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novembre 2008

Et maintenant ?

Martine Aubry élue, que va se t-il se passer au PS ? Les observateurs de la vie politique sont tous persuadés que le vaudeville tragi-comique va se perpétuer au grand bénéfice de Nicolas Sarkozy en 2012.

Qui en effet peut faire confiance à une telle coalition de personnalités aussi divisée et qui considére que "la conception du parti" est un enjeu plus important que "la définition d'un projet de société" ?

J'ai participé à ma manière à ce débat interne dont il est certain que les français n'ont que faire. Peu leur importe que le PS soit un parti de supporters ou un parti de militants, ils veulent un parti d'opposition. Peu leur importe que le PS ne veuille pas se donner à un chef charismatique, ils attendent même le contraire. Peu leur importe que le Conseil National soit d'inspiration IVème république et le 1er secrétaire soit nommé comme le président sous la Vème, ça ne met pas plus de beurre dans leurs épinards.

Alors maintenant, il est plus que temps de se remettre au travail. L'écriture des contributions et des motions doit laisser la place au travail thématique pour définir ou redéfinir un projet. Le temps presse. La nomination de Martine Aubry n'est pour moi qu'un commencement. Elle a eu raison de dire que "la situation ne lui créait que des devoirs". C'est pareil pour les militants, c'est le temps des devoirs.

Ceux qui veulent se perdre dans des opérations "on refait le match"  dans les tribunaux ou "on va lui casser les reins" dans les coulisses (des deux côtés), ne veulent pas le bien de la gauche.

Seule la victoire est belle, disait je ne sais plus qui. Il faut préparer les conditions de la victoire. Ce qui s'est passé n'est pas le meilleur départ qui soit, mais si nous sommes capables de mettre un mouchoir sur nos divisions et sur nos contradictions parfois artificielles, peut-être, je dis bien peut-être, pourrons nous nous relever de cet épisode du Congrès de Reims qui restera je pense dans les annales comme un des pires Congrès de l'histoire du Parti socialiste.

Pour conclure, une pensée pour Michel Rocard qui m'avait répondu lors de l'université des Gracques qu'il avait choisi de soutenir Bertrand Delanoë pour être enfin dans le camp des gagnants ! Ironie de l'histoire, Bertrand a été éliminé d'emblée, et il a fini par soutenir Martine Aubry dans le camp duquel se trouve un de ses adversaires les plus farouches : Laurent Fabius. Michel est quelqu'un de brillant mais décidément il n'aura jamais été celui qui anticipait le mieux les situations politiques. Ce manque de flair appuyé sur des raisonnements impeccables c'est ce qui rend Rocard à la fois attachant et désespérant.

Place à Martine et à son équipe et tous au travail !


50,02 % pour Martine Aubry : le PS reste sans voix.

On ne peut qu'être sidéré : 42 voix, voilà l'avance de Martine Aubry sur Ségolène Royal ...

De quoi alimenter toutes les contestations et toutes les suspicions, dans les deux camps d'ailleurs, et par delà entretenir la crise au sein du Parti socialiste.

Formellement, il y a bien sûr le décompte des voix qui rappelle d'autres scrutins serrés, mais pour ce que j'en ai vu dans mon coin, il a été fait correctement. Ailleurs on parle d'irrégularités comme à chaque fois dans chaque élection. Comme on dit la loi c'est la loi et un vote est un vote, et c'est vrai. C'est parfois dur mais c'est ainsi. Il y a un ordre à respecter ("Un ordre juste" diront les royalistes).

D'un autre point de vue on glosera à l'infini sur la légitimité de celle qui sortira vainqueur quelle qu'elle soit. Soyons certains que les soutiens de Martine Aubry auraient contesté de la même manière en cas de situation inversée. Du côté de Royal la machine à victimiser fonctionne à fond depuis ce matin. On parle d'injustice. Pour ma part je trouve déjà extraordinaire que Royal soit revenue à ce niveau de 50% depuis 29%. On comprend qu'elle souhaite encore un vote et encore, et encore, au nom de la dynamique électorale (en suscitant à nouveau un flot de ré-adhésions ?). Jusqu'à ce qu'elle gagne.

