Previous month:
avril 2010
Next month:
juin 2010

mai 2010

Rassemblés pour gagner

Personne ne pense que Sarkozy est un intellectuel. Mais il est intelligent, suffisamment en tout cas pour être devenu le leader incontesté de la droite française. On est loin de Jaurès ou de De Gaulle question valeur idéologique ou littéraire mais il est très habile.

A dessein il suscite une animosité voire une agressivité extraordinaire contre lui. J'y cède autant que les autres. Chirac a bien été la cible d'attaques personnelles mais pas à ce point. C'est la personnalité de Sarkozy qui en est la cause naturellement. Pourquoi ? Il pousse à l'extrême limite de sa fonction la vantardise et la familiarité. Avec le recul on en trouve des traces dans la plupart de ses interventions passées. La dernière en date, cette vidéo où on le voit affirmer qu'il a voté pour le RMI et la retraite à 60 ans alors qu'il n'était même pas député. On n'ose rappeler ses souvenirs fantasmés du mur de Berlin en 1989, ses postures de sauveur du monde et de l'Europe lors d'à peu près tous les sommets internationaux. Ses critiques de ses prédécesseurs et de ses collaborateurs ... C'est puéril. C'est immature. C'est au final souvent grotesque. C'est ce qu'on appelle en langage familier "une tête à claques".

Il y a un danger à lui répondre à chaque fois qu'il prononce une énormité. Déjà ce serait suivre les traces de ce boulet qu'est Frédéric Lefebvre. C'est surtout tomber dans de vaines polémiques. Dés lors faut-il le tacler à chaque fois comme ne manque pas de le faire Martine Aubry ? Elle vient de le comparer à Bernard Madoff lors de la dernière convention nationale du PS à laquelle j'assistais à la Plaine St Denis. J'ai applaudi des deux mains en me disant "oh la, elle y va fort !". Hollande dit qu'il ne faut pas céder à la facilité, copier Sarkozy, tomber à son niveau. On a toujours envie de rendre coup pour coup au leader de droite dont la simplicité de façade cache mal le goût pour le pouvoir et ses fastes. Mais il faut revenir au fond. Ce qu'il faut démontrer, dénoncer et marteler sans cesse : Sarkozy défend les intérêts particuliers des plus favorisés, des rentiers, de ceux qui possèdent le plus.

Le projet socialiste en gestation a besoin de valeurs positives. Il a besoin pour donner envie d'y adhérer d'une espérance en un monde meilleur. Il ne suffira pas de l'antisarkozysme pour l'emporter en 2012. Même si les médias y poussent, toujours à la recherche d'un bon client, d'une petite phrase, il nous faudra résister à la tentation de la personnalisation du débat. Ce serait risquer que l'enjeu de la présidentielle porte à nouveau sur l'individu et non sur son projet, même si on l'espère, notre candidat(e) ne supportera plus un procès en crédibilité. Martine Aubry fort heureusement a porté un autre message lors de cette convention. C'est - on croise les doigts - la fin du bal des egos, la force du travail collectif.

Il faut continuer à être rassemblés. S'il y a un type d' images et d'idées que j'aimerais que nous mettions en avant désormais, c'est bien celle ci.

Pscollectif



Les députés qui font leur boulot de députés ... et les autres

Un classement attendu, celui de l'activité des députés par le site les infos.com.

http://www.lesinfos.com/docs/classementdeputes2010.pdf

"Mon" député Pierre Morange, le maire UMP de Chambourcy pointe à la 77ème place. David Douillet se situe à la 537ème mais il n'est en poste que depuis peu. 

En tête du classement, le compagnon de MAM, Patrick Ollier avec 368 interventions. En queue d'illustres inconnus et des ténors comme Xavier Bertrand, Jack Lang, JC Cambadélis, André Santini qui sont intervenus entre 1 et 20 fois. Un rapport de 1 à 368 !

Certes, il faut juger le travail des députés dans son ensemble, à l'assemblée, dans les médias, dans les collectivités locales, dans les commissions, sur le terrain. Mais c'est à chacun de faire son compte-rendu de mandat s'il veut mériter d'être reconduit. 


DSK et Aubry : le match est lancé

La dernière semaine d'actualité politique a été décisive selon moi. Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn ont tous deux montré des signes d'intérêt pour la présidentielle de 2012. Oh évidemment pas au point de se déclarer candidats à la candidature. Mais leur comportement au cours des derniers jours, leurs réponses aux interviews à la télévision ou dans la presse montrent que le match est lancé.

Martine Aubry dans le Parisien affirme son leadership sur le parti. Elle confirme que le cumul des mandats pour les sénateurs socialistes, c'est fini et elle dit que le PS reviendra sur l'âge légal à 60 ans en cas de victoire en 2012, signe qu'elle se voit en position d'incarner cette victoire.

