Previous month:
août 2011
Next month:
octobre 2011

septembre 2011

DSK hors jeu

La "prestation" de DSK la semaine dernière sur TF1 m'a laissé perplexe dans un premier temps, très déçu dans un second temps après une période de digestion. Je ne sais pas ce que j'attendais réellement, en tout cas pas vraiment ce à quoi des millions de gens ont assisté : des regrets préfabriqués, une charge contre N. Diallo, l'absence d'explications sur ce qui s'est passé dans la suite. Tout cela m'a laissé finalement très mal à l'aise.

L'exercice était très difficile, il faut le dire, mais je ne crois pas que toutes ces phrases répétées, ces lenteurs calculées, ces postures pouvaient donner l'impression de la sincérité. Je ne croyais certes pas à de la spontanéité, il fallait bien préparer cette émission mais quelques expressions m'ont rebuté.

Je ne l'ai pas cru quand il a dit que la légèreté l'avait abandonné pour toujours. C'est une promesse en toc. On ne change pas à 62 ans comme cela. Le pli est pris. Et puis ce sourire qui ne tarde jamais à revenir chez lui comme lors de ces photos prises dans la cour de son immeuble place des Vosges à l'occasion de son retour très médiatisé. C'est ce sourire rayonnant et cette décontraction affichée avec Anne Sinclair, qui m'ont le plus gêné. Non pas qu'il ne puisse plus sourire à jamais, mais là à cet instant, la légèreté était là. Cette décontraction, cette forme de dilettantisme, cette main dans la poche et le dandinement qui vont souvent de pair chez DSK, créent un décalage que je ne supporte plus. J'aurais aimé que l'image soit différente, car l'expression corporelle exprime son immense insouciance et parfois je suis choqué du manque de gravité, de sérieux, bêtement choqué.

Cet homme m'aura pourtant beaucoup charmé intellectuellement durant de longues années.

Sa très bonne intervention en économie sur la fin de l'interview avec Claire Chazal me laisse encore plus de regrets, car je suis bien sûr persuadé de ses talents sur ce plan. Mais c'est fini. Le charme n'opère plus. Je ne suis plus strauss-kahnien si cela avait encore un sens. Je redeviens ce que je n'aurai jamais dû cesser d'être : un homme libre, sans gourou, ni maître à penser.

Comme dirait Jack Lang, il n'y a pas mort d'homme.