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décembre 2010

Les abysses de la planète bleue

Fond-ecran-planete-bleue Depuis le Grenelle de l'environnement et la diffusion de certains films alarmants comme ceux de Al Gore ou Yann Arthus Bertrand, la crise écologique est dans toutes les têtes.Y a t-il une alternative ?

Les hommes sont en train de bruler les ressources de la terre à grande vitesse, à une vitesse en tout cas inconnue de nos ancêtres. Ceux ci vivaient dans une profusion de richesses naturelles qu'il s'agissait d'exploiter sans compter. Aujourd'hui on culpabilise au moindre papier essuie tout jeté ou à la plus petite bombe aérosol utilisée. Notre monde est devenu un village où tout se voit, tout se sait, et où chacun sait ce que consomme et produit l'autre. Ce que recèlent nos sous-sols est en grande partie découvert, puisqu'on est capable de donner l'état de nos réserves. Le mot fin est en train de s'écrire. Est ce la fin d'un monde ?

C'est une prise de conscience qui devient à la longue très anxiogène. Je partage les objectifs visés par les écologistes et en grande partie les moyens préconisés mais en cela comme en tout, je me garde des extrêmes. Nos richesses s'épuisent et il faut les économiser c'est certain, mais on peut aussi se demander comment on peut en trouver de nouvelles. Et d'ailleurs on le doit, car économiser ne fait que retarder l'échéance. La critique des économies productivistes  très sérieuse au demeurant, n'est pertinente que pour les industries ou les services qui n'investissent pas dans le futur, dans la recherche et le développement, et surtout dans l'exploration.

En regardant un documentaire sur Planète, la chaîne du cable, je viens de me rendre compte avec un certain soulagement - oui soulagement est le bon mot - que notre planète n'était pas entièrement explorée. La terre n'est pas faite que de terre, on l'oublie parfois. En effet la terre est couverte d'eau sur 70% de sa surface, ce qui fait d'elle la planète bleue. Et 95% des fonds de nos océans sont inexplorés, donc inexploités. Sans doute inexploitables en l'état actuel de nos connaissances scientifiques et techniques, mais qui peut dire que ce sera toujours le cas dans les années à venir ? On peut espérer un progrès qui viendrait à temps pour relayer l'épuisement des ressources terrestres.

En incorrigible optimiste et de façon quelque peu candide je le reconnais, cette pensée d'une possible réserve inimaginable et gigantesque de richesses naturelles m'a réconforté. A la manière du capitaine Nemo de Jules Verne, je me suis raconté l'histoire d'un futur de l'humanité qui passait par les abysses et au delà, par les étoiles. Utopique ? C'est bientôt Noël, on a le droit d'avoir une âme d'enfant.


Unité obligée

"Le Monde" titre sur l'unité des grands partis politiques français ce dimanche. Une série d'articles vante les mérites des grandes messes unitaires ayant eu lieu ce week-end dans l'optique de 2012. Chacun serre les rangs à droite comme à gauche.

Pour autant ces embrassades générales ne trompent personne, elles sont intéressées : celui qui manifeste ses désaccords court le risque de faire perdre son camp et se retrouve le plus souvent sanctionné. Ainsi à Noisy le Sec lors d'une municipale partielle, les communistes et EELV (les verts) ont causé la chute de la maire socialiste sortante en quittant le conseil municipal. Le Nouveau centre allié à l'UMP a raflé la mise au deuxième tour. Une gifle pour les fauteurs de désunion.

Ségolène Royal a vu sa côte de popularité s'effilocher après avoir annoncé sa candidature aux primaires. Ce n'est pas tant son annonce que la façon dont elle l'a faite qui a été mal reçue. En contredisant publiquement Martine Aubry sur le pacte à trois puis en se disant prête à accorder le poste de 1er ministre à DSK, elle a irrité beaucoup de gens, moi le premier.

Il est souvent difficile et parfois amer le chemin de l'union. Mais il est sans doute préférable à la solitude et l'impuissance de l'opposition comme le démontre François Bayrou. Pour la vivre à mon niveau, ce n'est pas moi qui vais dire le contraire. Encore faut-il une main tendue.

