Toutes les affaires qui font l'actualité en ce moment tournent autour du soupçon de malhonnêteté. Eric Woerth a t-il négocié son soutien à tel ou tel ? François Marie Banier a t-il manipulé Liliane Bettencourt pour lui soutirer des dons ? Patrice de Maistre a t-il embauché Florence Woerth pour s'attirer les bonnes grâces du ministre ? On pourrait poser mille questions sur ce thème, les affaires nombreuses touchant bien des personnalités au delà du cas du ministre du travail. L'homme politique, l'artiste et le financier sont mis dans le même sac.
Alors tous pourris ? C'est exagéré et simpliste mais l'idée prospère.
Étrangement on dit d'un homme politique qui annonce la vérité qu'il est courageux, au sens quasiment d'inconscient. Dans l'imaginaire populaire, la politique et le mensonge sont intimement liés. Un politicien est forcément un roué. Il ne peut dire la vérité aux gens car ils vous le feront payer au centuple. Le peuple ne supporterait pas d'entendre des annonces négatives. Voilà pourquoi tant de politiciens biaisent avec les mots, jouent de rhétorique, enveloppent leurs idées d'un discours anesthésiant. Ce faisant, c'est perpétuer le discrédit.
Il n'est qu'à lire ou écouter les justifications de ceux que j'ai cités en introduction. C'est pour Eric Woerth un déni de réalité permanent. C'est pour Banier la glorification de son propre rôle. C'est pour de Maistre la contestation de la validité des écoutes. On voit bien qu'il n'y a que la justice qui pourra démêler le vrai du faux. Et encore.
Sarkozy a dit lundi soir "sa vérité" sur l'affaire Woerth. "Sa vérité" ? Pourquoi pas la vérité ? Cette expression en dit long sur ce climat général où rien n'est solide, vrai, sincère. Sur un autre sujet, Claude Guéant le secrétaire général de l'Élysée, disait que la vérité d'aujourd'hui n'est pas celle de demain. Comment ne pas douter de tout en entendant cela ? Comment ne pas voir que le relâchement des valeurs frappe la société toute entière à commencer par le haut.
Plus que jamais la période se prête au scepticisme et à l"inquiétude. Le peuple doute de ses élites politiques, je crains qu'il n'ait raison en ce qui concerne cette génération. Comme pour l'équipe de France de football, il y a du ménage à faire à droite comme à gauche. La campagne de 2012 sera aussi morale.
