Je suis en colère. Une colère froide. Immense. Qui me prend aux tripes.
Nous avons échoué hier comme rarement le parti socialiste a échoué. Je ne supporte plus ces défaites à répétition. En moins de deux ans, trois défaites nationales (dont une majeure la présidentielle pour la troisième fois) pour une victoire locale.
40% de militants en moins et surtout 40% d'électeurs en moins ... Chapeau.
Je ne veux plus de ces chefaillons qui se croient un destin national alors qu'aucun n'arrive à la cheville de Mitterrand ou de Rocard, les derniers hommes d'Etat socialistes français. Je me suis bouché les oreilles en vain.
Je ne veux plus de ces querelles byzantines qui tuent le Parti socialiste, qui lui font regarder son propre nombril, qui lui enlèvent toute once de respect y compris à mes propres yeux. J'ai fermé les yeux en vain.
Je ne veux plus de ces tracts qu'on croirait sortis des années de plomb avec une rhétorique simpliste, surannée et manichéenne. J'en ai trop distribué, trop boité, trop fourgué en sachant que je ne pourrais rien dire d'intelligent aux gens qui les recevaient ... Je me suis retenu de hurler en vain.
Non et non, j'en ai marre d'être le bon petit soldat qui accepte les consignes sans rechigner.
Le Parti Socialiste doit réagir. J'ai reçu une lettre de Martine Aubry comme tous les responsables fédéraux et les secrétaires de section. Elle reconnaît "la responsabilité du parti" dans cet échec cuisant. C'est bien le moins. Et après ? On continue ... Jusqu'à la prochaine raclée ?
Je veux qu'on arrête de jouer aux trois petits singes une bonne fois pour toutes. Il est temps de donner un coup de pied au fond de la piscine ! Non et non, nos idées ne veulent pas mourir ! Elles ne peuvent pas mourir comme ça partout en Europe, le même jour ou presque.
Le PS est en grand danger. Il peut disparaître. Je le sais. Je le sens.
