L'élection de Nicolas Sarkozy a consacré selon beaucoup de commentateurs une victoire idéologique de la droite en 2007. Comme l'ont étées en Europe celles des partis conservateurs ou libéraux, qui dirigent maintenant une large majorité de pays sur les 27 que compte l'Union.
La fin de 2008 et plus certainement l'année 2009 marquent la fin de ce cycle. L'élection d'Obama aux Etats-Unis en est le premier symbole - et quel symbole ! - éclatant. En fait la crise constitue l'évènement majeur et le catalyseur de ce retournement. J'écris LA crise, mais on sait qu'il y a DES crises dans toute la société touchant de nombreuses dimensions : économique, financière, alimentaire, énergétique, climatique ... la dernière en date n'étant pas la moins douloureuse à savoir la crise sociale. En effet, c'est par le chômage, les faillites individuelles et les expulsions que se paye la facture des années "fric" de la révolution néo-conservatrice aux Etats-Unis.
C'est en fait la fin d'un triple mythe d'une société mitée !
Le mythe de la richesse créée par les riches et partagée par le plus grand nombre est en train de s'écrouler sous nos yeux. Cette richesse était souvent factice, concentrée et surtout insoutenable à long terme. On a assisté en réalité à une distorsion incroyable dans le partage capital-travail qui a on le sait détourné 10 points de richesse de PIB du second vers le premier.
Un second mythe a vécu, c'est celui de la mondialisation heureuse. Celui du libre-échange sans contraintes et sans règles, permettant à des pays capitalistes d'Etat comme la Chine d'exploiter leur propre peuple sans aucune rétorsion des pays dits démocratiques. Ce mythe était aussi celui de la possibilité qu'un équilibre naturel se forme par le cercle vertueux de la croissance. La démocratie et la paix devaient venir dans les wagons de la prospérité du modèle occidental. On a vu le résultat en Irak et en Russie.
Un troisième et dernier mythe est passé de vie à trépas : celui de la dérégulation comme mode de fonctionnement ultime de nos sociétés. Sociétés mitées par cette ode à l'individualisme, à l'égoïsme dans une logique de compétition et de division, accordant à quelques uns les plaisirs sans entraves de la société de consommation. Celà a fini dans le scandale financier, le délire des rémunérations et l'incurie manifeste de certaines institutions. Le laisser faire a montré ô combien ses limites.
La gauche retrouve donc des couleurs et des valeurs. L'Etat est de nouveau accepté comme régulateur mais il doit l'être aussi comme acteur, les corps intermédiaires sont à nouveau légitimes pour exprimer l'attente sociale, le besoin de solidarité reprend de la force dans notre vie en commun. Il manque encore le débouché politique à ce regain de forme idéologique. Une voix nouvelle doit se faire entendre pour porter ces messages à gauche. Il y faut de l'intensité, de la conviction, de l'énergie, car sinon les camelots de droite vont s'emparer encore une fois de nos thèmes et de nos icônes pour occuper notre espace !
2009 doit être le retour des valeurs sociales et solidaires que la gauche incarne le mieux aux yeux de tous. Ce temps de crise est la preuve de l'échec patent des modèles conservateurs, donc une alternative crédible doit se mettre en place. Une force de proposition et d'opposition progressiste est plus nécessaire que jamais en France comme partout ailleurs. Ne nous laissons pas dépasser par les imposteurs qui ont trompé la France. Cette fois, il faudra privilégier une gauche sans complexes et culottée qui n'ira pas au combat à reculons et en s'excusant de ne pas être "moderne". Marquons notre différence, nous avons défendu notre camp et fait le dos rond, maintenant il est temps de contre-attaquer ! Oui en 2009 la gauche est de retour !
Nota : je souhaite naturellement une bonne année à tous les visiteurs de ce blog, habitués ou de passage !
Les commentaires récents