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janvier 2010

Peillon empêche le débat FN - UMP

La désaffection volontaire de Vincent Peillon au débat Besson - Le Pen a atteint au moins un objectif : faire parler de lui. Alors qu'il devait intervenir en deuxième partie de soirée dans la première émission politique de 2010, il a fait faux bond en se drapant d'une colère théâtralisée  appelant  à la démission d'Arlette Chabot.

Je n'ai pas de goût particulier pour la politique spectacle, encore moins pour ceux qui hurlent pour se faire entendre sauf en cas de détresse absolue. Attention aux grands mots : est ce que la république court un danger grave et imminent à l'occasion d'un tel débat ? Pas vraiment. En tout cas, la presse internationale ne s'en est pas émue. Rien à voir avec un second tour Chirac - Le Pen.

Il faut ramener l'évènement à ses justes proportions : l'occasion pour un homme politique de faire parler de lui en profitant d'un impair de la direction de France 2 trop préoccupée de plaire à Sarkozy.

Au moment où Haïti pleure, où la crise crée de nombreux chômeurs, où les bonus se déversent sur Wall Street et la City, aucun sujet autre que l'immigration et l'identité nationale ne méritait l'attention ? Le débat voulu par la droite a des arrières pensées électorales flagrantes. Il s'agit de montrer la fermeté de la droite de gouvernement et en même temps son humanité. Une position centrale qui repousse le FN et le PS aux extrêmes : radicale ou ringarde voilà l'image dévolue à l'opposition.

La méthode de Peillon est contestable car il ne respecte pas les règles. Il a triché et probablement menti à France 2. Mais elle a le mérite d'empêcher que le débat FN - UMP n'emplisse toute la scène politique. Qui l'aurait écouté en seconde partie de soirée ? Les passionnés et les convaincus. Il aurait servi d'alibi rien d'autre.

Alors je surmonte mes préventions contre ces méthodes de pirate, et je soutiens l'initiative de Vincent Peillon, même s'il ne s'agit pour moi que d'un fusil à un coup. Le PS ne peut se permettre de refuser le débat à chaque fois, sauf à vouloir ressembler à l'ancien leader communiste Georges Marchais qui apostrophait les journalistes de l'ex-ORTF avec des "taisez vous Elkabbach" ou "vous avez vos questions, moi j'ai mes réponses".


Le port de la burqa et la loi

Je suis assez étonné de constater que la burqa occupe une place importante dans l'actualité au point de supplanter la crise financière, le réchauffement climatique, la mort de ce bon Monsieur Seguin et j'en passe.

On parle de 2 000 personnes en France - et encore personne ne sait le chiffre exact - qui porteraient la burqa ou sa version light le niqab. Le président du groupe UMP, Jean-François Copé croit de bonne politique que de légiférer au nez et à la barbe de la commission parlementaire en charge du dossier. Beaucoup sont partagés sur les mesures à prendre dans les deux camps. Légiférer ou pas ?

Le PS pense que non, les lois actuelles étant selon lui suffisantes pour gérer l'éventuel trouble à l'ordre public.

Pour ma part je partage cet avis. Une loi doit servir à défendre nos valeurs : liberté, égalité, fraternité, solidarité, justice, laïcité, dignité. Notre loi fondamentale, la constitution, régit déjà ces valeurs. Il ne faut y toucher qu'avec beaucoup de prudence car l'équilibre est fragile. Ou commence et s'arrête la liberté de ces femmes à s'habiller comme elles le souhaitent et comme leur religion le leur demande ? Difficile de trancher. Ou est la rupture d'égalité ? Y a t-il vraiment atteinte à la dignité quand ces femmes disent accepter ce vêtement de leur propre chef ?

La pression morale de la société islamique doit-elle être supplantée par la pression morale de la société chrétienne occidentale ? Pourquoi n'interdit-on pas aux prêtres et aux cardinaux de se vêtir de leurs uniformes religieux ? Pourquoi n'interdit-on pas les déguisements dans les pièces de théâtre ou au cinéma ? Bref je n'arrive pas à concevoir qu'on doive légiférer pour une catégorie de personnes sous prétexte d'un accoutrement hors normes. Je n'y arrive pas. La peur irrationnelle que certains ressentent devant ces Belphegor est à ranger au niveau des préjugés anti-musulmans ou de la superstition. Combien d'attentats ont été commis par des femmes en burqa en France ?

Si on n'y prend garde, la loi devra s'occuper prochainement des blonds à casquette, des roux à capuche, des punks, des skin-heads, des costumes traditionnels bretons, corses ou alsaciens, ...  Une telle loi serait liberticide ? Non une telle loi serait tout simplement ridicule.