Martine Aubry élue, que va se t-il se passer au PS ? Les observateurs de la vie politique sont tous persuadés que le vaudeville tragi-comique va se perpétuer au grand bénéfice de Nicolas Sarkozy en 2012.
Qui en effet peut faire confiance à une telle coalition de personnalités aussi divisée et qui considére que "la conception du parti" est un enjeu plus important que "la définition d'un projet de société" ?
J'ai participé à ma manière à ce débat interne dont il est certain que les français n'ont que faire. Peu leur importe que le PS soit un parti de supporters ou un parti de militants, ils veulent un parti d'opposition. Peu leur importe que le PS ne veuille pas se donner à un chef charismatique, ils attendent même le contraire. Peu leur importe que le Conseil National soit d'inspiration IVème république et le 1er secrétaire soit nommé comme le président sous la Vème, ça ne met pas plus de beurre dans leurs épinards.
Alors maintenant, il est plus que temps de se remettre au travail. L'écriture des contributions et des motions doit laisser la place au travail thématique pour définir ou redéfinir un projet. Le temps presse. La nomination de Martine Aubry n'est pour moi qu'un commencement. Elle a eu raison de dire que "la situation ne lui créait que des devoirs". C'est pareil pour les militants, c'est le temps des devoirs.
Ceux qui veulent se perdre dans des opérations "on refait le match" dans les tribunaux ou "on va lui casser les reins" dans les coulisses (des deux côtés), ne veulent pas le bien de la gauche.
Seule la victoire est belle, disait je ne sais plus qui. Il faut préparer les conditions de la victoire. Ce qui s'est passé n'est pas le meilleur départ qui soit, mais si nous sommes capables de mettre un mouchoir sur nos divisions et sur nos contradictions parfois artificielles, peut-être, je dis bien peut-être, pourrons nous nous relever de cet épisode du Congrès de Reims qui restera je pense dans les annales comme un des pires Congrès de l'histoire du Parti socialiste.
Pour conclure, une pensée pour Michel Rocard qui m'avait répondu lors de l'université des Gracques qu'il avait choisi de soutenir Bertrand Delanoë pour être enfin dans le camp des gagnants ! Ironie de l'histoire, Bertrand a été éliminé d'emblée, et il a fini par soutenir Martine Aubry dans le camp duquel se trouve un de ses adversaires les plus farouches : Laurent Fabius. Michel est quelqu'un de brillant mais décidément il n'aura jamais été celui qui anticipait le mieux les situations politiques. Ce manque de flair appuyé sur des raisonnements impeccables c'est ce qui rend Rocard à la fois attachant et désespérant.
Place à Martine et à son équipe et tous au travail !



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