Julien Dray fera l'objet d'un simple rappel à la loi dans l'affaire de mouvements de fonds suspects qui lui a valu l'opprobre et le soupçon pendant un an.
Il va aussi récupérer la première place de la liste socialiste dans l'Essonne pour les régionales.
Cette issue est logique même si elle va laisser un sentiment mêlé. La décision de justice ressemble à un compromis, car elle n'évacue pas totalement l'impression d'un flirt de l'intéressé avec la ligne jaune et la légalité. La justice se base aussi sur la relative modicité des sommes en cause (environ 78 000 € quand même) pour estimer qu'il n'y a pas de préjudice et d'ailleurs pas de plainte des associations qui ont été remboursées. Il n'y avait donc pas matière à poursuivre nous dit-on.
On se demande dès lors : sachant tout celà depuis longtemps, pourquoi Dray et aussi les socialistes accusés de faire fi de la présomption d'innocence ont-ils subi tout ce cirque médiatico-judiciaire ? Dray pourra à bon droit parler de complot, le PS se plaindre des dysfonctionnements alors que de son côté le bon peuple interloqué pourra soupçonner une connivence des puissants et une justice à deux vitesses ou une justice incapable.
Triste affaire au demeurant, je ne vois personne qui en sorte grandi. Ni Dray dont la réputation est durablement entachée dans l'opinion, ni le PS qui a paru le soutenir du bout des lèvres, ni la justice qui a laissé toutes les rumeurs s'installer entre violation du secret de l'instruction et soupçon de jugement politique dans une liaison trouble avec l'exécutif.
Le mieux est de tourner la page. Cette affaire n'est un exemple à suivre pour personne.
