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janvier 2013

Pour le mariage pour tous

Je suis comme les Français déjà un peu lassé par les débats sur le mariage pour tous. J'ai l'impression d'avoir entendu tous les arguments pour ou contre cette proposition de François Hollande.

Néanmoins, j'ai suivi d'un oeil les débats qui commencent à l'assemblée nationale. J'ai été davantage été interpellé par le jeu de rôles des uns et des autres que par le fond des interventions. Notamment Laurent Wauquiez, qui soutenait une motion référendaire, s'est vu mettre sous le nez par Jean-Jacques Urvoas, président socialiste de la commission des lois un livre où il affirmait que la constitution ne permettait pas de soumettre à référendum un sujet de société. Amusant.

Mon opinion n'a guère changé : je suis favorable au mariage pour tous et à l'adoption. Pour la PMA et la GPA qui ne sont pas l'objet de la loi en discussion, je suis neutre voire réservé n'ayant pas suffisamment étudié la question.

En fait je commets cette note pour exprimer mon opinion au moins une fois sur le sujet mais je sais bien que je n'apporte aucun argument nouveau. Celui qui m'a principalement convaincu est connu : pourquoi priver de droits les couples de même sexe alors que cela n'en enlève aucun aux couples hétérosexuels ? Je pense en outre que la société est prête à accepter cette loi sans heurts. Dans dix ans, tout cela sera intégré et d'un banal absolu comme le PACS d'hier qui n'a en rien détruit la famille.


La maîtrise de la dette est une arme contre la finance

Jérôme Cahuzac le ministre délégué au budget a parfaitement résumé lors du débat contre Jean-Luc Mélenchon la position du gouvernement concernant la maîtrise de la dette. Réduire la dette, c'est retrouver la souveraineté nationale. Ce sont des marges de manœuvre qui manquent cruellement aujourd'hui. La charge de la dette (Intérêts et capital) représente le second budget de l'État. Elle absorbe la totalité de l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Plus de 50 milliards d'euros par an.

Si nous avions à supporter les taux d'intérêt de la Grèce, du Portugal de l'Irlande ce chiffre pourrait doubler. Certains leaders politiques comme Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen proposent de rembourser la dette plus tard quand nous le pourrons. Plus aucun prêteur international ne prêterait à la France dans ces conditions. Le résultat serait catastrophique aussi brutal qu'une ponction équivalent à des dizaines de milliards d'euros dans le porte-monnaie des Français.

Jamais la France n'a bénéficié de conditions d'emprunt aussi favorables depuis 30 ans. Cela représente en année pleine sur la dette des économies estimées à 6 milliards, autant d'argent qu'il est inutile de prélever sur la richesse nationale.

Chaque point d'intérêt économisé sur les 1 800 milliards de dette nationale représente plus de 20 milliards annuels. Quand on sait que le gouvernement cherche 12 milliards d'économies annuelles sur cinq ans soit 60 milliards d'ici 2017 il est évident que la maîtrise de la dette constitue un élément massif de cette recherche. Ne pas dépendre de ses créanciers est un élément de domination de la finance internationale. S'il en était autrement la spéculation attaquerait la France et ne manquerait pas de nous mettre dans la situation des pays fragilisés par leurs dettes : à genoux devant leurs exigences.

C'est arrivé à la France par le passé, la seule solution ayant consisté en une série de dévaluations dans la période des 30 glorieuses. Notre économie en général et notre industrie spécifiquement ont en pâti car le remède était pire que le mal. Elles se sont affaiblies sans jamais pouvoir se redresser.

La confiance est le mot clef en économie. Si un acteur économique craint de ne pas recevoir le produit de l'échange qu'il envisage il ne réalisera pas cet échange. Ainsi un banquier n'accordera pas un prêt s'il craint de ne pas être remboursé. Les besoins financiers de la France sont tels que la nationalisation du système bancaire n'y suffirait pas. Nous devons emprunter 200 milliards d'euros cette année. L'épargne nationale n'y suffira pas. Penser que la Banque de France pourrait imprimer autant de monnaie pour financer la dette publique c'est simplement dire qu'on peut payer en monnaie de singe. C'est évidemment un mensonge si on reste au niveau français. Pourtant certains populistes agitent cette idée. Se servant de l'exemple des États-Unis et du Japon dont les banques centrales créent de la monnaie nationale de façon massive certains expliquent que la BCE devrait faire de même avec l'euro. Mario Draghi a répondu positivement en juin dernier. Et la zone euro est sortie de la crise.

