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avril 2011

Le vote ouvrier et le FN

FNOUVRIER Les préjugés ont la vie dure. Les ouvriers représentent aujourd'hui 15% de la population mais voteraient à 36% pour le FN suivant un dernier sondage (encore un) et celà surprend. Le vote ouvrier est en effet encore catalogué comme un vote de gauche par beaucoup de gens alors que ce n'est plus le cas depuis une vingtaine d'années déjà.

La génération actuelle d'ouvriers est née dans la crise et le chômage de masse. L'échec économique des politiques de gauche comme de droite a désespéré "Billancourt". Mais le sentiment de "trahison de la gauche" est le plus fort, la droite défendant le profit et le patron par nature.

A celà deux raisons, le déclin du PCF comme force politique et le déclin de l'industrie. Ces déclins sont des conséquences de la mondialisation qui fait de la Chine principalement mais aussi du Brésil et de l'Inde les usines du monde alors que les régimes communistes se sont effondrés à la fin des années 90. Découragés et déçus, les ouvriers sont aussi allés rejoindre le premier parti de France, celui des abstentionnistes.

En premier lieu, il est reconnu que le PCF a perdu ses troupes et son statut de parti ouvrier au profit du FN depuis les années 1980-90. En fait depuis la fin de l'époque de Georges Marchais à qui Jean Marie Le Pen a succédé en tant que tribun populaire. On peut se demander pourquoi Besancenot ou Mélenchon n'ont pas pris le relais dans cette population. Les 2% obtenus par Jean Luc Mélenchon sont une surprise désagréable pour la plus grande gueule à gauche du PS (ceci dit sans vouloir le dénigrer). Cela reste un mystère dans la mesure où les solutions de l'extrême gauche sont tout aussi radicales que celles de l'extrême droite. Quant au Front de gauche, notamment le PCF, il paie sans doute son rapprochement électoral avec le PS, malgré ses vifs reproches contre les socio-démocrates. En outre des politiques communistes ont été tentées à l'est de l'Europe et ont échoué.

La désindustrialisation est une seconde cause objective et réelle de déstructuration de l'électorat ouvrier. Le sauve qui peut général a individualisé les comportements et abaissé le sentiment d'appartenance et de solidarité de classe. Les solutions protectionnistes et sécuritaires rencontrent l'adhésion d'une population plus favorable que la moyenne à l'ordre social et à la valeur travail. Les pays émergents sont vus comme des menaces pour l'emploi non qualifié alors que les perspectives d'ascenseur social sont limitées. Conséquence : la fermeture des frontières et le combat contre les jaunes (pas les briseurs de grèves mais les chinois) sont plébiscités chez les ouvriers or c'est ce que propose le FN. La boucle est bouclée.

C'est principalement à la gauche d'inventer des réponses crédibles si elle veut être digne de son histoire. Il serait trop facile de dénoncer chez les ouvriers d'aujourd'hui quelques beaufs racistes et incultes. Ce serait méprisant et injuste pour une grande majorité d'entre eux. L'absence de réponse aux chocs de la mondialisation ne peut qu'accentuer le sentiment d'abandon. C'est le défi auquel le candidat socialiste devra s'atteler en priorité. J'ai déjà évoqué quelques pistes. Il est urgent de les étoffer.

 


21 avril 2002 - 22 avril 2012 : ne pas oublier le premier tour.

Dix ans jour pour jour se seront écoulés entre les deux premiers tours d'une présidentielle ô combien importante.

Dans les sondages aujourd'hui Sarkozy fait le score que faisait Chirac entre 19 et 20% perdant un tiers de ses électeurs de 2007. Les candidats "classiques" du PS (Aubry, Hollande) font un score de 20 et 21% alors que Royal fait comme Jospin dans les 16 ou 17%, éliminatoires et que DSK est hors concours vers 30%. Marine Le Pen se classe dans les eaux des 20 à 22%. C'est donc autour de de 20% que le "cut" qualificatif pour le second tour va se passer.

Il y a évidemment un risque énorme que les deux grands partis de gouvernement PS et UMP vont vouloir éviter. Au delà de ce qu'on entend sur "l'accident" que représente le 21 avril 2002, rien ne peut être laissé au hasard.

