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Les questions qu'on peut se poser à la lecture des résultats électoraux de ce week-end sont nombreuses : à quoi sert le PS ? A quoi sert la social-démocratie ? Quel message envoient les électeurs en désignant en Allemagne une coalition de la CDU et des libéraux du FDP comme la solution aux problèmes du pays ? Que penser de la poussée confirmée d'Europe Ecologie et des Verts en France ?

S'il ne s'agissait que du résultat d'un week-end et d'élections partielles, il faudrait se garder de conclusions hâtives, mais là on peut légitimement s'interroger.

Le recul historique de la social-démocratie allemande est un vrai souci. La maladie de langueur des socialistes français a touché nos camarades allemands. Incapables de mettre en avant un leader charismatique, incapables de formuler un projet offensif et convaincant, incapables de proposer une alliance crédible en rejetant Die Linke dans l'opposition, les socio-libéraux sont condamnés à l'opposition pour quatre ans.

Face à celà, la victoire d'Angela Merkel est une victoire par défaut. Les libéraux du FDP ont gagné avec un slogan "le travail doit de nouveau payer" que Nicolas Sarkozy n'aurait pas renié. Mais la gauche aurait tort de railler cet usage de la valeur travail tant celà correspond à une aspiration profonde de la population. La problématique du pouvoir d'achat et la question de l'emploi ne sont pas neutres. Nous ne savons plus parler simplement des problèmes des gens, apparaissant pour l'essentiel comme les défenseurs d'avantages acquis.

La gauche qui protège et la gauche qui proteste ne forment pas une majorité. Il faut une offre politique innovante, soucieuse de l'intérêt général et des générations futures. Les électeurs sont à la recherche d'une gauche qui avance, proposant un autre monde plus écologique et davantage tourné vers l'humain. Cette force qui bâtit l'avenir, aux yeux de nombreux citoyens  pour l'instant ce sont les écologistes.

Qu'on estime injuste le procès en ringardise qui nous est fait, que le projet écolo soit une illusion d'optique, ou une réelle anticipation, le travail des socialistes est de convaincre qu'en tant que force politique organisée, ils sont utiles au camp des progressistes et au pays. Humilité, écoute et travail. Recommençons par là.


L'Allemagne à droite, le Portugal à gauche

Les deux grands partis allemands de droite (CDU) et de gauche (SPD) ont reculé, mais la droite a gagné. Angela Merkel sera toujours chancelière. Une déception attendue mais une déception quand même. Die Linke fait un bon score. Les verts sont à l'étiage habituel. Ce scrutin est étonnant quand on voit le score des libéraux du FDP qui auraient dû payer la crise. L'égoïsme social est une valeur montante dans un pays vieillissant et inquiet. Il faudra faire de la place aux jeunes et aux têtes nouvelles pour reconstruire l'opposition.

Au Portugal, les socialistes reculent aussi mais gardent le pouvoir. Une consolation dans une soirée qui aura vu aussi le conseil général du Val d'Oise rebasculer à droite en raison d'une élection partielle perdue par l'élue communiste sortante.

A l'heure où j'écris, on attend encore le résultat de la 10 ème circonscription des Yvelines qui serait plus serré que prévu. Vu le contexte local, les verts ont vraiment le vent en poupe.

EDIT : dans la 10ème un écart de 5 voix seulement ! On recompte demain ...


Une gouvernance économique mondiale au G20

Les crises sont source d'opportunités lit-on dans les bouquins de management et de marketing. Il faut croire que la théorie a raison. La crise financière et économique qui sévit depuis 2007 a entraîné une modification profonde et inattendue des règles de gouvernance mondiale favorisant l'interventionnisme. Un changement idéologique - le curseur bouge à gauche - est à l'oeuvre dans les rapports public - privé et Nord-Sud mais la politique ayant sa propre dynamique, il faut rester prudent.

On peut lire sur ce site, le communiqué final du G20 de Pittsburgh (en anglais). 

En substance, je retiens quelques points clés :

  • Le lancement d'un "framework" : un cadre règlementaire d'actions coordonnées pour "une croissance forte, durable et équilibrée". On lit même l'adjectif "croissance verte", preuve que l'écologie gagne du terrain  ...
  • La consécration du G20 comme forum principal des acteurs clés du monde économique. avec des sommets réguliers, notamment en France en 2011 (juste avant 2012 ...).
  • Le renforcement des règles comptables IFRS pour limiter la prise de risques inconsidérés et standardiser les bonus.
  • L'accroissement du rôle du FMI en triplant ses ressources et en rééquilibrant les droits de vote vers les pays émergents. Un acte de compassion habituel : un couplet sur l'aide aux payx pauvres. DSK a atteint cet objectif qui figurait dans son projet de candidature à la direction du FMI mais il faudra juger les actes concrets.
  • Le maintien d'une économie ouverte et libre, opposée au protectionnisme. La globalisation de l'économie est toujours considérée comme "heureuse" ou "bénéfique". La finalisation des accords de Doha reste l'objectif de l'OMC en 2010.

