forums et les réseaux sociaux était souvent lamentable de bétise et de méchanceté gratuites. Je craignais la démagogie et aussi soyons francs, que certains ministres ne jouent pas le jeu. Mais finalement, tous se sont pliés à l'exercice plus ou moins de bonne grâce. Le risque maintenant c'est que certains aient oublié volontairement ou non de déclarer tout leur patrimoine. J'espère que non.

L'échelle des patrimoines du gouvernement est assez étonnante. Elle se situe dans un rapport de 1 à 60 depuis Laurent Fabius, le plus fortuné, à Najat Vallaud Belkacem, la moins riche et la plus jeune. C'est finalement une image assez fidèle de la France d'aujourd'hui avec ses inégalités frappantes, ses différences de personnalité et de comportement devant l'argent. Une sorte d'opération vérité que finalement je salue. Je ne crois pas qu'on puisse désormais s'exonérer de ce genre d'exercice devant l'opinion sauf à nourrir un sentiment de suspicion compréhensible. Mais c'est le contrôle des patrimoines qui va s'imposer désormais après la publicité. Si certains croient que le mouvement va s'arrêter là, ils se trompent. Certes on est dans le symbole, celà ne va pas garantir l'absence de tricherie d'un Cahuzac, mais les tricheurs savent qu'ils courent un risque énorme d'être découverts tant la presse va passer au tamis les déclarations. Et tricher signifiera la fin immédiate de la carrière politique.

La fin de l'opacité est indispensable. Je crois que ceux qui n'en veulent pas ont un agenda personnel, qui passe par la défense d'une corporation ou d'intérêts particuliers contradictoire avec un mandat électoral et des responsabilités importantes. Ainsi la gauche a fait oeuvre utile pour le débat public et pour restaurer un peu la confiance que les citoyens n'ont plus vis à vis de la politique. Je passe rapidement sur la question de savoir si on peut être de gauche et riche. La preuve est faite que oui et finalement  il faudrait qu'à gauche nous cessions d'avoir honte de ce que nous avons, alors que ce qui compte c'est ce que nous faisons. Qu'on arrête aussi à gauche de se vouloir "plus moral (donc plus à gauche) que moi tu meurs" ...

J'ose espérer que la transparence va devenir une nouvelle valeur de la république. Cette information est nécessaire pour le citoyen mais la publicité, le contrôle et la sanction doivent être régis par la loi pas par l'opinion.


Réformes structurelles, oui mais lesquelles ?

La France futur "homme malade de l'Europe" ? Du coup Bruxelles met la pression sur le malade potentiel (ou avéré on ne sait).

En cause une insuffisance de réformes destinées à rendre le pays plus compétitif selon Olli Rehn, le commissaire européen, même s'il reconnait que des efforts ont été initiés (CICE, ANI).

C'est un vrai débat. Mais de quoi parle t-on ?

  1. D'agir durement comme la très peu regrettée Mrs Thatcher en Angleterre, casser les services publics, faire la guerre aux syndicats, dénoncer l'UE. Impensable.
  2. De réformer comme en Allemagne sous Schroeder : autoriser les mini jobs, réduire les prestations aux chômeurs, reporter l'âge de départ à la retraite, accepter la modération salariale (en fait le gel), ... Inapplicable ou inimitable.
  3. De réduire les dépenses publiques sur le modèle canadien ou suédois : création d'agences publiques regroupant des missions de service public, réduction du nombre de fonctionnaires, suppression de certaines missions non critiques. Politiquement sensible.
Les spécificités françaises en matière d'action publique sont aussi montrées du doigt : le mille feuille territorial, l'inflation des normes, le maquis des aides, des niches fiscales et des subventions, les ratés de la formation professionnelle ...