DSK de son côté dans une de ses rares interviews télévisées sur France 2 dans "A vous de juger" se montre à l'égal d'un chef d'Etat, avec en fond d'écran, la capitale américaine Washington et le Capitole. Il demande "qu'on le laisse travailler" et refuse que qui ce soit parle en son nom. Au passage il prend une position plus ouverte sur l'âge de la retraite à 60 ans. Plus droitière pensent certains.  Pour moi c'est parce qu'il ne dit pas "non je ne serai pas candidat", qu'il y songe sérieusement.

Sans mésestimer les chances d'une Ségolène Royal ou d'autres challengers au sein du PS comme François Hollande, on sent bien que la compétition va se jouer entre ces deux là. De leur capacité à s'entendre et à décider qui doit y aller dépendra la réussite des primaires qui vont venir. J'entends par réussite, la rampe de lancement d'une candidature victorieuse à la présidentielle, le succès populaire de la consultation n'étant pas le vrai sujet. Les primaires internes de 2006 avaient été un succès pour Royal. Elles n'avaient en rien aidé notre candidate à l'emporter ensuite.

Pour ma part, j'attends réellement que les deux se parlent, décident ensemble, et que celui ou celle qui sera le plus en situation s'impose "naturellement" devant l'autre. Tant pis pour les adeptes du combat spectacle à outrance. Nous n'avons rien à gagner à nous battre entre nous. De mon point de vue, c'est de cette capacité à ranger les egos au placard que dépendra principalement la victoire. Je soutiendrai sans état d'âme l'un ou l'autre dès qu'ils l'auront décidé. Avec une préférence pour DSK mais ça, tout le monde s'en doute.


La retraite à 60 ans ? "Dépêchez vous, il n'y en aura plus pour tout le monde !".

Quand on dépasse les 50 ans parmi les salariés, quel est l'objet le plus fréquent des conversations à la machine à café ou à la cantine selon les observateurs les plus attentifs ? La retraite. Et c'est peu de choses de dire qu'elle est attendue. Elle est ardemment souhaitée par une majorité de personnes avec une impatience grandissante avec l'âge.

C'est d'autant plus notable que cette attente se retrouve dans toutes les catégories sociales, cadres ou non. L'intérêt présumé des cadres pour leur travail et les avantages inhérents à leur fonction ne les empêche pas de désirer quitter l'entreprise le plus vite possible. Les raisons ? La pression au travail, la hiérarchie oppressante, la déshumanisation, tout celà certes. Mais pour certains il y a aussi conscience qu'une phase entière de la vie commence à 60 ans, consacrée à soi et à autrui. Pour d'autres il y a en contrepoint le sentiment diffus que les acquis sociaux seront de plus en plus difficiles à conserver dans le futur.

Les projets actuels du gouvernement ne sont pas là pour les rassurer. La remise en cause de l'âge légal de départ à la retraite est dans les tuyaux, pour le 1er janvier 2011 selon le Monde. Il y a donc une impatience des salariés à partir le plus tôt possible. La retraite à 60 ans, "Dépêchez vous, il n'y en aura plus pour tout le monde !".

Même DSK précise que la démographie nous rattrape. L'augmentation de l'espérance de vie, réelle marque du progrès de nos sociétés, entraîne un réexamen des équilibres de nos régimes. Et d'ailleurs il faudrait parler plutôt des déséquilibres puisqu'on parle d'un besoin de financement de 50 milliards d'euros en 2050. Ce serait cependant la première fois depuis la guerre qu'un gouvernement ferait supporter aux français un recul aussi marqué de leurs avantages acquis. Ce serait le prix à payer pour le laxisme ou le manque de courage des gouvernements de droite ou de gauche qui ont précédé. Il est vrai que le premier livre blanc sur les retraites ordonné par Michel Rocard date de 1991.

L'intéressant est de voir maintenant comment gauche et droite vont s'affronter sur le sujet : projet contre projet. PS contre UMP pour les partis dits de gouvernement. Le projet socialiste a été avancé en amont de celui de l'exécutif et a subi de plein fouet les critiques de la droite. C'est de bonne guerre. La ligne de démarcation est axée sur le symbole de l'âge légal de la retraite à 60 ans. C'est la réforme qu'attendent parait-il les marchés pour décider si les français (ou plutôt leur dette) méritent ou non de garder leur note AAA. Ce serait pour beaucoup une raison de ne pas leur céder, mais ce serait se tromper d'enjeu : il ne s'agit pas de défier les marchés mais de trouver la meilleure solution pour nos concitoyens. Il s'agit d'être pragmatique et juste.