C'est naturellement le dernier point qui fait l'objet des critiques les plus virulentes à gauche. La concurrence libre et non faussée  constitue la pierre angulaire du système libéral. Il est certain que ce texte soumis à une consultation populaire ne passerait pas la rampe dans tous les pays. Même la ratification parlementaire pourrait se heurter à des difficultés.

A l'instar du projet européen à ses débuts, ce sont les bases d'une gouvernance mondiale par le haut (impulsée par les chefs d'Etat ou de gouvernement) qui se profilent. Comme après une guerre, il est frappant de noter cette prise de conscience du politique dans l'action économique, anticipant l'adhésion des peuples. Le parallèle avec les mesures prises après 1945 est tentant, notamment cet effort de reconstruction et de réformes.

La sphère publique a t-elle sauvé la sphère privée ? Oui sans doute. Le marché (ou plutôt les marchés) a t-il rendu les armes ? Non, pas du tout. Il est même probable que les lecteurs les plus attentifs des conclusions du G20 auront noté un futur terrain de jeu pour spéculateurs et investisseurs : la croissance durable et les taxes carbone. Dans un environnement libéral, les bulles et les crises sont en permanence en gestation entre deux cycles. Ne dit-on pas que l'inquiétante et influente banque d'affaires Goldman Sachs prépare déjà les stratégies de conquête de ces nouveaux marchés.

La gouvernance économique mondiale en est encore à ses débuts. Tant qu'elle restera pour partie entre les mains d'acteurs incontrôlés, les crises se succèderont. Toutes les conclusions ne sont pas encore tirées de la crise en cours, le G20 le reconnaît lui même. L'action publique a sans doute évité le pire, à savoir la grande dépression des années 1930. Malgré la poussée du chômage un immense soupir de soulagement a été poussé sur toutes les places financières depuis le printemps dernier : le capitalisme ne s'est pas autodétruit.

Sur le plan politique, le résultat dans les urnes est disparate : certains gouvernements comme au Japon ou en Angleterre sont sanctionnés, d'autres comme en Allemagne ou en Italie sont confortés. La prime est à l'activité et au mouvement. Le clivage gauche droite a peu joué. Nous savons ce qu'il nous reste à faire.  


La confirmation d'Europe Ecologie

Un scrutin partiel étonnant dans la 10ème circonscription des Yvelines marque la poussée des verts d'Europe Ecologie. 

Anny Poursinoff sera donc face à JF Poisson l'ancien suppléant de Ch. Boutin et député sortant. Elle est passée depuis 2007 de moins de 4% à 20% et le PS de 21% à 12%. Tous les partis de gauche la soutiennent naturellement. Je lui souhaite de réussir.

Voilà une situation qui devrait nous alerter pour les régionales et pour la 12ème circonscription bientôt en lice.  On comprend l'euphorie des Verts. Nos électeurs qui ont zappé vers eux nous envoient un message clair : arrêtez avec vos querelles permanentes si vous voulez rester le parti dominant à gauche.


Dépasser ou se dépasser, telle est la question

Une fois de plus, Ségolène Royal donne le tempo. A Montpellier hier, elle a appelé au "dépassement du PS". Les mots comptent. Elle appelle les adhérents et les sympathisants à dépasser le parti. Qu'est ce que ca veut dire ? Bataille sémantique ou nouveau débat nombriliste ? 

Il s'agit si on entend bien de "créer un mouvement puissant" capable de renverser la droite. Si on ne peut que partager l'objectif, on a le droit d'être dubitatif sur les moyens. En meeting, les accents populistes de Ségolène Royal sont de plus en plus marqués. Elle excelle dans la condamnation des élites, des pouvoirs intermédiaires, des apparatchiks et des élus "professionnels" (comprendre chefaillons de section ou de fédération, cumulards et indéboulonnables). Succès garanti en meeting, défendre les petits contre les grands, faire huer un ennemi bouc émissaire est une stratégie de communication éprouvée. D'ailleurs Sarkozy en fait autant.

En début de semaine, Ségolène Royal dénoncait sur son nouveau site pas très réussi, la "loi du silence" concernant les tricheries internes au dernier congrès. Cette expression est forte, elle signifie qu'une mafia dirige le parti. Je me demande si Ségolène se rend compte de l'image du parti qu'elle renvoie à l'extérieur. Elle tape fort, qu'elle ne s'étonne pas des retours de manivelle.