On comprend les appels de Sarkozy à une candidature unique à droite. On voit son entrée en campagne active sur la thématique sociale que représente cette prime contre dividendes. Il rôde son discours contre les "experts" pour grapiller les voix de ceux qui n'aiment pas les élites et la France d'en haut. On voit très bien ce que serait son discours démagogique contre une gauche trop molle.

Quant à Marine Le Pen, c'est un problème pour Sarkozy davantage que pour nous sauf si DSK n'était pas candidat. Il sera poussé à faire le grand écart et tenté de reprendre la thématique sécuritaire et anti immigrationniste, par certains aspects anti européenne (on le voit avec la fermeture des frontières de Schengen) ce qui le coupera de sa base centriste et incitera Borloo à y aller.

Bientôt se multiplieront les appels des strauss-kahniens (moi le premier) à la candidature de DSK. Pour moi c'est certain, DSK va se présenter, et il faut tout faire pour l'aider à réussir son entrée en campagne. Certes Hollande va aller jusqu'au bout aux primaires mais je suis confiant sur son sens des responsabilités pour ne pas faire de cette campagne "une tuerie" comme la droite l'espère. Les boules puantes de 2006 seront évitées, du moins je l'espère. Reste l'inconnue Royal. Je crois que si elle ne se sent pas en situation, elle n'ira pas. Là aussi je l'espère car je crains fort les débordements de certains de ses supporters. Une victoire de Dominique dès le premier tour des primaires serait idéale mais l'essentiel est d'affronter Sarkozy.

La campagne de ce dernier contre Strauss-Kahn peut se mener sur un front inattendu. Sarkozy peut très bien avec le culot qu'on lui connait interpeler Strauss-Kahn sur son bilan au FMI et lui demander ce qu'il a fait pour les français pendant que lui se battait pied à pied pour eux ici (pour arracher la croissance avec les dents, disait-il). Paradoxalement DSK peut apparaître comme un sortant et Sarkozy se poser en challenger d'autant qu'il n'est pas favori dans les sondages et que les français aiment ceux qui souffrent. C'est dans les propositions qu'il faudra faire fort pour se distinguer car Sarkozy attaquera la personne et collera au programme social-démocrate comme Chirac l'avait fait en 2002.

Il y a donc urgence à envisager cette hypothèse et préparer une stratégie qui opère d'une part un clivage fort pour différencier les projets PS et UMP, d'autre part qui ramènera Sarkozy dans les cordes de son bilan et de ses promesses non tenues. On sait que les autres partis de gauche pousseront les feux pour exister donc à nous d'intégrer autant que possible leurs demandes. La campagne de premier tour doit servir à désamorcer les divisions au sein de la gauche. DSK candidat devra faire des gestes forts pour rassembler la gauche.

Je sais qu'en disant celà je donne des arguments aux supporters d'Aubry ou Hollande pour le premier tour des primaires mais de toute façon ils ne s'en seraient pas privés. L'argument massue de Dominique pour les primaires, c'est qu'il y a bien trop de risques à choisir quelqu'un d'autre, alors que la gauche attend depuis si longtemps un successeur à Mitterrand.

Le 21 avril 2002 nous aura enseigné une chose évidente : avant le deuxième tour d'une élection, il y a le premier tour.


"Qu'ils s'en aillent tous" ... pour qu'il n'en reste qu'un. Et si Sarkozy donnait raison à Mélenchon ?

La crise économique et financière est toujours présente. Elle est l'explication si ce n'est l'excuse avancée par tous les dirigeants de la planète pour justifier les mesures d'austérité et de rigueur imposées aux citoyens. C'est partout le même refrain : ce n'est pas notre faute, c'est la crise !

Résultat sur le plan politique depuis le début de la crise : pas un seul dirigeant politique important de quelque bord qu'il soit n'échappe au courroux des électeurs dans les pays démocratiques. George Bush, Gordon Brown, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy ... tous ont subi des revers électoraux majeurs.

