Christian Blanc n'en peut mais. Sa démission a dû suivre celle d'Alain Joyandet hier soir devant la pression de l'opinion et de l'opposition. Les dérives tabagiques et les onéreux déplacements en avion ont emporté les deux sous-ministres. En tout cas ça c'est fait.
Dans cette ambiance de chasse aux gaspis et aux profiteurs, les français ne laissent rien passer aux politiques. Politiques dont ils jugent à 64% qu'ils sont corrompus, un chiffre en hausse constante presque deux fois supérieur à ce qu'il était dans les années 1970. L'exigence d'exemplarité est très forte. Qu'on le regrette ou non, Internet a certainement contribué à diffuser l'information plus librement malgré les risques de jugements hâtifs et de désinformation. Certains "sages" - souvent proches du pouvoir et des élites - condamnent ce climat délétère comme populiste.
Relativisons : il n'y a pas de guillotine dressée en place de Grève. La révolution de l'information citoyenne reste verbale, elle n'est pas sanglante et c'est heureux. Même une peine de prison n'est pas d'actualité. Et ceux qui veulent nous faire croire qu'Eric Woerth est poussé au suicide comme Roger Salengro se moquent de nous. Aucun des ministres visés (démissionnaires inclus) n'est sous le coup d'une procédure judiciaire. On parle d'abus, d'exemplarité défaillante pas de délits (pas encore).
Malgré tout il y a quelque chose de positif dans ces affaires et ces démissions. C'est le signe que la voix de l'opinion, la vox populi, peut faire bouger les lignes. Le pouvoir a tellement ignoré la colère populaire depuis l'arrivée de Sarkozy, tellement imposé une gestion monarchique et arrogante des affaires - circulez y a rien à voir - qu'on ne sait si par exaspération, le désordre dans la rue n'aurait pas fini par éclater, à croire que le pouvoir le souhaitait.
Pour autant la question des autres scandales à commencer par ceux de l'indécent cumul de fonctions d'Eric Woerth et de la possible prise illégale d'intérêts reste posée. L'opinion forte de cette première victoire va t-elle se calmer ? Je prends le pari contraire.
