Depuis quelques jours, le débat au sein du Parti socialiste tourne autour d'un sujet central : les primaires élargies aux non militants pour désigner notre futur candidat en 2012.
Certains comme Pierre Moscovici lancent même un site dédié à l'affaire : http://primairesouvertes.fr/ . D'autres comme Manuel Valls se déclarent d'ores et déjà candidats à la candidature. Les dirigeants plus classiques comme François Hollande se "préparent" à l'échéance. Les personnalités les plus médiatiques ont des points de vue partagés (Royal est pour - Delanoë, Aubry sont plus sceptiques).
Le trop plein de leaders est manifeste. L'absence de leadership empoisonne notre vie interne, suscite des empoignades et des ralliements parfois factices, ne permet pas l'émergence d'un projet. Toute la vie du parti est polluée par ces conflits de personnes qui brouillent notre ligne politique dans l'opinion.
Le summum a été atteint au congrès de Reims où une opposition de circonstance a consisté à rallier des strauss-kahniens, des fabiusiens et des hamonistes avec l'assentiment de pro-Delanoë déçus pour que Martine Aubry l'emporte, ou comme ses partisans le disent pour que Royal perde.
Alors primaires ouvertes ou pas ? La réponse est plutôt positive selon moi. Si on veut créer un engouement autour d'une candidature incarnant la nouveauté, c'est la solution. On comprend que les personnalités les moins charismatiques et populaires hésitent à se soumettre à l'exercice mais c'est nécessaire dans un parti qui n'a pas sû ou pu de lui même faire émerger un leader. C'est moins l'exercice démocratique qu'il faudra saluer que la solution à un problème lancinant. Mais ce ne sera pas suffisant.
Ensuite il faudra exprimer comme l'a dit François Hollande, trois ou quatre propositions fortes - pas plus - de façon à identifier l'offre du candidat de la gauche réformiste, de façon simple et concrète. Pas la peine de refaire un catalogue de propositions touffu et illisible. On vient de subir une déroute avec le manifesto et ses 71 propositions, pas la peine de recommencer l'erreur.
Enfin il sera nécessaire de rassembler la gauche, sans forfanterie, sans arrogance. Certains parlent d'une maison des gauches ou d'un nouveau front populaire. Pourquoi pas, à condition de ne pas oublier les démocrates et les progressistes qui permettront à la gauche d'accroître ses chances de victoire. Il ne s'agit pas que nos partenaires renoncent à présenter un candidat mais qu'ils adhèrent à un contrat de gouvernement.
Face à l'entreprise de destruction de Nicolas Sarkozy et à sa force de frappe, il est plus que temps de cesser nos divisions. Si la gauche part désunie à la bataille, elle sera battue. Pour gagner enfin, plions nous à la logique présidentielle de la Vème république. Nous changerons la maison une fois que nous en aurons pris les clés.
J'ai néanmoins un cauchemar qui me taraude. Le pire scénario serait un vote aux primaires à la mode du congrès de Reims proche d'un 50/50 qui laisserait ouverte la question de la légitimité et attiserait les divisions. En ce cas, les primaires ne résoudraient rien et contribueraient à nous feraient perdre l'élection de 2012. Heureusement le pire n'est pas toujours sûr.
Alors malgré ces réserves, je dis oui à une solution de raison, oui aux primaires ouvertes pour remettre le PS sur les rails.
Les commentaires récents