Ce n'est que justice. On ne peut comme Sarkozy proclamer  en 2008 « Qui est responsable du désastre ? Que ceux qui sont responsables soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous, les chefs d'État, assumions nos responsabilités » et ne rien assumer en 2012.

Il est normal que les petits ou grands responsables, qui ont laissé faire un système avide et amoral, paient le prix de leur inconséquence. Surtout quand ils n'ont aucun résultat ou presque et que tout continue comme avant.

Dans le passé, on disait "Sortez les sortants". On comprend l'exaspération des électeurs et la tentation de renverser la table devant toutes ces intelligentes personnes qui n'ont rien vu venir ou qui n'ont rien fait. J'en viendrai presque à soutenir Mélenchon dans ses diatribes. Ca ne sert sans doute pas à grand chose mais beaucoup se défouleront dans l'isoloir avec un vote protestataire. Je n'irai pas jusque là mais d'autres le feront.

C'est cela que Sarkozy doit craindre en priorité. La colère. Pour moi il est coulé car comptable du bilan et il le sait. Mais la gauche de gouvernement peut perdre elle aussi, car elle ne sera pas le réceptacle naturel de cette colère si elle n'amène pas des solutions. C'est là dessus que Sarkozy compte pour jouer son va tout : rester le dernier face à Le Pen. Et pour celà je le crains, il est prêt à n'importe quoi.


Primes contre dividendes : l'obsession du court terme électoral.

J'écoutais ce matin et ce soir, Luc Chatel et Xavier Bertrand défendre après François Baroin l'idée d'une prime à verser aux salariés d'entreprises distribuant des dividendes. Un virage social que Sarkozy veut entamer au vu de l'échec des débats sur la laïcité et l'islam et des élections cantonales. La droitisation reste d'actualité sur le plan sécuritaire mais sur le plan économique le président du pouvoir d'achat tente de se refaire une virginité.

Toutefois au delà des visées électoralistes, que penser objectivement de la proposition ?

Si j'ai bien compris le gouvernement veut faire varier dans le même sens les salaires et les profits. Si les profits augmentent, les dividendes augmentent donc les rémunérations devraient augmenter, cela paraît logique. Mais que se passe t-il si l'activité se réduit d'une année sur l'autre ? Les salaires ne diminuent pas, dit le capitaliste accroché à ses profits, rémunération d'un risque assumé que les salariés ne prennent pas, donc les profits doivent rester intégralement chez l'actionnaire, CQFD. Objection votre honneur ! En réalité les salariés prennent un risque eux aussi. La masse salariale diminue en cas de baisse d'activité parce que sur décision de la direction poussée par l'actionnaire, certains dans l'entreprise perdent leur emploi ou subissent des gels de salaires quand ce ne sont pas des baisses notamment pour ceux qui ont une rémunération variable. Ceux qui restent conservent certes leurs salaires mais les autres passent par la case chômage aux frais de la collectivité. Les salariés méritent donc de partager les fruits de leur travail et de leurs efforts en cas de coups durs.

Qu'en pensent les acteurs ?

Les économistes sont pour leur part très sceptiques s'agissant de mesures dont le gouvernement dit qu'elles permettront la relance de la consommation. Pour certains elles sont totalement artificielles du même niveau que la prime à la casse destinée à traiter des problèmes conjoncturels d'activité. Passées les mesures de soutien, l'activité s'effondre à nouveau, c'est un fait statistique. Pour d'autres, les plus libéraux, on confond rémunération du travail et du capital alors que les profits ne sont pas destinés à rémunérer le travail. Politiquement tous voient bien qu'il y a urgence et que les vraies raisons sont ailleurs.

Le patronat et les syndicats s'opposent à cette mesure pour des raisons radicalement opposées. Le patronat parce qu'il estime que la distribution d'un pouvoir d'achat supplémentaire relève de la seule discussion contractuelle. Les syndicats parce qu'une prime ne bénéficierait pas à tout le monde et qu'elle ne serait que ponctuelle au contraire d'une augmentation des salaires.

Pour ma part j'ai une approche différente sur le fond : le partage des profits existe depuis longtemps autant que l'on sache lire les textes.