 


La force de la loi plutôt que la loi de la force

Après la crise financière qui a secoué la planète depuis deux ans et demi, qui osera prendre en main le vaste chantier de la régulation du capitalisme financier ? Quels dirigeants dans les exécutifs des Etats ou des organismes de surveillance de l'économie mondiale vont avoir le courage et la témérité d'affronter une telle tâche titanesque ? Aujourd'hui, je ne vois personne. Non pas comme le dit Helmut Schmidt  parce que que les dirigeants de valeur manquent en Europe, c'est injuste et partial. Si c'était vrai, il aurait pu et du dire la même chose des Etats-Unis et du Japon. Je pense simplement que les dirigeants actuels renoncent devant le détournement permanent des règles qu'ils édictent.

Pour leur part, les pays émergents surfent sur une croissance insolente parce qu'ils s'affranchissent de règles justement. Ces Etats font très peu de cas des normes qui encadrent aujourd'hui l'activité des entreprises occidentales. Ils sont dans un rattrapage économique à marche forcée sans se préoccuper des dégâts environnementaux ou sociaux qu'ils provoquent. Ils peuvent même se permettre de dire à bon droit aux pays développés que ceux ci ont fait preuve de la même insouciance pendant leur longue phase de développement au nom de l'efficacité entrepreneuriale et de la course aux richesses. Le système qui entretient la prospérité c'est la libre concurrence, tel est le dogme libéral.

Politiquement, tant que ce progrès économique s'accompagne d'un progrès social et démocratique, et que chacun peut participer à la course en bénéficiant en tant que consommateur, travailleur ou propriétaire, le consensus social est facile à entretenir. En outre, le développement s'est accompagné de la paix elle même devenue un état naturel des relations internationales. La planète s'est globalement pacifiée, pour l'instant. Pour l'heure selon moi les crises actuelle ne sont pas de nature à ramener les gauches au pouvoir tant que la demande de protection et d'entraide n'est pas prioritaire et qu'il n'y a aucune visibilité à long terme. Ces crises entretiennent le chacun pour soi et le court termisme. Le donnant-donnant (basé sur un chantage à l'emploi) favorise souvent le maintien des droites au pouvoir toujours plus promptes au compromis. La gauche elle oscille toujours idéologiquement entre radicalité et réformisme. Depuis toujours je pense que la radicalité n'est envisageable que si on a le temps d'attendre le grand soir.

De toute façon il y a aujourd'hui un vrai challenge : comment donner des règles de gouvernance mondiale à la planète financière en dépassant la résistance des "marchés" et leur capacité à s'adapter très vite. Les "marchés" sont les rois du monde depuis toujours car ce sont des créatures polymorphes dépourvues de sentiments "moraux". Les capitaux sont mobiles, apatrides, en quête permanente de la meilleure performance à court terme, insensibles aux enjeux environnementaux et sociaux pris davantage comme des contraintes que comme des opportunités.

Il n'est pas plus possible de "moraliser" le capitalisme financier qu'il n'est possible de demander à un lion de cesser de tuer ses proies pour vivre. Apprivoiser un fauve n'est pas non plus une solution. Il ne reste qu'une issue : l'enfermer dans des cages de fer et manier le fouet. Voilà pourquoi il faut de mon point de vue se battre pour des règles implacables et des sanctions fortes, notamment fiscales et juridiques.

Dans les milieux financiers et à droite on plaide pour diminuer l'impôt et on manie le chantage à l'exil en disant qu'il faut être réaliste : c'est la loi de la force. Pourtant une solution pour lutter contre les délocalisations c'est d'enraciner les entreprises sur un territoire, en favorisant leur installation mais en faisant payer très cher leur déménagement. Les prédateurs et les chasseurs de primes n'auraient aucune échappatoire si tous les gouvernements jouaient le jeu de la force de la loi en refusant d'accueillir sans contraintes des entreprises ayant bénéficié ailleurs de primes à l'installation. Par exemple, on pourrait taxer ces entreprises sur le territoire d'accueil en rétrocédant tout ou partie des taxes au territoire quitté comme une indemnité de départ lors de la rupture d'un contrat de travail. Les régions et les pays se faisant concurrence, un tel cadre règlementaire ne sera possible que s'il est décidé à un niveau supérieur, européen. La libre circulation des biens et des personnes n'est acceptable que si l'équité entre territoires est préservée.