Le PS repousse à 2025 la remise en cause de l'âge légal de départ à la retraite, il ne la récuse pas. Pourquoi pas ? Le gouvernement repousse bien sans cesse le retour de nos équilibres budgétaires dans les critères européens d'année en année. Les travaux de Terra Nova indiquent bien qu'il n'y a pas urgence immédiate si on plafonne les prestations. DSK dit lui même qu'il ne faut pas faire des réformes à marche forcée, marque de fabrique du sarkozysme. La stratégie de tension organisée par la majorité et le Medef peut se fracasser contre les résistances du mouvement social. Tôt ou tard il faudra y passer malgré tout ? Peut-être mais le plus tard possible. 


L'impôt-travail-citoyen contre les impasses à gauche

Dans sa tribune publiée dans Le Monde, Manuel Valls exprime son refus de la "société du soin", la théorie du "care" revisitée par Martine Aubry. Il considère qu'il s'agit d'une erreur grave pour la gauche au prétexte que - comme ce qu'a fait Sarkozy - cette promesse entraînerait des attentes intenables de la part des politiques.

Tout la question est là : comment résoudre le dilemme de la prochaine mandature présidentielle pour la gauche ? Les déficits, la compétitivité, la réactivité, l'adaptation au monde moderne, les contraintes extérieures ... tout celà rend-il caduque toute forme d'espérance pour nos concitoyens d'un progrès social réclamé à corps et à cris par les autres ? Comment contribuer à restaurer la confiance ? Encore des impôts mal acceptés, encore des promesses ? 

C'est ce qui explique la difficulté des socialistes les plus radicaux à incarner l'alternance. Pour les uns, la France a trop vécu à crédit et il serait temps de payer nos dettes, pour d'autres la France des riches exploite sans vergogne la France des pauvres, et il n'est que temps de redistribuer autrement. Double impasse.

Pour les premiers, c'est ce "principe de réalité et de liberté" que Manuel Valls cherche à incarner et à promouvoir, ce qui le place ipso facto à droite du PS. C'est en effet à droite que l'on trouve le plus de tenants du "sang et des larmes" comme remède de cheval à nos problèmes. La purge, la rigueur, la fin du rêve d'un monde meilleur, tel est le programme. Dans son opposition à Martine Aubry, Valls combat l'empêchement de l'individu comme la droite combat contre l'empêchement des entreprises, pour la dérégulation et le libre marché. C'est le centre gauche qui s'affiche social libéral. En face, il y a les tenants du "toujours plus", "il y a de l'argent", "faisons leur payer leur crise", autant de slogans populistes et de potions magiques qui n'ont fait qu'entretenir les français dans le mythe d'une autre politique que les autres - les ennemis de classe - pouvaient et devaient payer puisqu'ils se seraient enrichis aux dépens de la nation. On trouve parfois chez les amis de Benoit Hamon certaines de ces envolées. C'est la gauche aux accents marxistes qui se dit décomplexée.

C'est théoriser selon le cas, l'impuissance ou la dictature du politique. C'est accepter soit de passer sous les fourches caudines du marché et de la mise en concurrence soit de favoriser un étatisme étouffant à tous les niveaux conduisant à l'immobilisme. En renoncant à changer l'état du monde, en acceptant le monde tel qu'il est, Manuel Valls cède à l'hyper-réalisme. Il propose une société de l'émancipation de l'individu, alors qu'il s'agit de libérer les énergies collectives. Il a raison de dire que l'Etat n'a pas à se préoccuper du bonheur individuel, mais il a tort quand il semble penser que la somme des intérêts particuliers conduira à l'intérêt général. Je renvoie les tenants de l'autre politique à la même insuffisance, à leur conservatisme. L'intérêt général ne peut être dicté aux citoyens par l'Etat.

En face de quoi, il faut imaginer un nouveau compromis social et fiscal. 

Pour accepter la règle commune, les citoyens se doivent de participer et de réfléchir aux moyens de l'action publique. Sans tout attendre d'un Etat à la fois impécunieux et omniprésent, les socio-démocrates au centre de la gauche doivent rechercher en priorité une troisième voie : une société de croissance mais une société de justice, une société régulée mais émancipatrice, laissant une large place au contrat. Cette nouvelle société en mouvement donnera à chacun à toutes les étapes de sa vie la possibilité de récolter les fruits de l'oeuvre commune.

Une proposition: l'impôt-travail-citoyen.

La société assure la formation, le développement, la recherche, la santé, la sécurité, la vie associative et culturelle en contrepartie pour le citoyen de ses impôts, mais aussi d'une part de son temps, de ses qualités et de son travail. Cette proposition consistant à proposer aux citoyens de payer sur une base volontaire une partie de leur impôt en travail d'intérêt général, un impôt-travail-citoyen serait une idée à approfondir, contribuant à rapprocher les citoyens de la chose publique. Même un retraité pourrait payer de son temps. Un troc fiscal? Pourquoi pas si celà réconcilie les contribuables et la politique. Cela a déjà fonctionné : cette mesure existait chez les grecs de l'Antiquité. La civilisation grecque était à son apogée. Elle ne cherchait pas comme aujourd'hui dans tous les pays développés à échapper à l'impôt par tous les moyens. 