Chacun doit faire son devoir. Les États doivent mener des réformes structurelles pour améliorer leur compétitivité. La BCE doit accompagner les conditions du crédit de façon à donner de la liquidité. Les banques doivent diffuser ce crédit dans l'économie de façon à stimuler la croissance. Si je suis convaincu que les États et la BCE ont fait le job, j'en suis moins persuadé pour les banques.


La peur et la violence

Quand on a peur on devient violent.

L'agression barbare que subit l'Algérie provoque une volonté de répression des agresseurs. Cette répression est une régression car elle consiste à vouloir la peine de mort sans jugement pour les terroristes. Loin de moi l'idée de ne pas réagir à cette attaque mais toutes les réactions guerrières et viriles que provoquent les prises d'otages, sont souvent disproportionnées et primaires.

Nous avons à raison condamné les exactions commises par Poutine en Tchétchénie. Mais nous ne réagissons pas autrement que Poutine lorsque nous condamnons à mort tous les agresseurs fussent-ils des criminels en Algérie. Qu'ils périssent dans les combats c'est malheureusement normal en temps de guerre et je n'ai aucune compassion pour ces assassins mais le droit des hommes et les droits de l'homme doivent prévaloir.

Si nous sommes choqués par ce qui advient dans le Sahel ce n'est pas une raison pour perdre tous nos repères. Quand c'est la guerre, ce n'est pas une raison pour perdre nos valeurs.

La raison en est simple : si nous condamnons à juste titre les barbares, ce n'est pas pour leur ressembler.


Ne pas fréquenter le Front de Gauche ! La preuve ...

Voilà une information sans importance mais qui m'a amusé.

En surfant sur le site d'un mélenchonien local, je tombe sur un commentaire d'un internaute qui prend parti contre l'intervention française au Mali et qui renvoie à un blog inconnu, rien de très original, jusque là. En fait je m'attends à arriver sur le site d'un ou d'une militant(e) du Front de gauche (il n'est pas interdit de connaître d'autres points de vue même si mon opinion est faite, Hollande a eu raison). Et voilà sur quoi je tombe (cliquer sur l'image pour agrandir) :

Screenshot

Cet avertissement me saute aux yeux : "placeaupeuple2012.fr un distributeur de logiciels malveillants connus" ... Comme on dit LOL !!!

Google Chrome m'informe donc que mon ordinateur risque d'être endommagé en allant visiter les sites du Front de gauche ! Je savais déjà que mes neurones allaient souffrir en lisant la prose de Mélenchon mais que mon ordinateur en souffre ... j'en suis mort de rire.

Dans le doute, je n'ai pas cliqué pour vérifier. Et de toute façon, je n'ai pas besoin d'aller sur leur site pour savoir que leurs textes sont vénéneux pour les socialistes ! Prenez soin de vous !


Compétitivité - emploi : l'oeuf ou la poule ?

L'économie est une science humaine qui cherche à appréhender une matière instable : le comportement des agents économiques mû par deux moteurs psychologiques, la peur et la cupidité.

Si on essaye de comprendre ce qui fait agir les hommes économiquement parlant, ces deux "sentiments" représentent l'essentiel des mobiles. La recherche de sécurité existe de tout temps de même que l'appat du gain. C'est un fait. C'est par cette clé de lecture que je veux décoder ici les accords compétitivité - emploi au coeur des négociations sociales qui ont débouché sur un accord majoritaire entre les syndicats patronaux et trois syndicats de salariés.

Pour simplifier, la peur, c'est le volet sécurisation de l'emploi du travail (mais aussi l'emploi du capital), qui pousse les salariés à craindre le chômage (et les entreprises à craindre pour leur survie). La cupidité c'est le volet autour de la compétitivité qui pousse les entreprises et les salariés à rechercher le profit ou le revenu maximum.

L'ensemble se cristallise autour d'une notion ou d'un sentiment qui constitue le climat économique du moment à savoir la confiance. Quand peur et cupidité sont à des niveaux qui s'équilibrent, aucun des agents économiques ne prend le pas sur l'autre, personne n'accapare la richesse. Il s'agit de l'équilibre optimum de Pareto. Mais il s'agit d'un équilibre instable sans cesse remis en cause par les facteurs endogènes ou exogènes peut-être moins puissants intrinséquement mais qui suffisent à bouleverser la situation. Une pichenette sur un chateau de cartes par exemple, ou plus précisément un poids infime ajouté sur le côté d'une balance. 

