Le Modem a donné une nouvelle preuve qu'il ne faut pas s'en occuper avant le 2ème tour de quelque élection que ce soit. Quand Ségolène Royal essaye pour la deuxième fois de conclure un accord avec François Bayrou, elle essuie un refus clair et net. Elle sait pourtant que François Bayrou veut se présenter en 2012. Il s'agit d'arriver devant lui à ce moment là avec un bon projet et un(e) bon(ne) candidat(e). Le reste n'est que péripéties et littérature. A quoi bon tenter de les faire rentrer dans le rang d'une hypothétique alliance dont personne ne veut chez le Modem et chez nos partenaires ? C'est manquer de sens politique. Bayrou est dans le discours politicien pas dans l'action, basta !
Bayrou évacué, on peut épiloguer longtemps sur la démarche solitaire de Ségolène Royal qui devient franchement un problème, à tel point qu'on se demande qui la conseille. Elle s'affranchit de la ligne officielle du parti qui consiste à rassembler d'abord la gauche puis à rassembler tous ceux qui se retrouvent sur un projet au deuxième tour. Ligne claire, simple, compréhensible par tous. C'est d'ailleurs ce que François Hollande avait donné comme principe général lors des élections municipales de mars 2008. Ségolène a mal interprété la proposition d'arc central de Bayrou : il ne s'agissait en rien d'un appel du pied pour quelques places. Il s'agissait d'un leurre, d'un attrape socialos. Ca suffit.
Pour mémoire à Achères, nous avions tenté le rassemblement à gauche au premier tour derrière le maire communiste sortant et c'est seulement devant l'échec des négociations que nous avions conclu un accord privilégié de premier tour avec les Verts, puis à leur demande un accord arc-en-ciel avec le Modem. Notre mauvais résultat final a démontré que cette alchimie n'a pas convaincu l'électorat local même si d'autres raisons ont pu jouer. Je ne regrette rien personnellement, car c'était une alliance sur un projet et tous nos collègues Verts - Modem avaient accepté nos conditions.
Une difficulté vient du refus du Modem d'une alliance qui inclue les communistes ou l'extrême gauche. Ces derniers ont la même attitude d'exclusion ce qui rend toute coalition d'arc central ou arc-en-ciel très problématique. La question d'une majorité d'alternance constituée de progressistes et de socio-démocrates se pose toujours de manière aigue, facilitant la tâche de Sarkozy.
Je ne vois qu'une solution : un parti socialiste fort, reconstruit et uni. Une vraie force militante et un programme novateur défendu par des candidats crédibles. Si en prime les candidats pouvaient oublier un peu leurs personnes, penser à l'intérêt général et au long terme, nous aurions énormément progressé. Voeu pieux sans doute, mais on peut rêver à l'occasion de la prochaine réforme de nos statuts.
Pour que ce rêve devienne réalité, il faudrait appliquer une règle simple : pas plus de dix ans dans le même mandat et pas plus de deux mandats consécutifs à la tête d'un exécutif local ou national. Une utopie certes, mais qui mériterait de figurer dans le marbre de notre constitution comme c'est le cas aujourd'hui pour la fonction présidentielle.