La France doit trouver son propre chemin vers la compétitivité. N'ayant pas de recette magique, je ne ferai pas de liste de mesures qu'on peut trouver dans tous les livres et rapports sur le sujet , Attali, Camdessus, Pébereau, etc (1). Par contre les mesures doivent toucher aussi bien le secteur public que le secteur privé. Il n'y a aucune raison de cibler les efforts sur les seuls dysfonctionnements de l'Etat. Depuis François de Closets et son célèbre "Toujours plus !" en ... 1982 (1), on sait la résistance des corporatismes français.

Ma conviction est qu'une série de mesures ciblées et progressives est plus adaptée qu'une seule mesure choc type big bang. Ces mesures doivent être justes et bien expliquées pour être acceptées. Enfin il faut disposer de temps. Cette méthode est celle que suit Hollande avec cohérence et constance depuis 11 mois : le réformisme économique et social et la négociation. L'action progressive et mesurée s'avère impopulaire, il y a donc une pédagogie de la réforme à développer. Sa chance, il lui reste quatre ans. Ceux qui proposent de renverser la table comme Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen en seront pour leurs frais.

(1) Ouvrages cités


Cap à gauche toute ? Non, répond Hollande.

Est ce que l'affaire Cahuzac doit coincider avec un changement de cap politique et économique ? Aux yeux de certains et notamment de trois ministres du gouvernement Ayrault, Montebourg, Duflot, et Hamon, c'est le moment. Pour eux l'austérité ou la rigueur sape toute espérance de croissance, la confiance politique est minée, il faut donc relancer la consommation pour faire repartir l'économie. Comment ? On ne sait pas, mais il est vrai que ces ministres soutiennent davantage une orientation générale keynésienne (la politique de la demande) que des mesures en particulier.

Le président de la République vient de répondre : le cap est maintenu. Le sérieux budgétaire est poursuivi car il conditionne l'indépendance de la France et sa crédibilité. Les réformes comme celles du marché de l'emploi (ANI) sont entreprises avec pour objectif prioritaire, la compétitivité et l'emploi. Hollande refuse la confusion entre l'austérité et la politique du gouvernement. Il n'y a aucune baisse des salaires et des retraites, il n'y aucune baisse des prestations sociales ou des indemnités des chômeurs. Si le gouvernement réfléchit à des diminutions d'allocations (familiales) c'est pour les plus aisés. Pour les retraites, la logique démographique et l'augmentation de l'espérance de vie conduiront à revoir la durée de cotisations nécessaire à défaut de jouer sur les niveaux de cotisations et l'âge de départ en retraite. L'idée est de répartir les gains d'espérance de vie entre retraite et vie active de façon à protéger le système des retraites. Mais là encore il ne s'agit pas d'austérité mais d'une future réforme dans la justice.

On ne voit pas encore les résultats - et c'est le souci - mais le gouvernement opère un redressement majeur de nos finances publiques par des réformes structurelles. Sous prétexte qu'il n'y a rien à redistribuer, la politique suivie ne serait pas de gauche ? Mais alors il ne faudrait élire la gauche qu'en période de croissance. Une aberration quand on connait le résultat de la gestion Sarkozy en période de crise.

Il est étrange que certains à gauche veuillent en pleine opération retenir le bistouri du chirurgien en l'accusant de tuer le malade ou de l'amputer, ce qui est faux. Sans attendre, ils diagnostiquent que le malade a besoin de vitamines et de substances dopantes, en clair d'augmentations de salaires et d'allocations. On ne guérit pas le cancer du chômage ainsi. Si le malade doit  mourir, ce ne sera pas guéri, mais par overdose de dettes. Certes les emplois aidés et les hausses d'allocation font partie des mesures prises et aident le pouvoir d'achat mais viennent en complément des mesures structurelles en faveur de la compétitivité et l'emploi comme le CICE et l'ANI.

