Le 22 juin, à Versailles Nicolas Sarkozy va parader devant la représentation nationale pour annoncer les objectifs et les réformes de la seconde partie de son quinquennat. On peut être agacé par l'homme et son goût pour l'autopromotion, mais ne faut-il pas dépasser l'aversion personnelle au profit d'une expression politique ?
Après avoir tergiversé, le PS vient de décider d'y aller mais de se taire, de ne pas participer au débat sans vote qui va suivre. Il s'agit certes d'un congrès spectacle issu de la dernière révision de la constitution, mais ou est la logique si on y va, de ne rien dire ? Je suis sidéré.
L'occasion est trop belle pour la majorité de ricaner en disant que le PS n'a rien à dire aux français, ne veut pas faire de contre-propositions mais se bat pour empêcher la présidentialisation du régime, enjeu éloigné des difficultés quotidiennes des français. Et pourtant, combien de nos parlementaires qui vont assister au discours de Sarkozy, n'auront qu'une envie : répliquer vertement et mettre en évidence ses contradictions et ses erreurs ? Mais non ils se seront eux mêmes baillonnés. A leur place, je me mordrais les lèvres de frustration. Laisser la parole et la place d'opposant à Bayrou, quelle belle idée !
La position des sénateurs socialistes est plus nuancée car ils souhaitent eux, participer aux débats. L'opposition verts et communistes va de son côté boycotter totalement le congrès. Encore la cacophonie !
Pourquoi se priver d'une tribune ? J'avoue que je ne saisis pas. Personnellement ce n'est pas grave si je ne comprends pas, mais je me demande ce que vont penser les français d'une telle attitude de "protestation". Opposition stérile, puérile, incompréhensible, je vois déjà les qualificatifs. A quoi se plaindre d'être inaudible si quand on peut le faire, on ne dit rien. Désespérant. Le parti est désespérant.