Mais justement le PS que doit-il faire, que doit-il devenir ? Si on veut appeler tous les acteurs actuels à se rénover, y compris les ténors, y compris l'appareil, y compris les élus, sans les opposer aux simples militants blancs comme neige, que faire ? Pour moi, la bonne formule consisterait à proposer au parti de se dépasser et non à dépasser le parti. La métamorphose est nécessaire. Si nous réfléchissions ensemble à cette tâche gigantesque : l'union des gauches. Allons vers une fédération (je ne crois pas au parti unique ou à un nouveau parti) avec un projet commun. Je crois que les verts , les communistes, les chevenementistes et les radicaux y sont ouverts, sans doute le parti de gauche aussi.

Si Ségolène pouvait reformuler sa proposition en ce sens, j'y serais favorable. En fait c'est déjà la proposition de Martine Aubry assez mal perçue de "maison commune". On a peiné à y mettre du contenu et les ambitions internes ont fait le reste pour repousser ce pan de la rénovation aux calendes grecques. Mais si nos leaders pouvaient se mettre d'accord sur cette direction, je suis certain qu'au delà des mots, le PS et la gauche auraient un avenir.  Une fois qu'on aurait défini un projet commun, comment ne pas accepter un candidat commun désigné par des primaires, comment ne pas voir qu'une immense dynamique porterait ce candidat en 2012 et forcerait le centre de Bayrou au compromis. La victoire en dépend. Non la bataille de l'union des gauches n'est pas une question de nombril, c'est une question d'avenir.


Elections régionales : Jean-Paul Huchon candidat à la candidature

Huchonjp Hier soir aux Mureaux,  se tenait une réunion de présentation des candidats à la tête de liste socialiste pour les régionales de mars 2010 organisée par la fédération des Yvelines.

Un seul candidat s'est présenté aux nombreux militants présents : Jean-Paul Huchon. L'autre candidat annoncé, un militant de Seine Saint-Denis, n'a pas fait le déplacement.

Je dois dire que j'ai été très agréablement surpris par la prestation de Jean-Paul pour nous motiver à participer à une compétition interne dont le résultat final est - ne nous le cachons pas - un peu écrit d'avance.

En perspective il y a bien sûr la question de la dynamique de la campagne à lancer mais aussi plus important, il y a les thèmes de ladite campagne, les arguments sur lesquels nous aurons à défendre notre liste pied à pied, face à une opposition de droite arrogante et revancharde.

J'ai été rassuré hier parce que les bases de la future campagne sont extrêmement solides : un bilan, une équipe, un projet. Du sérieux, du lourd, du concret construit autour de trois urgences : économique, sociale et écologique.  Je ne souhaite pas développer tous les points sur cette première note mais je compte sérieusement impliquer la section, mes amis et mes camarades pour que la région Ile de France reste à gauche.

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Il y a un autre combat électoral plus proche, c'est celui des législatives sur la 12ème Frederikbernard circonscription où mon ami Frédérik Bernard, maire PS de Poissy, va affronter un vrai poids lourd, l'ancien champion David Douillet. Une rude bataille dont l'issue peut décider de la présence ou non d'un député de gauche dans un département entièrement aux mains de la droite (12 circonscriptions sur 12). A l'avenir le scandaleux redécoupage en cours ne nous laisse quasiment aucun espoir de nous battre à égalité avec la droite dans les Yvelines.

Enfin je n'aurai garde d'oublier notre camarade Françoise Pelissolo qui dans la 10ème, à Rambouillet se retrouve face à J. F. Poisson, suppléant de Christine Boutin. Connaissant la détermination de Françoise, je suis sûr qu'elle peut surprendre. Malgré la difficulté des challenges, je les assure bien sûr tous deux, de notre soutien total.Fpelissolo

Pour l'heure, il s'agit au Parti socialiste rénové de se rassembler autour de nos candidats afin de mettre en oeuvre la formule - social-démocrate - de Jean-Paul Huchon :

S'occuper de ceux qui souffrent et aider ceux qui avancent.

 

PS : ceci dit si on observe la concurrence, on n'est pas totalement inquiet.


Hortefeux doit-il démissionner ?

Le ministre de l'intérieur a commis ce que certains qualifient de gaffe, d'autres de scandale en lancant une phrase à l'emporte pièce sur les arabes : "c'est quand il y en a beaucoup, qu'il y a des problèmes". Nombreux sont ceux qui y voient le symbole d'une politique et d'une dérive xénophobes. La polémique atteint une telle ampleur que l'appel à démissionner est quasi unanime à gauche - sauf quelques originaux comme Jack Lang - et la défense en bloc est la règle à droite. Effets mécaniques du bipartisme ou réelle opposition, mesurons les enjeux du débat.

