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mai 2011

Communion autour du projet socialiste

248272_1925246742895_1593953563_31869002_5583946_n Un vote unanime c'est suffisamment rare au PS pour être souligné. C'est ce qui s'est produit lors de la convention nationale du projet pour 2012. Ca s'est passé à la Halle Freyssinet où j'étais ce jour au milieu de 2 000 militants et cadres socialistes.

Une belle ambiance, des discours unanimement rassembleurs, l'unité affichée, la victoire espérée et fantasmée, que demander de plus ?

Peut-être François Hollande aurait-il pu faire un effort pour arriver à l'heure, mais il n'a pas pris la parole il est vrai. Le favori des sondages s'est singularisé, c'est un peu dommage. Tous les autres leaders étaient là : Royal, Fabius, Emmanuelli, Delanoé, Moscovici, Hamon, Valls, Mauroy, Cambadélis, et même Lionel Jospin, fort applaudi. Peut-être Martine dans son discours de clôture aurait-elle pu enflammer davantage la salle emplie de MJS sympathiquement enthousiastes. Elle est restée tournée vers les militants, ce n'était pas (encore) "présidentiel". Avant elle, les trouvailles verbales de Benoît Hamon ("que la force tranquille soit avec vous") avaient beaucoup plu à la salle. Martine a eu néanmoins une citation sur la culture que j'ai bien appréciée en guise de pique à l'intention de la droite qui ne prise guère ce thème : "à quoi sert la culture ? A rien, c'est comme l'amour". Pour le reste c'était bien écrit selon les codes traditionnels d'une clôture de congrès : attaque de la droite, unité, promesses de victoire future.

Je sais que la bataille des primaires va bientôt commencer. C'est encore la paix relative entre les prétendants. Disons que l'étape du projet a été franchie victorieusement, comme celle des cantonales auparavant. C'est heureux et c'est à mettre au crédit du collectif. Beaucoup de gens pensent encore à ce qui s'est passé outre Atlantique - moi le premier - mais la page si elle n'est pas près d'être oubliée, est maintenant tournée. La suite sera sans doute plus agitée. Les écuries s'organisent. Elles tentent de recruter en coulisses et de montrer leurs forces. La pression va bien vite remplacer la communion.

NB : la photo qui illustre cette note est tirée d'un album de Patrick Chasserio, un camarade des Yvelines.


C'est loin le 16 octobre ...

"Tout sauf Hollande" ... tel est le sens donné par la presse aux rencontres Aubry - Royal à Poitiers et au ralliement de Laurent Fabius hier. Ca commence bien pour la presse qui veut son match "sanglant" pour vendre du papier, mais quel mauvais présage !

On se rappelle de ce qui s'est passé en 2006 quand Ségolène Royal a joué l'opinion contre le parti. Nous avons vécu l'apothéose et la chute de la candidate martyre et solitaire emportant une victoire à la Pyrrhus contre les éléphants dont son ex-compagnon. La presse avait poussé les feux de la compétition sur fond de sondages et de coups plus ou moins tordus. Résultat : tout le monde a perdu, la candidate, le parti, la gauche.

Il m'étonnerait que les français apprécient un nouveau psychodrame socialiste et le bal des entourages. Un tel a dit que, tel autre a raconté que, et blablabla.  Les sondages feront le reste pour attiser les braises. Franchement je crains le pire.

Si le PS cède à ses vieux démons des petites phrases assassines, des combinaisons et des haines recuites, on est mal parti. DSK avait le mérite de dominer la compétition. Certains disaient qu'il étouffait le débat. Sans doute, mais le match Aubry - Hollande est un vrai risque d'éclatement très difficile à enrayer et il reste presque 5 mois avant les primaires. Sarkozy s'en frotte les mains. J'en appelle à la responsabilité de chacun sinon ce sera un vrai chemin de croix jusqu'au 9 et 16 octobre, jours de vote pour les primaires.

