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janvier 2011

Réussir le rassemblement et les primaires, un vrai challenge pour le PS

30012011316 Je participai hier à la réunion annuelle des secrétaires de section du PS au Palais des Congrès porte Maillot à Paris où Martine Aubry et François Hollande nous ont fait le plaisir d'assister.

Les autres présidentiables socialistes avaient sûrement d'autres occupations mais venir et entendre 1 500 militants qui comptent pour faire vivre le parti au quotidien, a fait marquer des points à ces deux là je pense. D'ailleurs Christophe Borgel et David Assouline, les secrétaires nationaux organisateurs de la réunion, l'avaient sûrement entendu ainsi puisque la parole a été largement donnée aux militants dévoués que sont les secrétaires de section lors de la journée. L'occasion de constater que la capacité d'entraînement, la lucidité politique et la qualité d'expression ne sont pas le monopole des ténors du parti, bien au contraire.

Parmi les intervenants, la prestation de Michel Dinet, président du conseil général de Meurthe et Moselle, l'a emportée à l'applaudimètre. Une mention aussi pour deux jeunes talents de 18 et 20 ans, candidats aux cantonales (élections qui vont nous occuper tout le premier trimestre 2011), dont l'enthousiasme juvénile faisait plaisir à voir et entendre.

Cette journée d'échanges et d'information a été pour moi une franche réussite, même si y consacrer un dimanche entier n'est pas anodin sur le plan personnel.

Sur le fond j'ai retenu pour l'essentiel un message de rassemblement de la gauche et de confiance dans le processus des primaires.

Sur le rassemblement, des questions demeurent, nous sommes un peu seuls à le prôner. Des voix se sont élevées pour déplorer des petites phrases et des tentatives de dénigrer le parti. Sur le plan interne, sans qu'on les cite nommément, Manuel Valls (et ses sorties sur les 35h), Malek Boutih (et ses critiques de la direction) et aussi Ségolène Royal (qui déplorait l'absence de projet du PS et de candidat) ont été visés. Martine Aubry a elle appelé nos "partenaires" à davantage de retenue et de perspicacité dans leurs critiques du parti. Là c'est surtout le candidat de la discorde, Jean-Luc Mélenchon, qui était ciblé. Je suis pour ma part outré du comportement de l'ancien sénateur socialiste, eurodéputé. Un vrai danger pour la gauche, un moteur de la machine à perdre.

Concernant les primaires, je n'ai guère appris du neuf, sauf pour l'aide que le parti socialiste "de Solférino" comptait apporter à la base. La lourde machine du parti s'est mise en route pour bétonner juridiquement et matériellement les conditions du scrutin. Je n'ai guère de doute sur la solidité du processus et je suis persuadé que la mayonnaise va prendre malgré les Cassandre. Un engouement populaire devrait naître de l'idée qu'une carte pour se débarrasser de Sarkozy est mise entre les mains du peuple de gauche. A ce dernier de la jouer s'il veut vraiment une autre politique.

C'est d'ailleurs dans l'élaboration du projet que nous attendent aussi nos électeurs. Il faut un candidat certes mais aussi un projet. Martine Aubry a d'ailleurs été très applaudie quand elle a dit que les propositions que nous formulerions au mois de mai, devraient nécessairement servir au candidat comme armature de son projet. Pas simplement une boite à idées où il pourrait librement piocher mais une vraie colonne vertébrale structurante au niveau des orientations. C'est ainsi que je le vois moi aussi. On aura trop reproché les libertés qu'ont pris par le passé nos candidats par rapport aux aspirations du peuple de gauche pour ne pas en tenir compte aujourd'hui. En tout cas la campagne des candidats à la rentrée servira pour l'essentiel à celà. Il m'étonnerait que les positions originales d'un Valls trouvent alors un large écho.