On peut accepter le fait que le profit est la récompense d'un risque (ou d'une prise de chance) puisqu'on a vu que les salariés prenaient des risques. Mais l'honnêteté commande de distinguer entre profits destinés aux actionnaires et ceux destinés aux salariés car il existe deux risques : un risque d'activité et un risque en capital. Ceux destinés aux salariés ne s'accompagnent pas d'un risque sur le capital que supportent seuls les actionnaires donc la rémunération doit être distincte sur ce point. Elle doit aussi varier d'une entreprise à l'autre car le risque diffère selon que l'on opère ou non dans un secteur compétitif. Une entreprise publique ou monopolistique n'a pas le même risque en capital qu'une PME exposée à la concurrence ou une start up. Seule la prime de risque d'activité est équivalente.

Ce qu'on ne comprend pas dans le raisonnement du gouvernement, c'est pourquoi il faudrait créer ou compliquer un dispositif qui existe déjà, à savoir la participation des salariés et les accords d'intéressement qui rémunèrent le risque (ou la chance) d'activité ? Cela date de De Gaulle, autant dire que ce n'est pas une idée neuve. On pourrait passer par une modernisation des textes sur l'intéressement et la participation. Des  mesures de relèvement des seuils, de différenciation des critères et des taux de distribution sans forcément créer de nouvelles niches fiscales pour les entreprises. Mais attention à ne pas créer une usine à gaz incompréhensible pour les salariés incités à réclamer des dividendes pour les actionnaires afin de toucher une prime ! Par contre pousser les salariés à devenir actionnaires de leur entreprise ou réinvestir les bénéfices dans l'entreprise pour la renforcer restent une idée à développer. Ca tombe bien, c'est une des mesures du programme du PS.

Les 1 000 euros agités devant l'opinion ressemblent donc fort à un simulacre de distribution de pouvoir d'achat et de justice sociale. Pour moi les critiques des partenaires sociaux et des économistes sont justifiées.

Alors pourquoi s'obstiner ? On en revient à la case départ : le gouvernement cherche avant tout à afficher un virage social et obtenir des résultats à court terme pour remonter dans l'opinion. Si la gauche sait démonter la supercherie avec l'aide des partenaires sociaux, voilà une proposition qui va faire pschitt sans l'ombre d'un doute. Cette prime aux salariés électeurs est davantage inspirée par l'urgence d'une échéance qui se rapproche dangereusement que par une vraie vision des solutions à long terme aux problèmes du pays, en l'occurrence la juste rémunération des facteurs de production, capital et travail.


Reprise en douceur

Une petite semaine de vacances, ca fait du bien. Malgré un mal de dos persistant, j'ai apprécié le calme et le soleil de la Bretagne à Quiberon et à Belle-Île. La côte sauvage procure l'occasion de belles ballades alors que Vannes est une jolie ville avec ses remparts et sa cité médiévale apaisante.

L'actualité politique a été douce elle aussi. Des annonces pour 2012, Hulot et Villepin c'est à peu près tout ce que j'ai retenu. Il faudra voir jusqu'où vont ces deux là mais l'espace au centre commence à s'embouteiller quand on pense à Bayrou et Borloo.

Sur le plan international, il y a quand même la fin de Gbagbo en Côte d'Ivoire c'est vrai, mais elle était attendue. Kadhafi pour sa part résiste alors que la coalition manque de munitions, une plaisanterie j'espère. En toile de fond les menaces économiques refont surface alimentant des formes de populisme y compris chez nous où le gouvernement propose tout et n'importe quoi : d'une prime aux salariés à la réduction de l'immigration légale.

Le boulot reprend demain, dans tous les domaines, professionnel, syndical, politique. Il attendra bien encore un jour.


Mélenchon candidat du PCF pour le Front de gauche

Le PCF  vient de décider de soutenir Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2012. C'est logique vue l'absence de leaders charismatiques au sein du Parti Communiste actuel.

Mélenchon est un orateur de qualité. Il a du talent et une cohérence idéologique. Mais il déteste (même pas cordialement) le PS. Quel contraste avec Borloo qui quitte l'UMP sans acrimonie et sans vilaines phrases. Affaire de tempérament, je n'aime pas les caractériels qui fulminent à tout bout de champ.

