Un vote oui à 67% en 2009, un vote non à 53% en 2008, que faut-il en penser ?
Je suis heureux du résultat pour la construction européenne, c'est un pas dans la bonne direction. Pour autant j'entends les critiques sur ce vote qui bafouerait la démocratie. La question est bien sûr celle du laps de temps entre deux votes sur le même sujet. Selon moi ce qu'un vote a fait un autre peut le défaire. C'est d'ailleurs le principe même de la démocratie.
Certes le contexte a changé un peu, on a donné quelques garanties aux irlandais mais sur le fond on n'a rien touché. Par contre la crise a frappé l'économie et modifié la perception des irlandais sur l'Europe qui protège. Au final le résultat s'explique, les irlandais ont compris leur intérêt. C'est aussi ce à quoi ils pensaient la première fois d'ailleurs : leur intérêt. Je n'ai jamais suivi cette idée d'un peuple se battant pour des causes - d'ailleurs hétéroclites - que les nonistes d'autres pays voulaient lui faire endosser. Ce vote est un vote de raison qui démontre que l'Europe qui se construit est bien une fédération d'Etats-nations.
Il faut de toute façon renoncer à idéaliser le référendum. Il est démontré que le vote soit positif ou non, qu'un référendum sur des sujets complexes est trop souvent détourné de son objectif premier. La gauche l'a bien compris qui a organisé ce jour une votation citoyenne sur un sujet simple et consensuel : le refus de la privatisation de la poste. Le résultat est prévisible mais c'est un mode d'action civique qui vaut toutes les manifestations.
Pour conclure sur le vote irlandais, j'espère maintenant que les présidents polonais et tchèque ne vont pas traîner pour ratifier enfin le texte déja validé par leurs parlements respectifs.
