Plongés dans la constitution des listes pour les régionales, les partis politiques sont dans leur élément favori : les guéguerres d'appareil. Le scrutin de liste est l'instrument favori de l'apparatchik pour exister politiquement. Ses talents individuels n'étant pas toujours suffisants ou reconnus, il tient là sa revanche.
Je ne parlerai pas beaucoup des batailles à droite. D'abord j'en ignore les coulisses ensuite je prise peu les méthodes à la hussarde de l'UMP dont l'autorité du chef éclipse tout. A noter cependant la victoire personnelle de Rama Yade sur l'appareil UMP puisqu'elle va figurer en N° 2 dans les Hauts de Seine au lieu du Val d'Oise où certains voulaient l'exiler. La popularité, c'est le talisman. C'est aussi à sa popularité que David Douillet doit sa 2ème place dans les Yvelines derrière Valérie Pecresse. Je retiens enfin que l'UMP et le NC ont finalisé un accord national.
A gauche, c'est un peu l'éclatement avec le PS, les Verts et le front de gauche. Les partenaires PRG, MRC, et des groupuscules divers font payer cher au PS un certain isolement. Ils prennent une large part dans les listes régionales dirigées par le PS sans avoir le plus souvent une légitimité particulière, ni notoriété, ni implantation locale. La frustration s'accentue quand on connait de l'intérieur les luttes fratricides au sein ou entre les courants du parti pour s'arroger les meilleures places éligibles. Inutile d'épiloguer, je suis en plein dedans et j'avoue que c'est très révélateur des luttes d'ego en politique.
Certains assimilent l'élection régionale à un concours d'entrée dans l'administration, avec statut et indemnités. D'autres la confondent avec une élection de conseiller général pour défendre leur village ou leur canton. Les derniers enfin sont prêts à marcher sur la tête de quiconque conteste leur position compte tenu des services rendus. Tous portent la main sur le coeur pour expliquer qu'ils veulent "servir". Mouais. Servir, être servi, se servir il y a un peu de tout ça. Mais qu'on ne se méprenne pas, c'est un constat vrai à gauche comme à droite.
Les Verts et le front de gauche ont eux aussi un redoutable appareil partisan, doté de sous chapelles et de sensibilités diverses. Mais ils n'ont pas encore aux yeux de l'opinion cette réputation de partis d'élus et pour cause, ils ont plus d'aspirants que de places.
Au fnal, les listes seront constituées avec plus ou moins de bonheur. Elles ne reflèteront pas forcément l'expression des meilleurs talents et des couleurs des régions. Elles seront le fruit de compromis et de tractations. Nos concitoyens n'y verront que goutte mais il n'y a pas de quoi les réconcilier avec la politique. Je comprends que le Général de Gaulle ait voulu en finir avec le régime des partis par excellence, à savoir la IVème république où le règne des combinaisons, niant le mérite, privilégiant l'entregent, constitue un cauchemar pour les "purs". Il ne faut pas être naïf, c'est sans doute inévitable dans les assemblées élues à la proportionnelle.
Le débat sur la démocratie représentative est vieux comme le monde. Pourtant tout serait si simple si tout le monde était d'accord pour limiter ce fichu scrutin de liste à l'élection municipale. Pour le coup, je suis de plus en plus favorable à la généralisation du scrutin uninominal à deux tours.
