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mars 2009

Trouver de nouveaux repères

Enfin, les patrons sont sur la sellette. Depuis vingt ans, et la révolution néo-conservatrice, on avait tendance à tout accepter, tout laisser faire à une caste de soi-disant surdoués des affaires. La richesse de quelques uns devait entrainer celle de tous. Difficile de croire que l'aveuglement a persisté aussi longtemps mais la crise a tout balayé.

Trop c'est trop, les parachutes dorés, les golden hello, les stock-options, les salaires et les bonus faramineux, les comités de rémunérations complaisants, la cooptation entre copains et anciens élèves, les réseaux d'associés complices, ... Tout celà a fini en captation de la richesse par une minorité et l'explosion des inégalités. Le capitalisme atteint le paroxysme d'une crise majeure, avec cette indigestion de profits et de privilèges. La supercherie a éclaté. Des milliards perdus, des fortunes englouties, des chômeurs par millions qui paient l'inconséquence et l'incurie d'un système qui a produit de fausses richesses et une noblesse bourgeoise de pacotille. Des escrocs en costume cravatte.

Aujourd'hui devant la catastrophe économique et sociale, même la droite ne peut se voiler la face. La crise de cupidité et la perte de repères de certains patrons a atteint de telles proportions qu'il faut agir. Sinon la révolution guette tout le système. L'ordre social est en péril. Le citoyen pourrait envisager des solutions plus extrêmes encore que le simple changement de quelques lois.

Le partage des richesses est une question clé dans l'organisation d'une société. La tolérance à l'injustice et aux inégalités a touché ses limites. Il est temps que certains arrêtent de gagner des fortunes en faisant supporter aux autres tous les risques. Ce n'est d'aillleurs pas un grand sacrifice qu'on leur demande, et on ne leur coupera pas la tête. Mais qu'ils fassent attention à ne pas se faire désigner comme les agents nuisibles d'un système perverti. Faire des profits n'est pas illégitime quand c'est le résultat d'un vrai travail, d'une vraie prise de risques, d'une vraie production de richesses.

La refonte du système capitaliste passe par la mise en oeuvre de repères, de bornes, de guides. Les acteurs privés étant incapables d'auto-régulation, c'est à l'Etat qu'il revient de les édicter et ensuite de les adapter. Ces repères sont des symboles, des échelons à graver dans le marbre d'une société juste et solidaire.

Pourquoi ne pas dire par exemple que l'écart de salaires entre les plus petits et les plus grands ne doit pas dépasser un rapport de 1 à 20 ? Pourquoi ne pas dire que les rémunérations doivent supporter un impôt progressif et donc que tout bouclier fiscal est illégitime ? Pourquoi ne pas réserver les avantages de la propriété du capital à ceux qui prennent un vrai risque financier contrairement au mécanisme actuel des stock options ? Etc ...

Il est sans doute difficile de ne pas céder à la démagogie et au populisme dans le climat ambiant de chasse aux patrons voyous. Mais le pire serait de ne rien faire. D'attendre que la crise passe et que tout continue finalement comme avant, jusqu'à la prochaine crise. Il est temps d'agir et de réguler. Sans écouter les cris d'orfraie des conservateurs et des ultralibéraux. Sans se laisser influencer par les tenants d'un ancien monde de privilèges. On l'a fait en 1789 dans le bruit et la fureur. On peut le refaire en 2009 dans le calme et la rigueur. C'est urgent et nécessaire.


Oncle Ben est devenu gâteux

Pas la peine de tirer sur l'ambulance vu le tollé unanime contre les propos de Benoit XVI. Hallucinante la succession de stupidités prononcées récemment au Vatican : l'évèque négationniste réhabilité, les proches de la fillette violée excommuniés, la critique du préservatif contre le sida ...

Un pape trop vieux, hors du temps, déconnecté ... du miel pour les anti-cléricaux.

Mais je suis frappé que les catholiques sincères s'indignent eux aussi. Personne ou presque (Ch. Boutin ?) pour défendre un pape indéfendable. On le dit pourtant éminemment cultivé et lettré. Une preuve de plus que la culture et l'humanité sont deux dimensions bien différentes chez un homme. Impossible de croire que cet homme aime vraiment ses semblables, tant il semple incapable d'un message d'amour et de compassion.

Ce pape a tout simplement oublié la parole du Christ : aimez vous les uns, les autres ...


Clarté et simplicité

Au Parti Socialiste, je voudrais le calme, la réflexion et le sens du collectif. Quand on lit le dernier sondage du JDD qui dit que 69% des français ne font pas confiance au PS pour gérer mieux la crise que Sarkozy, on ne peut que s'interroger.

Je ne vais pas en rajouter mais les derniers évènements internes du PS à commencer par cette fronde des barons locaux, les états d'âme des uns et des autres exposés en place publique, la tentation de jouer perso sur chaque dossier, me font dire STOP, je ne joue plus !

Collectivement, nous ne sommes pas une force crédible d'opposition et de proposition alors que beaucoup de français souffrent de la crise. Alors que nous devrions avoir un boulevard devant nous, nous ne sommes pas à la hauteur des enjeux.

A celà je ne vois qu'une explication : le trop plein des ambitions et des egos qui ruine tout effort de rénovation.

Conséquence  : je refuse de suivre ceux qui ne veulent pas jouer collectif. Et Pierre Moscovici est de ceux là malheureusement. Il abandonne de fait la motion A, reprend sa route, et opère un mouvement obscur qui pourrait le mener chez Ségolène Royal ou ailleurs, bref je ne comprends plus rien.  

J'avais déjà eu beaucoup de mal à accepter qu'il n'ose pas se présenter au suffrage des militants, mais là sans doute ne suis je pas assez intelligent pour suivre ses mouvements. Il reprend ses billes, soit. Sans moi. Quand j'aurai eu une explication claire et intelligible, on en reparlera.

Pour l'heure, je deviens un non-aligné au sein du PS. Membre de la motion A certes, pour ce que celà signifie encore, soutenant la direction donc légitimiste, sur une ligne réformiste, social-démocrate toujours, mais affidé à personne, et certainement pas membre d'une écurie présidentielle ou primo-ministérielle en gestation. C'est Martine Aubry dont il faut consolider l'autorité et les orientations aujourd'hui, rien d'autre ne compte pour l'instant. Et je le sais, pour les citoyens de gauche soutenir la première d'entre nous, voilà qui a le mérite de la clarté et de la simplicité.

Je suis à peu près sûr que sauf accident aux européennes, cette vérité s'imposera avec la force de l'évidence : sans que ce soit un engagement prématuré pour 2012, il faut soutenir Martine Aubry qui a l'autorité et la compétence pour diriger la gauche.