La lecture des bonnes feuilles du prochain livre sur Ségolène que publie le Nouvel Obs me laisse songeur.
Il y a bien sûr ces portraits acides sur la classe politique actuelle (Sarkozy, Aubry, ...) et ancienne (Jospin, Lang). Ils sont pour le moins pittoresques et sans doute assez justes, mais le hic c'est qu'ils viennent de quelqu'un qui passe son temps à dire qu'elle ne fait pas de la politique comme les autres et notamment qu'elle ne critique personne. Eh bien, là on est servi. Elle qui disait avoir inspiré Obama (mais on a appris ensuite que c'était de l'humour), n'a pas dû retenir tous les préceptes de la campagne du nouveau président US, notamment l'absence d'attaques personnelles.
Ségolène Royal est une femme blessée "qui en a marre". Elle se lâche donc et exprime son amertume d'avoir été bafouée par ses "camarades". Elle réclame une improbable victoire a posteriori au congrès de Reims, jouant une nouvelle fois sa carte de la victimisation. Ca m'agace au plus haut point.
On est loin du débat d'idées et certainement pas à la hauteur de ce qu'attendent les français de leurs responsables politiques. A-t-on jamais vu François Mitterrand ou le Général de Gaulle se plaindre qu'on leur a volé la victoire et débiner consciencieusement et publiquement les autres leaders politiques ?
C'est une autre façon de faire de la politique qui ne me convainc pas. Il faudra bien autre chose à Ségolène que surfer sur le thème de l'injustice faite à une femme pour faire un projet politique et entraîner un vote d'adhésion. Admettons que ce livre soit un cri de colère et passons dessus, mais alors passons vite. Car aujourd'hui c'est grève nationale quand même ! Quel culot de se mettre en avant un jour comme aujourd'hui. Cette stratégie permanente du coup de pub centré sur soi est exaspérante.
