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juillet 2010

Club DSK une fausse bonne idée

J'ai été sollicité comme beaucoup d'autres sur la Coopol notamment pour rejoindre  le club DSK créé par Antonio Duarte. Il est facile de comprendre la démarche et l'objectif - encourager une candidature de DSK en 2012 - mais même si j'y suis favorable, je pense que ce n'est pas une bonne idée de procéder ainsi.

J'ai adhéré à "A gauche en Europe", il fût un temps. Ce club de réflexion - mis en sommeil depuis - avait été créé pour servir la même cause, promouvoir l'idéal social démocrate incarné par Dominique Strauss-Kahn. Terra nova aujourd'hui m'intéresse beaucoup.

Mais un phénomène récent vient de tout bouleverser : c'est l'abus des micros partis notamment à droite et parfois à gauche dans le but de créer des pompes à finances parallèles pour certains candidats appartenant à des grands partis. Plus de 280 micros partis existent. Je trouve l'usage immodéré de ces structures contraire à l'esprit qui anime nos statuts au PS. Autant il est possible de s'organiser en courants, autant il est interdit d'appartenir à une autre organisation politique. Même baptisées club, cercle, laboratoire ces entités peuvent avoir vocation à présenter, soutenir ou promouvoir des candidats supportant des propositions s'éloignant fortement de la ligne majoritaire décidée au PS. Reste posée la question du financement des candidats aux primaires.

C'est bien sûr en partie l'objectif pour le Club DSK comme c'est aussi le cas sans doute de Désirs d'avenir (transformé cependant en association loi 1901) ou du micro parti de Manuel Valls. Par respect du parti socialiste, je n'en serai donc pas. Par ailleurs je ne souhaite pas que nous donnions aux citoyens la piètre image que véhicule l'UMP avec sa pléiade de partis satellites qui conduit in fine au détournement de la loi sur le financement des partis politiques. Une clarification ultérieure de la loi pourrait me faire changer d'avis mais pour l'heure je m'abstiendrai.


Adieu à Bernard Giraudeau

Bernard_GiraudeauJ'aimais beaucoup Bernard Giraudeau. Un grand acteur, un homme intelligent, sensible. Un homme qui- avec un courage étonnant - a regardé la mort arriver les yeux dans les yeux, lui qui avait ce regard bleu d'un charme fou, à la fois séducteur et baroudeur.

J'aime aussi beaucoup son ancienne compagne Anny Duperey, mère de ses deux enfants, une belle personne dans tous les sens du terme. Elle a eu des mots d'une grande humanité et d'une grande tendresse pour sa nouvelle compagne à cette occasion.

Comme d'autres, j'ignorais le combat contre le cancer qu'il menait depuis des années. Je savais par contre sa sensibilité de gauche.

Anonyme parmi les anonymes qui le saluent aujourd'hui pour son dernier voyage, je lui dis au revoir et toute ma reconnaissance pour ce qu'il a été tout au long de sa vie : un bel artiste.

Très simplement merci pour tout Monsieur Bernard Giraudeau.


La politique et le mensonge

Toutes les affaires qui font l'actualité en ce moment tournent autour du soupçon de malhonnêteté. Eric Woerth a t-il négocié son soutien à tel ou tel ? François Marie Banier a t-il manipulé Liliane Bettencourt pour lui soutirer des dons ? Patrice de Maistre a t-il embauché Florence Woerth pour s'attirer les bonnes grâces du ministre ? On pourrait poser mille questions sur ce thème, les affaires nombreuses touchant bien des personnalités au delà du cas du ministre du travail. L'homme politique, l'artiste et le financier sont mis dans le même sac.

Alors tous pourris ? C'est exagéré et simpliste mais l'idée prospère.

Étrangement on dit d'un homme politique qui annonce la vérité qu'il est courageux, au sens quasiment d'inconscient. Dans l'imaginaire populaire, la politique et le mensonge sont intimement liés. Un politicien est forcément un roué. Il ne peut dire la vérité aux gens car ils vous le feront payer au centuple. Le peuple ne supporterait pas d'entendre des annonces négatives. Voilà pourquoi tant de politiciens biaisent avec les mots, jouent de rhétorique, enveloppent leurs idées d'un discours anesthésiant. Ce faisant, c'est perpétuer le discrédit.

Il n'est qu'à lire ou écouter les justifications de ceux que j'ai cités en introduction. C'est pour Eric Woerth un déni de réalité permanent. C'est pour Banier la glorification de son propre rôle. C'est pour de Maistre la contestation de la validité des écoutes. On voit bien qu'il n'y a que la justice qui pourra démêler le vrai du faux. Et encore.

Sarkozy a dit lundi soir "sa vérité" sur l'affaire Woerth. "Sa vérité" ? Pourquoi pas la vérité ? Cette expression en dit long sur ce climat général  où rien n'est solide, vrai, sincère. Sur un autre sujet, Claude Guéant le secrétaire général de l'Élysée, disait que la vérité d'aujourd'hui n'est pas celle de demain. Comment ne pas douter de tout en entendant cela ? Comment ne pas voir que le relâchement des valeurs frappe la société toute entière à commencer par le haut.

Plus que jamais la période se prête au scepticisme et à l"inquiétude. Le peuple doute de ses élites politiques, je crains qu'il n'ait raison en ce qui concerne cette génération. Comme pour l'équipe de France de football, il y a du ménage à faire à droite comme à gauche. La campagne de 2012 sera aussi morale.


Une opinion chauffée à Blanc

Christian Blanc n'en peut mais. Sa démission a dû suivre celle d'Alain Joyandet hier soir devant la pression de l'opinion et de l'opposition. Les dérives tabagiques et les onéreux déplacements en avion ont emporté les deux sous-ministres. En tout cas ça c'est fait.

Dans cette ambiance de chasse aux gaspis et aux profiteurs, les français ne laissent rien passer aux politiques. Politiques dont ils jugent à 64% qu'ils sont corrompus, un chiffre en hausse constante presque deux fois supérieur à ce qu'il était dans les années 1970. L'exigence d'exemplarité est très forte. Qu'on le regrette ou non, Internet a certainement contribué à diffuser l'information plus librement malgré les risques de jugements hâtifs et de désinformation. Certains "sages" - souvent proches du pouvoir et des élites - condamnent ce climat délétère comme populiste.

Relativisons : il n'y a pas de guillotine dressée en place de Grève. La révolution de l'information citoyenne reste verbale, elle n'est pas sanglante et c'est heureux. Même une peine de prison n'est pas d'actualité. Et ceux qui veulent nous faire croire qu'Eric Woerth est poussé au suicide comme Roger Salengro se moquent de nous. Aucun des ministres visés (démissionnaires inclus) n'est sous le coup d'une procédure judiciaire. On parle d'abus, d'exemplarité défaillante pas de délits (pas encore).

Malgré tout il y a quelque chose de positif dans ces affaires et ces démissions. C'est le signe que la voix de l'opinion, la vox populi, peut faire bouger les lignes. Le pouvoir a tellement ignoré la colère populaire depuis l'arrivée de Sarkozy, tellement imposé une gestion monarchique et arrogante des affaires - circulez y a rien à voir - qu'on ne sait si par exaspération, le désordre dans la rue n'aurait pas fini par éclater, à croire que le pouvoir le souhaitait.

Pour autant la question des autres scandales à commencer par ceux de l'indécent cumul de fonctions d'Eric Woerth et de la possible prise illégale d'intérêts reste posée. L'opinion forte de cette première victoire va t-elle se calmer ? Je prends le pari contraire.