Notre processus démocratique dont j'espérais au lendemain du congrès de Reims qu'il donnerait au PS un leader et une ligne a lui aussi débouché sur une impasse. C'est la catastrophe ultime.

François Hollande a appelé la réunion d'un Conseil National (le parlement du parti) pour trancher. Oui mais voilà, le CN est composé suite au vote du 6 novembre de 71% d'opposants à Ségolène Royal. Autant dire que même cet arbitrage sera contesté s'il ne débouche pas sur un nouveau vote. Mais ce nouveau vote, s'il donne à nouveau un 50/50 que fait-on ? Une belle panade. Le PS est parti en dérapage incontrôlé ...


Je voterai Aubry

Passé le temps de la déception de l'échec du congrès, que j'ai exprimé hier, j'ai pris ma décision : je vais voter pour Martine Aubry. C'est pour une large part un choix par défaut, même si dans le même temps on apprend que Bertrand Delanoë prend finalement le parti d'appeler à voter Aubry. D'autant que Pierre Moscovici annonce qu'il ne donnera aucune consigne (pour l'instant ?).

On peut toujours trouver de bons ou de mauvais arguments pour justifier une décision et je n'essaierai pas outre mesure.

Ce qui a fait pencher la balance dans mon cas, c'est le discours de Ségolène samedi dernier. Autant je peux comprendre sa volonté de ne pas diaboliser le centre, sa volonté d'ouverture du parti, son souci de renouvellement des générations autant je ne supporte pas son catholicisme de gauche, son ton ultra-compassionnel quand elle parle des pauvres,  et sa stratégie de victimisation qui en appelle sans cesse à l'opinion et à la base pour contourner le parti. Elle a toute sa place parmi nous mais pas à celle de chef de parti. Par contre, j'aurais été bien ennuyé si elle avait mis Peillon en avant car lui c'est un vrai talent.

Martine Aubry n'a pas que des qualités, mais elle respecte le parti. Elle a des alliés encombrants et contradictoires et je n'ai pas aimé complètement le discours qu'elle a prononcé ce week-end. Mais c'est moins gênant que les méthodes récurrentes de notre ancienne candidate qui infantilise trop souvent les militants à la mode d'une bande de scouts.

Enfin et ce n'est pas le moins important, il y a aussi la cohérence à avoir avec le choix fait au niveau départemental, même si les enjeux sont différents.

Je vote et j'appelle à voter Aubry. Et espérons que mon choix sera cette fois gagnant.

PS : il y a une raison supplémentaire de voter Aubry : elle peut être élue au premier tour. On sortirait enfin de ce combat des personnes par un vote des militants qui légitimerait incontestablement le vainqueur, ce que le vote du 6 novembre n'a pas permis.


Un congrès pour rien

J'étais à Reims pendant ces trois derniers jours et j'avoue en ressortir consterné. Personne n'a été capable du moindre compromis dans ce congrès. Tout le monde est persuadé d'avoir raison et d'être au centre des débats. Ou feint de l'être. Même le petit dernier, Benoit Hamon, qui n'a strictement aucune chance d'être élu, qui a le programme le plus à gauche et les alliés idéologiquement les plus encombrants pour 80% d'entre nous, a fait comme si le débat aurait dû tourner autour de lui.

Dans les tribunes ces militants hamonistes et aubrystes qui sifflent Ségolène, c'est pitoyable. Ces groupies ségolistes qui ricanent ou gloussent quand Martine parle, c'est affligeant. On ne s'écoute pas, on ne se respecte pas, on ne s'aime pas. Je n'ai vraiment pas apprécié ce que j'ai vu et entendu.