J'espère en tout cas la retenue et l'habileté politique des candidats pour ne pas jeter de petites piques incessantes sur les autres. J'aurai de la sympathie et de l'intérêt pour celui qui dénigrera le moins ses adversaires socialistes. De ce point de vue, je juge que François Hollande et Martine Aubry sont encore à égalité.


Et maintenant ?

Il faut avancer. Je ne sais pas encore ce que je vais faire politiquement parlant mais il faut avancer.

Le choc de l'élimination de DSK est encore présent, bouillonnant dans ma tête, mais c'est comme après une terrible chute de cheval, on remonte en selle comme on peut et on continue.

Le blog d'un ami blogueur perdu de vu s 'appelait "Et maintenant ?" C'est bien le problème.

Pour tout dire, je suis allé parcourir le blog de François Hollande pour me faire une idée du nouveau favori des sondages. Je ne l'avais jamais fait. C'est solide, sérieux, sobre. A l'image du personnage. Limite ennuyeux. Ce n'est pas le Hollande drôle et incisif dont je me rappelle dans les meetings. Un nouveau profil plus présidentiable sans doute, très politique mais j'attends de revoir les forces que je lui connaissais et peut-être plus de modernité. A suivre.

Pour Martine Aubry, c'est différent, son identité est clairement marquée plus à gauche. Elle défend l'unité du parti. L'image de la première secrétaire est entièrement contenue et confondue avec celle du Parti socialiste au risque de la brider personnellement. C'est une idée qui satisfait ceux qui préfèrent l'absence de personnalisation du débat présidentiel. Le souci est que ce n'est pas le PS qui se présente mais un candidat avec un projet. Il faut donc d'abord vérifier l'adhésion des français à notre projet et la façon dont le candidat l'enrichit.

Quant à Ségolène Royal, je connais ses positions. Elle défend ses convictions, elle a travaillé. Elle paraît isolée, lâchée dans l'opinion mais elle a de la ressource. Le gros souci c'est qu'aujourd'hui, je ne la crois pas capable de l'emporter contre Sarkozy.

Les autres, tous les autres socialistes, ne sont ou ne seront à mes yeux que des candidats de circonstance, pour négocier autre chose. Ce n'est pas un congrès où il faut se compter. Je ne les suivrai pas.

Je souhaite un candidat capable de l'emporter et porteur d'idées sociales-démocrates. Ce sont pour l'heure mes seuls critères.


DSK fin d'une ambition présidentielle

DSK-Parti-socialiste L'inculpation formelle de Dominique Strauss-Kahn et sa libération sous caution hier ne sont qu'une étape d'un long parcours judiciaire qui l'attend. Il entend y consacrer toute son énergie et sa force . En démissionnant du FMI il dit vouloir protéger l'institution de cette épreuve.

Conséquence pour le PS : DSK n'aura aucun instant à accorder à la préparation de primaires ou d'un projet présidentiel dans les semaines ou les mois à venir. Même s'il était blanchi au final, la porte de l'élection présidentielle lui est désormais fermée. Pas tant en raison des images à la violence inouie qui ont frappé l'imaginaire collectif d'un DSK menotté que d'un constat froid et rationnel :  l'homme n'est plus en situation de servir son pays et l'intérêt collectif. J'ai vécu les premiers jours dans l'espoir et l'illusion du contraire, c'est terminé.

Si on est responsable il faut dépasser le choc émotionnel que représente cette affaire extraordinaire pour envisager la suite. On aura le temps d'analyser les causes et les conséquences plus tard, même si je n'abandonne pas l'hypothèse d'un piège qui a malheureusement fonctionné. La suite le dira, ce n'est presque plus la question du moment.

Les strauss-kahniens sont dans le deuil politique mais il n'y a pas d'homme providentiel. Le PS a perdu un atout mais il n'a pas perdu l'élection de 2012. Il y a des candidats de talent, Martine Aubry ou François Hollande, pour porter le projet, pour incarner le changement sur une ligne social-démocrate.