La première priorité c'est que la puissance publique au sens large se réarme sur tous les plans, et face à la compétition territoriale notamment retrouve des marges de manoeuvre. Si les chefs d'Etat se battaient pour une harmonisation fiscale, budgétaire et monétaire, le risque de voir le monde s'entredévorer reculerait partout.


Seules les pensées restent vraiment

Depuis quelque temps, la mort a frappé des gens de mon entourage ou les menace. Pour être un peu plus précis, des proches de mes proches ont disparu et d'autres sont fragilisés. Ca me touche et me fait me poser des questions.Ce ne sont pas celles qui tournent autour de la vie après la mort du type : nous ne sommes pas éternels. Nous ne sommes que de passage. Nous sommes bien peu de chose. Y a t-il autre chose après ? Je peux égrener les lieux communs sur le sujet et ca ne résoudra rien. J'ai de la peine pour ceux qui souffrent même si je ne peux faire que cela : avoir de la peine.

Non il y a autre chose qui m'emplit de mélancolie ce soir. C'est la question du temps qui passe et des choses qu'on ne fait pas ou qu'on n'a pas faites ou dites, et ce qu'il en restera. La présence au bon moment et l'expression des sentiments ne sont pas mon fort. J'ai peur de le regretter un jour. Or il faut vivre pour ne rien regretter, j'en suis persuadé. Parce qu'après la vie, j'en suis persuadé aussi, il n'y a rien, le néant. Il y a bien sûr ceux qu'on laisse, ceux qu'on aime, la famille, les enfants, ceux qu' il faut protéger autant qu'on le peut. Mais il y a aussi la question de la trace personnelle qu'on laissera ou pas.

Si on réfléchit bien, penser à la vie à la mort, c'est un peu s'apitoyer sur soi même. C'est une affaire d'ego encore une fois qui surgit.

J'ai entendu ce soir dans une série à la télé une phrase qui m'a frappé. Un père se plaignait : "Que va devenir ce qui appartient à la famille depuis des générations si personne ne reprend le flambeau ?" Préoccupation de riche ? Oui et non. Tout le monde a envie de transmettre, et ainsi de perpétuer un peu de soi. En fait la question devient : qu'ai je envie de transmettre ? Tout n'est pas richesse matérielle, patrimoine, héritage. De toute façon issu d'une famille modeste ce n'est pas un enjeu pour moi. Et j'ai la chance d'avoir un fils qui fait des choses qui me rendent fier de lui.

Il y a fort heureusement aussi les valeurs, les actions et les idées que tous peuvent produire et partager. Et l'écrit pour celà est essentiel. Par exemple on sait qui était le Christ par la Bible, un écrit important sur sa vie et ses actes, et non en raison de ce qu'il possédait. Loin de moi l'idée de me comparer au Christ ou aux apôtres mais si je disparais demain, je me rends compte qu'étrangement ce que j'ai pu apprendre, penser et affirmer, existera encore un peu par ce que j'écris ici. Tant que personne ne fermera ce blog, une empreinte de mon discret passage en ce monde sera là. Le mieux serait d'écrire un livre, des mémoires, mais ce serait bien présomptueux, pas toujours glorieux et pas très intéressant. Cette chronique de mes activités politiques ne constitue qu'un volet de ma vie. Mais c'est je pense mieux ainsi : je n'ai pas envie de publier un journal intime pour satisfaire le besoin de laisser une trace et cela n'aidera en rien ceux qui restent. Mais qu'ils sachent que j'ai pensé à eux comptera peut-être un jour.