Personne ne pense que Sarkozy est un intellectuel. Mais il est intelligent, suffisamment en tout cas pour être devenu le leader incontesté de la droite française. On est loin de Jaurès ou de De Gaulle question valeur idéologique ou littéraire mais il est très habile.
A dessein il suscite une animosité voire une agressivité extraordinaire contre lui. J'y cède autant que les autres. Chirac a bien été la cible d'attaques personnelles mais pas à ce point. C'est la personnalité de Sarkozy qui en est la cause naturellement. Pourquoi ? Il pousse à l'extrême limite de sa fonction la vantardise et la familiarité. Avec le recul on en trouve des traces dans la plupart de ses interventions passées. La dernière en date, cette vidéo où on le voit affirmer qu'il a voté pour le RMI et la retraite à 60 ans alors qu'il n'était même pas député. On n'ose rappeler ses souvenirs fantasmés du mur de Berlin en 1989, ses postures de sauveur du monde et de l'Europe lors d'à peu près tous les sommets internationaux. Ses critiques de ses prédécesseurs et de ses collaborateurs ... C'est puéril. C'est immature. C'est au final souvent grotesque. C'est ce qu'on appelle en langage familier "une tête à claques".
Il y a un danger à lui répondre à chaque fois qu'il prononce une énormité. Déjà ce serait suivre les traces de ce boulet qu'est Frédéric Lefebvre. C'est surtout tomber dans de vaines polémiques. Dés lors faut-il le tacler à chaque fois comme ne manque pas de le faire Martine Aubry ? Elle vient de le comparer à Bernard Madoff lors de la dernière convention nationale du PS à laquelle j'assistais à la Plaine St Denis. J'ai applaudi des deux mains en me disant "oh la, elle y va fort !". Hollande dit qu'il ne faut pas céder à la facilité, copier Sarkozy, tomber à son niveau. On a toujours envie de rendre coup pour coup au leader de droite dont la simplicité de façade cache mal le goût pour le pouvoir et ses fastes. Mais il faut revenir au fond. Ce qu'il faut démontrer, dénoncer et marteler sans cesse : Sarkozy défend les intérêts particuliers des plus favorisés, des rentiers, de ceux qui possèdent le plus.
Le projet socialiste en gestation a besoin de valeurs positives. Il a besoin pour donner envie d'y adhérer d'une espérance en un monde meilleur. Il ne suffira pas de l'antisarkozysme pour l'emporter en 2012. Même si les médias y poussent, toujours à la recherche d'un bon client, d'une petite phrase, il nous faudra résister à la tentation de la personnalisation du débat. Ce serait risquer que l'enjeu de la présidentielle porte à nouveau sur l'individu et non sur son projet, même si on l'espère, notre candidat(e) ne supportera plus un procès en crédibilité. Martine Aubry fort heureusement a porté un autre message lors de cette convention. C'est - on croise les doigts - la fin du bal des egos, la force du travail collectif.
Il faut continuer à être rassemblés. S'il y a un type d' images et d'idées que j'aimerais que nous mettions en avant désormais, c'est bien celle ci.