Quelques mots en guise d'épitaphe. On disait de François Mitterrand qu'il était un aventurier de la politique. Dominique Strauss-Kahn a été emporté lui dans ses aventures. Ce n'est ni un Dieu ni un démon, simplement un homme avec des forces et des faiblesses démesurées, frôlant le précipice trop longtemps jusqu'à la perte de contrôle de son propre destin. Une histoire incroyable mais vraie.


Affaire DSK : la justice américaine en question.

L'affaire invraisemblable de DSK ne gagne pas en clarté avec des déclarations inconsistantes de la police américaine. Alors que depuis ce weekend tout le monde a entendu dire que DSK aurait agressé une employée samedi vers 13 h et que DSK peut selon ses avocats prouver qu'il est parti vers 12h30 (check out de l'hôtel enregistré à 12h28), la police change l'heure de l'agression présumée pour maintenant la situer vers midi. Revirement bien opportun ...

En parlant d'un départ précipité, la police ne serait-elle pas un peu avancée quand on apprend par ses avocats que DSK est allé ensuite déjeuner tranquillement avec sa fille ce que font tous les violeurs en ce bas monde comme chacun le sait. Peut-on vraiment qualifier ce départ de fuite éperdue ?

En disant qu'il avait "perdu" un téléphone dans sa fuite, la police ne confond-elle pas avec "oublié", puisque DSK aurait signalé l'oubli à l'hôtel et demandé à son chauffeur de venir le récupérer ce qui a permis de le localiser.

Questions annexes : que fait une femme de chambre à midi dans une chambre d'hôtel qui n'a pas encore été libérée ? Pourquoi cette suite devait-elle être nettoyée de toute urgence ? Excès de zèle ? On ne sonne pas dans les hôtels de luxe avant d'entrer ? La salle de bains étant au fond de la suite semble t-il, comment DSK aurait-il pu séquestrer la dame en fermant la porte à clés. On sait qu'il a le bras long mais quand même ...

Il y a beaucoup d'incohérences et de zones d'ombre dans cette affaire. L'accusation est sérieuse, il serait bon que la justice américaine fasse sérieusement son travail d'investigation. Au lieu de cela on l'a vue exhiber DSK menotté comme un trophée entre une paire de flics qui l'attrapent par le bras de peur qu'il se sauve sans doute ... alors qu'il s'est en remis à la justice sans discuter.

Quelque soit le résultat de cette enquête davantage menée par des chasseurs de scalps que de vrais policiers, c'est une catastrophe médiatique absolue de toutes les façons.


DSK arrêté pour agression sexuelle présumée à New York.

DSK arrêté par la police américaine pour agression sexuelle présumée. Je suis abasourdi.

Ca paraît tellement énorme que j'ai cru à un canular, mais non tous les journaux semblent confirmer et on n'est pas le 1er avril. C'est la fin de sa carrière si c'est une accusation basée sur des faits réels. C'est tout simplement hallucinant. Je n'arrive pas à y croire. C'est absolument incroyable.


De l'importance des origines sur la pensée

Quelques réflexions légères du week-end.

Je parcours des articles sur Thomas Hobbes le fondateur et théoricien de l'école libérale au XVIIème siècle et je découvre sa pensée exprimée dans son oeuvre majeure "Le Leviathan". C'est extrêmement solide. Ma première réflexion me pousse à dire que j'aurais pu être libéral (c'est à dire de droite) si j'avais été formé et baigné dans cette école dès l'origine. La cohérence de la pensée libérale est aussi manifeste que celle de la pensée socialiste. Autant l'admettre.

