Previous month:
mars 2010
Next month:
mai 2010

avril 2010

Goldman Sachs, le prédateur traqué

Usurier2 Barack Obama a Wall Street dans le collimateur. Et parmi les banques c'est la banque d'affaires Goldman Sachs qui concentre les critiques les plus vives. Parce que c'est le coeur de la crise en Europe, la presse a abondamment relaté le rôle ambigü des conseillers de la banque américaine dans l'affaire grecque. Comment ces financiers ont permis à l'Etat grec de truquer la présentation de ses comptes afin de bénéficier de nouveaux crédits, puis après avoir empoché leurs commissions, de spéculer sans risques en pariant sur la défaillance probable des grecs à terme.

Une banque prédatrice qui verse d'énormes bonus à ses traders vedettes, plus de 5 milliards d'euros. Parmi eux un français, Fabrice Tourre qui a conçu et fait vendre des produits dérivés de type CDS (credit default swaps) sur l'immobilier juste avant la crise qui a tout emporté. Des pertes considérables à la hauteur des bonus de la banque.

C'est ce qui s'appelle truquer la partie : c'est gagner à tout coup, pile je gagne, face tu perds. Sauf que des règles ont été violées, le devoir de conseil a été ignoré, des délits d'initiés ont été commis, en résumé la confiance des investisseurs a été trompée. Hors tout le système financier repose sur la confiance. Pas étonnant que les Etats qui ont mis la main à la poche pour sauver les gigantesques institutions qui ont failli mourir d'indigestion de produits toxiques (AIG, Fanny Mae, Freddy Mac, HypoVereinsbank, ...) ont fini par enquêter sur ces banques. Suspectes elles ont trop vite récupéré leurs mauvaises habitudes et regagné d'énormes profits sur les marchés. Qu'on les taxe n'est que justice.

Une morale ? Il n'y a pas de morale. Comment demander à un loup de passer devant un troupeau de moutons sans se jeter dessus ? Il faut mettre le troupeau à l'abri, on ne changera pas la nature du loup. On doit appeler la justice et la loi à l'aide et faire en sorte qu'elles sanctionnent et protègent. C'est ce qu'Obama fait ou tente de faire aux Etats-Unis. Quand Sarkozy parle de "moraliser le capitalisme financier", Obama le fait. Il veut mettre en place une législation qui empêchera les banques de spéculer pour leur compte propre, de multiplier les opérations de couverture sans contrepartie, d'abuser de l'effet de levier, de gérer dans l'opacité des transactions sophistiquées. Ce sont pour l'essentiel des réponses techniques à une crise hors normes. Il est possible que celà ne suffise pas car la cupidité, défaut humain largement répandu, ne reculera pas pour autant. En outre l'inventivité des financiers est sans limites. Leurs lobbies sont puissants. Quoiqu'il en soit, il faut que les pouvoirs publics s'arment ou se réarment contre les comportements anti-sociaux, contre les comportements des agents économiques qui ne concourent pas à l'intérêt général.

Jamais le système économique basé sur la liberté du marché n'a été autant contesté. Le laisser faire n'est plus de mise. Il ne s'agit certes pas d'en venir à un système administré de type communiste, qui n'est rien d'autre qu'un capitalisme d'Etat comme on le voit en Chine. Il s'agit de définir des normes et des principes qui guident l'action publique. Nos sociétés sont déjà par nature trop individualistes, et même égoïstes. Il appartient à l'Etat et singulièrement à la gauche de remettre au coeur de son projet les instruments d'une nouvelle solidarité et d'un contrôle accru de la création de richesses, pour que des Goldman Sachs aient moins d'opportunités de prospérer par la tricherie.


L'élite polonaise décimée par crainte d'être en retard ?

Une information qui mérite d'être confirmée mais il semblerait que le président polonais décédé ait lui même intimé l'ordre au pilote d'atterrir à Smolensk là où l'avion s'est crashé à sa quatrième tentative.

Les manifestations devant commencer une demie-heure plus tard, un détournement vers un autre aéroport aurait causé un retard important de la délégation officielle polonaise. Morts pour avoir eu peur d'être en retard ? Celà paraît incroyable, mais c'est la cause banale de tant d'accidents de la route, qu'elle en paraît plausible. L'explication porterait en même temps un coup fatal à la théorie du complot si vite ressortie par certains.

Elle démontrerait tragiquement que même les homme politiques les plus responsables peuvent prendre des décisions impulsives dont ils ne mesurent pas la portée. Si l'information se vérifie, elle montre aussi qu'il faut savoir dire non à l'ego hypertrophié de ceux qui nous dirigent surtout quand ils sortent de leur champ de compétences. Kascynski était un président fantasque, un peu trop vif comme Sarkozy et Berlusconi, c'est à dire égocentrique, hâbleur et agité. Si l'enquête confirme qu'il a - avec son entourage - poussé à franchir les limites de la sécurité, cette dernière intervention aura vraiment été dramatique, le pilote n'ayant guère de possibilité de résister à la pression. Par respect pour sa mémoire, en l'absence de témoins directs il est fort possible que celà ne reste qu'une hypothèse.


Martine Aubry monte en puissance

Martine Aubry se prononce contre le quinquennat, ironise sur le recul du gouvernement au sujet de la taxe carbone, annonce un calendrier de primaires, demande à nouveau l'abandon du bouclier fiscal, soumet au débat la réforme des retraites, lance les conventions thématiques du PS censées fonder le projet socialiste ... Bref Martine est sur tous les fronts. En prime on a appris qu'elle serait en mesure de battre Sarkozy en 2012, ce qui enlève à DSK l'argument du seul candidat capable de battre le président. 

Que de chemin parcouru depuis le calamiteux congrès de Reims, où mal élue, mariant la carpe et le lapin, contestée par certaines excellences socialistes et bien sûr par Ségolène Royal, elle paraissait au mieux comme une papesse de transition ("en attendant DSK"), au pire comme une bourreuse d'urnes uniquement préoccupée de l'appareil et du TSS.

Aujourd'hui nous avons une première secrétaire socialiste de plein exercice, combative, parlant fièrement de nos valeurs, ancrée à gauche, ouverte aux partenaires et réfléchissant aux enjeux du temps présent ... Clairement, Martine se prépare à l'échéance de 2012. Et je suis de plus en plus convaincu par sa capacité à incarner l'alternance. Sa capacité à fédérer la gauche et les écologistes. Sa capacité à proposer une nouvelle offre politique aux français axée sur la protection, la solidarité, la modernité. Elle peut rassembler une majorité autour d'un projet au service de la croissance écologique et du développement durable. Il lui reste à savoir mieux parler non pas au peuple de gauche mais aux catégories populaires et aux minorités déçues par les partis de gouvernement.

Il serait urgent que Dominique se prononce avant que je ne bascule entièrement dans le camp de Martine. C'est à lui de nous dire avant la fin de l'année s'il compte revenir et s'investir complètement dans ce nouveau défi. Je viens de vivre une expérience similaire à mon petit niveau qui démontre qu'il ne suffit pas d'avoir les qualités mais qu'il faut aussi montrer le plus d'envie pour obtenir le poste que l'on désire. A Dominique de manifester assez tôt les signes qu'il en a vraiment envie. C'est pour l'instant tout sauf évident et Martine montre de plus en plus qu'elle ferait une candidate de qualité pour la gauche, bien mieux qu'une candidate par défaut.