Tous ces psychodrames et ces clivages personnels sont usants. Personne ne ressort grandi de ce congrès. Ségolène a délivré un discours christique samedi totalement hallucinant. Bertrand n'a pas eu l'autorité et la présence nécessaires. Martine a habilement joué d'un ouvriérisme teinté de démagogie à gauche toute. Benoit a joué sa partition radicale en solitaire, droit dans ses bottes.

Alors que faire ? Voter. Heureusement il reste le vote des militants le 20 novembre. Ce que les chefs n'ont pas sû faire, à savoir trouver un accord sur un leader et une ligne, les militants ont l'occasion de le faire jeudi prochain. Et c'est normal, c'est bien à cause du vote des militants insuffisamment clair que chacun s'est crû autorisé à jouer sa carte. Le quatre-quart qui est ressorti du vote du 6 novembre a débouché sur la confusion la plus grande. Aux militants de corriger celà.

Il est vrai que si les leaders des motions A et D avaient trouvé un accord, peut-être que nous n'en serions pas là. Leur alliance dans ce congrès du fait de la seconde place inattendue de Bertrand est devenue compliquée par l'ambition manifeste de Martine Aubry poussée par ses soutiens. Elle n'a pas voulu de la logique qui aurait voulu que la seconde motion soit la plus légitime à chercher une solution alternative. Elle a mis Hamon en jeu pour se donner un rôle central, un Hamon dont chacun (sauf Bertrand) s'est piqué de reprendre les thèses. Jamais l'expression "un congrès se prend à gauche" n'est apparue plus juste. Du pipeau. De la démagogie. Des mensonges pour militants nostalgiques du grand soir. Le tropisme d'extrême gauche et la mauvaise conscience n'ont pas abandonné les excellences socialistes, au moins dans le discours. La crise est passée par là. Et pourtant, les 607 ou les 4x4 aux vitres fumées avec chauffeurs et gardes du corps encombraient le parking. Désolant.

Je vais me donner un temps de réflexion pour savoir quoi faire d'ici jeudi. Je n'ai pas de candidat. Delanoë après avoir tenté un pas de deux, s'est retiré. Il a préservé le minimum d'espace vital pour la suite, mais ce n'est pas glorieux. J'hésite. Pour l'heure je suis tenté par l'abstention, ce qui en soi n'est pas la solution. Il y a un choix à faire.


Royal détient les cartes maîtresses.

Les faits marquants à deux jours de l'ouverture du congrès sont relativement simples : la motion E est arrivée en tête et Royal sort sa candidature du frigidaire. A côté de celà rien n'existe. Ségolène Royal a réussi à se mettre au centre du jeu et faire en sorte que ses thèmes de campagne monopolisent les débats. Quelle diablesse de femme politique avons nous là ! C'est stupéfiant.

Le résultat néanmoins c'est que l'incertitude est à son comble. Les adversaires semblent tétanisés dans l'attente du prochain coup de la présidente de Poitou-Charente. Ségolène est une dame de coups : coups médiatiques, coups d'échecs, coups de théâtres, ... On peut tous les citer : la dame est capable de tout et son contraire !

Un "coup" qui est peu commenté, c'est - si sa candidature se confirme - un coup double contre ses propres partisans :

- un coup contre les barons locaux (Guerini, Collomb) qui ne voulaient pas d'un présidentiable à toute force. Ils sont sur le point d'avaler une couleuvre monumentale, alors que leur appui a été décisif dans la première place de Madame Royal : 73% dans les Bouches du Rhône c'est irréel !

- un coup contre les aspirants à la fonction : les Dray, Rebsamen et surtout Peillon qui s'y voyait déjà. La dame va tuer dans l'oeuf l'émergence d'un talent susceptible de lui faire de l'ombre. Les médias ont tressé trop de lauriers récemment à l'endroit du brillant quadragénaire, scellant sans doute la décision royale.

Etonnamment, aucun de ces "perdants" ne manifeste de déception publique, ce qui montre l'autorité et le leadership de la dame dans son propre camp. Il est vrai que la victoire apportera sans doute quelques compensations.