Ayant été élevé aux bons soins de professeurs à orientation progressiste et qui plus est dans une famille votant et pensant à gauche, je suis le fervent adversaire de l'économie ultralibérale aujourd'hui, monétariste, libre échangiste, marchandisant tout. Mais si on oublie les dérives de l'ultralibéralisme qui n'est qu'un comportement déviant de l'économie de marché pour en rester à la pensée libérale, intellectuellement parlant je la respecte. Quoiqu'il en soit, si on veut être sérieux et honnête, les objections sur le fond doivent être argumentées. Social ou libéral, je me garderai du manichéisme de la pensée.


Une campagne consternante : DSK a besoin des siens. Serrons les rangs.

La campagne anti DSK bat son plein, voiture, costumes, propriétés, rien n'est trop dur pour cogner sur le directeur du FMI.

C'est une campagne de presse violente, coordonnée, reprise et amplifiée, en résumé une dure épreuve. Elle arrive tôt, DSK ne s'étant même pas déclaré mais l'ayant fortement laissé dire. Je suis persuadé que c'est une opération téléguidée par l'Elysée qui ne reculera devant rien. Toutes ces coincidences, toutes ces nouvelles à sens unique crèvent les yeux.

DSK ne mérite pas celà. Il a peut-être commis une erreur d'image avec cette Porsche mais ca ne mérite pas tant d'opprobres. L'image n'est pas tout. Cette fois devant ces attaques groupées de la droite et d'une partie de la presse j'affiche mon soutien total à Dominique. Je regrette même de m'être laissé émouvoir par la photo d'une bagnole de luxe qui ne lui appartient pas. Et même si elle lui avait appartenu comme ses appartements qui eux lui appartiennent, ce n'est pas une raison pour en faire un scandale. Il n'a volé personne.

J'ai le soupçon d'une manipulation en cours à l'image de ces résultats économiques qui repointent de façon surprenante - mais qui sont peut-être réels - et de sondages d'opinion plus favorables à Sarkozy. C'est très suspect mais celà redonne du suspense, ce qui n'est peut-être pas plus mal.

La bataille sera âpre, mauvaise, pénible. Ce n'est plus le moment des étâts d'âme. Tous les strauss-kahniens doivent se montrer derrière DSK, serrer les rangs. Il a besoin des siens. J'en suis !

 


La croissance repart, bonne nouvelle pour Sarkozy

La croissance reprend des couleurs, +1 % au premier trimestre 2011, mieux que les 0,6% attendus. C'est exactement le scénario espéré par Nicolas Sarkozy qui semble se mettre en place. Les français grognons et vindicatifs en raison d'un contexte économique difficile pourraient arrêter de maugréer et le créditer de l'embellie. Dans les dernières enquêtes, il grignote d'ailleurs 2 ou 3 points dans l'opinion, à un niveau toujours bas autour de 30 à 32%.

Il est certain qu'un tel degré d'impopularité chez un président de la république est unique si proche de l'élection. Mais les français exaspérés sont capables de changer d'avis très rapidement. Jacques Chirac en est l'exemple le plus manifeste. Tombé à 13% d'opinions favorables, il avait été réélu en 2002 parce que le sentiment mêlé d'ennui et de grisaille qui a détruit Lionel Jospin à gauche était le plus fort. Puis retombé très bas à la fin de son mandat, Chirac est aujourd'hui au zénith, considéré par la majorité comme un grand père tranquille et attachant, un peu roublard mais tellement sympathique. Cela reste pour moi incompréhensible mais l'important c'est qu'il faut tout craindre de la versatilité de l'opinion même si l'impopularité de Sarkozy dure depuis longtemps.

Si les chiffres continuent à s'améliorer progressivement, le scénario concocté à l'Elysée est que les français vont finir par s'en apercevoir. Alors fin 2011 et en 2012 la cote du président remontera des abimes, juste à temps.

Cette bonne croissance française - qu'il faut saluer - associée à l'humeur changeante de nos compatriotes est finalement peut-être le meilleur espoir du président des riches ... avec les bétises que la gauche est capable de commettre.