Nos ministres dépensiers ne disent pas comment relancer. Augmenter les fonctionnaires, distribuer des aides, des subventions,  lancer des grands travaux mais avec quel argent ? De nouveaux impôts ? En accroissant la dette ? En chargeant la barque des entreprises ? Bref en reprenant d'une main ce qu'on a donné de l'autre ? Ce serait un jeu de bonneteau, une tromperie. Mais une vraie politique de gauche comme le disent les extrêmes ? Non, on ne peut distribuer que ce qui a été créé. On ne peut pas s'endetter à l'infini pour finir par ne plus pouvoir rembourser. On ne peut pas non plus changer de politique tous les six mois. La politique de l'offre doit être assumée. On a vu ce que donnait dix ans de droite incompétente.

Il est frappant de voir que nos opposants s'indignent que nous ne fassions pas leur politique, de droite ou de gauche. Laissons les s'époumonner. Mais si certains opposants viennent de l'intérieur, Hollande devrait y prendre garde.


Cahuzac. De l'écoeurement ? Non, de la colère. Un référendum à choix multiples s'impose.

L'affaire Cahuzac est d'autant plus terrible qu'elle fait mal à toute la gauche et à nos valeurs.

Quid de l'impact sur la gauche ? L'affaire nous affaiblit avec nos partenaires éclatés entre la gauche réformiste et écologiste et la gauche radicale. Cette dernière est prompte à nous tailler des croupières sur le sujet de notre adhésion sincère aux valeurs de gauche. Les donneurs de leçons et les professeurs de morale nous dénigrent sans retenue. Que faire si ce n'est raser les murs et attendre que l'orage passe ?

Quid de nos valeurs ? L'affaire nous prive d'une légitimité sur les valeurs que nous défendons : qui va encore croire à la gauche morale ? Même sincères et honnêtes dans une écrasante majorité, les militants, les élus, et les ministres du gouvernement seront taxés au mieux de faiblesse, d'aveuglement au pire de cynisme et de complicité. L'action militante est découragée.

Nous sommes passés par une phase de stupeur collective quand l'aveu de Cahuzac est tombé sur nous comme la foudre. Beaucoup de sympathisants et d'adhérents sont estomaqués, touchés comme par un uppercut. Un coup de poing dans la gueule, voilà ce qu'à commis le boxeur Cahuzac à notre endroit. Alors je sais qu'on va qualifier son acte, d'acte isolé, de faiblesse humaine et on va essayer de comprendre. Mais là c'est la colère qui domine en moi.

Je ne veux pas crier avec les loups et la meute qui nous entoure à droite et à gauche, mais j'ai quand même mal à ma gauche réformiste, social-démocrate.

Alors que faire ? Résister, tenir, rester convaincu de la justesse de nos propositions et de l'action du gouvernement pour redresser le pays. Mais aussi agir pour moraliser l'action politique. Il est quand même invraisemblable qu'on n'ait pas tiré les leçons des affaires qui ont ruiné le PS dans les années 90 jusqu'au désastre électoral de 1993. On va attendre 2014 pour se prendre une raclée électorale avant d'agir ? NON, le changement c'est maintenant ! On se bouge, on décide, on tranche. On n'essaye pas de louvoyer et de tergiverser comme c'est trop souvent le cas. Comment Hollande peut-il désormais restaurer la crédibilité, la sienne et celle de la gauche au pouvoir ?

Je soutiens Harlem Désir qui propose un référendum sur la moralisation de l'action publique. On donne un coup de talon au fond de la piscine où on se noie, on donne la voix au peuple, on pose plusieurs questions sur la vie politique, le cumul des mandats, le droit de vote des étrangers, les conflits d'intérêts, les retraites, ... sur la base d'un questionnaire à choix multiples. Ainsi on ne dira pas OUI ou NON au gouvernement et à Hollande, ça on connaît la réponse. On répondra comme les Suisses aux questions posées et pas à celui qui la pose. Et on avance. On aère le pays. On lui donne la parole.

OUI à un référendum sur les mesures à prendre pour lutter contre les corporatismes et les lobbys, bref tous ceux qui défendent leurs intérêts particuliers contre l'intérêt du pays.