Après son rôle controversé dans l'échec de la conférence de Copenhague (Flopenhague disent certains), la Chine se manifeste à nouveau dans l'actualité en condamnant à onze ans de prison un dissident chinois, intellectuel réputé pour crime de "subversion au pouvoir de l'Etat".
Liu Xiaobo a commis en effet le crime de demander la fin du monopole du parti communiste chinois et l'institution d'un régime démocratique. En répondant par la répression, la Chine démontre qu'elle n'est pas entrée dans le XXIème siècle. Elle ne respecte même pas la trève de Noël, période de paix entre les peuples.
Elle a pourtant signé la déclaration universelle des droits de l'Homme. Celle ci défend clairement le pluralisme et la liberté d'expression notamment dans son article 19 qui stipule : "Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit."
On ne peut accepter la timidité des réactions des chancelleries occidentales et surtout française face à ce scandale. Il est indispensable que Messieurs Sarkozy et Kouchner dénoncent fermement cette nouvelle violation des droits de l'homme. Mais comme le président doit aller en Chine l'an prochain exploiter commercialement des contacts renoués par F. Fillon et JP Raffarin, on anticipe la tiédeur des réactions au nom de la realpolitik. On comprend mieux pourquoi l'UMP a signé un accord de coopération avec le PCC (parti communiste chinois). A l'Elysée on a désormais l'échine souple face à la Chine, loin des rodomontades sur les droits de l'homme qui ne faisaient plaisir qu'à Carla.
Je considère cette condamnation emblématique tout autant voire plus que celle du Dalai Lama. Il faut que chaque démocrate participe autant que possible à la défense de la cause de M. Liu et des dissidents chinois.
