Bonne nouvelle ! Enfin un résultat électoral qui s'annonce satisfaisant sur le plan national ... Les régionales donnent à la mi-temps une ample avance à la gauche en général et au PS en particulier. Pour autant, les commentaires prudemment optimistes de Martine Aubry et des autres leaders sont les bienvenus. Il faudra attendre la semaine prochaine pour crier victoire.
Je souhaite me pencher quelques instants sur le cas de ma région d'Île de France où Jean-Paul Huchon devrait logiquement poursuivre son mandat de président à la tête d'une assemblée largement renouvelée.
Si on analyse le résultat francilien de 2010, qu'observe t-on ?
- Le total des voix de gauche est supérieur de 10 points environ à celui de 2004 (c'est vrai aussi au plan national), ce qui change tout y compris pour les échéances futures. Le PS n'est plus seul avec des alliés squelettiques comme en 2007.
- Le FN est éliminé ayant obtenu moins de 10%. Il pourrait fusionner mais c'est exclus : l'UMP y perdrait beaucoup. En tout cas, pas de triangulaire comme en 2004.
- Avec moins de 5% le Modem est éliminé. Il ne peut même pas fusionner, ce qui enlève une épine du pied de JP Huchon avec la gauche radicale.
- Le Front de Gauche est devant le Modem, ce qui n'est pas sans conséquence sur les stratégies d'alliance et l'unité même du PS.
- L'UMP est devant le PS mais n'a aucune réserve de voix significative. A part une mobilisation des abstentionnistes pour rééquilibrer un scrutin jugé trop favorable à la gauche, rien ne viendra au secours de Valérie Pécresse.
- Le PS a formidablement récupéré de son échec cinglant des européennes il y a moins d'un an (juin 2009). Au fond du trou, il a sû taire ses querelles internes, se rassembler autour de Martine Aubry, et grâce à son réseau d'élus et de militants reprendre son leadership à gauche. C'est quasiment inespéré en si peu de temps.
- Les écologistes semblent adopter un discours responsable ce qui fait que pas mal d'électeurs du Modem sans doute lassés des atermoiements de Bayrou ont franchi le pas pour un autre parti clairement à gauche.
- Le bémol c'est l'abstention massive. Pas au point de contester comme le fait l'UMP une signification nationale au scrutin, mais cela signifie bien que le projet régional n'a pas été mobilisateur. Le mot d'ordre du PS : "la région est un bouclier social" n'a pas mobilisé les électeurs. Il faudra s'en souvenir en 2012, un programme basé uniquement sur la protection et l'anti sarkozysme sera insuffisant.