Je ne voterai pas pour Mélenchon, ni au premier tour parce que je soutiendrai le ou la candidat(e) socialiste, ni au second parce qu'il n'y sera pas.


Borloo en lice pour une alternative à droite, pas pour l'alternance

Le départ de l'UMP de Jean-Louis Borloo avait été largement annoncé mais la façon dont il l'a fait reste pour moi une petite surprise. L'ayant regardé hier soir dans la dernière émission d'Arlette Chabot, je l'ai trouvé à la fois pugnace et serein, presque convaincant dans sa volonté d'indépendance. Il s'est quasiment déclaré candidat ce qui va au delà de ce que j'attendais.

Les grincements de dents dans la majorité doivent être nombreux aujourd'hui car le spectre de la division à droite est devenu réalité. Sarkozy doit s'interroger sur son choix de maintenir Fillon en novembre dernier. Il doit aussi s'interroger sur sa stratégie qui l'a poussé à tout miser sur une droitisation du discours et une candidature unique au premier tour.

Pierre Moscovici a eu raison de dire que Borloo ne peut pas incarner l'alternance puisqu'il a endossé la politique de N. Sarkozy. Mais au sein de la droite, c'est un rival pour le président, une alternative, une embuche à sa réélection à coup sûr. Je ne suis pas sûr que Borloo ait totalement mesuré la violence de la droite dans les combats fratricides. Il se dit "non impressionnable". On verra.

Une bonne opération pour la gauche ? Tactiquement sans doute, la désunion à droite égalise les compteurs avec la gauche sur ce plan. Quant au risque de 21 avril inversé, c'est aux électeurs de l'apprécier.

Il est fascinant de constater comment tout se met en place pas à pas pour une victoire de la gauche. Même le programme socialiste suscite l'adhésion, ce que je n'imaginais pas ! Une élection imperdable ? Bien sûr que non. Attendons de savoir qui sera notre propre candidat.


Le PS a un programme bien raisonnable ... contre la financiarisation de l'économie

Bonne nouvelle, le PS présente un programme raisonnable et donc crédible pour la prochaine présidentielle. La moins bonne nouvelle c'est qu'il ne va pas selon moi susciter l'enthousiasme.

Je lis qu'il va y avoir 25 milliards d'euros de dépenses nouvelles sur cinq ans comparés à 50 milliards de recettes nouvelles sous la forme de remise en cause des cadeaux fiscaux de la droite. Le solde serait consacré à la réduction de la dette et du déficit. C'est un gage de sérieux mais en même temps le signe que le changement sera plus que symbolique sur le plan financier.

Vingt cinq milliards celà paraît énorme mais en fait cela représente à peine 400 euros par français ... sur cinq ans, soit 80 euros par an. Pas de quoi changer la vie. Pas assez ambitieux à mon goût mais crédible. Le pouvoir d'achat ne sera pas amélioré par de l'argent public qu'on n'a pas.

C'est un fait, la France est corsetée par ses déficits. Le PS en a pris la mesure, il ne rasera donc pas gratis. Ceux qui diront le contraire - la droite - auront tort. Pourtant, l'hypothèse serait que la croissance repartirait avec 2,5% par an prévus sur cinq ans, pas évidents à obtenir.

Sans négliger l'effet d'éventuels redéploiements de crédits, il faudra chercher l'impact ailleurs que dans le domaine financier. Le changement sera donc surtout sociétal, environnemental, institutionnel. Le candidat socialiste devra imaginer d'autres mesures fortes pour redonner de la confiance aux français. Il ne suffira pas de défaire ce que Sarkozy a fait. A part quelques propositions l'impression première c'est : contrôlons les dépenses et jouons sur les symboles. L'échelle de rémunération de 1 à 20, la création d'une banque publique d'investissement, une taxation plus importante des profits non réinvestis ... des mesures de gauche contre une économie financière.

L'Etat ne peut pas créer de la richesse mais il peut inciter l'économie réelle à prendre enfin le pas sur les banques et la finance. Est ce que ca suffira comme message aux français ? Je reste perplexe.