Je découvre avec stupeur les échanges épistolaires entre Martine Aubry et Manuel Valls. Ainsi la première secrétaire tape-t-elle du poing sur la table pour demander au député maire d'Evry de cesser de critiquer le PS ou sinon de partir. En substance, celui ci répond en qualifiant la lettre de Martine de "datée" et en lui rappelant nos (ses) brillants résultats aux européennes le 7 juin.
En écho, la presse régionale à peu près unanime critique "l'autoritarisme" de Martine, ce qui fait que cette dernière a d'ores et déjà perdu la bataille de la communication. Il n'y a que Fabius et Rocard pour considérer positivement son initiative. Beaucoup de militants, moi le premier, en avons certes assez de ces éléphanteaux qui barrissent à tort et à travers. Faut-il pour autant cibler plutôt l'un que l'autre et surtout mettre notre linge sale sur la place publique ? Non, ça me rappelle l'épisode de la démission de Vallini. Je ne suis pas convaincu par la méthode d'Aubry même si je partage le souci d'unité du parti. Paradoxalement Hollande plus habile a mieux préservé cette unité en acceptant l'expression de nos différences, notamment sur l'Europe. En face la droite conserve des souverainistes au sein de l'UMP. Nous avons depuis perdu Mélenchon qui m'horripilait souvent pourtant. Est ce un progrès ?
C'est parce qu'elle en fait une question de personnes, plus qu'une question d'idées que Martine se trompe à mon avis. Le droit de critiquer la ligne du parti doit rester possible dans certaines limites. Sans véritable analyse sur le fond, une forme d'impatience et d'irritation est désormais palpable chez notre première secrétaire. Notre parti est en permanence au bord de la crise de nerfs. On est franchement loin de la force tranquille.