La société du "care" ou nouvelle politique de civilisation ?

La réflexion entamée par Martine Aubry autour de la société du "Care" (le soin en anglais), ce concept inventé par Adam Smith (le père de l'économie néo-classique libérale !) et David Hume, me fait furieusement penser à ce que Nicolas Sarkozy a voulu tenter avec sa "politique de civilisation" empruntée à Edgar Morin. 

Il est trop tôt pour juger si ces approches philosophico-politiques trouveront un débouché concret, c'est à dire une perspective pour les français. Ce qu'on appelle un programme présidentiel à l'arrivée. Même s'il est important d'avoir une pensée systémique, on est très loin des réalités quotidiennes quand on se préoccupe de telles considérations. Le risque de décalage et d'incompréhension est grand. Il semble que cela ait coûté quelques points de popularité à Martine Aubry au moment où la crise grecque et la fébrilité des marchés financiers traduisent les dysfonctionnements du monde capitaliste. 

Est ce bien le moment de s'interroger publiquement sur le soin porté à l'autre, sur la lutte contre l'invidualisme de nos sociétés, sur l'empathie nécessaire avec ceux qui souffrent ? Quand le FMI est au chevet d'une partie de l'Europe, quand Sarkozy menace (il a démenti) de quitter la zone euro, quand les grecs, les anglais et les espagnols se préparent à une purge économique douloureuse, les français attendent autre chose de l'opposition.

Le voyage en Inde de Martine Aubry lui a sans doute permis de prendre du recul et de la hauteur, mais point trop n'en faut. Sans partager les options et le discours quelque peu excessif de Manuel Valls sur le "care", j'estimerai judicieux que notre première secrétaire revienne sur le terrain des dossiers brulants.


Un 1er mai de dépit

J'étais hier à la manifestation du 1er mai à Paris parmi les militants du Parti Socialiste et de la fédération des Yvelines. J'aurais pu aussi défiler avec la CGT des cadres et techniciens (UGICT-CGT) dont je fais partie mais ma place est davantage au sein du PS.

Un constat : une mobilisation minorée aussi bien politique que syndicale. Nous étions entre 21 000 et 45 000 personnes à défiler soit trois fois moins que l'an passé. Pourquoi ce 1er mai de dépit ?

Je passe sur les explications faciles : la fin des vacances, la division syndicale (FO et la CGC ainsi que la CFTC faisaient bande à part), un temps mitigé (en fait ni chaud, ni froid), la morosité ambiante. En fait je pense tout simplement qu'il est difficile de mobiliser contre un ennemi qui s'appelle la crise. Les gouvernements peinent à trouver des solutions mais la mondialisation de la crise ne permet pas aux français d'accuser spécifiquement les responsables politiques français des maux qui nous frappent, même s'ils y ont leur part.

Pourtant on l'a vu dans la manifestation, certains mots d'ordre sont porteurs. Par exemple la casse du secteur public est un thème mobilisateur. La réforme des retraites inquiète mais comme elle n'est pas encore annoncée clairement, difficile de manifester contre des mesures virtuelles. L'emploi est le problème lancinant ... En résumé le militant se trouve un peu en repli, sans autre ligne à défendre que celle des acquis sociaux, sans perspective de progrès.

Ce serait cependant une erreur de croire au découragement du mouvement social. Il s'agit d'une mobilisation conforme aux années de transition, comparable à 2003 par exemple. Si 2010 n'est pas un grand cru, si l'abstention aux régionales a été massive, si beaucoup attendent une explosion qui ne vient pas, c'est que chacun fait le dos rond. Pour l'heure, le citoyen encaisse les chocs sans broncher. S'il n'est pas définitivement frappé d'indifférence, il tente de comprendre et de voir le bout du tunnel.

Si Sarkozy n'avait pas dévalué à ce point la parole politique, la période se prêterait à l'homme neuf, l'homme (ou la femme) providentiel. On le voit ailleurs : ce serait le cas en Grande Bretagne avec le libéral démocrate Nick Clegg qui pourrait supplanter le travailliste Gordon Brown.

Celui ou celle qui - en France - saura expliquer l'état du monde, donner des clés pour l'avenir, mieux répartir les richesses, sans céder au populisme, sans dénoncer des boucs émissaires, celui là pourra rassembler la population frappée durablement par les crises multiples. Il est évident que les solutions ne seront pas franco-françaises et ne seront pas faciles. Cela prendra du temps. Les déficits sont énormes, y compris et surtout le déficit de confiance. C'est d'ailleurs peut-être l'ampleur des déficits qui explique le dépit. La France doute à nouveau et ça se voit.