Au delà de ces péripéties, la tentation du front anti-Royal est perceptible. C'est manifeste chez Benoit Hamon (qui m'a fait inviter demain à une réunion de blogueurs à l'AN à laquelle je ne pourrai pas me rendre). C'est palpable chez Aubry qui voudrait se faire désigner chef de la ligue anti-Royal par les autres motions. C'est diffus chez Delanoë dont certains partisans (Sapin, Désir) dressent des herses devant les propositions de rapprochement de l'équipe Royal.

En résumé, Ségolène Royal mène le jeu avec ses 4 ou 5 points d'avance. Elle a des cartes maîtresses entre ses mains, dont la première et sans doute la plus forte est la division de ses concurrents. Cette carte c'est celle dont elle a bénéficié le 6 novembre, Delanoë et Aubry s'ingéniant à se contrer et à ne pas alimenter le TSS, en oubliant de marquer les divergences. Seconde carte maîtresse : elle a un camp plus uni que celui des autres. Et enfin, manifestement elle est là : physiquement et politiquement là, alors qu'on ne sait qui va la défier dans le camp d'en face. Royal a démontré à ce stade un sens politique et une intuition de première force. Au risque de subir l'accusation de TSS, je ne vois personne lui résister si un front uni ne se forme pas désormais avec un argument majeur pour contrer le TSS : Ségolène Royal est Madame 29%.


Un vote serré, un parti divisé

Si l'on en croit les premiers bruits concordants, la motion Royal (E) serait en tête, suivie de celle de Delanoë (A) et puis Aubry (D).

Dans les Yvelines, la motion E mènerait de 3 ou 4 points. Ce qui est peu et beaucoup à la fois.

Le vote serait donc serré et la partie va se transformer en jeu d'échecs. S'il se confirme le résultat n'est pas vraiment celui que j'espérais ... Alors Vincent Peillon premier secrétaire ?


Comme le monde entier, je vote OBAMA

Obama

Comme plus de 80% des français, si je pouvais voter à l'élection présidentielle américaine, je voterais OBAMA .

  • Pas parce qu'il est métis, issu de ce qu'on appelle une minorité visible.
  • Pas parce qu'il a été élevé dans les meilleures écoles, et qu'il est doté d'un talent oratoire hors du commun.
  • Pas parce qu'il a un look de jeune premier, qu'il respire la droiture et qu'il a une famille unie derrière lui.
  • Ce n'est pas non plus parce que son adversaire républicain, ancien héros militaire, a sombré avec sa colistière dans une campagne de dénigrement et d'attaques personnelles, et qu'il est l'héritier de George Bush.

Toutes ces raisons cumulées sont valables et pourraient justifier un vote en sa faveur, mais pour moi OBAMA c'est bien plus que tout celà.

C'est d'abord un homme courageux et sensible doté d'un ascendant exceptionnel sur à peu près tous les gens qu'il croise. C'est un talent rare et précieux.

C'est ensuite un homme intelligent et cultivé capable de comprendre la complexité du monde actuel et de redonner à l'Amérique son rang et son rôle de première démocratie du monde.

C'est enfin et surtout un homme neuf : il faut à ce pays un nouveau capitaine pour incarner l'espoir et le changement pour un monde plus solidaire, plus attentif à l'environnement et aux enjeux multipolaires.

Dans ce rôle sans doute sublimé et peut-être au delà du possible, il est unique. C'est vrai qu'il porte un drôle de nom mais il porte surtout l'espoir de foules de gens à travers la planète : oui on le sent, cet homme là venu d'on ne sait où peut faire bouger les lignes. Parce qu'il sera l'homme le plus puissant du monde, parce qu'il a un projet pour le monde, parce qu'il veut changer la face du monde ... du moins on l'espère pour les quatre années à venir.

Non, ne rêvons pas cet homme n'est pas le messie, il a des faiblesses mais il a une mission. Espérons que les américains entendront ce jour la voix du monde. Faites en sorte amis américains que demain à l'aube l'espoir d'un monde meilleur pointe à l'horizon. Simplement l'espoir.