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août 2012

Le PS ne peut pas se payer le luxe de l'indiscipline.

Je n'irai pas à La Rochelle cette année pour raisons de santé. Mon dos, une sciatique, me pourrit la vie depuis maintenant 6 mois. Je ne vais pas prendre ma voiture dans cet état même pour avoir le plaisir de rencontrer mes camarades socialistes dans des conditions sympathiques. Je paierai trop cher ces centaines de kilomètres et le TGV ne me tente pas dans la mesure où l'hôtel que j'avais trouvé se situe trop loin de l'Encan. Bref tant pis, ce sera sans moi.

Pour autant je m'intéresse bien sûr toujours à la politique et à ses soubresauts médiatiques. Le point qui m'interroge en ce moment concerne les critiques incessantes sur les 100 premiers jours de François Hollande, pas assez ceci, ou trop cela. Les critiques viennent de droite et de gauche. La droite après tout c'est normal, c'est son job, elle s'oppose, elle voit tout en noir, elle veut prendre sa revanche, en un mot : elle a perdu, elle se cherche un chef et elle a du mal à digérer.

Mais en ce qui concerne la gauche, il y a des questions sérieuses à se poser. Je trouve "normale" (l'adjectif à la mode), l'attitude de Mélenchon et du Front de Gauche. Ils ne sont pas dans la majorité présidentielle, ils ont payé le prix (électoral) de leur indépendance, ils ont le droit de "l'ouvrir". D'autant que Mélenchon a du talent pour les formules assassines. Il devrait juste faire attention à ne pas sombrer dans la caricature. S'il veut incarner une alternative crédible en cas d'échec de la politique de Hollande, ce qu'il souhaite intérieurement, il faut qu'il sache trouver la bonne distance. Ce qu'on pardonne à un Cohn Bendit quand il traite François de Rugy de "petit con", on ne le lui pardonnera pas parce que sa trogne de père fouettard quand il se met en colère lui donne un air méchant qu'il n'est sans doute pas au fond de lui.

Il y a aussi le cas des Verts. Toujours compliqués les Verts. EELV est en plein débat sur sa participation au gouvernement, sur les couleuvres qu'il faut avaler pour y rester et sur les mesures qu'il faut voter ou non. Exemple : le traité budgétaire. Là encore, je trouve ce débat légitime, parce qu'il ne s'agit pas pour EELV d'exister, mais de définir une ligne politique commune à leur parti. Qu'ils débattent et hésitent à le voter, c'est leur droit. Il n'y a pas de discipline de vote obligatoire comme l'avait dit un peu rapidement Alain Vidalies. Il y a une solidarité gouvernementale dont l'expression la plus forte est le vote du budget. C'est là que la solidarité devra se manifester car si on n'appartient pas au même parti on soutient la même majorité. Les Verts feront leur choix, il sera respectable. Il n'y a pas de crise à ce stade.

Reste le cas de nos camarades socialistes de l'aile dite gauche du PS. J'ai été heberlué de lire Razzy Hammadi annoncer tout de go dans le Monde qu'il ne "voterait pas le traité budgétaire européen". C'est d'une maladresse politique rare. Ce jeune député, issu des MJS, bavard et ambitieux, manque visiblement d'expérience. Il parle à tort et à travers. Il dit non à la position de Hollande et à son arbitrage sans tenir compte des débats internes qui l'ont précédé. Je l'ai écouté lors des sessions parlementaires sur LCP intervenir à l'assemblée, de façon intempestive et inappropriée, semant le trouble dans nos rangs. C'est assez consternant que personne ne songe à lui dire - notamment son chef de courant, Benoît Hamon - qu'il est membre d'un parti où la discipline et le collectif prévalent sur le jeu individuel. Il  veut exister. Il veut qu'on le remarque. Bravo c'est fait, mais pour moi c'est insupportable. Tout autant qu'un Jack Lang qui a voté la réforme constitutionnelle en 2008 contre l'avis de son parti. On voit où ça l'a mené. Hammadi a utilisé cette formule "d'opposition constructive et solidaire" pour manifester son soutien vigilant à François Hollande. Ce manque de lucidité politique m'agace au plus haut point. 

Que la droite, les communistes, les Verts, Mélenchon, disent ce qu'ils veulent, c'est leur droit. Mais qu'une frange de députés socialistes tout juste élus, qui n'ont jamais fait leurs preuves, rien fait de concret de leur vie, si ce n'est permanent politique se mette à s'opposer au président qui les a fait élire, il y a un pas que je n'accepte pas. Il serait bon que ces jeunes dames et messieurs sachent se ressaisir et comprennent qu'en ces temps difficiles où les Français nous observent, s'interrogent, espèrent, il ne s'agit pas d'alimenter la machine à créer du doute, mais celle à créer des solutions, en ramant tous dans le même sens. Pour l'instant, ma seule petite déception du début du gouvernement de JM Ayrault, c'est l'incapacité à tenir notre propre majorité, les députés de notre propre parti. Ayrault a parlé de pédagogie. Je pense qu'en cas d'insuccès sur le plan de la pédagogie, il faudra resserrer les rangs car sinon les dégats électoraux pour le parti seront immenses aux prochaines échéances. Le débat oui, l'indiscipline non.

Pour l'instant ce n'est qu'un avertissement sans frais. Il y a trop de sujets importants à traiter pour qu'on perde du temps à devoir faire la police dans nos rangs. La crise de l'euro est née de l'absence de solidarité et d'autorité politique. On pourrait dire la même chose sur la crise qui sommeille en permanence au PS en n'attendant qu'une étincelle.