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octobre 2012

Le congrès du PS a Toulouse

Je n'ai pas l'occasion d'aller au congrès du PS à Toulouse mais je le suis sur la web Tv du PS sur le site du parti. Je viens d'écouter Manuel VALLS, Pierre Moscovici, Marie Noëlle Lienemann et bien d'autres.

C'est la prestation réussie de Gérard Filloche qui m'a interpellé. L'homme est rond, sympathique, enflammé. Il est authentiquement de gauche crypto-communiste, convaincu, un brin (euphémisme) manichéen. La gauche vintage. J'aime bien. Il a été chaleureusement applaudi par beaucoup de ceux qui aimeraient que ses vérités soient vraies. Que le froid réalisme social démocrate ne soit pas notre futur. C'est vrai, mâchouiller les textes de la commission européenne et en faire notre horizon indépassable, quelle tristesse !

L'austérité a vie conduit à la ruine, je partage le diagnostic. Un cercle vicieux de purge récessive n'est pas la solution. Il faut maintenir le malade en vie en lui donnant les moyens de consommer. L'économie repose sur la consommation des ménages et l'investissement des entreprises.

Et pourtant si l'on écoute les évidences du bon docteur Filloche que peut-on retenir ?

Le remboursement des banquiers n'est pas une priorité. Oui sans doute, sauf que. Sauf que si on ne rembourse pas les emprunts, on ne paye pas les retraites de beaucoup d'épargnants qui ont mis leurs économies dans ces placements dits sans risques. Si on ne rembourse pas ces emprunts on ne paye pas les salariés des banques qui ne sont pas tous des traders cyniques et pleins aux as. Si on ne rembourse pas ces emprunts on ne permettra plus à la France d'avoir des taux d'intérêts bas et donc des marges de manœuvre pour financer nos déficits, c'est à dire notre capacité d'investissement vitale puisque les entreprises n'investissent pas assez.

Pas de problème répond le bon docteur Melenchon euh non Filloche, il suffit d'emprunter à la BCE ou à la Banque de France a taux quasi zéro ! La manne miraculeuse continuera à couler indéfiniment et le tour est joué ... Même le plus grand camelot de la terre aura du mal à faire croire qu'il n'y a pas un bug dans le raisonnement. Un étudiant en première année d'économie vous répondra que l'argent ne sort pas de terre et que cette création monétaire, cette monnaie de singe nous conduira tôt ou tard à la faillite. Au défaut. Et aux taux d'intérêts grecs ou espagnols. Donc à la purge. Pas d'issue. Le chemin est différent mais l'arrivée est la même pour ceux qui soit prônent l'austérité à vie, soit prônent la dépense publique à tout va.

Il n'y a qu'un chemin étroit. Celui de l'effort partagé et juste donc la réforme fiscale. Celui de l'effort pour la recherche et l'innovation donc la réforme économique via la BPI. Celui de l'effort pour le dialogue social et donc la réforme sociale. Ce chemin prendra du temps. Il s'agira de trajectoires et non de chocs. Le pays en a assez des chocs et des ruptures. Le pays en a assez des hommes providentiels qui ne sauvent personne. Il faut supporter l'impopularité et les sarcasmes. Il faut gagner la bataille du temps et de l'effort. Si nous y sommes prêts, le pays se redressera et nous aurons fait œuvre utile.


Un bilan (partiel) du sarkozysme

On n'a pas fini de payer les errements du sarkozysme. Quand le PS dénonçait le bilan accablant du mandat de Nicolas Sarkozy, je crois que personne n'imaginait l'étendue des dégâts. Le chiffre le plus parlant pourtant largement évoqué est celui des 600 milliards d'euros de dettes supplémentaires que le précédent president à légué à la nouvelle majorité.

Ce fardeau enlève toute marge de manœuvre ou presque au gouvernement. Il ne peut que retrancher ou maintenir. Il n'y a que quelques domaines préservés, l'éducation, la justice, la sécurité. Heureux Peillon, Taubira et Valls. Et encore, sous certains aspects ils doivent contribuer à l'effort général.

Cette contrainte financière lourde, Hollande l'avait anticipée mais peut être pas suffisamment communiquée aux Français. De là la surprise de certains soutiens qui imaginaient qu'on allait faire payer les riches et redistribuer du pouvoir d'achat. On fait en effet payer les riches mais on ne redistribue pas grand chose. Déception assurée.

L'autre aspect du bilan Sarkozy ce sont ces chantiers lancés sans financement comme le SNIT (schéma national des infrastructures de transport). Bien obligé maintenant de mettre de l'ordre et des priorités dans ces projets. Il y en avait pour 120 ans de travaux. Les élus de tout bord s'étaient mis à rêver à leurs projets pharaoniques avec tous d'excellents arguments sur le développement de leur région. Mal leur en a pris. Tout ne sera pas possible. Le gouvernement dira en 2013 ce qui sera conservé et ce qui sera enterré. Il faudra aussi réfléchir à l'impact sur l'emploi du retrait de ces investissements. Mais ce serait aussi aux collectivités dépensières à envisager un effort sur leurs dépenses de fonctionnement. Elles y seront de toute façon contraintes du fait du recul des dotations et du financement de l'Etat.

L'absence de maîtrise de la dépense publique sous Sarkozy est peut être une chance. L'épée dans les reins, les responsables actuels devront trouver les moyens dans la décentralisation de financer intelligemment les projets les plus utiles à leur territoire.