De là la difficulté de déterminer la cause d'un phénomène économique. En dehors des facteurs humains prédominants peuvent survenir des facteurs politiques ou sociologiques qui influent sur le comportement humain avec des résultats parfois déroutants.

Dans la négociation sur l'emploi précité, les acteurs qui ont signé ont recherché chacun dans leur rôle à trouver l'équilibre entre peur et cupidité sans qu'il faille voir dans ces qualificatifs une notion de morale ou d'éthique. Avoir peur ne relève pas de la morale, avoir envie de gagner de l'argent non plus sauf dans les cas pathologiques.

Ont-ils trouvé l'équilibre ? Nul ne le sait encore. Un entrepreneur aura t-il moins peur d'embaucher avec cet accord ? Beaucoup disent que non. Un salarié se sentira t-il plus protégé ? Un salarié sécurisé aura tendance à consommer davantage donc à relancer la machine. Mais cela ne concerne sans doute pas ceux qui sont déjà protégés par une mutuelle ou non concernés par les contrats courts. Chacun verra midi à sa porte. Mais il faut que le climat global change, il ne s'agit pas que chacun pris individuellement soit persuadé du changement en bien pour que le changement opère. Il faut que la réforme infuse les esprits, se propage et distille de la confiance. En ce sens la réforme sera efficace ou ne le sera pas. 

Peu importe au fond de savoir s'il faut que les entrepreneurs soient rassurés en premier parce que c'est eux qui embauchent ou que les salariés consomment parce qu'ils sont mieux protégés. La machine économique fonctionnera mieux si ensemble les agents économiques sont persuadés que leur situation ira en s'améliorant.


Une victoire pour la démocratie sociale

L'accord signé entre les syndicats patronaux et salariés sur la compétitivité et l'emploi est un vrai succès. Succès de la méthode de François Hollande destinée à renforcer le dialogue social. Succès des syndicats réformistes qui ont permis la signature d'un accord dont beaucoup prédisaient l'échec. Succès enfin pour la France devant ses partenaires internationaux qui démontre sa capacité à se réformer sans crise majeure.

Est-ce pour autant un succès total et sans nuances ? Evidemment non. Comme tout compromis un tel accord recèle ses propres forces et faiblesses. D'abord il n'est pas unanime. La CGT et Force ouvrière n'ont pas signé l'accord. Même si la droite peut-être gênée aux entournures (elle est bien silencieuse) n'ayant pas réussi à faire passer des réformes comme celle des retraites sans grève et manifestations, la gauche de la gauche ne va pas accepter un tel compromis sans rechigner et même s'y opposer. Enfin sur le fond on ne peut pas passer sous silence les mesures qui risquent de fragiliser les salariés lors de plans sociaux car les délais et les jugements devant les prud'hommes seront raccourcis. L'accord risque aussi de faciliter les licenciements car il ramène au sein de l'entreprise les accords collectifs au lieu de les soumettre à l'aval de l'administration. Il va falloir faire attention au chantage à l'emploi.

Mais enfin les entreprises sont mises devant leurs responsabilités. Elles devront maintenant davantage s'interroger sur leur propre compétitivité et leurs propres faiblesses sans incriminer le code du travail ou les syndicats de salariés comme c'est le cas aujourd'hui.

Je suis pour tout dire relativement étonné de la mise en œuvre de la politique du gouvernement dont je ne pensais pas qu'elle serait aussi ouvertement favorable à l'économie et à l'emploi. Certains parlent de tournant social libéral, on peut en effet le voir ainsi. Pourtant le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s'est toujours présenté comme social démocrate. Peu importe l'étiquette ce qui compte c'est le résultat sur le plan de l'emploi, priorité annoncée de François Hollande en 2013.

Pour ma part je suis très satisfait des orientations données par le gouvernement parce qu'elles vont permettre au pays de bénéficier de la croissance lorsque celle-ci reviendra au prix de réformes de structure en faveur de l'emploi et la compétitivité. Il n'y a que les aveugles pour ne pas voir que la France a reculé depuis dix ans. Le pari de François Hollande c'est le retour de la croissance en 2013, c'est tout sauf facile. Je reste fier des décisions courageuses et difficiles qui ont été prises aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan international. Dans la crise, François Hollande fait honneur à la gauche et au pays.