La campagne est lancée. Première étape d'un parcours d'un an où rien ne nous sera épargné. Le pire serait de croire que la victoire nous tend les bras. Comme pour nos handballeurs champions du monde hier, soyons certains que la partie sera tendue jusqu'au bout !


Au tour de l'Egypte ?

Est ce une révolution ou autre chose, je ne sais pas, mais la colère qui fait sortir les populations du Maghreb et du proche orient dans la rue pour chasser leurs tyrans locaux est extraordinaire. Les morts et les blessés sont nombreux tant la violence policière est grande.

A la base il y a un énorme sentiment d'injustice. Injustice économique, politique et sociale. L'accaparation de la richesse par quelques uns constitués en mafias est un scandale auquel tout le monde avait fini par s'habituer y compris moi. Je suis allé en vacances dans ces deux pays sans trop d'états d'âme. Pourtant j'étais conscient que l'absence d'expression libre étouffe toute opposition démocratique, pire encore favorise les éléments radicaux notamment religieux. L'argument de la lutte anti-islamistes ne tient pas. Qu'on soit tunisien ou égyptien, on vit dans un pays fragmenté, tiraillé entre modernité et archaïsme, sans possibilité d'ascension sociale et sans perspectives pour la jeunesse. Cette jeunesse vit comme nous dans un monde globalisé, informée de ce qui se passe dans le monde à la vitesse du net et des médias, sachant aussi comment vivent les autres par le biais du tourisme de masse ou des diasporas en Europe ou ailleurs. La liberté, la dignité et la prospérité ne sont pas qu'un rêve pour les pays développés.

Ces révoltes dont certains en France ont cru bon de dire qu'il fallait les réprimer par des opérations de police  avec notre savoir faire (n'est ce pas MAM ?) ont fini par tout emporter. Qu'importe si les militaires ont demandé à Ben Ali de partir - une révolution de palais - la rue avait bien commencé l'ouvrage. Le fatalisme oriental a touché ses bornes. 

Il est frappant de noter que comme en Chine ou en Corée du Nord, le réflexe de Moubarak le dictateur égyptien a été de couper l'accès à internet et aux réseaux d'information. La preuve que la survie de ces régimes passe par l'ignorance, l'indifférence ou l'égoïsme des peuples.

Malgré tout nous n'avons rien vu venir et rien fait au nom de la liberté des peuples à disposer d'eux mêmes. Il nous faudra du temps pour comprendre vraiment les ressorts intimes de ces révolutions, analyser l'enchaînement qui a conduit à ces manifestations de colère et de ressentiment et surtout deviner leur issue. Que les populations concernées sachent néanmoins que nous les observons, les admirons et les soutenons dans leur volonté de donner un avenir libre, digne et prospère à leurs enfants.


Tunisie : ni méthode Bush, ni méthode MAM, ou comment se libérer d'un dictateur

Vingt trois jours de crise et puis s'en va ! La Tunisie s'est réveillée le matin du 14 janvier 2011 en s'étant libérée du dictateur Ben Ali. Vingt trois années de dictature qui s'effondrent en vingt trois jours, c'est stupéfiant. Les tunisiens comme les autres sont frappés de stupeur par ce qui arrive. Fallait-il que le régime tunisien soit fragile pour s'écrouler en si peu de temps. L'occident était aveugle ou complaisant pour ne pas l'avoir analysé ainsi. Les timidités du gouvernement français n'en paraissent que plus la marque d'un exécutif faible en fin de parcours lui aussi.

Les néo-conservateurs américains, bushistes avaient tenté de justifier la guerre en Irak en important la démocratie derrière leurs tanks et leurs militaires surarmés. L'Irak a payé par la mort de milliers d'irakiens et des déchirements sans fin sur fond d'attentats suicides commis par des fanatiques issus de toutes les communautés religieuses ou bandes d'intégristes. La démocratie dans ce pays n'est malheureusement toujours pas assurée. C'est le résultat de la politique étrangère des médiocres gouvernants qu'ont eu les Etats-Unis au début des années 2000.

