Le nationalisme évoque dans les cours d'histoire le prélude à la guerre de 1914. Il est en fait la cause de toutes les guerres passées et à venir. Le nationalisme ou souverainisme c'est une énorme bouffée d'égoïsme et de repli sur soi. C'est à son retour en force auquel nous venons d'assister à Copenhague.
Le G2 (l'expression symbolisant les géants Etats-Unis - Chine) domine le monde. L'échec de Copenhague c'est d'abord le sien, mais c'est aussi la preuve manifeste que l'Europe ne compte guère quand il s'agit d'enjeux planétaires. Quand Obama parle à la Chine, il n'invite pas le président de l'UE en titre, à savoir le premier ministre suédois que personne ne connait, encore moins le nouveau président H. Van Rompuy qu'on n'a pas vu. Ne parlons pas de Barroso toujours aussi transparent. Quant au trio Merkel - Brown - Sarkozy il n'a pas existé, bien que chacun dans son style ait essayé de peser.
Etrangement, on a plus entendu parler du G77 (le club des pays émergents), du Brésil via Lula, voire même de l'Afrique par le président sud africain Zuma que des pays riches européens et du Japon. Mais aucun de ces pays n'a changé le cours des choses.
La Chine est sans doute la première responsable de l'échec de Copenhague, - comme l'Inde était la cause de l'échec de Doha pour les discussions de l'OMC - mais la façon dont Obama se sentait contraint par le Sénat, et au delà par l'Amérique profonde était patente.
On le sait, les pays se tiennent par la barbichette : le rattrapage économique accéléré - et la pollution - de la Chine passent par la consommation - et la pollution - effrénée des américains. La spirale vertigineuse se nourrit d'elle même. La population croît de façon massive alors que les ressources de notre planète sont limitées. Qui ne ressent un malaise ? Qui ne pense à l'issue d'une telle course ? Incontrôlée, il s'agira forcément d'une violente convulsion meurtrière à l'échelle mondiale.
La crise est en gestation, lente et invisible. Des dommages irréparables sont en train de ravager notre écosystème. Nous allons faire face à un choc climatique, énergétique, social d'une ampleur jamais connue dans les trente ans à venir. Et pendant ce temps là rien, strictement rien. Les dirigeants du monde se disputent autour d'un chiffon de papier, une déclaration de trois pages sans relief ni engagement.
Force est de constater que nous n'avons pas des dirigeants à la hauteur des enjeux et que nous sommes très loin d'une gouvernance mondiale. Le "Yes we can" paraît bien loin. Le G2 se neutralise, le G193 de l'ONU est impuissant. La solution est peut-être au milieu. Et si nous appliquions pour la crise écologique ce qui a semblé marcher pour la crise financière en réunissant le G20 ?
