J'aime bien relire Jean Quatremer le journaliste de Libération qui sévit à Bruxelles. Il titrait un excellent article le 24/02/2008 : Sarkozy prend la croissance dans les dents. Il était prémonitoire et pourtant on n'avait pas tout vu !
Ce matin l'INSEE enfonce le clou. Avec les résultats de la croissance révisés à la baisse pour 2008 et négatifs pour le premier trimestre 2009 (-1,2%), on touche le fond et on touche du doigt la limite du volontarisme sarkozyste. Quand on connaît le slogan de l'UMP "quand l'Europe veut, l'Europe peut", on se dit que décidémment aucune leçon n'est tirée d'un échec économique total aussi bien dans l'anticipation que dans la décision. La droite expliquait doctement qu'il fallait augmenter le gateau avant de le distribuer et qu'elle seule avait la bonne recette : la recette libérale. On voit à quel point le gateau a augmenté !
Sarkozy en défenseur du modèle social français après avoir été l'apôtre de la rupture avec ce même modèle, n'est ce pas savoureux ? Sarkozy en procureur du capitalisme après avoir partagé les mêmes yachts et les mêmes palaces que les nantis ? Sarkozy en apôtre de la justice sociale après avoir érigé le bouclier fiscal ?
Trop c'est trop et pourtant le parti majoritaire, l'UMP (avec le NC) devrait selon les sondages être devant le PS le 7 juin prochain. Quel paradoxe ! A quoi pensent les électeurs ? Pourquoi le vote sanction ne prend-il pas dans l'opinion ? Le sentiment que tout nous dépasse, que la France n'est qu'une coquille de noix dans la mondialisation et que le capitaine n'y est pour rien ? Sans doute. Le sentiment qu'aucune alternative n'est possible ? Qu'un changement radical nous plongerait encore davantage dans l'inconnu ? Certainement, surtout chez les plus âgés, si proches du pouvoir en place. Un pays frileux et découragé, concentré sur ses avantages individuels et catégoriels, voilà l'image que nous renvoient les sondages.
Il est pourtant possible de faire autrement, de confier les rênes de l'économie à des gens compétents et soucieux de l'intérêt général. On n'ose plus (à tort) rappeler les chiffres et le bilan des années Jospin. Mais la création d'emplois et la réduction des déficits associées à une croissance modérée, c'étaient les années Jospin et DSK.
On comprend que la popularité de DSK soit forte et celle de Sarkozy au plus bas. Il y a de quoi être amer du résultat de 2007. Il faut espérer qu'en 2012, le vrai combat entre deux modèles de société se produira et que cette fois, la poudre aux yeux et les paillettes ne l'emporteront plus.

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