En Tunisie, pas de bain de sang aussi massif même si on déplore de nombreux morts. Un vendeur à la sauvette qui s'immole par le feu, une étincelle si on peut dire et voilà la société toute entière qui s'embrase. La force du symbole d'une jeunesse sans avenir.

La preuve est faite qu'un régime autoritaire ne peut se maintenir que dans la prospérité ou alors l'isolement total comme en Corée du Nord. C'est bien la misère accrue des plus faibles qui a entraîné la "révolution de jasmin". Les pauvres acceptent ou supportent la privation de libertés publiques tant qu'ils peuvent survivre économiquement. L'accaparation de la richesse d'un pays par un clan, y compris on le découvre avec des méthodes de gangster, touche enfin ses limites. Comment accepter au nom de la realpolitik autant de compromissions et de richesses détournées, c'est bien la question qui se pose aux démocraties occidentales.

La Ministre des affaires Etrangères, Michèle Alliot-Marie (MAM), qui s'est illustrée par sa proposition indécente d'exporter en Tunisie "le savoir-faire" français en matière de répression des manifestations dans le "respect de l'état de droit" a parlé d'un devoir de "non ingérence". C'est tout le contraire de ce qu'avait exprimé Bernard Kouchner son prédécesseur. C'est une faute de plus. On ne relève plus tant ce gouvernement paraît exténué. Ben Ali serait toujours en poste avec de tels propos.

La démocratie tunisienne naissante n'a pas plus besoin des tanks américains que de notre "savoir- faire" en "Matraquage avec Modération" des manifestants, le nouveau surnom que j'attribue à MAM. Je pense sincèrement qu'elle n'est pas au niveau, et que certains neurones lui manquent pour comprendre l'histoire en marche, d'où une autre appellation pour MAM, "Marche à Moitié".

Même si ce n'est que par ma simple voix, j'apporte tout mon soutien au courageux peuple tunisien et à tous les peuples du monde opprimés par des dictateurs. Le chemin vers la démocratie sera encore long et pavé de difficultés mais les tunisiens ont maintenant leur avenir en main.


"Déverrouiller les 35 heures" ou la "bockelisation" de Manuel Valls

L'idée émise par Manuel Valls de faire sauter le bouchon des 35 heures est une idée saugrenue dont on mesure mal l'opportunité. Il propose si j'ai bien compris de revenir à 37,5 h comme horaire légal.

S'il s'agit de demander aux salariés de renoncer à leurs journées de RTT sans contrepartie, je ne vois pas l'intérêt si ce n'est celui des patrons. C'est travailler plus pour gagner autant donc moins par heure travaillée.

S'il s'agit de négocier une hypothétique augmentation des salaires en échange du maintien des déductions de charges de 25 ou 30 milliards d'euros annuels qui pèsent sur le budget de l'Etat, on ne voit pas pourquoi ce serait à ce dernier de financer des hausses de salaires.

Par contre, s'il s'agit de se démarquer des autres candidats aux primaires et de faire parler de soi, c'est réussi. Les propositions iconoclastes ont réussi par le passé à une certaine candidate au moins pour être désignée. C'est une tactique périlleuse ceci dit.

Ce discours sème la confusion et ne rassemble pas la gauche. Il sera utilisé à coup sûr par la droite pour pointer nos divergences. Il est vrai que Manuel Valls est un candidat atypique et par certains côtés provocateur chez les socialistes comme dans l'opinion.

Je crains pour lui que Valls ne se perde désormais dans une forme de "bockelisation" du nom de cet ancien maire socialiste de Mulhouse, social libéral, devenu ministre d'ouverture égaré dans le sarkozysme. A force de flirter avec des théories libérales qui n'ont plus rien de social au nom d'une prétendue modernité, Valls n'emprunte pas le chemin le plus facile pour convaincre les électeurs des primaires socialistes.