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février 2011

Transition démocratique kesako ?

Depuis que les populations en Tunisie, en Egypte, en Libye et ailleurs se soulèvent, une nouvelle expression a fleuri  c'est celle de "transition démocratique". J'admire ceux qui savent d'une formule définir l'instant présent. Nous sommes en effet dans une période où le monde ne sait pas sur quoi va déboucher la révolte populaire dans ces pays. Nous vivons une période de transition certes, démocratique on demande à voir et je ne parle pas de la menace islamiste.

Il faut quand même rappeler que les dictateurs renversés ou sur le point de l'être sont parvenus au pouvoir en promettant de se battre pour le peuple et d'en finir avec des régimes corrompus au profit de quelques uns. L'exemple le plus frappant est celui de Kadhafi. Il déclarait au Monde le 13 décembre  1969 : "Nous avons fait la révolution, explique-t-il, contre la corruption et l'injustice, contre une répartition trop inégale des richesses et le retard accumulé de notre pays."

Quarante deux ans plus tard, le tyran délirant a non seulement instauré un régime autoritaire,  qualifié de "république socialiste et populaire", mais il est devenu sanguinaire. Son clan familial s'est accaparé les richesses du pays, et les inégalités sont criantes. Ce qui vaut pour le fou libyen est valable pour les autres dictateurs arabes.

Il faut toujours se méfier des tribuns - religieux ou nationalistes - qui se proclament les défenseurs du peuple en rejetant la démocratie représentative.  La seule solution imparfaite mais vraiment démocratique, c'est l'instauration d'un régime parlementaire et le multipartisme. Que celà prenne du temps, c'est logique, l'Europe a mis des siècles à se libérer des monarchies régnantes. Que celà aille plus vite ce serait logique à l'ère de l'internet et des réseaux sociaux. La jeunesse arabe est pressée, informée, ouverte sur le monde. A elle de s'emparer de la chance qui s'offre à elle.


MAMa mia !

Je n'ai aucune envie de verser une larme sur le sort de Michèle Alliot-Marie. Elle est peut-être honnête, elle se dit gaulliste, elle dit qu'elle travaille. Oui mais ça ne suffit pas. Quand on est ministre on se doit d'être irréprochable, comme la république que le président-pour-15-mois-encore voulait paraît-il instaurer. Pour moi, proposer une assistance policière à un régime autoritaire valait démission immédiate.

On entend ici et là qu'elle va quitter ses fonctions contrainte et forçée, de même que POM son compagnon, le fade Patrick Ollier (le M c'est pour Marie). Sarkozy instruit par l'expérience Woerth aurait décidé de ne pas attendre le résultat des cantonales en mars pour remanier le gouvernement pour la dixième fois !

Quelle équipe ! Je me rappelle des débuts de la droite en 2007, toute auréolée de la victoire, les men in black, les sarkoboys, ces experts de la politique, tous professionnels jusqu'au bout des ongles, un tant soi peu condescendants envers une gauche en miettes après une troisième défaite consécutive dans l'élection reine. Ils n'avaient que le mot "rupture" à la bouche. On voit le parcours en un peu moins de quatre ans. MAM après Woerth, Joyandet, Blanc, d'autres et aussi l'ineffable Fillon un peu plus habile que les autres, tous ont été pris les mains dans le pot de confitures ou dans le mélange des genres. Sans parler du timonier en chef, plombé par des erreurs de comportement et des initiatives mal perçues par l'opinion.

J'imagine la déception de ceux qui avaient crû au message de volontarisme incarné par Nicolas Sarkozy. C'est un vrai recul du politique auquel on assiste. Malheureusement, c'est au Front National que cela profite. Je n'arrive pas à considérer comme normaux les 19% de Marine Le Pen dans les sondages et pourtant c'est bien le résultat calamiteux de tous ces échecs successifs.


Un danger nommé Marine

Je suis étonné que les commentaires politiques ne s'attardent pas plus sur les derniers sondages qui accordent près de 20% à Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2012.

