La réforme des retraites annoncée par le gouvernement prévoit de décaler l'âge légal de départ à 62 ans en 2018.
Pour ce qui me concerne, sauf si la gauche revient au pouvoir - et encore j'ai un léger doute - l'horizon c'est l'année 2020. C'est loin. Mais de toute façon je ne suis pas pressé. J'ai un métier de cadre, avec certes du stress mais une pénibilité physique réduite. Comme la plupart des cadres, la réforme ne change pas grand chose pour moi. Ayant intégré depuis la réforme de 2003 qu'il fallait avoir cotisé 41,5 ans pour bénéficier de la retraite à taux plein, les 62 ans étaient déjà inscrits dans ma tête.
Oui mais les autres ? Et après 2020 ? C'est ce qui me choque depuis que j'entends les commentateurs dans les médias. Beaucoup sont des personnes comme moi, qui parlent des efforts nécessaires des français, de l'alignement sur les standards européens, de la réaction favorable des "marchés", de la note triple A sur notre dette. Benoit Hamon a raison, c'est une réforme faite par des cadres pour les cadres. Entrés tard sur le marché du travail, un métier intéressant, procurant des revenus et une épargne ou un patrimoine supérieur à la moyenne, ou est le problème pour eux ?
Qui va faire entendre la voix de ceux qui sont usés par le travail ? Qui bouclent leurs fins de mois à 50 euros près. Ou sont les sommes nécessaires pour aller au bout de la réforme, beaucoup le disent, il manque 15 milliards sur 45 ! On est dans une réforme dure et incomplète, aux efforts non partagés, au financement insuffisant. Quand on remettra le dossier en chantier en 2020, on redira aux salariés que c'est à eux de faire l'effort. A eux seulement, et pas aux revenus du capital voilà le scandale. C'est à nous au Parti socialiste de le dire haut et fort je l'espère, aux syndicalistes aussi. Le 24 juin, il faudra se faire entendre. C'est la résistance du corps social qui est à l'épreuve.
