Le trou d'air
Euro-morosité ...

Les Verts pas encore mûrs pour la Vème république

François Hollande reprend la main, en marquant ses nuances avec l'accord PS - EELV. Il indique à juste titre qu'il n'est pas le candidat d'un parti mais qu'il doit s'adresser à tous les français. Il refuse les oukazes sur le nucléaire ou sur le siège de la France à l'ONU (son droit de veto en fait).

L'inimitable Jean-Vincent Placé tente une nouvelle fois de jouer de sa grosse voix en demandant à Hollande de "rectifier le tir". Si l'ami de Cécile Duflot voulait bien se rappeler qu'il y a un candidat socialiste ET une candidate écologiste au premier tour de la présidentielle qui ne se prive d'aucune liberté de parole, ce serait bien.

Je crois que François Hollande fait bien de montrer sa différence entre lui et le parti socialiste. S'il veut avoir la stature d'un président, il ne peut être l'otage de personne. Son programme sera inspiré de celui du PS mais il n'en sera pas la copie intégrale. Ce sera le programme présidentiel qu'il aura choisi et qui portera sa marque, sa cohérence. Je ne crois pas que la logique de la Vème république soit autre. Placé a beau la critiquer, les français l'ont intégré et adopté et d'ailleurs les socialistes ont depuis trop longtemps payé le prix fort à vouloir l'ignorer.

Si les écologistes voulaient que l'accord sur les législatives qu'ils ont signé débouche sur un accord de gouvernement incluant la présidentielle, il fallait qu'ils acceptent de participer à nos primaires. Ils ont choisi - c'est leur droit - d'avoir un candidat. L'accord politique que François Hollande et le PS respecteront scrupuleusement contient des devoirs imposés : que le candidat arrivé second soutienne celui arrivé en tête que ce soit à la présidentielle ou aux législatives, que les accords et les désaccords programmatiques soient actés, que les critiques ne s'adressent pour l'essentiel qu'aux adversaires de droite, que chaque candidat défende ses propres options et sa sensibilité particulière au premier tour.

Il est certain que les Verts appellent de leur voeu une VIème république de type parlementaire, mais ce n'est pas le cas de François Hollande qui a défini ce qu'il appelle une République renouvelée. L'introduction d'une dose de proportionnelle est une demande essentielle des écologistes qu'il est légitime de satisfaire mais le système que notre candidat propose reste de nature présidentielle.

En résumé, il serait temps que les écologistes et le Front de gauche qui continuent de vitupérer contre les socialistes se rendent compte que c'est François Hollande et personne d'autre qui a été désigné candidat du PS et du PRG.

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