C'est énorme. Un électeur sur cinq adhère à des thèses xénophobes et sécuritaires dès le premier tour. C'est bien au dessus de ce que son père obtenait jusque là à un an de l'échéance. Qu'en sera t-il dans un an quand Sarkozy aura encore remué la thématique islamique et réactivé la sécurité comme priorité des français ? Elle même se voit à 25%.

Les socialistes sont persuadés que le rejet de Sarkozy et la prédominance de l'économique et du social vont les booster en 2012, d'où cette farouche compétition à venir où chacun se croit des chances et se prépare à se différencier. La hargne de la gauche de la gauche et la surenchère des partenaires peuvent faire le reste pour atomiser le vote de notre candidat.

Pour ma part, je serais très prudent. Si nous écoutons les gens, le "tous pourris" a gagné en force et c'est le FN qui en bénéficie. Les erreurs sociales et les fautes politiques de la droite ne profiteront pas forcément à la gauche. Elles pousseront les électeurs modérés à l'abstention et les plus radicaux à un vote protestataire.

La désignation de notre candidat à la présidentielle ne se résume pas à trouver le candidat qui l'emporterait au deuxième tour. Il faudra aussi se qualifier au premier tour. Et là autant qu'on en juge, le danger constitué par Marine Le Pen justifie encore un peu plus une désignation du meilleur candidat de premier tour à savoir DSK.

 


DSK le besoin et l'envie ...

Hier en sortant d'une réunion à l'Université Paris Descartes avec Bertrand Delanoë, j'ai acheté pour une fois le Point en raison de la couverture qui m'a accroché l'oeil : "DSK de quoi a -t-il peur ?".

Intrigué j'ai donc profité du déjeuner pour lire les articles (oui il y en avait plusieurs) qui résumaient la problématique et le parcours du directeur du FMI et de sa compagne Anne Sinclair.

Le rappel de l'histoire personnelle de DSK et de sa femme - riche héritière - est utile en ce qu'il démontre que le couple n'a nul besoin matériellement de postes et d'honneurs. Ce sont des privilégiés. Le besoin se situe ailleurs : réfléchir sur l'évolution du monde, peser sur le cours des choses, changer au long cours la vie du plus grand nombre. Vision angélique d'un homme faussement désintéressé ? Non nulle naïveté, je crois DSK capable de se transcender. Il a déjà la stature d'un homme d'Etat.

L'un des articles du Point intitulé "Les 7 cauchemars de DSK" - il faut bien titrer choc pour attirer le chaland - m'a particulièrement intéressé. Tous les écueils à sa candidature y sont présentés, notamment la violence d'une campagne de droite en dessous de la ceinture, la virulence d'une partie de la gauche, la malédiction des favoris, un projet socialiste gauchisant et des perspectives incertaines de victoire. En point d'orgue "l'absence de faim", une motivation mitigée. Tout se tient. Et pourtant il est en situation d'être candidat : populaire, crédible, expérimenté, bien entouré ... ce qui manquait partiellement à Ségolène Royal.

Je ne suis pas un familier de DSK mais je ne crois pas du tout à son absence de détermination, son dilettantisme présumé, sa frilosité devant la dernière marche. Il n'est pas Michel Rocard qui a renoncé en 1988. Il n'est pas Jacques Delors qui a renoncé en 1995. Il n'est pas non plus François Hollande qui a renoncé en 2007 ou même Bertrand Delanoë qui a renoncé en 2008 à Reims devant une Martine Aubry hésitante. Il a toujours affronté le suffrage des militants et des électeurs quitte à perdre ou à vaincre dans la difficulté. Comme Mitterrand. Je suis persuadé que s'il avait dû renoncer il l'aurait déjà dit.

Alors oui, malgré les écueils, il va mener ce combat parce qu'il a le sens du devoir vis à vis du peuple de gauche et qu'il en a énormément envie. C'est d'ailleurs parce qu'il n'en a pas besoin mais qu'il en a envie qu'il représente un atout majeur pour la victoire de la gauche.