Passé le temps de la déception de l'échec du congrès, que j'ai exprimé hier, j'ai pris ma décision : je vais voter pour Martine Aubry. C'est pour une large part un choix par défaut, même si dans le même temps on apprend que Bertrand Delanoë prend finalement le parti d'appeler à voter Aubry. D'autant que Pierre Moscovici annonce qu'il ne donnera aucune consigne (pour l'instant ?).
On peut toujours trouver de bons ou de mauvais arguments pour justifier une décision et je n'essaierai pas outre mesure.
Ce qui a fait pencher la balance dans mon cas, c'est le discours de Ségolène samedi dernier. Autant je peux comprendre sa volonté de ne pas diaboliser le centre, sa volonté d'ouverture du parti, son souci de renouvellement des générations autant je ne supporte pas son catholicisme de gauche, son ton ultra-compassionnel quand elle parle des pauvres, et sa stratégie de victimisation qui en appelle sans cesse à l'opinion et à la base pour contourner le parti. Elle a toute sa place parmi nous mais pas à celle de chef de parti. Par contre, j'aurais été bien ennuyé si elle avait mis Peillon en avant car lui c'est un vrai talent.
Martine Aubry n'a pas que des qualités, mais elle respecte le parti. Elle a des alliés encombrants et contradictoires et je n'ai pas aimé complètement le discours qu'elle a prononcé ce week-end. Mais c'est moins gênant que les méthodes récurrentes de notre ancienne candidate qui infantilise trop souvent les militants à la mode d'une bande de scouts.
Enfin et ce n'est pas le moins important, il y a aussi la cohérence à avoir avec le choix fait au niveau départemental, même si les enjeux sont différents.
Je vote et j'appelle à voter Aubry. Et espérons que mon choix sera cette fois gagnant.
PS : il y a une raison supplémentaire de voter Aubry : elle peut être élue au premier tour. On sortirait enfin de ce combat des personnes par un vote des militants qui légitimerait incontestablement le vainqueur, ce que le vote du 6 novembre n'a pas permis.
