Peillon ou Royal, Royal ou Peillon ? Le week-end politique a sombré à nouveau dans des querelles entre socialistes.
Vincent Peillon, brillant leader d'Espoir à Gauche (EAG) a manifesté sa mauvaise humeur publiquement devant la venue impromptue de Ségolène Royal à la réunion qu'il organisait à Dijon sur le thème de l'éducation.
Faisant fi du sujet principal, Ségolène est venue en quelque sorte récupérer le bien qu'elle avait abandonné à la sortie du congrès de Reims : le mouvement EAG au sein du PS et sa cohorte de militants. Elle avait préféré s'occuper de Désirs d'Avenir et ses sympathisants hors du PS. Vincent a bien sûr moyennement apprécié. Qui dirige Espoir à Gauche ? En principe c'est celui qui l'anime, celui qui organise les évènements, celui qui rassemble depuis plus d'un an. Pour moi normalement c'est Peillon. Mais pour elle, l'intendant ne compte pas, la propriétaire c'est elle. Et sans prendre de gants, elle lui a infligé une belle humiliation. Choqué, Peillon l'a ensuite disqualifiée pour mener la gauche. Ambiance.
Naturellement les médias sont venus pour les empoignades "joyeuses" entre socialistes, pas pour les dossiers - en l'occurence l'éducation - que l'animateur, Vincent Peillon, voulait traiter.
Quand on pense que Peillon et Royal étaient très proches il y a peu, on reste perplexe. La solution pour la gauche s'éloigne, alors que le rapprochement des progressistes d'où qu'ils viennent est une idée forte.
De nouvelles inimitiés et incompréhensions viennent de se fabriquer l'espace d'un week-end. Les royalistes ne parlent plus aux fans de Peillon, qualifié à son tour d'usurpateur comme Aubry. Des invectives s'échangent sur internet, sur facebook notamment. On n'est plus "amis". La caisse de résonance médiatique bat son plein. La droite jubile. C'est pitoyable.
Cette initiative a été organisée par Jean-Louis Bianco dit-on. Il a sans doute parié sur le fait que Peillon n'oserait pas bouger devant la reprise en main de Royal. Pas de chance, celui ci a bougé ; et plus que celà, il a sévèrement condamné. Erreur d'anticipation. Sermonner Peillon ? Erreur de communication : le ton moralisateur était malvenu. Erreur de stratégie : qui peut comprendre qu'après avoir jeté son jouet, la dame veuille le récupérer ? Tout cela semble tenir du caprice. Erreur sur les attentes des français : on est très loin des préoccupations des gens qui attendent moins une star qu'un projet et une alliance que Peillon tentait de construire. Pour autant, j'ignore ce qui a motivé celui ci à réagir aussi vivement si ce n'est la colère de se voir retirer le fruit de son travail, sentiment partagé par ... Ségolène.
C'est suicidaire. Je n'arrive pas à comprendre comment on peut espérer regagner la faveur des citoyens en étalant publiquement nos désaccords. A court terme, dans l'optique des régionales, c'est de toute façon un coup porté à l'unité des socialistes.
DSK reviens, ils sont devenus fous !