L'homme : Hortefeux n'est pas n'importe qui. C'est l'ancien ministre de l'immigration et de l'identité nationale, devenu ministre de l'intérieur, en gros le patron de la police. C'est aussi un ami de Nicolas Sarkozy qui a axé une partie de sa campagne présidentielle sur un discours musclé et sécuritaire. C'est enfin quelqu'un qu'on voyait succéder un jour à Fillon au poste de premier ministre. Assez peu connu, il est devenu un des premiers personnages de l'Etat.

Le lieu : une conversation autour d'une réunion de l'UMP, filmée par les caméras de LCP. Pas vraiment les coulisses, des propos libres et décontractés, où on se lâche. Un peu à l'identique des propos de Devedjan traitant Comparini de "salope", ou de Sarkozy au salon de l'agriculture, marmonnant son "casse toi pauvre con" vulgaire mais moins sulfureux.

Il y a une règle : en toute circonstance, un homme public doit contrôler son expression. La politique ce sont des mots, des idées, des symboles. Le Monde dans un éditorial de E. Fottorino parle de "valeurs". Brice Hortefeux a t-il manqué aux valeurs de la république ?  Si la réponse est oui, il doit démissionner comme ce préfet qui a été démissionné par mise à la retraite d'office.

Dominée sur ces questions par son électorat le plus réactionnaire, la droite n'ose avouer qu'elle dirige la France avec des accents vichystes n'ayant de cesse d'enfermer, réprimer, expulser ceux qui par nature, congénitalement, identitairement "créent des problèmes" en leur opposant la majorité silencieuse des "honnêtes gens".

La chose est claire en ce qui me concerne : Brice Hortefeux mérite un carton jaune. Pour l'ensemble de son oeuvre. Pour ses "résultats" en matière d'immigration et de sécurité. Pour son comportement à l'image de son maître : "fort avec les faibles, faible avec les forts". Pour son mépris quasi colonial envers une communauté de français renvoyés sans cesse à leurs origines et à leurs différences. On ghettoise et on stigmatise sans se soucier du passé, en se moquant du présent, en leur niant un avenir. Rappelons ce que Sarkozy disait des africains "pas assez entrés dans l'Histoire" dans le discours de Dakar. Les mots font mal. Ils peuvent tuer. Comment s'étonner ensuite qu'ils reviennent en pleine face de leurs auteurs ? Si Hortefeux ne veut pas démissionner, il devrait au moins regretter que ses propos aient pu être mal interprétés au lieu d'aussi mal se défendre. Comme il ne prend pas du tout ce chemin, il restera le symbole d'un pouvoir qui n'incarne pas notre république.


On ne triche pas

Je reprends ma chronique de militant socialiste après la longue trève estivale que je me suis accordée. Merci à tous les visiteurs et intervenants pour leur patience.

Alors que s'est-il passé d'intéressant depuis ce moment réussi de La Rochelle fin août ? Beaucoup de choses. Mais juste avant je tiens à souligner l'esprit positif et fédérateur qui a soufflé à la Rochelle. Le contraste avec l'an passé est saisissant. Ne boudons pas ce plaisir fût-il fugace. Les primaires ouvertes, la consultation des militants, la question des alliances, voilà de bons sujets de débats politiques. Sans compter les questions d'actualité comme la taxe carbone, l'éducation, la santé, le grand emprunt, la réforme des collectivités locales, les régionales et j'en passe.

Mais aujourd'hui ce qui m'a incité à reprendre la plume, c'est ce livre de journalistes d'Europe 1 qui évoque des tricheries au sein du PS pour faire gagner Aubry et perdre Royal. Je suis un peu écoeuré par ce déballage qui gâche la dynamique de la Rochelle et qui permet à nouveau à S. Royal de se victimiser ce dont elle ne se prive pas. Ce qui me gêne c'est moins qu'elle se plaigne - on a l'habitude - que la façon dont elle réveille les blessures du Congrès de Reims. L'image du PS est tellement dégradée qu'il ne faut pas en rajouter maintenant. On croyait que les résultats avaient été actés et entérinés par tous les courants alors pourquoi se réveiller neuf mois plus tard ?

Je sais que dans les Yvelines on n'a pas "bourré les urnes", encore moins à Achères. On ne triche pas. Ces rumeurs récurrentes m'horripilent. C'est toute la démocratie interne du parti qui est remise en cause. Je ne suis même pas sûr que Ségolène Royal en profite dans l'opinion.

Que la radio pro-sarkozyste Europe 1 (aux mains de Lagardère, le "frère" du président) fasse un coup de pub et de Karcher anti socialiste, on le comprend, mais on voudrait que certains leaders socialistes s'abstiennent de plonger aussitôt dans la polémique sans aucune précaution pour un parti en convalescence. Le PS qui remonte péniblement du fin fond du congrès de Reims vient de subir une rechute.